Verneuil-sur-Avre est une ancienne commune française située dans le département de l'Eure en région Normandie. Le , la commune fusionne avec Francheville pour donner la commune nouvelle de Verneuil d'Avre et d'Iton. Verneuil-sur-Avre se situe dans le Pays d'accueil touristique d'Avre, d'Eure et d'Iton, comprenant .
Géographie
L'Avre passe à proximité de la ville de Verneuil (au sud de la RN 12). Depuis 1893, huit de ses sources situées à Rueil-la-Gadelière et Verneuil-sur-Avre sont captées pour alimenter en eau potable, grâce à un aqueduc, les , , et de Paris à partir du réservoir de Saint-Cloud.
L'Iton, autre affluent de l'Eure et donc sous-affluent de la Seine, remplit les fossés de la ville de Verneuil-sur-Avre. Lors de la fondation de la ville, fait détourner une partie de cette rivière pour alimenter la nouvelle ville en eau grâce à un bras forcé partant du Becquet à Bourth. À l'époque, Verneuil est située sur le territoire du duché de Normandie et l'Avre, qui coule à proximité, marque la frontière avec le territoire du royaume de France, zone ennemie.
Toponymie
Sous l'Ancien Régime, la ville s'appelait Verneuil-au-Perche ou simplement Verneuil. Elle est devenue commune et chef-lieu de canton sous le nom de Verneuil, nom encore fréquemment employé dans le langage courant. L'actuelle dénomination Verneuil-sur-Avre semble s'être mise en place au milieu du : la forme Verneuil-sur-l'Avre est attestée en 1835 ; Verneuil-sur-Avre est attestée sous ce nom en 1857Voir Congrès archéologique de France, par la Société française d'archéologie, volume 23, Derache, Paris, 1857 : Verneuil-sur-Avre figure en titre page 161 (« Séances tenues à Verneuil-sur-Avre ») et à la table des matières page 390 ; dans le reste de l'ouvrage, c'est la forme Verneuil qui est utilisée ; la forme Verneuil est la plus couramment utilisée, notamment dans les ouvrages de référence ; la forme actuelle a été officialisée à une date inconnue.
L'origine du nom de Verneuil remonte à verno signifiant « aulne » suivi du suffixe gaulois -ialo signifiant « champ, clairière » ; la forme primitive serait donc *Vernoialos, « la clairière des aulnes ».
L'Avre est une rivière qui passe à proximité de Verneuil et prend sa source dans le Perche. Elle sert de frontière naturelle entre les régions Normandie et Centre-Val de Loire. L'Avre est un affluent en rive gauche de l'Eure, donc un sous-affluent de la Seine.
Histoire Moyen Âge Verneuil-sur-Avre est fondée en 1120 par , troisième fils de Guillaume le Conquérant, après la révolte des nobles de 1118-1120.. Certains des principaux révoltés sont Richer de l'Aigle, Robert du Neubourg et Eustache, comte de Breteuil, tous possessionnés dans les alentours. , une fois ces révoltés soumis, crée donc trois bourgs fortifiés à Verneuil-sur-Avre pour contrôler la région..
Lorsqu'à l'issue de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion est retenu prisonnier par l'empereur du Saint-Empire romain germanique , l'occasion apparaît trop belle pour le souverain français, qui, en 1193, met le siège devant la place..
Dans le cadre de la reconquête de la Normandie par Philippe Auguste, la ville fait sa reddition, après celle de Rouen intervenue le , et celle d'Arques.
Au , Verneuil dispose d'institutions municipales..
En 1356, la ville subit la chevauchée d'Henri de LancastreBernard Bodinier (dir.), L'Eure, de la Préhistoire à nos jours, éditions Jean-Michel Bordessoules, 2001. accompagné de Geoffroy d'Harcourt.
Quartier Saint-Martin Le quartier Saint-Martin, situé au sud de l'Avre, dépendait des seigneurs du Thymerais. Ce face-à-face a donné lieu à de nombreuses confrontations entre les deux partis : siège de Verneuil, en 1173, par , contre le roi d'Angleterre et duc de Normandie ; bataille de Verneuil, victoire anglo-bourguignonne, le ; prise de Verneuil par le roi de France à la fin de la guerre de Cent Ans, le , grâce au meunier Jean Bertin ; Verneuil est alors réunie au comté du Perche.
Révolution française vignette|redresse=0.8|Cénotaphe de Frotté par David d'Angers dans l'église de la Madeleine à Verneuil-sur-Avre. Verneuil est chef-lieu de district de 1790 à 1801. L'église de la Madeleine est transformée en temple de la Raison. Il en subsiste quelques traces sur la façade, à droite du porche, et la statue de la déesse est conservée à la mairie.
Le chef chouan Frotté y est fait prisonnier et fusillé alors qu'ayant accepté les conditions de Bonaparte et bénéficiant d'un sauf-conduit, il était en négociation avec le général Guidal.
Époque contemporaine C'est à Verneuil le , que le roi déchu , qui vient d'abdiquer à la suite de la révolution des Trois Glorieuses, entre en Normandie pour rejoindre le port de Cherbourg où il est autorisé à quitter la France.
En 1844, Gauville est rattachée à Verneuil.
C'est dés le samedi vers , que les habitants apprennent, à coup de tocsin et de tambour, la mobilisation général.
Seconde Guerre mondiale Durant la Seconde Guerre mondiale, lors de la bataille de France, les troupes allemandes entrent dans Verneuil à partir du . Au début de l'été, la Wehrmacht réquisitionne l'École des Roches et y installe un camp de prisonniers militaires. Un grand nombre de soldats français victimes de la débâcle de 1940 y transitent avant d'être transférés dans des camps notamment autrichiens. canadiens capturés le lors de l'opération Jubilee (tentative de débarquement à Dieppe) y sont également détenus, du au , avant d'être transférés en Allemagne.
Dans la nuit du au , l'un des de la Royal Air Force partis bombarder Milan, le Halifax JD125 code KN-A du 77th Squadron, est abattu par le chasseur Focke-Wulf 190 piloté par l'Allemand Detlef Grossfuss du 2./JG2. Aucun des sept membres de l'équipage (six Britanniques et un Canadien) n'y survit. Seuls six corps sont retrouvés, ceux des sergents Griffiths, Gray et Bacon, les trois autres (parmi lesquels le pilote Clinch, les aviateurs Hoyne, Gallantree ou le Canadien Donald Dufton) n'ayant pu être identifiés, ce qui explique la présence de six stèles dont trois anonymes au cimetière communal.
Le , cinq FFI du réseau « Quand Même », (André Chasles, Jacques et Bernard Girard, Jean Pothin et Marius Bazille) sont fusillés par les Allemands en compagnie du parachutiste commando canadien Hector Sylvestre qui avait rallié la Résistance. Celui-ci appartenait à la compagnie A du parachutiste canadien ( parachutée, aéroportée). Cinq jours plus tard, le , la ville de Verneuil est libérée par les Américains de la d'infanterie et de la blindée. Les corps des six suppliciés reposent toujours au cimetière communal où ils ont été transportés après la Libération, un rond-point porte le nom de Donald Dufton et une rue celui d'Hector Sylvestre.
Le , Verneuil-sur-Avre et Francheville fusionnent pour former la commune de Verneuil d'Avre et d'Iton.
Administration et vie publique Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Démographie Évolution démographique
Pyramide des âges La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (26,6 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (54 %) est supérieur de plus de deux points au taux national (51,6 %).
En 2007, la répartition de la population de la commune par tranches d'âge est la suivante : 46 % d’hommes (0 à 14 ans = 16,8 %, 15 à 29 ans = 20,4 %, 30 à 44 ans = 20,7 %, 45 à 59 ans = 19,3 %, plus de 60 ans = 22,8 %) ; 54 % de femmes (0 à 14 ans = 16,2 %, 15 à 29 ans = 17,8 %, 30 à 44 ans = 17,6 %, 45 à 59 ans = 18,5 %, plus de 60 ans = 29,9 %).
Économie La ville possède une antenne de la chambre de commerce et d'industrie de l'Eure. Un domaine Center Parcs est situé à à l'ouest de Verneuil-sur-Avre, sur les communes des Barils et de Pullay.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Église de la Madeleine (), monument historique avec sa tour culminant à , en gothique flamboyant, visible bien au-delà du canton jusqu'à la cathédrale de Chartres (l'hiver) et devenue le symbole de la ville. Très comparable à la tour de Beurre de Rouen, bien qu'un peu plus petite, elle a également inspiré les architectes de la Tribune Tower à Chicago, gratte-ciel de de hauteur qui fut érigé en 1925. Église Notre-Dame . Série de maisons rues de la Madeleine (dont la maison à tourelle), de la Poissonnerie, des Tanneries et de la Pomme d'Or. Tour Grise () : élevée par Philippe Auguste, elle tire son nom d'une pierre de couleur marron utilisée pour sa construction et nommée « grison ». Abbaye Saint-Nicolas, fondée en 1627. Espace Saint-Laurent, ancienne église transformée en lieu d'expositions. Vestiges de l'église Saint-Jean () bombardée en 1944. Le centre de loisirs Center Parcs (« Les Bois-Francs »). La gare de Verneuil-sur-Avre.
Personnalités liées à la commune (Par ordre chronologique de date de naissance) Artus Fillon (-1526), évêque de Senlis et donateur ayant permis l'achèvement de la tour de La Madeleine y est né . François d'Orléans-Rothelin (mort en 1600), gouverneur de Verneuil-sur-Avre à partir de 1588. Henri Ier d'Orléans-Rothelin (1583-1652), gouverneur de Verneuil-sur-Avre. Paul-Alexis Blessebois (1646-1700), dit Pierre-Corneille Blessebois, aventurier et écrivain, y est né. Paul Bertrand (dit Saint-Arnaud) (1661-1739), ancêtre des familles Saint-Arnaud en Amérique du Nord, y est né. Pierre Vente (1722-1793), relieur français, y est né. Albert Marie de Romé (1730-1793), maréchal de camp des armées de la Révolution française, y est né. Gabriel-François Villette (-1816), pharmacien en chef aux armées, y est né. Jacques Nicolas Lacour (1760-1839), général, baron d'Empire, y est né. Le comte de Frotté (1766-1800), chef de la chouannerie normande, a été fusillé à Verneuil. Une stèle a été édifié sur le lieu de son exécution : .. Jean-Jacques Morel (1766-1852), prêtre exilé en 1790 et décédé à Hampstead, y est né. Jacques Antoine Bertre (1776-1834), ingénieur géographe, accompagne Bonaparte lors de l'expédition d'Égypte, y est mort. Prudent-Louis Aubéry Du Boulley (1796-1870), compositeur, y est né et mort. Louise Colet (1810-1876), femme de lettres, amie de Gustave Flaubert, y est inhumée. Paul Vogler (1852-1904), peintre impressionniste, y est mort. Jean Hillemacher (1889-1914), peintre, y est né. Paul Gires (1873-1948), médecin, fondateur de l'École française de stomatologie, y est mort. Maurice Augustin Storez (1875-1959), architecte qui restaura de nombreuses maisons à Verneuil, y est mort. Maurice de Vlaminck (1876-1958), peintre, établi pendant plus de cinquante ans à Rueil-la-Gadelière près de Verneuil, a beaucoup peint les villages et paysages des environs. Le collège de Verneuil porte son nom. Jérôme Carcopino (1881-1970), historien, secrétaire d'État à l'Éducation nationale et à la Jeunesse de 1941 à 1942, dans le gouvernement de Vichy, y est né. Serge Rigault (1930-1999), tennisman français et chasseur, y est inhumé. Jean-Paul Sevilla (1934-), pianiste concertiste, professeur honoraire à l'Université d'Ottawa, Canada, y demeure.. Jean-Claude Lebaube, coureur cycliste y est né en 1937 et mort en 1977. Hervé Télémaque (1937-2022), artiste peintre français d'origine haïtienne y avait son atelier pendant ses dernières années. Geneviève Moll (1942-2011), journaliste, y est morte. Richard Peduzzi (1943-), scénographe, peintre, designer et créateur de mobilier français. Pascal Quignard (1948-), écrivain, y est né. Claude Baillargeon (1949-2006), affichiste français, y est né. Louis Petiet (1957-), homme d'affaires et homme politique, a été maire de la commune et conseiller général de l'Eure. Nicolas Miguet (1961-), éditeur de presse, y est né. Frederik X (1968-), roi de Danemark depuis le , a fait ses études à Verneuil comme son frère.