Pampelune ( ; , officiellement, ou , selon l'Académie de la langue basque) est une ville et une commune espagnole, capitale de la communauté forale de Navarre. C'est la troisième plus grande ville du Pays basque.

Elle se situe à d'altitude. Elle a une population de et est la ville principale de la Cuenca de Pampelune, aire urbaine de plus de . Elle est située dans la zone linguistique mixte de la province.

Géographie Situation Pampelune est à environ 60 km au sud-est de Saint-Sébastien, 105 km au nord de Tudela, 200 km au nord-ouest de Saragosse et 400 km au nord-est de Madrid.

La frontière française se trouve à une soixantaine de kilomètres par la N 135 qui passe par le col de Roncevaux et arrive en France à Arnéguy, devenant la D 933 (Pyrénées-Atlantiques) qui mène à Saint-Jean-Pied-de-Port, en Basse-Navarre.

Communes limitrophes

Nord-ouestBerrioplano NordBerriozarAnsoáin Nord-estEzcabarteVillava OuestBarañáin,Cendea de OlzaOrkoien 75px EstBurlada Sud-ouestCizur Menor(Cendea de Cizur)Zizur Mayor SudGalar Sud-estAranguren Entre parenthèses sont indiqués les communes dont dépendent les concejos ou autres localités mineures.</center>

Relief et hydrographie

Voies de communication

Routes et autoroutes Lignes de chemin de fer

Transports Aérien

Pampelune a un aéroport, géré par la société nationale ENAIRE (ex-AENA). Sa piste principale mesure .

Il assure des liaisons commerciales vers . La compagnie Iberia et sa filiale Air Nostrum sont actives sur cet aéroport.

Transport urbain

Le réseau d'autobus est appelé Eskualdeko Hiri Garraioa.

Bicyclettes En décembre 2021, la municipalité de Pampelune a introduit un service de location de vélos électriques, sous la dénomination . Avec 2,5 vélos pour 1000 habitants, c'est le système le plus important tant au Pays basque qu'en Espagne.

Avec 42 bases réparties dans tous les quartiers de la ville, il permet aux utilisateurs de circuler entre les bases préférées. Il peut être utilisé 24 heures sur 24 tous les jours de l'année sauf pour les fêtes de San Fermin. Tous les vélos sont électriques, possèdent une assistance au pédalage et utilisent une énergie 100 % renouvelable. Il existe 400 vélos à disposition de la population. Le système dispose de 42 bases de retranchement et de recharge de vélos, où les batteries sont chargées quand elles ne sont pas utilisées. Ces 42 bases ont un total de 824 ancrages pour les vélos.

Histoire

vignette|Les murailles vues de la citadelle(le ).

Antiquité

Pompaelo aurait été fondée vers 75 av. J.-C. par le général et homme politique romain Pompée, qui lui aurait donné son nom..

À l'époque de l'Empire romain, Pampelune est une cité stipendiaire de la province de Tarraconaise (chef-lieu : Tarragone), puis, à partir de 300, de la province de Tarraconaise première (chef-lieu : Tarragone). Elle fait aussi partie du conventus juridicus de Saragosse (Caesaraugusta), le conventus étant une subdivision des provinces d'Hispanie.

On sait peu de chose de la christianisation à Pampelune à l'époque de l'Empire romain. Un personnage semi-légendaire est apparu quelques siècles plus tard dans la tradition chrétienne : saint Firmin, qui serait né à Pampelune au , fils d'un notable converti au christianisme, et serait devenu évêque d'Amiens en Gaule, où il serait mort en martyr vers 305, à l'époque de la persécution de Dioclétien). Le premier évêque de Pampelune connu date seulement du .

Haut Moyen Âge

Période du royaume wisigoth Le nord de l'Hispanie est occupée par les Wisigoths du royaume de Toulouse à partir de 476. En 507, vaincus par les Francs de Clovis (bataille de Vouillé), les Wisigoths sont chassés de Gaule et installent leur nouvelle capitale à Tolède.

À la fin du , le roi Récarède (de 586 à 601) abandonne le christianisme arien au profit du christianisme nicéen. On connaît le nom de l'évêque de Pampelune à cette époque, Liliolo, qui participe au troisième concile de Tolède en 589, puis au concile de SaragossePage espagnole Concilio de Zaragoza (592). en 592. C'est le premier évêque historiquement attesté de Pampelune.

Période de l'émirat de Cordoue Au , après la conquête musulmane de l'Espagne (711-716), elle est l'enjeu d'un conflit entre les musulmans de l'émirat de Cordoue (créé en 756), notamment la puissante famille des Banu Qasi, et les ducs de Vasconie, soutenus par les rois francs (carolingiens à partir de 751). Les Banu Qasi, maîtres de Tudela, prennent le contrôle de Pampelune au début des années 770.

C'est dans ces conditions qu'a lieu la première expédition franque en Espagne en 778. Une campagne est alors lancée par Charlemagne (roi des Francs depuis 768, mais pas encore empereur) vers Saragosse, à la demande du gouverneur musulman de Barcelone, Sulayman ibn Al-Arabi. Saragosse n'est pas prise, et au retour, Charlemagne fait raser les remparts de Pampelune. Sur le chemin vers la France, l'arrière-garde de l'armée est attaquée dans les Pyrénées par des Vascons, en représailles de cette destruction. Cet épisode relativement peu important est pourtant passé à la postérité sous le nom de bataille de Roncevaux, présentée de manière épique et très déformée dans la Chanson de Roland, chanson de geste composée au .

En 781, Pampelune est prise par l'émir de Cordoue.

Période du royaume de Pampelune (à partir de 824) Le royaume de Pampelune, constitué en 824 par Eneko Arista, qui règne jusqu'en 851, est le noyau du futur royaume de Navarre.

Moyen Âge Sous Alphonse VII (1126-1157), des francos s'établissent dans le bourg de San Cernin. Un autre bourg franc, San Nicolas, est créé à la fin du .

Tout au long du Moyen Âge, la vie de la cité est troublée par des luttes entre les habitants du vieux quartier, la Navarreria, partisans de l'alliance avec la Castille, et les francos des faubourgs de San Cernin et San Nicolàs, favorables au maintien de la couronne navarraise sous une dynastie française. Chaque quartier a ses murailles. Ces conflits ne freinent cependant pas le développement suscité par le passage des pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ces luttes s'achèvent en 1423 avec le privilège de l'Union, un for (fuero) promulgué par le roi Charles III de Navarre. Les trois municipalités se fondent alors en une seule et Pampelune connaît son apogée.

Après l'annexion de la Navarre par Ferdinand d'Aragon (1512) Le royaume de Navarre est conquis par les troupes de Ferdinand le Catholique à Jean III d’Albret le . . Celui-ci tente de reconquérir son royaume et met le siège devant Pampelune le 3 novembre, mais en vain.

Son fils Henri II de Navarre réussit à reprendre la ville le 19 mai 1521, mais son général, André de Foix, est battu à la bataille de Noain. La dynastie d'Albret conserve cependant la Basse-Navarre et continue d'utiliser le titre de « roi de Navarre » (ou de « reine de Navarre » pour Jeanne d'Albret, mère de Henri IV).

En 1571, sous le règne du roi d'Espagne Philippe II, débute la construction de la citadelle.

Au , des murailles cernèrent l'agglomération et les jacquets venant de Roncevaux entrent dans la ville par la porte de France, proche de la cathédrale Sainte-Marie.

Époque contemporaine Elle est occupée par les Français en 1808, lorsque Napoléon décide de prendre le contrôle de l'Espagne.

du nationalisme basque, Pampelune serait la capitale historique du Pays basque (Euskal Herria) des sept provinces, qui inclut les trois provinces basques en France.

À partir de 1923, l'écrivain et journaliste Ernest Hemingway effectue des séjours à Pampelune..

Les événements de 1936 et la guerre civile Aux élections législatives de février 1936, le « bloc de droite » obtient à Pampelune près de cinq fois plus de voix que le Front populaire, qui est vainqueur à l'échelle nationale. La Navarre est en effet un pays fortement marqué par le mouvement conservateur du carlisme (les requetés), très hostile à la gauche et à la république.

Lorsque l'armée (notamment Franco) se soulève le 17 juillet 1936, le général Mola prend sans difficulté le pouvoir à Pampelune, alors que les autres provinces basques restent loyales. La seule opposition est celle du commandant de la , , qui est assassiné par un de ses hommes.

Les rebelles exécutent de Pampelune, dont les élus de gauche de la municipalité. La citadelle est le lieu d’exécutions pendant toute la durée de la guerre civile (1936-1939).

Administration Maires de Pampelune

Jumelages La ville de Pampelune est jumelée avecCiudades hermanas

Population et société Démographie

Sports Football Osasuna, club de football évoluant dans la Liga. Handball Pampelune possédait un important club de handball de renommée européenne, le Portland San Antonio qui évoluait en Liga ASOBAL. En 2013, le club disparu pour causes économiques, mais un autre club de la ville le SCDR Anaitasuna a évolué en Liga ASOBAL depuis 2011.

Économie Le principal employeur de la ville est l'usine d'assemblage du groupe Volkswagen. Il y a aussi une usine Liebherr, qui emploie près de 250 employés..

Culture locale et patrimoine Édifices religieux La ville compte plusieurs églises, parmi lesquelles : la cathédrale Santa Maria de Pampelune ; l'église Saint-Nicolas ; l'église San-Saturnino (ou de San-Cernín, ou San-Sernín) au nom de San Saturnino (ou San Cernín, ou San Sernín) l'évangélisateur de la ville. Elle garde une tradition du pèlerinage de Compostelle. En plein cœur du quartier ancien aux rues étroites, cet édifice composite mêle les styles roman (tours de brique) et gothique (porche et voûtes du ) à de nombreux ajouts postérieurs. Elle présente l'aspect d'une forteresse flanquée de tours robustes.

Édifices civils vignette|L’hôtel de ville (Ayuntamiento) de Pampelune . L’hôtel de ville (Ayuntamiento) possède une façade baroque de la fin du , qui fut reconstruite avec ses statues, balustrades et frontons ; Le musée de Navarre est élevé à l'emplacement d'un hôpital du , dont il a conservé la porte Renaissance. L'époque romaine est représentée par des vestiges lapidaires : stèles funéraires, inscriptions et pavements de mosaïques provenant de « villas » des et . L'art roman est en vedette avec les chapiteaux du de l'ancienne cathédrale de Pampelune : l'artiste inconnu qui sculpta les trois scènes bibliques des chapiteaux exposés au milieu de la salle – Passion, Résurrection et Histoire de Job – se montre aussi minutieux dans les détails que puissant dans la composition et génial dans l'invention. Peinture gothique et Renaissance. Les trois premières salles reconstituent l'intérieur du palais d'Oriz décoré de panneaux peints en grisaille du , relatant l'histoire d'Adam et Ève et les guerres de Charles Quint. Les salles suivantes exposent de nombreux fragments de peintures murales venues de toute la province : Artalz (), Artajona et Pampelune (), Gallipienzo (), Dilate (). Si les genres apparaissent divers, on retrouve le trait légèrement appuyé, l'accumulation des personnages, le hanchement prononcé, hérités de la miniature française et illustrés par Juan Oliver qui décora en 1330 le réfectoire de la cathédrale (salle 24.) Parmi les chefs-d’œuvre exposés dans ce musée, citons le coffret hispano-arabe de Leyre en ivoire venant de Cordoue du début du , et le portrait du marquis de San Adrian peint par Goya. En sortant, voir, dans la cour, la grande mosaïque de la villa de Liédena du ; la Chambre des Comptes de Navarre ; le Palais des Rois de Navarre ; le Palais épiscopal ; le Théâtre Gayarre.

Personnalités Pascual Madoz, né à Pampelune le 17 mai 1806 et mort à Gênes le 15 décembre 1870, est un homme politique et un écrivain espagnol dont l'œuvre exemplaire est la somme que représente son Dictionnaire géographique de l'Espagne publié au milieu du . Pablo de Sarasate (1844, Pampelune - 1908, Biarritz), violoniste. Matilde Huici (1890-1965), l'une des premières avocates en Espagne. Juanita Mir (1893-1937), journaliste et écrivaine fusillée par les nationalistes.