Le Citarum est le plus long fleuve de l'île de Java en Indonésie et le plus pollué .
Description
Son bassin est le plus grand de l'ouest de l'île. Il prend sa source au sud de l’île au mont Wayang et se jette dans la mer de Java. Son nom en langue soundanaise signifie . Il est source d'énergie hydraulique qui approvisionne des villes comme Bandung et Djakarta. Le Citarum fournit de l'eau pour la faune, la flore, l'alimentation des nappes et les êtres humains.
Le Citarum, jadis un fleuve majestueux, est aujourd'hui considéré comme l'un des plus pollués du monde, voire le plus pollué (pour les macro-déchets au moins)Le Citarum : l'un des fleuves les plus pollués au monde (Regards sur le monde, consulté 2013-10-10)Les 10 endroits les plus pollués de la planète, Jeune Afrique, 7 novembre 2013..
Le développement économique anarchique et l'accroissement débridé de la population ont entrainé une situation insoutenable, l’urbanisation et l'industrialisation ont transformé le Citarum en décharge pour toute la région, à tel point qu'il ne remplit plus par endroits les fonctions élémentaires d’un fleuve comme l’approvisionnement en eau potable. Plusieurs tonnes de déchets y sont déversées chaque jour : les déchets domestiques de neuf millions de personnes avec en plus les rejets de centaines d'usines.
Le fleuve joue toujours un rôle important dans la vie des habitants de la province de Java occidental. Il fournit de l’eau pour tous les besoins de villes comme Bandung et Jakarta (environ 80 %), la capitale, mais aussi à toute la population animale ou végétale qui pare ses de rives. De plus, il assure l’irrigation de hectares de terres agricoles et fournit l'eau nécessaire aux industries implantées dans le bassin.
Géographie physique thumb|Cours supérieur du Citarum (entre 1890 et 1930).
thumb|Barrage et pont couvert sur le Citarum (photo prise entre 1920 et 1935, Tropenmuseum).
Bassin Le Citarum est le plus long fleuve de l’ile de Java en Indonésie, long de ; il prend sa source au sud de l’île au mont Wayang et se jette dans la mer de Java. Son bassin couvre et traverse douze districts de la province de Java : Bandung, Bandung Barat, Bekasi, Cianjur, Indramayu, Karawang, Purwakarta, Subang, Sumebang, Bandung City, Bekasi City, et Chimahi City.
Pour comprendre le Citarum, il faut diviser le bassin en trois segments : Le segment haut, comprend des reliefs entre 625 et , c’est une région montagneuse. C’est là que se trouve la ville de Bandung. Ce segment souffre d’une plus forte densité de population. C’est la région la plus industrialisée de l’ile. Le segment intermédiaire, entre 250 et , est une zone de plaine au sud, et de collines culminant au maximum à . Il s’y trouve aussi des volcans. Le segment bas est dominé par les plaines mais présente aussi des collines plutôt basses et des volcans. Les trois segments présentent des caractéristiques géologiques différentes, ce qui influe sur les habitudes des populations, l’utilisation du fleuve (culture contre industrie).
Affluents - effluents Le Citarum compte quatorze affluents principaux. L’homme a creusé trois canaux primordiaux pour ses besoins qui relient entre eux le Ciliwung (Ouest) et le Cipunagara (Est). Les affluents sont essentiels à la vie du fleuve, ils l’alimentent en eau, en sédiments, ils charrient les minéraux… Mais lorsque la région de l’affluent est polluée cela signifie que cette pollution aboutira dans le Citarum puis dans la mer de Java additionnée à celle des autres affluents et du Citarum lui-même.
Débit Le débit du fleuve dépend essentiellement du niveau de précipitations, la période de moussons métamorphose les paysages de la région. Au niveau annuel, on observe des variations très importantes du débit du fleuve qui passe du simple au double sur des périodes très courtes. De la même façon que la bonne santé de la forêt amazonienne dépend des tempêtes de sable dans la région du Tchad en Afrique, les précipitations au-dessus de l’Indonésie sont très dépendantes des mouvements de masses d’air au-dessus du Pacifique. Or avec le réchauffement global de cette eau, certaines années sont marquées par la survenue de l’événement El Nino. Il s’agit d’un réchauffement de l’océan au large de l’Amérique latine qui entraine un déplacement vers l’est des nuages de moussons qui tombent alors dans l’océan. On a observé cet évènement météorologique plusieurs fois au cours des cinquante dernières années les plus marqués étant ceux de 1957, 1965, 1972, 1982, 1986, 1991. En comparant ces dates avec le diagramme du débit du fleuve en fonction des années, on confirme que le débit du fleuve pâtit du réchauffement global des océans. Sur la période 1992-2008, le débit du fleuve est plutôt en recul par rapport aux périodes précédentes alors que 1992 marquait justement un point haut.
Faune et flore thumb|Ripisylve (entre 1890 et 1930, Tropenmuseum).
Comme la plupart des terrains très boisés et très humides, la région du Citarum présente une variété très riche d’espèces animales et végétales. Les autorités ont mis en place quelques zones « protégées » qui sont censées garantir la préservation de la biodiversité dans la région du Citarum, mais on sait que cela ne suffit pas car la pollution ne reconnaît pas les frontières humaines. Les indonésiens essaient de mieux gérer leurs forêts, en créant des exploitations de bois gérées en intégrant les principes du développement durable. Cette diversité est aujourd’hui en grand danger à la suite des changements de climat dans cette zone. Une modification, même imperceptible, d’un milieu entraîne une modification de l’équilibre entre les espèces, en avantageant certaines par rapport à d’autres, ce qui met en danger la chaîne alimentaire. La déforestation est massive en Indonésie. Dès lors qu’un besoin de terre cultivable ou habitable se fait sentir. Il est plus simple de déboiser que de mieux gérer l’espace disponible.
Occupation humaine
Près de vivent sur ses rives (dont 50 % de population urbaine)Source : Indonesia Central Bureau of Statistics, data 2009. On assiste à une expansion fulgurante des centres urbains dans la région du Citarum, liée à l’explosion démographique et à l’exode rural. Si cette expansion est couteuse en eau, à hauteur de 150-170 litres par personne et par jour, on observe également une conversion des terres agricoles ou boisées en terrains d’habitation.
Dans la région du Citarum, l’accès à une eau propre à la consommation est très difficile car même les gisements souterrains sont souillés. Généralement les habitants subissent directement les conséquences de la consommation d’eau polluée qui provoque diarrhées et maux d’estomac, qui sont souvent fatals.
Pourtant le Citarum continue d'alimenter en eau des villes comme Bandung ( en 2004, soit une densité de habitants/km²), Jakarta (9 millions d’habitants en 2010) et toutes les communes rurales.
Utilisations du fleuve, traditionnelles et modernes
Agriculture Le Citarum irrigue quelque de terres agricoles (chiffre : FAO). Les cultures en balcons sont très nombreuses dans les régions au relief important. On y cultive essentiellement le riz et des plantes annuelles qui ne suffisent pas à assurer la stabilité des sols car leurs racines ne descendent pas assez en profondeurs dans la terre. La pratique de la monoculture paupérise les sols. On y pratique massivement la culture de plantes génétiquement modifiées
Aquaculture thumb|Pêche sur le Citarum (photo prise entre 1920 et 1935, Tropenmuseum). L'aquaculture est la réponse moderne à la surpêche. Elle permet de répondre à la demande croissante en poisson à travers le monde. Elle fournissait en 2009 49,5 % de la production aquacole mondiale (Source FAO 2011 - données 2009).
L’élevage de poisson est très répandu le long du Citarum. La mise en eau des barrages a dépossédé de leurs terres des milliers d’agriculteurs. Pour pallier ce problème et redonner une source de revenu pour ces populations, le gouvernement indonésien a élaboré un modèle d’aquaculture de mise en œuvre simple et économique qu’il a mis à disposition des habitants. Des cages de par assemblées par multiples de quatre sont utilisées pour la production de poisson. Les espèces principalement élevés sont la Carpe commune et le Tilapia. Les éleveurs implantent dans les bassins des alevins qui pèsent entre 5 et . Ils sont ensuite engraissés grâce à des aliments sous forme de granulés pendant trois à quatre mois et atteignent à maturité entre 150 et . Ils sont ensuite vendus à destination des marchés urbains, particulièrement Jakarta. Le cours de la carpe varie entre 0,6 et 0,9 USD le kilogramme. Lorsque ce cours est au plus bas, seule la production de tilapia permet aux éleveurs d’enregistrer des bénéfices. Sur le lac de Cirata, environ 35 % des du lac sont utilisés pour l’aquaculture, soit approximativement cages. Parfois des retournements de masses d’eau provoquent une mortalité massive des poissons. Les petits producteurs souffrent beaucoup des conséquences des crues ; ils perdent alors leur indépendance et doivent vendre au profit des grosses exploitations. L’absence de règlementation pour la protection de l’environnement soulève des interrogations sur la capacité de la population à pouvoir vivre de l’alevinage tout en préservant la viabilité du milieu. Sachant que les pêcheurs ne sont pas tous autorisés, et restent peu conscients des dommages qu’ils causent à l’environnement.
Barrages thumb|Barrage hydroélectrique de Saguling.
Trois barrages hydroélectriques sur le corps du Citarum fournissent de l’énergie d’origine renouvelable et de l’eau aux habitants des îles de Java et Bali.
Industrie Les industries de la région du Citarum représentent 20 % de la production indonésienne et rejettent une importante quantité de produits hautement toxiques.
Géologie
Dégradation des sols Dans la région du Citarum, la dégradation des sols est un problème en constante aggravation. La déforestation, l’implantation de cultures inappropriées, la mauvaise gestion des sols, ont provoqué l’augmentation de la fréquence des glissements de terrain, des coulées de boue. Sédimentation L’augmentation de la sédimentation résulte de la dégradation des sols et de l’activité humaine. La sédimentation est le fait que des particules se retrouvent entrainées par le courant (dégradation des berges, particules de déchet), se déposent dans le lit du fleuve lorsque la vitesse de l’écoulement se réduit, en plaine. Les sédiments transportent beaucoup de produits polluants. En se déposant ils bouchent progressivement le lit, provoquant des inondations qui détériorent un peu plus les sols entrainant plus d’inondations. Apparition d’un cercle vicieux. Bandung Le bassin de Bandung subit fréquemment les colères du fleuve. Situé dans la région haute, il s’agit d’une cuvette comprise entre et d’altitude. Il y a environ ans le cours du Citarum fut obstrué par l’explosion d’un volcan, il se forma un lac (Bandung Purba) qui atteint son point de remplissage le plus haut il y a environ ans à au-dessus du niveau de la mer. Plus tard, une éruption d’un autre volcan sépara le lac en deux parties : une à l’Ouest et l’autre à l’Est. Les évolutions du terrain conduisirent à la vidange des deux lacs qui débuta il y a environ ans. Les inondations de plus en plus spectaculaires que connait la région de Bandung découlent de cette situation géologique.
Pollution
Pollution macroscopique La pollution macroscopique est surabondante sur le Citarum : on pourrait croire, par endroits, à une déchetterie, tant la quantité de matières plastiques d’origine domestique et industrielle est importante.