Un débat sur la peine de mort existe depuis plusieurs siècles dans de nombreuses sociétés.

Rétribution

La rétribution est un argument philosophique qui fut déjà avancé en son temps par Emmanuel Kant dans sa doctrine du Droit de la Métaphysique des mœurs. Certains partisans de la peine de mort le considèrent comme étant la première justification d'une exécution capitale..

Droits de l'homme

Le fondement philosophique de l'abolitionnisme est que la peine de mort viole les droits de l'homme. Le droit à la vie est incontestablement le plus fondamental de tous et ne peut être violé d'une façon aussi ostensible. La peine de mort constitue en plus un traitement inhumain : le moment de l'exécution est une torture psychologique, et aussi l'attente entre la condamnation et l'exécution, même lorsque celle-ci ne dure « que » quelques semaines. Albert Camus écrit dans le livre Réflexions sur la peine capitale :

Face à cela, l'argumentation partisane de la peine de mort ne consiste pas tant à nier que la peine de mort supprime certains droits humains du criminel, mais que ces droits ont surtout une portée générale, et peuvent être retirés comme tout autre droit si cela est justifié. Les droits humains auraient simplement pour effet d'encadrer la peine de mort en tant que processus légal, le condamné ne conservant que certains droits plus basiques (droit à un procès équitable, de ne pas être torturé…) http://joongangdaily.joins.com/article/view.asp?aid=2919429 « People who urge the scrapping of the death penalty say the right to life is one of the basic human rights, and a government can’t deprive criminals of that right. Do you think we should respect criminals’ right to life? A. The Constitutional Court of Korea upheld the death penalty in February, saying the human right to life could be restricted in some cases for the wider public good. Q. Does this mean that the human rights of brutal criminals are not protected [by the constitution]? A. Yes. ».

Utilité

Effet dissuasif sur le crime

Il n'existe cependant aucun consensus sur l'effet dissuasif de la peine de mort. Une méta-analyse portant sur 95 études, principalement aux États-Unis, publiée en 2008 dans le indique que 60 d'entre elles montrent un effet dissuasif de la peine de mort, tandis que 35 montrent au contraire une augmentation des homicides, c'est-à-dire un effet pervers de la peine de mort sur la criminalité. Les auteurs insistent sur le fait que les résultats divergent significativement selon la discipline de l'étude et son aire de recherche. Ainsi, si on a en moyenne un effet dissuasif, il vient du nombre important d'études dans le domaine économique avec des analyses économétriques qui montrent cet effet dissuasif, contrairement aux autres disciplines qui ne le montrent pas. En France, si le taux d'homicides a fortement baissé depuis l'abolition de la peine de mort, il est toutefois difficile d'établir un lien de causalité.

Moyen de pression sur les criminels

Un argument en faveur de la peine de mort principalement employé par les procureurs américains est son utilité dans le cadre du marchandage de peines. En effet la peine de mort est une menace dont les procureurs se servent contre les accusés pour les forcer à plaider coupable, à dévoiler l'identité de leurs complices ou encore l'emplacement des corps de leurs victimes. Ainsi le tueur en série Gary Ridgway, plaida coupable de et accepta de coopérer avec la police pour permettre de retrouver les victimes disparues en échange d'une condamnation à la prison à vie.. En Oregon, le procureur-adjoint Norm Frink déclare qu'alors même que son État n'exécute pas de condamné, les accusés acceptent régulièrement de plaider coupable en échange d'une condamnation à la prison à vie, même en sachant qu’ils resteront en prison jusqu'à leur mort naturelle Killing Time : Dead Men Waiting on Oregon’s Death Row « Even though we don’t execute people, Frink considers capital punishment a valuable tool for prosecutors. The threat of death, he says, leads defendants to enter plea deals for life without parole or life with a minimum of 30 years—the two other penalties, besides death, that Oregon allows for aggravated murder. ».

En Thaïlande, où le meurtre et le trafic de drogue sont tous deux punis de la peine de mort, il est d'usage de la prononcer essentiellement lorsque l'accusé est reconnu coupable après avoir prétendu être innocent durant toute la procédure ; un fait qui incite grandement les prévenus à avouer La peine de mort en Thaïlande sur un site contre la peine de mort « The death penalty applies in Thailand also to heroin or amphetamine drug trafficking and especially when a prisoner is found guilty after pleading not guilty at the start of the trial. » Serial killer gets life sentence in Thailand « A man accused of murdering five masseuses in a 2005 killing spree received a life sentence yesterday for the first victim's death. The Criminal Court originally sentenced Somkid Phumpuang to death for killing Warunee Pimpabutr in January 2005 but later commuted the sentence to life imprisonment, citing his confession during the police investigation and trial. » Life term for drug trafficker « A THAI court on Wednesday sentenced an Australian man to life imprisonment after commuting a death sentence for the trafficking of three kilograms () of heroin, a court official said. […] The court found the suspect guilty of possession, trafficking and smuggling heroin and must be punished with the severest penalty of death, but since the suspect has confessed (to the crime) the court has commuted the death sentence to life imprisonment+, said a court official reading the verdict. ». En Chine, la loi permet qu'une personne puisse écoper d'une peine moins sévère lorsqu'elle a effectué une confession honnête du crime et a dédommagé les victimes à temps. Les criminels sont donc incités à avouer, mais aussi à indemniser les victimeshttp://china.globaltimes.cn/diplomacy/2009-11/485338.html.

Aspect économique

Vices

Arbitraire

Aux États-Unis, les personnes racisées sont criminalisées de manière discriminatoire, ce qui pose question quant aux biais arbitraires dans l'application de la peine de mort.

Longue attente

D'un point de vue objectif, la longue attente dans le couloir de la mort n'est souhaitée par personne, elle cause des dommages tant pour le condamné que pour la famille de la victime. Un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de 1989 (Soering c. Royaume-Uni), juge que si le processus judiciaire de la Virginie aboutissant à la peine capitale est acceptable selon les standards démocratiques de justice, l'attente dans le couloir de la mort elle-même constitue un traitement inhumain et dégradantPEINE DE MORT: UN TRAITEMENT INHUMAIN, CRUEL ET DEGRADANT, Fiacat, 2007.

Si ce long temps d'attente peut en effet s'avérer un argument supplémentaire contre la peine de mort, lorsque l'objectif d'abolition n'est pas accessible la question est de savoir de quelle manière l'on peut endiguer ce phénomène tout en conservant la peine de mort. Une première solution consiste à commuer automatiquement les condamnations à mort au-delà d'une certaine durée, la deuxième consiste à limiter le processus d'appel California's death penalty process is 'dysfunctional, ' panel finds « Most commissioners recommended that the state Constitution be amended to permit intermediate courts of appeal to decide capital cases rather than having them go straight to the California Supreme Court. The proposal would speed up death penalty appeals and lead to earlier executions. ». Les abolitionnistes sont les premiers à s'opposer à la deuxième solution craignant une hausse des exécutions. En , le procureur général de l'Ohio critiquait lui aussi la trop longue durée du processus judiciaire dans les cas de condamnation à mort, mais juge que cela ne justifie pas l'abolition : « Les mêmes qui font tout pour ralentir le système judiciaire ne peuvent ensuite s'en plaindre. » a-t-il déclaré Cordray: Death appeals too long.

Dans plusieurs pays des Caraïbes comme la Jamaïque, la justice a décidé d'imposer une limitation de la durée dans le couloir de la mort à cinq ans. En Ouganda, cette durée a été fixée à trois ans Uganda: Supreme Court Retains Death Penalty « the court said once the death sentence is confirmed, the condemned person should either be executed within three years or his sentence commuted to life ». Une telle décision aux États-Unis aurait pour effet de tout simplement abolir la peine de mort. Au Japon et en Indonésie, la durée d'attente est très inégalitaire (allant de deux ans à plus de vingt ans), les condamnés à être exécutés étant choisis selon la gravité de leur crime plus que selon l'ancienneté de leur condamnationhttp://www.jiadep.org/ListE_files/page11_1.html http://www.balidiscovery.com/messages/message.asp?Id=5270. Dans les années 2000, les exécutions se sont multipliées dans ces pays, il est donc bien question d'accélérer la machine judiciaire et de réduire la durée d'attente, mais pas d'accorder la clémence pour cette raison..

Politique

Opinion publique comme argument politique

Dans les pays où la peine de mort est appliquée, elle est quasiment toujours soutenue par une très nette majorité de la population et, comme sur tout sujet politique, c'est très logiquement le parti en faveur de laquelle penche qui s'appuie sur elle. est alors mise en avant pour appeler les dirigeants politiques opposés à la peine de mort à mettre de côté leurs convictions, ce qu'ils font parfois, mais pour éviter des conséquences électorales néfastes, non empreints de la conviction qu'il faut s'en remettre au peuple. est aussi un argument pour appeler les dirigeants à laisser le peuple trancher la question lors d'un référendum, solution en revanche rarement retenue.

Les abolitionnistes contestent le fait que l'on puisse accorder crédit à une opinion publique qu'ils jugent désinformée et éloignée du problèmeUne avocate japonaise juge le sujet « tabou » dans son pays. Celle-ci aurait besoin d’être « éduquée » pour « être éclairée »Discours de Robert Badinter « Rien n’a été fait pour éclairer cette fameuse opinion publique » et enfin devenir majoritairement contre la peine de mort comme en France où les médias ont diffusé des téléfilms ou des reportages prenant parti contre la peine de mort (comme L'Affaire Christian Ranucci : Le Combat d'une mère diffusé sur TF1 en 2007, L’Abolition diffusé par France 2 en 2009L'Union européenne réaffirme son opposition à la peine de mort à l'occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort « En 2002, quelque d'euros ont été octroyés à des projets visant à sensibiliser l'opinion publique des pays qui maintiennent la peine de mort. Il s'agit de projets destinés à éduquer le public »), ou encore en Europe par le biais de la journée européenne contre la peine de mort ou de subventions au bénéfice des associations abolitionnistes.

En 2019, la politiste Laurence Morel observe que dans les États américains, l'abolition de la peine de mort a souvent été refusée, ou la peine de mort réintroduite, par référendum ; cependant, ..

Tendance internationale

Systématiquement après chaque événement important concernant la peine de mort (exécution, activité législative pour abolir ou rétablir…), l'Union européenne (UE) et diverses ONG comme Amnesty International interviennent médiatiquement pour rappeler leur engagement contre la peine de mort, le fait qu'il s'agisse d'une peine en recul voire marginale ou encore les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies qui appelant à un moratoire sur les exécutions en vue de l'abolition de la peine de mort, sont des arguments pour inciter les pays qui exécutent à suivre le chemin de l'abolition. Les pays qui appliquent la peine de mort sont alors mis à l'index, marginalisés.