Lys Gauty, de son vrai nom Alice Gauthier, née le à Levallois-PerretArchives des Hauts-de-Seine, commune de Levallois-Perret, acte de naissance , année 1900 (vue 40/314) (sans mention marginale de décès) et morte à Monte-Carlo à Monaco le , est une chanteuse française.

Biographie

Famille thumb|Lys Gauty (1946). Alice Gauthier est née dans une famille modeste : son père est mécanicien et sa mère couturière. Après des cours de couture et de dactylographie, elle commence très jeune à travailler comme vendeuse dans un grand magasin puis chez une modiste. Avec ce que ses parents lui laissent de son salaire, elle prend des cours de chant. En effet, sa voix a été remarquée dès l'école. Dotée d'une formation classique, c'est pourtant chez Fyscher (de Nelson Fyscher) en 1924, rue d'Antin, qu'elle entame une carrière de chanteuse de music-hall avec Georges Van Parys pour pianiste. En 1925, elle chante à l'Olympia. Le Suisse Gaston Groëner, de douze ans son aîné, qui devient son mari en 1925, prend en charge la direction d'une carrière émaillée de nombreux succès et cosigne certaines de ses chansons. Il dirige le Théâtre de 10 Heures de Bruxelles et les premiers disques de Lys Gauty sortent donc en Belgique chez Gramophone en 1928.

Début En 1930, elle débute au cinéma dans le film parlant de Maurice Gleize, Jour de noces. Cette expérience d'actrice se renouvelle en 1938 lorsqu'elle tient le rôle-titre du film La goualeuse de Fernand Rivers. En 1934, elle dénonce l'antisémitisme ambiant dans sa chanson Israël, va-t-en. Cependant, son plus grand succès reste la valse Le chaland qui passe (1933), version française de la chanson italienne Parlami d'amore, Mariù, chantée par Vittorio De Sica. En 1937, avec humour elle s'auto-parodie avec Le chaland qui reste.

Succès Elle triomphe dans les cabarets (La Boîte à Matelots, 1932 ; La Folie de Lys Gauty, 1933...) et les music-halls (Bobino, 1933 ; Alhambra, 1934 ; A.B.C., 1935, 1936...).

En 1933, elle reçoit le Grand Prix du disque pour son interprétation de deux airs de L'Opéra de Quat'sous : le Chant de Barbara et la Fiancée du Pirate de Kurt Weill. En 1934, elle est élue la reine des Six Jours au Vel' d'Hiv, dont elle est l'impératrice en 1935. Elle était connue pour les longues robes blanches qu'elle portait lors de ses concerts. Elle a comme particularité d'avoir été une des premières interprètes des tout en chantant aussi des mélodies populaires. Damia, lui reprochant de ne pas être assez mélodramatique, la surnomme « la sous-préfète ». Connue et appréciée en Angleterre et aux Pays-Bas, elle fait en 1939 une tournée en Amérique du Sud et revient se réfugier en Normandie où elle a une ferme. En , elle regagne la capitale dans l'attente de son frère Eugène de retour de captivité. En septembre de la même année, elle fera un récital Salle Pléyel.

Après guerre En 1946, elle est de retour, à l'Alhambra, avec Un petit bouquet de violettes et En écoutant mon cœur chanter. À la Libération, on lui reproche ses interventions sur Radio ParisLa vie culturelle à Saint-Étienne pendant la deuxième guerre mondiale (1939-1944), Blandine Devun, ed. Université Saint-Étienne, 2005 et une tournée avec Fréhel et Raymond Souplex organisée par l'association (La Force par la Joie) en Allemagne pendant laquelle elle chante devant les ouvriers du S.T.O et les prisonniers des Stalags en 1942La vie musicale sous Vichy, Myriam Chimènes, Josette Alviset, ed. Complexe, 2001. Elle ne revient jamais sur le devant de la scène. Elle divorce en 1947. Léo Ferré devient pour un temps son pianiste. En 1950, elle joue et chante dans l'opérette Ma Goualeuse au Casino-Montparnasse. Toujours en 1950, elle dirige le Casino de Luchon et y fonde le Festival de la Voix.

Fin de carrière Elle abandonne la scène vers 1953 pour devenir directrice d'un cabaret dans la région de Nice, où elle fonde une école de chant. Plus tard, elle se reconvertit en reprenant la direction d'une agence immobilière à Monte-Carlo.

Lys Gauty est décédée à Monte-Carlo en 1994.

Par testament, elle avait exprimé la volonté d'être enterrée dans le cimetière de Saint-Gengoux-de-Scissé (Saône-et-Loire), commune du Haut-Mâconnais où elle possédait une maison dans laquelle elle habita quelques années à partir de 1972 (demeure qu'elle avait achetée en 1962 pour ses frères Albert et Eugène, qui y vécurent jusqu'à leur mort en 1971 et 1974Décès qui entraînèrent la vente de la maison. Source : « Lys Gauty, vedette des années 30 », article paru dans Le Journal de Saône-et-Loire (rubrique Nécrologie) daté du 6 janvier 1994.) et qu'elle ne quitta que pour s'installer à Monte-Carlo, effectuant toutefois de fréquents retours à Saint-Gengoux-de-Scissé où elle loua une maison, au hameau de Bassy, pour ne pas perdre contact avec ses amis du villageHenri Nicolas, Le Mâconnais, collection « Les Hommes et leur province », Éditions La Taillanderie, Châtillon-sur-Chalaronne, 1998 (encart « Ils ont illustré ou aimé le canton : Lys Gauty », page 104)..

Chansons 1928 Paradis du rêve (Richepin-Fyscher) Haine d'amour (Sureau-Bellet) Vendetta (Nazelles-Desmoulins-Penso) La Tour Saint-Jacques Because I Know You're Mine Tu sais (Berys-Lenoir-Walter-Ervande) 1930 La Légende des grains de beauté (Boyer-Archambaud) Une femme (Blemont-Heine-Lazzari) Mais quand c'est toi Frileuse Déjà Le Chaland qui passe (1933), (C.A.Bixio-A.de Badet) chanson qui a été ajoutée à une version du film L'Atalante (Jean Vigo) renommé pour l'occasion Le Chaland qui passe. 1932 Valparaiso Une Viennoise Un coup de riquiqui J'aime tes grands yeux Chant de Barbara (Kurt Weill-Mauprey) La Fiancée du pirate (Kurt Weill-Mauprey) L'amour qui passe Qui j'aime Caramba Tu m'as fait tant souffrir Prends-moi dans tes bras Ma chérie Coup de soleil Si je vous tutoie 1933 J'aime tes grands yeux Les marins de Surcouf Le piano mécanique Hot Voodoo J'ai tout trouvé près de toi Je te regarde dormir Bye Bye Départ (Goener-Tranchant) La Ballade du cordonnier (Tranchant) C'est le plaisir que j'aime Mon cœur est léger Loin de toi Les deux guitares La prière du pauvre homme Viens ou L'amour est un caprice À Paris dans chaque faubourg (Maurice Jaubert-René Clair), chanson du film Quatorze juillet de René Clair dans lequel elle apparaît. 1934 Le Bistrot du port Complainte désabusée Rêves d'amour Nostalgie Libre de moi Israël va-t-en Chanson de l'escadrille (Arthur Honegger-Joseph Kessel) La Complainte de la Seine (Kurt Weill-Maurice Magre) Je ne t'aime pas (Kurt Weill-Maurice Magre) Un soir d'hiver...tard (Celerier-Pradier) Le moulin qui jase (Badet-Bols) La Mary Salope L'amour tel qu'on le parle Dans tes bras doucement Chanson du cul de jatte L'auto du charbonnier Moi et l'Impératrice Pour toi je veux rêver Les larmes Lettre d'un bleu1935 Ça sent la friture Chéri dis-moi je t'aime (Bos) La Belle Escale Je t'aime, c'est tout Mirages Un jour de différence, adaptation de la chanson What a Diff'rence a Day Makes Quel beau dimanche ! (Charles Trenet-Groener-Heim) Vieille Ballade Au revoir, bon voyage Obsession La Chanson du brave homme Exil J'attends un navire (Kurt Weill-Jacques Deval) Sammy de la Jamaïque (Goer-Michel Vaucaire) Suzon Le bonheur n'est plus un rêve1936 Espoir (Wal-Berg/Henneve) Sur les bords de la Seine J'ai trouvé le bonheur Une chanson d'amour Certitude Colin maillard La Marie-Louise Manola Mon cœur est fait pour t'aimer1937 Qu'importe si tu pars En souvenir des dimanches Sous l'enseigne lumineuse Souvenir de bal Allons nous promener Tes bras Presque rien Au revoir et adieu Croyez-moi Conversation tango Le chaland qui reste Sans y penser L'Heure du rêve À l'aventure1938 Gentiment Le Bassin de la Villette (Goer-Vaucaire) Y'a de l'amour dans mon cœur Une femme, un accordéon, un caboulot Ce soir ou bien jamais J'ai juré de t'aimer toujours Souviens-toi de ce dimanche Dis-moi pourquoi ? (Kosma-Vaucaire-Groener) et Le bonheur est entré dans mon cœur tirées du film La Goualeuse de Fernand Rivers. La garce Infidèle1939 La Valse au village Amour en mineur Ne voyez-vous pas? Tu sais pour qui je chante La Rosière du régiment La belle marinière Échanges (Mireille-René Dorin) 1940 J'écoute la pluie Pour vous, Michina On me prend pour un ange Les Petits Pavés La Chanson de Nina Les escargots qui vont à l'enterrement (Prévert-Kosma) 1941 Fumée sur le toit Revenir La Valse de toujours Ce jour-là1942 Prière au vent du soir On en fait vite le tour Aujourd'hui, bal de nuit Pas grand-chose1943 Crépuscule (Django Reinhardt-Francis Blanche) La chanson que je chante La Chanson de la rue Un soir sur le port1944 Échos Rêver !...1946 La Complainte du corsaire En écoutant mon cœur chanter Un petit bouquet de violettes La Chanson du bonheur Monde La plus belle chanson1949 Te voyo benn Mon caboulot1950 Au fil de la Seine Comme un air d'accordéon1951 Moi j'aime ça Pays perdu Mon cœur pleure pour vous Y'a tant d'amour Avec sa pomme Réception critique J. P. - Le Figaro :

L'Intransigeant :

Iconographie Portrait de Lys Gauty, studio Boris Lipnitzky, 1930

Bibliographie Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di chanteuses nella Francia del primo Novecento)'', Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p.

Notes et références

Sources Livret du CD « Lys Gauty », collection « Les voix d'or », chez Marianne Melodie.

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