Gera est une ville allemande de Thuringe. Célèbre pour ses draps dès le Moyen Âge, Gera a été un centre important de l'industrie textile au . Capitale de la principauté de Reuss à partir de 1848, ville industrielle importante de la RDA, Gera peine à se reconvertir et a perdu 20 % de sa population depuis 1990.
Gera est la ville natale d'Otto Dix, peintre majeur du en Allemagne.
Géographie
Ville indépendante (Kreisfreie Stadt), Gera est la troisième ville du land de Thuringe derrière Erfurt et Iéna. Gera est située à l'est du land, sur les rives de l'Elster Blanche (Weiße Elster), dans les collines thuringeoises orientales, au nord des monts de Thuringe. Deux petits affluents de l'Elster ont creusé leur vallée sur le territoire communal, le Nebengewässer à l'ouest et le Gessenbach au sud-est.
La ville a une altitude moyenne de avec une altitude minimale de dans le lit de l'Elster au nord de Gera et une altitude maximale de à la pointe sud-est de la commune dans le village de Falka.
Le territoire de Gera est presque entièrement entouré par l'arrondissement de Greiz. Il confine au nord avec le land de Saxe-Anhalt et est proche de la frontière de la Saxe. La commune compte d'importantes forêts, notamment à l'ouest de la ville (Geraer Stadtwald) et au nord-ouest (Auslänfer des Holzlandes).
Leipzig se trouve à au nord de Gera, Chemnitz à à l'est et Erfurt, la capitale du land de Thuringe, à à l'ouest (comme Iéna à et Weimar à ).
Communes limitrophes
Dans le sens des aiguilles d'une montre : dans l'arrondissement du Burgenland (Saxe-Anhalt) : Wetterzeube et Gutenborn ; dans l'arrondissement de Greiz : Pölzig, Hirschfeld, Brahmenau, Schwaara, Korbußen, Ronneburg, Kauern, Hilbersdorf, Linda b. Weida, Endschütz, Wünschendorf-sur-Elster, Zedlitz, Hundhaupten, Saara, Kraftsdorf, Hartmannsdorf et Bad Köstritz ; dans l'arrondissement de Saale-Holzland : Silbitz.
Administration
Gera est divisée en 12 arrondissements urbains (Bezirke) composés de 40 quartiers (Ortsteil) (population en 2010) Site de la ville, population des quartiers :
01 Stadtmitte, 6 quartiers () 02 Debschwitz, 4 quartiers () 03 Gera-Ost, 8 quartiers () 04 Gera-Nord/Gera-Langenberg, 8 quartiers () 05 Bieblach-Ost, 8 quartiers () 06 Bieblach/Tinz, 6 quartiers () 07 Untermhaus, 2 quartiers () 08 Gera-Westvororte, 6 quartiers () 09 Zwöka/Liebschwitz, 5 quartiers () 10 Lusan-Laune, 8 quartiers () 11 Lusan-Zentrum, 5 quartiers () 12 Lusan-Brüte, 7 quartiers ()
La municipalité de Gera est composée de la ville de Gera elle-même et de treize villages pourvus chacun d'un conseil de quartier (Ortschaft), présidés par un maire de quartier et dotés d'une certaine autonomie (superficie en km et population en 2010) Site de la ville, les différents villages :
Gera (, ) Aga (, ) Falka (, 419) Hain (, 227) Hermsdorf (, 567) Langenberg (, ) Liebschwitz (, ) Milbitz/Thieschitz/Rubitz (, 667) Naulitz (, 114) Roben (, 773) Röpsen (, 630) Söllmnitz/Cretzschwitz (, 696) Tränitz (, 349) Trebnitz (, 430) Weißig (, 203)
Démographie
Année Habitants 1530 1647 1794 1834 1852 1861 1871 1880 1890 Année Habitants 1900 Ville de Gera, recensements anciens 1910 Recensement de 1910 1919 1925 1933 1939 1945 1950 1960 Année Habitants 1971 1981 1988 1990 1995 2000 2005 2010 Land de Thuringe, statistiques officielles
L'évolution démographique de la ville de Gera peut se diviser en trois périodes. Jusqu'en 1850, pendant toute la période pré-industrielle, la population de Gera progresse modestement.
Une longue période d'expansion va suivre durant un siècle et demi. Au moment de l'industrialisation, et surtout à partir de l'intégration de la principauté de Reuss dans le nouvel Empire allemand, cette progression devient très importante, comme dans beaucoup de villes allemandes. Entre 1871 et la Première Guerre mondiale, la population de Gera triple.
En 1919, une première vague d'incorporations de communes, suivie d'une deuxième vague en 1923, augmente considérablement la population qui stagne ensuite plus ou moins durant l'Entre-deux-guerres. Après la Seconde Guerre mondiale et pendant la période communiste, la ville grandit et devient en 1960 une grande ville (Großstadt) pour atteindre son maximum à la veille de la Réunification de 1989.
Depuis, la population de Gera ne cesse de décroître et la ville a perdu 25 % de ses habitants en vingt ans malgré les très nombreuses incorporations de communes ayant eu lieu en 1994.
Incorporations de communes
1905 : Bieblach ; 1912 : Debschwitz ; 1919 : Untermhaus, Pforten, Zwötzen, Leumnitz, Tinz, Milbitz, Thieschutz, Rubitz, Lusan ; 1922 : Ernsee ; 1923 : Windischenbernsdorf, Frankenthal, Scheubengorfsdorf, Töppeln, Laasen ; 1933 : Poris-Lengefeld ; 1950 : Langenberg, Roschütz, Langengrobsdorf, Dürrenebersdorf, Zeulsdorf, Unteröppich, Zschippen, Kaimberg, Taubenpreskein, Liebschwitz, Lietzsch ; 1994 : Großaga, Kleinaga, Lessen, Reichenbach, Seligenstädt, Cretzschwitz, Söllmnitz, Lauenhain, Wernsdorf, Roben, Rusitz, Steinbrücken, Hermsdorf, Großfalka, Kleinfalke, Wüstfalke, Niebra, Ottischa, Röpsen, Dorna, Negis, Thränitz, Collis, Am Stern, Trebnitz, Hain, Wachholderbaum, Weißig, Gorlitzsch, Schafpreskein, Naulitz.
Histoire
Malgré une histoire riche de plus d'un millénaire, Gera, qui a été très éprouvée tout au long de son histoire, garde peu de témoignages de cette histoire.
Le nom de Gera serait issu de l'appellation de cette partie de la vallée de l'Elster.
Les débuts
Les premières traces de peuplement dans la région de Gera datent de l'époque paléolithique. Des fouilles entreprises au sur le site de Lundentahler Hyänenhöle ont permis de mettre au jour des bifaces âgés de ans.
À l'époque de la naissance du Christ, Gera était un centre de traitement de la métallurgie du fer. des objets en fer furent découverts dans les années 1920 dans le quartier de Tinz.
Pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, le site est habité par les Hermundures qui migrent sans doute lors des invasions barbares et sont remplacés par des tribus slaves au .
Moyen Âge
La première mention écrite de Gera date du dans un document émanant de la cour de l'empereur Otton III du Saint-Empire où il est question de la donation à l'évêque de Naumbourg du village de Crossen an der Elster situé au nord de Gera qui n'est cité que comme une des limites du domaine en question.
La première mention réelle de Gera date du lorsque l'empereur offre le domaine de Gera à sa sœur Adelheid, abbesse de Quedlimbourg. Pendant plus d'un siècle, aucune autre mention de Gera n'existe. Ce n'est qu'en 1125 qu'apparaît un Luph von Gera, probable seigneur local. De nombreux villages proches de Gera apparaissent à cette même époque entre 1121 et 1146, appartenant souvent à l'évêché de Naumbourg.
En 1209, l'abbesse de Quedlimbourg délègue le gouvernement de Gera aux baillis de Werda, qui seront à l'origine de la maison de Reuss. Le sont cités les citoyens de la ville de Gera (cives oppidi de Gera), on peut donc penser que l'octroi du droit de ville à Gera date de cette époque. En 1234, on trouve une trace de la première église ainsi qu'en 1254 l'hôtel de ville. Les remparts apparaissent au . Formant un quadrilatère de de côté, ils subsisteront jusqu'au .
Sous le gouvernement des baillis de Werda, Gera se développe et, en 1306, l'abbesse Bertradis de Quedlimbourg vend ses droits au bailli, bien qu'elle reste formellement maîtresse du pays. l'empereur Louis IV du Saint-Empire accorde d'ailleurs aux baillis de Weida les droits militaires et de justice en 1329. Gera devient en 1358 un fief des margraves de Misnie et les baillis sont connus en 1370 comme seigneurs de Gera (Herren von Gera).
Pendant la Guerre fratricide de Saxe entre Frédéric II de Saxe et son frère Guillaume III de Saxe, le , la ville est presque entièrement détruite mais elle se relève rapidement. C'est à cette époque que Gera devient un centre prospère de l'industrie textile. Ses draps sont présents à la foire de Leipzig dès 1430. Cette industrie sera à la base du développement de la ville aux .
Temps modernes
Gera est épargnée par la Guerre des Paysans en 1525. À l'initiative de ses souverains de la Maison de Wettin, l'électeur de Saxe, malgré la volonté des seigneurs de Gera, la Réforme protestante est introduite. Pendant la Guerre de Schmalkalden, Jean-Frédéric de Saxe, électeur palatin de Saxe et margrave de Misnie, cède Gera à la couronne de Bohême. Cette sujétion eut très peu d'influence sur l'histoire de la ville mais eut tout de même une existence formelle jusqu'au début du .
À l'extinction de la lignée des seigneurs de Gera en 1560-1562, la ville devient possession de la famille de Reuß von Plauen zu Greiz qui aménage le château d'Osterstein comme résidence principale sous le règne d'Henri le Posthume en 1564. Commence alors une période de grande prospérité pour Gera, notamment grâce à de nombreuses améliorations dans la fabrication des draps au début du .
En 1604, une chancellerie et un consistoire de l'église luthérienne sont construits, suivis en 1608 par l'ouverture du lycée Rutheneum. Pendant la Guerre de Trente Ans, en 1639, un incendie provoqué par les soldats suédois, brûle un tiers des constructions de la ville.
Les Reuß-Gera sont élevés en 1673 au titre de comtes. En 1686, un incendie, dû à la négligence, provoque de nouveau de très grands dommages dans la ville. De même, le , un nouvel incendie est à l'origine de la destruction de la quasi-totalité de la ville.
L'extinction de la lignée des comtes de Reuß-Gera en 1802 entraîne l'administration en commun de Gera par les familles de Reuß-Schleiz, Reuß-Ebersdorf et Reuß-Lobenstein. L'extinction des Lobenstein en 1824, puis des Ebersdorf en 1848, aura pour conséquence que Gera deviendra la capitale de la principauté de Reuss branche cadette (Reuß Jüngere Linie) qui réunira tous les domaines des Reuß.
Du 11 au , Napoléon séjourne à Gera, avant la bataille d'Iéna. Après les guerres napoléoniennes, une période d'intense développement industriel commence pour la ville avec l'apparition de machines à filer en 1811. La première machine à vapeur utilisée dans l'industrie textile — la plus vieille du monde germanique — y est installée en 1833.
En 1859, la ville est reliée au tout nouveau réseau de chemins de fer avec une ligne rejoignant Weißenfels. Gera est la deuxième ville d'Allemagne équipée d'un tramway électrique en 1892. L'Union de Gymnastique des Ouvriers Allemands (qui sera supprimée par les nazis en 1933) y est fondée en 1893.
Au début du siècle, (Bieblach en 1905, Debschwitz en 1912) sont les premiers faubourgs incorporés à la ville de Gera.
République de Weimar
En 1918, lors de la Révolution de novembre, le dernier prince de Reuß abdique et Gera devient la capitale de l'État populaire de Reuss (Volksstaat Reuß). Le , cet état cesse d'exister et Gera est intégrée dans le nouveau land de Thuringe. De 1919 à 1924, de nombreuses communes avoisinantes sont incorporées au territoire de Gera.
En ces temps d'instabilité politique, une quinzaine d'habitants de Gera sont impliquées dans le Putsch de Kapp en 1920.
Gera obtient le statut de ville indépendante (Kreisfreie Stadt) en 1922, année où est créé un arrondissement de Gera qui existera jusqu'en 1952 à partir de l'arrondissement de Neustadt an der Orla et de territoires (Ronneburg) pris à l'arrondissement d'Altenbourg.
Hitler tient son premier meeting à Gera en 1925.
De belles villas sont alors édifiées pour les entrepreneurs par des architectes renommés comme Van de Velde.
Période nazie