Cette page est consacrée à tout ce qui concerne la présence et l'évocation au Carnaval de Paris, de tout objet volant identifié ou non.

1867 – Jours gras

Extrait de la rubrique « Hier — Aujourd'hui — Demain » par Georges Maillard, Le Figaro, vendredi , page 2. À l'occasion des jours gras, le magasin de jouets qui est à l'entrée du passage Jouffroy, près du boulevardLe journaliste du Figaro entend par là : « les grands boulevards », appelés aussi, à l'époque : « la ligne des grands boulevards »., a suspendu sous le dôme du passage un énorme bœuf gras... en baudruche.

Sur les flancs du volumineux ruminant, on lit Figaro.

Et les passants s'arrêtent et regardent avec stupeur ce colosse qui se balance gracieusement au moindre souffle qui vient du boulevard Montmartre.

A peine d'être un ingrat, le Figaro doit bien cette mention au commerçant qui lui fait gracieusement cette énorme réclame, n'est-ce pas ?

Février 1868 – Promenade des bœufs gras Extrait d'un article du journal Le Moniteur universel, Aujourd'hui la promenade des bœufs gras a été favorisée par le temps; aussi les curieux ont-ils afflué en plus grand nombre que jamais sur le parcours du cortège, dont l'éclat exceptionnel a été fort admiré. Au moment où le cortège des bœufs gras arrivait sur la place du Carrousel, un ballon en baudruche ayant la forme d'un bœuf et de grandeur naturelle a été lâché ; il s'est rapidement élevé, aux acclamations de la foule qui remplissait la place. Cette masse énorme tournoyant dans les airs tout en conservant son centre de gravité, c'est-à-dire sa position naturelle, était d'un effet fantastique fort curieux. Tous les regards l'ont suivi jusqu'au moment où il a disparu dans les nuages

Cette pratique du lâcher festif de ballons grotesques à Paris est attestée dix ans auparavant dans un article du journal Le Voleur relatant la Fête nationale du :

A la même heure avaient lieu, sur l'esplanade des Invalides, des représentations de pantomimes militaires, pendant le cours desquelles on a procédé, au grand amusement de la multitude, à l'enlèvement de plusieurs douzaines de ballons grotesques, puis à l'ascension d'un formidable aérostat, dont la nacelle contenait un musicien qui sonnait de la trompeExtrait du journal Le Voleur, , 27 août 1858, page 266..

La couverture du journal est illustrée par un dessin de J. L'Hernault où on distingue dans le ciel au-dessus de la foule sept grands ballons, trois de formes plus ou moins sphériques et quatre grotesques : deux en forme de bonhomme aux bras et jambes écartés, un cochon et un cavalier caricatural à cheval. 9 avril 1905 – Cavalcade du Bœuf Gras La Presse écrit dans le compte-rendu du cortège, qui commémore également le centenaire du rétablissement du Bœuf Gras en 1805, après l'interruption des années 1790-1804 :

Un arrêt à la mairie du dix-neuvième pour la réception du comité organisateur par la municipalité. Un vin d'honneur est servi. Après le départ du cortège, le comité du Bœuf-Gras a reçu ses invités au siège social du Syndicat de la boucherie en gros. Là, des discours sont prononcés par MM. Grébauval, Rozier, Paris et Lajarrige, conseillers municipaux, ainsi que par M. Dagorno, président du comité d'organisation.

Pendant ce temps, il est procédé au lancement du ballon Le Centenaire, monté par M. Fougeroux La Fête du Bœuf Gras, La Presse, 10 avril 1905, page 1, .

avril 1906 – Cavalcade du Bœuf Gras Le Petit Parisien décrit le lancement des ballons place des Abattoirs le : Lancement des Ballons Et, pendant que le cortège, toujours acclamé et applaudi, reprend la rue de Flandre, la rue de Crimée et la rue d'Allemagne jusqu'au marché aux bestiaux où a lieu, à six heures du soir, la dislocation, les ballons lAtlasAtlas est le nom du Bœuf Gras héros de la cavalcade de 1906., le Pont-de-Flandre et la Villette, montés par les frères Leboiteux, aéronautes de profession, s'élèvent lentement et bientôt disparaissent, poussés par un vent assez fort<ref> La Cavalcade du Bœuf Gras, Le Petit Parisien, 2 avril 1906, page 2, .</ref>.

14 avril 1907 – Cavalcade du Bœuf Gras de la Rive Droite Le lancement de ballons se répète à l'occasion de la Cavalcade du Bœuf Gras de la Rive Droite le En 1907 défilent deux cortèges du Bœuf Gras. L'autre, celui du Bœuf Gras de la Rive Gauche, défile le dimanche gras 10 février 1907. : Les chars après un assez long arrêt s'ébranlent pour regagner le marché aux bestiaux. La nuit est venue quand a lieu la dislocation.

Le public a également assisté à l'ascension de trois ballons et à un lâcher de pigeonsExtrait de l'article La journée de « Givrillot », Le Petit Parisien, 15 avril 1907, page 2, ..

26 avril 1908 – Grande Cavalcade du Bœuf Gras

Programme (extraits)Dossiers Actualités Carnaval, de la Bibliothèque historique de la ville de Paris :

:Cortège composé de 350 chevaux & 1500 personnages ... Fête Aérostatique Ascension de deux ballons montés aux abattoirsIl s'agit des abattoirs de la Villette. Bal de nuit ...

18 mars 1909 – Mi-Carême

Dans le cortège de la Mi-Carême deux chars ont des références aériennes. Voici leur description dans Le Souvenir Programme de la Cavalcade du Comité des Fêtes de Paris et de l'Association Générale des Étudiants, – :

char du Deuxième groupe : Char de l'Aéro-Gite, Décorateur J. Chassin, attelé de 4 chevaux :

Modèle d'habitation aérienne à bon marché - Brevet à vendre - L'hélice marche ou ne marche pas. Ce nouvel aéroplane appelé à révolutionner le Ciel et la Terre, tant par sa science technique que par son confort ultra-moderne. La partie de devant est réservée au mécanisme qui alimentera le chauffage et l'éclairage. L'autre plan divisé en cloisons représente une garçonnière, comprenant : chambre à coucher, cuisine et W.C., confort anglais - système tout à terre - sur le devant, sous le watmann, une grosse cloche avertit les volatiles, qu'ils doivent se déranger s'ils ne veulent pas se faire écraser.

char du Neuvième groupe :

Char Aérien de la Reine des Reines, Décorateur : J. Crotat, attelé de 8 chevaux caparaçonnés.

Le char de la Reine des Reines de Paris 1909, Antoinette Orlhac, est pourvu d'une hélice et surmonté d'une structure évoquant les ailes d'un aéroplaneCouverture du supplément illustré hebdomadaire du quotidien Le Petit Journal, dimanche 21 mars 1909. Reproduit dans cette page. On retrouve une figuration d'aéroplane associé à une jolie jeune fille sur les photos de la Fête des fleurs au bois de Boulogne le jour du printemps 1912 : aéroplane de Mademoiselle Arlette Dorgère, 1, 2, 3..

3 mars 1910 – Mi-Carême Dans la cavalcade de la Mi-Carême figure le char de Sa Majesté Carnaval venant rendre visite aux Parisiens en aéroplaneUne carte-postale figurant ce char est reproduite page 135 du livre de Georges Beau et Léopold Gaubusseau PARIS RETRO, Collection "La vie d'autrefois", Éditions Horvath, 1983..

23 mars 1911 – Mi-Carême 1 – Troisième char du cortège :Le Lachez-tout''' Char dirigeable de M. CHASSIN, décorateurProgramme de la Mi-Carême 1911 conservé dans les dossiers Actualités Carnaval à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, page 3 (ce programme compte 8 pages plus la couverture imprimée des deux côtés)..

...le (char du) « Lâchez-tout », sorte de dirigeable extra-fantaisisteArticle LA MI-CARÊME Un aéroplane et un dirigeable ont pris part à cette belle journée, Le Petit Journal, vendredi 24 mars 1911, pages 1 et 2. Une photo du Lachez-tout prise le jour du jeudi de la Mi-Carême 1911..

2 - La fête vue par Le Petit Parisien (extraits)Article illustré de deux photos intitulé : « Une belle journée de Mi-Carême », Le Petit Parisien, vendredi 24 mars 1911, pages 1 et 2. :

La Mi-Carême a fait recette hier, grâce à l'amabilité de M. Printemps qui, pour payer sa bienvenue aux Parisiens, avait mis à la disposition des organisateurs de la fête un soleil remis à neuf et un ciel d'azur tendre, à peine pommelé de quelques nuages d'argent et de vermeil...

Les cavalcadours ont, aux côtés de la reine des reines, remporté le plus triomphant succès : les costumes étaient frais, les figurants de bonne humeur, les figurantes jolies pour la plupart, et les chars avaient fort artistique allure... Il n'en a pas fallu davantage pour mettre dehors trois cent mille Parisiens, qui ne demandaient qu'à rire et à s'amuser, en se mitraillant avec des confetti.

Et l'aviation eut, comme on le verra plus loin, sa part du triomphe, grâce à l'exploit vraiment remarquable de l'aviateur VédrineLe Petit Parisien et Le Petit Journal du 24 mars 1911 écorchent l'orthographe du nom de l'aviateur. Tous deux oublient le "s" à la fin. Jules Védrines a passé son brevet de pilote peu auparavant le 7 décembre 1910 à Pau. qui vint, à bord de son aéroplane, saluer les reines...

...

Au moment où la reine des reines sortait de l'Hôtel de Ville, un cri s'éleva de la foule : « Un aéroplane ! un aéroplane ! »

Dans le ciel, en effet, à cinq ou six cents mètres de hauteur, volait un biplan, celui de l'aviateur Védrine, qui, parti d'Issy-les-Moulineaux, vint virer autour de la Sainte-Chapelle, contourner l'Hôtel de Ville et, redescendant à faible hauteur, lança une pluie de fleurs sur le cortège... Puis, reprenant son essor, l'aviateur, parmi des tonnerres d'acclamations, s'en retourna vers son nid d'Issy-les-Moulineaux.

3 - La fête vue par Le Petit Journal (extrait) :Un des succès de la journéeL'animation battait son plein et les curieux contemplaient avec le plus vif plaisir les différents chars pittoresquement décorés, lorsqu'un nouvel élément d'intérêt vint corser le spectacle.

Quelques minutes après quatre heures, le cortège était arrivé à la hauteur des Tuileries, lorsqu'on entendit les acclamations redoubler. Presque aussitôt, l'on percevait le ronflement d'un moteur.

C'était l'aviateur Védrine qui avait voulu ménager une surprise agréable aux Parisiens en prenant sa part de la fête. Parti du champ d'aviation d'Issy-les-Moulineaux à quatre heures, il était venu planer au-dessus de Paris et du cortège. On devine combien son arrivée fut chaudement accueillie. Des vivats, des applaudissements retentirent de toutes parts ; le cou tendu, spectateurs et spectatrices suivaient d'un œil amusé les évolutions de l'aéroplane, qui traversa la place de la Concorde, piqua vers la Madeleine, remonta dans la direction de l'Élysée, boucla le palais de la présidence et reprit la route d'Issy-les-Moulineaux, où il était de retour à quatre heures quinze.

Pendant son passage au-dessus de la foule, Védrine avait jeté des bouquets de violettes qu'on se disputa. Ils furent gallament offerts aux femmes qui, ravies, les piquèrent à leur corsage.

La rumeur causée par cette apparition ailée n'était pas encore calmée qu'une autre surprise se produisait. Cette fois, c'était un ballon dirigeable, le Torrès, commandé par le gouvernement espagnol et dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs. Parti d'Issy en même temps que l'aéroplane, le petit dirigeable vint à son tour planer au-dessus du cortège, à une allure moins vive. Il n'obtint pas un moindre succès, surtout lorsqu'on vit les aéronautes qui le montaient lâcher une douzaine de pigeons voyageurs. Le Torrès rentra à son tour sans encombre à Issy-les-Moulineaux, après un voyage de trente-cinq minutes.

14 mars 1912 – Mi-Carême

Pour la Mi-Carême défile à Paris un « char de l'aviation » portant une grande construction figurant un aéroplane. Sur une carte-postale commémorativeCette carte-postale est conservée à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Elle a été reproduite dans le livre de Alain Faure « Paris Carême-prenant : Du Carnaval à Paris au – 1800-1914 », Éditions Hachette, 1978. est précisé : « MI-CARÊME 1912 CHAR DE L'AVIATION du Matin ». Il s'agit d'un char commandité par le journal Le Matin.

4 février 1913 – Mardi-Gras On lit dans Le Petit Journal :