Lancel est une entreprise française de maroquinerie fondée à Paris en 1876 par Angèle et Alphonse Lancel puis développée par leur fils Albert. L'entreprise reste propriété de la famille fondatrice jusqu'en 1997, année de son rachat par le groupe Richemont. Puis, le la Maison Lancel est rachetée par le groupe italien Piquadro.
À ses débuts, Lancel commercialise des pipes et accessoires pour fumeurs. Puis la marque se diversifie et propose des articles de décoration et cadeaux. Elle fait alors fabriquer divers objets par ses artisans, comme des pendules, de l'orfèvrerie, des lunettes, des baromètres, des ciseaux, des lampes, des accessoires de table, etc. Lancel est à l'origine de plusieurs brevets dont celui du briquet automatique, de la malle Aviona et du poste de radio portable Bambino.
La démocratisation de la cigarette auprès des femmes incite l'entreprise à confectionner des articles pour fumeuses, puis de la maroquinerie pour ranger le « nécessaire à fumer ». La société lance les premiers sacs à main de la marque. En 1927, la griffe imagine le sac seau et sa forme souple puis crée une collection de bagages.
Aujourd'hui, Lancel propose quatre lignes de produits : la maroquinerie, la petite maroquinerie (portefeuille, porte-monnaie et porte-cartes), les sacs de voyage (valises et sacs de voyage) et les accessoires (porte-clés, ceintures, foulards et bandeaux de soie), dont une ligne de lunettes lancée en 2021 et une collection de chaussures, lancée en 2022.
Histoire Origines
En 1876, Angèle et son époux Alphonse Lancel créent Lancel, une petite fabrique de pipes et d'accessoires pour fumeurs, au 20 passage des Petites-Écuries, dans le de Paris. Ils utilisent de l’ambre, de la bruyère, de la corne et de l’ivoire pour confectionner les pipes. L'entreprise se diversifie et propose des articles de décoration et de cadeaux : cristallerie, orfèvrerie, bijoux, porcelaine, horlogerie, qu'elle sélectionne ou fait fabriquer dans ses ateliers par ses artisans.
Dans les années 1870, les femmes se mettent à fumer. La démocratisation de la cigarette auprès des femmes incite le couple à confectionner divers accessoires comme les porte-cigarettes et développe une gamme d'articles à leur destination. Angèle et Alphonse créent des articles de maroquinerie pour ranger le nécessaire à fumer : les premiers sacs Lancel.
En 1879, ils ouvrent, au 17 boulevard Poissonnière à Paris, « Au Phénix », une boutique d’articles précieux. Les bourgeoises, les demi-mondaines, les cocottes et autres vedettes de music-hall y acquièrent leur nécessaire à fumer. Quelques années plus tard, Lancel qui compte déjà plusieurs magasins, crée son réseau de points de vente. Dans les années 1900, la maison possède une dizaine de boutiques à Paris et en province nommées « Au Sphinx », « Au Phénix », « À l’inénarrable », « À l’indomptable ». L'entreprise propose une gamme de porte-cigarettes, pochettes, aumônières et les premiers sacs à main, qui sont dotés de rangements pour cigarettes. Peu à peu, les sacs remplacent les aumônières.
Face à la demande, l'entreprise ouvre un atelier de maroquinerie et commence la production de sacs à main. En 1900, Angèle Lancel imagine le sac à malices, qui cache de nombreuses poches secrètes. La première collection voit le jour deux ans plus tard.
Essor
Angèle et Alphonse Lancel développent leur négoce de détail en ouvrant des boutiques en province ; leur fils Albert transforme l'entreprise familiale en maison de maroquinerie. Il prend les rênes de la société en 1901.
Albert place le sac au centre de la stratégie de développement de la maison et propose alors des modèles luxueux en lézard, satin, veau velouté… Il les agrémente de poches et de diverses fonctionnalités ; en 1929, à l'intérieur d'une pochette noire, il fait ajouter un miroir, un nécessaire de maquillage et un compartiment secret contenant un petit parapluie. Albert Lancel transforme le sac à main en accessoire de mode. Dans les années 1920, l'entreprise confectionne des sacs en cuir précieux et dotés de fermoirs bijoux.
En 1927, Lancel créé le sac seau. Le modèle inspire une partie des collections suivantes. Albert Lancel conçoit des produits tels que le sac « Parapluie » (1928) et les briquets automatiques « Allumette », « Excelsior » et « Royal », qui ne salissent Florence Müller, Lancel, Éditions du Regard, Paris, 1995. Lancel remporte le Grand Prix de l’Exposition internationale des arts et techniques en 1937.
Lancel dépose des brevets dont ceux du briquet automatique, du poste de radio portable « Bambino » et de la malle « Aviona ». Sous l'impulsion d'Albert, l'entreprise devient l'une des principales maisons de maroquinerie et d'accessoires. Lancel investit également les arts de la table, la joaillerie et l'horlogerie.
Dans les années 1920, Lancel envoie des catalogues à ses clientes. En 1929, l'entreprise s'installe sur quatre étages dans un immeuble situé sur la place de l'Opéra à Paris où elle est encore présente aujourd'hui.
Après la Guerre Dans les années 1950, Lancel étoffe ses collections de bagages. L'entreprise commercialise le sac « Trotteur » et confectionne des bagages souples en toile de nylon. Lancel crée également la valise « Kangourou ».
À la mort d’Albert Lancel en 1960, ses deux filles et ses gendres lui succèdent. Ils concluent une alliance, en 1972, avec les frères Zorbibe, alors sous-traitants, qui rachètent l'entreprise en 1976.
En 1982, Lancel lance la collection de sacs de sport Mistral.
À l'occasion des cinquante ans du sac seau, Lancel réédite le modèle en 1987 sous le nom d’« Elsa de Lancel »Brigitte Fitoussi, Lancel, Éditions Assouline, 2001. L'Elsa de Lancel s'écoule à 6 millions d'exemplaires à travers le monde en dix ans.
Richemont En 1997, le groupe de luxe suisse Richemont acquiert Lancel pour 1,4 milliard de francs (environ 270 millions d'euros). La marque affiche alors un taux de rentabilité de 20 %. Un an plus tard, Lancel intègre le groupe suisse Vendôme détenu par Richemont.
Quelques années plus tard, l'entreprise fait évoluer son image. Lancel revoit le design de ses magasins et investit dans une campagne de communication mondiale de 30 millions de francs (5,72 millions d'euros).
L'entreprise augmente ses points de vente à l'international, positionne ses boutiques sur le créneau haut de gamme. Cette orientation haut de gamme se manifeste sur la finition.
Sur demande de Richemont, Lancel recentre son activité sur le secteur de la maroquinerie haut de gamme proposant une gamme de sacs à main, portefeuilles, valises, sacs de voyage et porte-documents ainsi qu’une ligne de maroquinerie pour homme. Lancel voit sa clientèle évoluer ; des clientes s'intéressent à la marque. L'entreprise commercialise des sacs à main de luxe et d'autres modèles, plus petits, adaptés à un public plus généraliste.
En 1999, la marque affiche une hausse de 10 % de son chiffre d'affaires qui atteint 580 millions de francs (plus de 88 millions d'euros). En 2003, le chiffre d'affaires de la griffe s'élève à 77 millions d’euros ; il atteint 350 millions d’euros en 2012 malgré 20 millions d'euros de pertes.
Pourtant la marque peine à être bénéficiaire depuis 2003, seulement trois fois en 2007, 2011 et 2012. Sa cession par le groupe Richemont est projetée fin 2013 . Celui-ci fait appel à la banque d'affaires japonaise Nomura pour trouver un repreneur ; le groupe souhaite vendre Lancel, acquis pour 210 millions d'euros en 1997, pour 500 millions d'euros. Les causes de ce manque de résultats sont multiples : son positionnement qualifié de à la stratégie hésitante, oscillant entre sa maroquinerie du départ et son souhait de se transformer en marque de luxe, le changement fréquent de dirigeants ces dernières années (une dizaine de managers depuis le rachat de 1997) et enfin, le manque de diffusion à l'international faisant de Lancel une marque trop dépendante à 80 % de son chiffre d'affaires national. Richemont approche le groupe Kering mais ce dernier refuse d'acheter Lancel. En , Richemont reçoit une offre non engageante du fonds Change Capital Partners, créé par Luc Vandevelde, ancien PDG de Carrefour. Parallèlement, le groupe reçoit d'autres propositions du conglomérat asiatique Swire, du hong-kongais YGM ou encore du groupe Watson détenteur de Marionnaud.
De 2004 à 2008, la marque double le nombre de boutiques à travers le monde. En 2008, Lancel signe deux accords de partenariat avec le distributeur chinois Fairton et le groupe japonais Sumitomo Corporation pour accroître son développement sur le marché asiatique.
La Chine représente le premier marché de la maison. Lancel se développe en Russie, au Moyen-Orient et dans les pays de l'Est. En 2015, l'entreprise est présente en Asie avec une quinzaine de points de vente dans des grands magasins au Japon, une trentaine de boutiques en Chine et une douzaine à Hong Kong. En 2009, la marque compte 233 boutiques dans le monde dont 71 succursales. Deux ans plus tard, Lancel inaugure une boutique à Moscou ainsi qu'à Shanghai, pour atteindre en 2013, 250 boutiques à travers le monde, dont une trentaine en propre en FranceLancel et son vaisseau moscovite, le Figaro, 04/11, à Saint-Tropez, à Knokke-le-Zoute. Lancel est distribuée dans plus multimarques à travers le monde. L'international représente 20 % de son chiffre d'affaires. Lancel compte 850 salariés à travers le monde.
En 2012 Richemont tente de se séparer de sa filiale déficitaire et donne un mandat de vente à la banque d'affaire Nomura.
En 2013, Lancel réalise 135 millions d'euros de chiffre d'affaires. L'entreprise affiche un bénéfice net en hausse de 10 %. Ses ventes progressent de 4 %.
Finalement, en novembre, Richemont renonce à vendre . Le groupe maintient son soutien à Lancel.
En , le groupe italien Piquadro, spécialisé dans les sacs et articles en cuir, annonce avoir entamé des négociations exclusives avec Richemont, pour un rachat à la mi-2018.
Piquadro Le , la vente par Richemont à Piquadro est finalisée ; Richemont continuera à percevoir une partie des bénéfices de Lancel pendant 10 ans jusqu'à un montant maximum de 35 millions d'euros.
Un an après son rachat par Piquadro, Lancel se relance et affiche en un chiffre d'affaires en augmentation de 11,7 %. Les ventes de Lancel ont atteint 12,1 millions d'euros, contribuant à réaliser le tiers du chiffres d'affaires de Piquadro.
Produits Rétrospective 1900 : L’Irrévérencieuse, Le Chinois 1910 : L’Aumônière, Le Quadrille, Le Galuchat, Le Drapé 1920 : Le Nouille, La Parisienne, Le Parapluie 1930 : Le Python, Le Berlioz, Le Magnifique, Les Merveilleuses, Le Misérable, La Croqueuse 1940 : Le Parfait, Le Sac à Malice, L’Amoureuse 1950 : Le Balancé, La Mystérieuse, Le Secret, La Doctoresse 1960 : Le Poudrier, Le Boudoir, L’Idéal, Le Fox-Trot, Le Boomerang, Le Balancel 1970 : L’Etrier, Le Dali 1987 : Elsa 2008 : L’Adjani 2010 : B.Bardot 2011 : Collection Daligramme 2013 : Le L
Histoire récente des produits En 1970, Salvador Dalí réalise un sac intitulé « Le Dalí », reprenant le graphisme de l'alphabet amoureux « le Daligramme », qu’il dessine pour sa femme Gala dans son œuvre La Toile Daligram. La particularité de ce modèle est la chaîne de vélo utilisée pour l'anse. Cette toile est rééditée en 2011 dans la collection Daligramme. Cette série compte 50 pièces, toutes reprenant l'alphabet secret imaginé par l'artiste espagnol. Cette année-là, la marque lance un nouveau modèle inspiré du Daligramme : le Dalirious.
Dans les années 2000, la marque lance des nouveautés, à l'instar du « No bag » (2001).
Lancel s'entoure régulièrement d'artistes pour participer au processus créatif de ses lignes de maroquinerie, comme Isabelle Adjani, qui imagine en 2008 un sac à son image. En 2012, Brigitte Bardot participe également au dessin et à la réalisation d'un sac conçu à partir de matières recyclables.