Le HMS Repulse est un croiseur de bataille de classe Renown qui servit dans la Royal Navy de 1916 au , Portant des canons du plus fort calibre existant à cette époque et capables d'une vitesse supérieure à celle de ses congénères, les navires de cette classe sont néanmoins handicapés par un blindage dont la bataille du Jutland a montré l'insuffisance. Il constitue de 1920 à 1940, avec les et , l'escadre de croiseurs de bataille de la Royal Navy. Il a subi plusieurs refontes pendant l'entre-deux-guerres, mais ne bénéficie pas d'une véritable reconstruction, comme celle de son sistership, en 1936-1939. Il a servi dans l'Atlantique, entre 1939 et 1941, et a été coulé par des avions japonais, au large de la Malaisie, en mer de Chine méridionale, trois jours après l'attaque de Pearl Harbor.

Contexte et caractéristiques thumb|left|Le HMS Repulse, vers 1916 - 17. Les pertes de la bataille du Jutland furent compensées, au sein de la Flotte de Croiseurs de Bataille britannique, par la mise en service de deux nouveaux bâtiments, le en , et en . Quand la guerre avait éclaté, la construction de quatre cuirassés qui faisaient partie du , avait été arrêtée, dans la perspective d'une guerre courte, la priorité étant donnée aux unités dont la construction est censée être achevée avant la fin de la guerre. Revenu au poste de Premier Lord de la Mer (First Sea Lord), l'amiral Fisher proposa, après la bataille des Falklands, et obtint dans les derniers jours de 1914, de reprendre la construction de deux unités, sous forme non plus de cuirassé, mais de croiseur de bataille, ce qui, dans son idée, signifiait combiner un armement de cuirassé avec une vitesse et une protection de croiseur.

En , il fut finalement décidé de reprendre deux marchés qui avaient été suspendus, pour la construction des cuirassés Renown et Resistance de la , passés auprès des chantiers John Brown et Palmers. Cela permettait d'utiliser des matériels déjà rassemblés pour la construction d'unités qui avaient été prévues au programme de 1914. La mise sur cale du nouveau Repulse eut lieu, aux chantiers John Brown, en , avant que les plans définitifs ne fussent achevés en . L'objectif de Lord Fisher d'un achèvement en quinze mois, avant la mise en service de la , conduisit à limiter le nombre des tourelles à trois par navire, en fonction du nombre des canons disponibles. Si le délai de construction ne fut pas respecté, puisque les et ne purent participer à la bataille du Jutland, où furent présents les et , la construction de tels navires en vingt mois fut déjà une prouesse.

Les deux croiseurs de bataille de la avaient un déplacement « normal » de et à pleine charge, soit de moins que le , mais ils étaient dotés de canons de au lieu de . Leurs machines du même type que celles du HMS Tiger, mais un tiers plus puissantes, développaient (), ce qui leur permettait de filer 3 nœuds de plus, soit 32 nœuds. La contrepartie était un blindage intermédiaire entre celui de la et celui de la , soit en ceinture, et sur les tourelles. Comme ces caractéristiques étaient, en matière de blindage, celles de navires perdus au Jutland, on entreprit immédiatement d'en renforcer la protection, dès la fin 1916 et le début de 1917. Ils y gagnèrent le surnom de "HMS Refit" et "HMS Repair".

Caractéristiques générales Le HMS Repulse avait une longueur hors tout de , une largeur au maître-bau de , et un tirant d'eau de à l'arrière. Cette longueur était due à la nécessité de loger un plus grand nombre de chaudières, ce qui aboutissait à un rapport longueur/largeur de l'ordre de 8, favorable à une très grande vitesse, et le faible tirant d'eau résultait de l'idée de Lord Fisher de pouvoir disposer de navires susceptibles d'opérer en mer Baltique.

Armement thumb|left|350px|Vue aérienne du HMS Repulse en 19181: tourelles double de 2: triples canons de 3: canon tribord de 4: canon AA tribord de

L'artillerie principale du HMS Repulse consistait en six pièces de en trois tourelles identiques, deux superposées à l'avant et une à l'arrière. Les canons avaient une hausse maximale de 20°. Les canons pouvaient être chargés à l'angle maximal de 20°, bien que le chargement à des angles trop élevés eût tendance à ralentir le retour du canon en position de tir. Ils tiraient des projectiles de à une vitesse initiale de , pour une portée maximale de .. Cependant ce nombre inhabituel de trois tourelles, qui résultait des contraintes imposées sur le plan des délais de construction, constituait pour certains officiers canonniers de la Royal Navy un handicap pour un réglage rapide du tir.

L'artillerie secondaire était constituée de dix-sept canons de 102 mm en cinq affûts triples et deux affûts simples, en pseudo-tourelles ouvertes. Ils étaient actionnés manuellement et assez pénibles d'utilisation, nécessitant un équipage de trente-deux hommes pour charger et former les affûts triples, ce qui entrainait une cadence de tir de 10 à 12 coups par minute seulement. Ils avaient une hausse maximale de 30°. Ils tiraient des obus explosifs de avec une vitesse initiale de .. La portée maximale était de environ.

La Défense Contre Avions mettait en œuvre deux pièces anti-aériennes de . Le canon avait une hausse maximale de 90 °. Il tirait des obus de à une vitesse initiale de à une cadence de 12 à 14 coups par minute.. Ils avaient une portée maximale de .

Deux tubes lance-torpilles immergés de () étaient installés en avant des tourelles d'artillerie principale, avec un approvisionnement de 10 torpilles.

Protection Blindage Le blindage du HMS Repulse était semblable à celui de la . Le blindage au niveau de la ceinture de la ligne de flottaison mesurait d'épaisseur au milieu du navire. Il courait du niveau de la tourelle avant à celui de la tourelle arrière, sur une longueur de et une hauteur de . Pour une grande partie de la longueur de la ceinture principale, il y avait une ceinture supérieure en acier à haute résistance de d'épaisseur, conçue comme protection contre les éclats.

Le blindage des tourelles était de d'épaisseur sur le devant et les côtés, d'épaisseur sur l'arrière et d'épaisseur sur leurs toits. Les barbettes étaient protégées par de blindage au-dessus du pont supérieur, et de 102 à sous le pont. Le blindage du blockhaus était de d'épaisseur sur les côtés et de sur le toit.

Le blindage des ponts, en acier à haute résistance, variait de 19 à d'épaisseur. Après la bataille du Jutland en 1916, alors que les navires n'étaient pas encore terminés, un blindage de d'acier à haute résistance fut ajouté sur le pont principal au-dessus des soutes à munitions. Malgré ces ajouts, les navires furent encore jugés trop vulnérables sous le feu et chaque navire fut réaménagé à Rosyth en 1916-17 avec un blindage horizontal supplémentaire, pesant environ , ajouté aux ponts au-dessus des soutes à munitions et des mécanismes de direction.

Protection sous-marine Le HMS Repulse était équipé d'un large bulge anti-torpille intégré à la coque. Il s’agissait d'un compartiment latéral situé au niveau de la ligne de flottaison et isolé du reste du navire. Il était composé d'une partie remplie d'air et d'une partie inondée. En théorie, une torpille qui explose va rompre et inonder la partie remplie d'air, tandis que la partie remplie d'eau dissipe le choc et absorbe les fragments, laissant la coque du navire structurellement intacte. Cependant, des essais démontrèrent par la suite qu'il n'était pas suffisamment profond et qu'il ne disposait pas d'assez de couches compartiments vides/compartiments pleins pour absorber la force de l'explosion.

La coque était dotée de doubles parois intégrales

Propulsion Les plans originaux prévoyaient d'utiliser des machines légères produisant un total de , mais cela aurait eu pour effet de retarder les dates d'achèvement des navires. En conséquence, il fut décidé de copier la machinerie du HMS Tiger complétée par trois chaudières supplémentaires afin de fournir la puissance requise pour une vitesse supérieure.

Quarante-deux chaudières à tubes d'eau Babcock & Wilcox placées dans six chaufferies, avec une pression de service de ( kPa) alimentaient deux turbines à vapeur Brown-Curtis à entraînement direct, logées dans des compartiments machines distincts, qui entrainaient quatre hélices à trois pales et d'un diamètre de . L'ensemble était conçu pour produire (). Les bâtiments de la ont été les plus rapides de leur époque jusqu'à l'arrivée du en 1920.

On observera cependant que le Directeur de la Construction Navale de 1912 à 1924, Sir Eustace Tennyson d'Eyncourt, qui avait été le concepteur du HMS Tiger avait déjà déploré que ce croiseur de bataille ne pût pas être doté de chaudières à petits tubes. Dans ces conditions, avec un poids de machines de , le rapport poids/puissance de était un peu meilleur que celui du HMS Tiger, , mais nettement moins bon que celui du , , mis en service à la même époque, avec des machines pesant , pour une puissance de à .

Les navires de la étaient prévus pour transporter normalement de mazout, mais avaient une capacité maximale de . À pleine capacité, ils possédaient un rayon d'action de nautiques à 18 nœuds

Ils possédaient de très bonnes qualités nautiques. Lors de leur construction les coques et leurs superstructures durent cependant être renforcées pour améliorer leur résistance par mauvais temps.

Première Guerre mondiale et entre-deux-guerres La seconde bataille d'Heligoland Le HMS Repulse et son sister-ship, le ont rallié, en 1917, la Flotte des Croiseurs de Bataille, où l'amiral avait remplacé l'amiral Beatty. Mais seul le HMS Repulse a connu le feu, pendant la Première Guerre mondiale, au cours du combat indécis de la seconde bataille de Heligoland. En riposte à une attaque de croiseurs allemands contre un convoi entre Bergen et Lerwick, en octobre, l'amiral Beatty lança, le , un raid de la Escadre de Croiseurs du vice amiral Napier, avec le soutien de la Escadre de Croiseurs de Bataille, contre les dragueurs de mines allemands qui opéraient en Baie de Heligoland contre les champs de mines mouillés par la Royal Navy. Compte tenu de son faible tirant d'eau, le HMS Repulse fut détaché en soutien des croiseurs. Quand ceux-ci furent aux prises avec le Second Groupe d'Éclairage du contre amiral von Reuter, qui couvraient les dragueurs, le HMS Repulse intervint et mit un obus de sur le croiseur , sans grande conséquence, et surtout sans que cela aboutisse à un affrontement entre les cuirassés, en soutien de part et d'autre, l'amiral britannique ne voulant pas s'aventurer dans les champs de mines allemands et les Allemands ne voulant pas en quitter la protection. Un mois plus tard, le HMS Repulse fut endommagé lors d'une collision avec le .

Transports de princes et chasseurs de corsaires Pendant l'entre-deux-guerres, les deux navires, qui font de fréquents séjours dans des chantiers navals pour leurs refontes, sont le plus souvent affectés à la Flotte de l'Atlantique, ou à la Home Fleet, dont ils constituent, avec le , l'Escadre de Croiseurs de Bataille. Ils participent à de nombreuses croisières de représentation, ainsi en 1923-1924, le HMS Repulse effectue avec le un tour du monde, puis emmène le prince de Galles en Afrique du Sud. En 1936, le est affecté à la Flotte de la Méditerranée, au début de la guerre d'Espagne, et intervient devant , en 1938. En 1939, il escorte le paquebot qui emmène le couple royal pour une visite officielle au Canada.

Lorsque la Reichsmarine construisit les « cuirassés de poche » de la , plus puissamment armés que les croiseurs autorisés par les stipulations du traité de Washington, et plus rapides que les cuirassés mis en service depuis 1922, les , , et Repulse étaient, dans les eaux européennes, les seuls navires de ligne capables de leur donner la chasse, après la mise à la ferraille du en 1932, et avant la mise en service du Dunkerque le puis de la classe King George V dont la construction est lancée en 1937.

Refontes