Les batailles d'al-Malikiyya sont une série de combats opposant des forces libanaises et des volontaires arabes aux troupes israéliennes lors de la guerre de Palestine de 1948. Le village change de mains cinq fois au cours de la guerre, avant de rester possession israélienne. Le principal combat est livré les et . Le futur président libanais, Fouad Chéhab, tire un grand prestige de cette victoire limitée, qui est un souvenir glorieux pour l'armée libanaise.
Contexte
Antérieurement au déclenchement de la guerre, les élites maronites libanaises avaient concnu un pacte avec le Yichouv, reconnaissant le droit à l'existence d'un État juif en Palestine. Au Liban, des dissensions existent, les musulmans étant favorables à une intervention opposée au sionisme. D'autre part, l'armée est encadrée par des officiers chrétiens et composée de soldats sunnites, les chiites étant tenus à l'écart de ses rangs. Enfin, l'armée libanaise est très faible début 1948, et ne compte que quelques milliers d'hommes. La plupart de ses unités sont engagées dans des opérations de police intérieure, et seul un faible contingent est disponible pour une action militaire extérieure. Mais le consensus arabe opposé à la création d'Israël impose une participation symbolique de l'armée libanaise aux côtés de la coalition arabeStéphane Malsagne, « L'armée libanaise dans la guerre de Palestine (1948-1949) : vers un renouveau historiographique », Confluences Méditerranée , 2008, 66, 207-219..
Déroulement
Situé en Galilée à près de 700 mètres d'altitude« al-Malikiyya — المالِكِيَّة », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consultée le 25 juin 2026.., al-Malikiyya est un village chiite palestinien qui domine la vallée de la Houla et qui présente un intérêt stratégique car il commande les voies d'accès vers Nazareth et Acre.
Mai 1948 : premiers combats
Le Palmah juif occupe le village avant la fin du mandat britannique. Le premier combat est livré le . Il voit la victoire des volontaires de l’armée de libération arabe (ALA) qui s'empare du village. L'armée libanaise apporte son soutien logistique et un appui d'artillerie. D'autres sources avancent la date du 12 mai, mais toutes concordent sur une brève occupation suivie d'une action offensive arabe qui reprend le village rapidement. Selon Hani al-Hindi, Adib Chichakli, futur président syrien, a combattu à al-Malikiyya lors de ces premiers combats.
La brigade israélienne Yiftah s'en empare la nuit.des 28/ en usant d'une ruse. Elle attaque le village pour que ses défenseurs appelent du renfort. Puis elle fait passer une colonne par le territoire libanais qui est accueillie comme ces renforts. La colonne rencontre les renforts demandés et les détruit, puis tombe sur les arrières arabes à al-Malikiyya.
Troisième bataille d'al-Malikiyyah
Lors de la troisième bataille, l'armée libanaise joue sa crédibilité intérieure et vis-à-vis de ses voisins arabes. Alors qu'un bombardement de soutien de l'aviation syriennne était prévu, les conflits confessionnels libanais aboutissent au refus libanais de ce soutien.
Un bataillon de l'armée libanaise reprend la localité à la , récemment formée et venue relever la brigade Yiftah redéployée dans le secteur de Latroun pour faire face à la Légion arabe.
Les combats durent une dizaine d'heures, l'armée libanaise prétendant, à leur issue, avoir mis hors de combat près d'une centaine d'Israéliens, alors que ces derniers admettent 8 tués. Cette bataille qui est la première livrée par l'armée libanaise depuis l'accession du Liban à l'indépendanceBoutros Dib, Histoire du Liban page 898 constitue également la seule opération offensive libanaise du conflit. L'armée libanaise est trop faible pour pousser plus loin, et la volonté politique est de se limiter à cette action . L'armée libanaise se retire le 9 juin ou le tient tout l'été selon les sources.
Dernier combat
Al-Malikiyya, évacué par ses défenseurs libanais et palestiniens, est repris sans combat par les Israéliens lors de l'opération Hiram le selon Benny MorrisBenny Morris, 1948 page 343. ou facilement selon l’Encyclopédie de la Question palestinienne.
Conséquences
Avec cette bataille, le Liban peut se targuer d'avoir tenu ses engagements. À l'égard de la coalition arabe, il a participé à l'offensive contre Israël ; à l'égard du Yichouv, il n'a pas menacé significativement l'existence de l'État sioniste. Le village d'al-Malikiyyah est conservé par Israël à l'issue de la guerre.
La bataille est célébrée au Liban comme un combat héroïque et sert à masquer l'inaction libanaise générale. Une médaille commémorative est créée spécialement. Le commandant libanais, Fouad Chéhab, tire un grand prestige de cette bataille : il est promu général de division en 1949 et devient président du pays dix ans plus tard.
Notes et références
Sources
Chaim Herzog, The Arab-Israeli Wars, Arms and Armour Press, Londres, 1984 Stéphane Malsagne, L’armée libanaise dans la guerre de Palestine (1948-1949) : vers un renouveau historiographique dans Confluences Méditerranée , L'Harmattan,
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