Bangui est la capitale politique et la plus grande ville de la république centrafricaine. La population de l'agglomération est estimée à environ , soit le quart de celle du pays. Elle s'étend sur les communes limitrophes de Bégoua au nord, Bimbo à l'ouest et Zongo sur la rive sud de l'Oubangui en république démocratique du Congo.

Géographie alt=|vignette|Fleuve Oubangui à Bangui La ville se situe sur la rive droite de l'Oubangui, qui marque la frontière entre le Centrafrique et la RDC, en face de la ville congolaise de Zongo qui se situe directement sur la rive opposée du fleuve. Les rapides de l'Oubangui, juste en amont de la ville, limitent le transport fluvial des produits commerciaux, ils constituent historiquement un point de rupture de charge pour la navigation à vapeur. La majeure partie de la ville s'étend sur une plaine marécageuse à l'ouest des collines de Gbazabangui qui coupent la localité selon un axe nord-sud. À l'est, sont situés le couloir de Ndrès et les collines de Kassaï.

Climat La ville est soumise à un climat tropical de savane (Köppen: Aw, Trewartha: Awaa). La température moyenne annuelle est de et la moyenne annuelle de précipitations atteint , la saison sèche est limitée aux trois mois d'hiver de décembre à février, la période de plus forte pluviosité dure de mai à octobre, la moyenne des précipitations est alors au-dessus de mensuels.

La ville est bordée d’épaisses forêts tropicales humides le long des rives de la rivière. Plusieurs de ses quartiers se trouvent dans des zones basses sujettes à des inondations récurrentes.

Histoire

La ville a été fondée le par Michel DolisiePierre Saulnier, Le Centrafrique : Entre mythe et réalité, p. 74; éd. L'Harmattan, 1998 dans la colonie française du Haut-Oubangui. Elle devient le chef-lieu de l'Oubangui-Chari, subdivision de l'Afrique-Équatoriale française à partir de 1910.

Nommée ainsi par le nom de ces rapides, sur l’un des fleuves les plus importants du continent africain, la ville a grandi grâce à la proximité d'un poste militaire français situé sur le fleuve Oubangui. Bangui servait de centre d'administration à l'époque coloniale et continue toujours d'être le centre administratif de la République centrafricaine. La garnison de Bangui se rallie à la France libre en 1940 sous l’action de Nadjirom Mouniro, adjudant tirailleur sénégalais.

En ont eu lieu à Bangui les premières élections présidentielles pluralistes à la suite de l'Opération Caban menée par les Français, qui avait déposé l'empereur Bokassa , le remplaçant par son cousin et prédécesseur David Dacko. Les résultats de ces élections, contestées par ses opposants, ont paralysé la ville de Bangui, conduisant le président à déclarer l’état de siège.

Le , le chef d’état-major de l’armée, le général d’armée André Kolingba s’empare du pouvoir de l’État, suspend la constitution et met en place le « Comité Militaire de Redressement National » (CMRN), censé restaurer le pouvoir de l’État, mais instaure de fait une dictature militaire.

À la suite du discours de La Baule prononcé le par le président français François Mitterrand au sommet France-Afrique se tenant dans cette ville, et appelant les États africains à s’ouvrir au pluralisme démocratique, des élections présidentielles furent organisées en 1992 puis annulées. Une transition politique maintenant le président Kolingba au pouvoir avec un premier ministre issu de l’opposition géra Les affaires courantes jusqu’à aux élections de qui virent l’élection d’Ange-Félix Patassé, ancien premier ministre de l’ex-empereur Bokassa et opposant historique, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), parti d’opposition longtemps interdit.

En , environ 200 soldats de la république centrafricaine se sont mutinés dans la ville de Bangui, exigeant des arriérés de salaires et la démission d'Ange-Félix Patassé. À la suite de cela, des troupes françaises stationnées dans le pays ont réprimé la rébellion et Restauré le pouvoir du président Patassé.

Une deuxième mutinerie militaire a éclaté peu de temps après, conduisant le président Patassé à annoncer un gouvernement d'union nationale, en nommant le professeur Jean-Paul Ngoupandé, précédemment ambassadeur de la RCA en France, au poste de premier ministre le .

En , le général François Bozizé, ancien chef d’état-major et beau-frère du président, a pris le pouvoir par un coup d'État mettant fin à la présidence de Patassé. La situation dans la ville, parfois surnommée « République de Bangui » s'est depuis améliorée.

Début 2013, lors de la prise de pouvoir par Michel Djotodia, les troupes de la Seleka entrent dans Bangui le , les affrontements font plusieurs dizaines de morts entre les troupes de sécurité sud-africaines et les miliciens. Alors que le pays s'enfonce peu à peu en 2013 dans des violences communautaires, des miliciens anti-balaka entrent dans Bangui, démarrant la bataille de Bangui. Les affrontements et représailles pendant tout le mois de décembre font plusieurs centaines de morts alors que les troupes françaises et de la MISCA tentent de ramener le calme.

De à , le maire est Catherine Samba-Panza, devenue chef de l'État de transition.

Démographie Depuis 1975, l'évolution démographique de Bangui a été :

Évolution démographique de Bangui

Administration Bangui est une commune autonome, qui n'appartient à aucune des 16 préfectures ou préfectures économiques.

En 2020, Bangui est divisée administrativement en huit arrondissements , 16 groupements et 205 quartiers, En 2021, l'ICASEES estime la population du Grand Bangui, qui constitue la Région 7 et englobe Bégoua et Bimbo, à .

Arr.N° Traduction (en sango) Quartiers(nbre) Surface(ha) Population(2021) Coordonnées Carte 1 Gba-vaka Oko 15 808 vignette|centre|250px|Carte des arrondissements et quartiers de Bangui. 2 Gba-vaka Usé 26 548 3 Gba-vaka Ota 29 510 4 Gba-vaka Usiô 30 5 Gba-vaka Oku 27 640 6 Gba-vaka Ômènè 22 670 7 Gba-vaka Mbassa-mbala 38 8 Gba-vaka Miombé 18 622 Bimbo Bégoua Grand Bangui

Liste des maires

La localité de Bangui fondée en 1889, est érigée en commune mixte à partir de 1912Gouvernement général de l'AEF, arrêté du 4 octobre 1911. Depuis , Prisca Roseline Mano est maire de la ville..

Police et gendarmerie Les forces de sécurité, premiers maillons de la chaîne pénale opérationnelle de la capitale centrafricaine sont composées de trois brigades de gendarmerie et de huit commissariats de police. L'école de gendarmerie nationale se trouve dans le quartier de Kolongo dans le au sud de la ville.. L'école nationale de police est située à PK10 à la sortie nord de Bangui..

Instances judiciaires La ville est le siège de la cour d'appel de Bangui, d'un tribunal de grande instance, d'un tribunal du travail, d'un tribunal de commerce et d'un tribunal pour enfants.

Maison d'arrêt centrale La Maison d'arrêt centrale de Ngaragba se trouve dans le qui peut contenir jusqu'à 400 détenus . Elle a été réhabilitée en 2014BINUCA, Bureau Intégré de l'Organisation des Nations Unies en Centrafrique, février 2014.. On peut aussi voir la maison d'arrêt de Bimbo conçu pour la détention des femmes.

Économie

Bangui est le centre commercial du pays. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pays s'est enrichi grâce à l'augmentation des exportations de caoutchouc, de coton, de café, d'uranium et de diamants. Après la guerre, l'emploi de la population locale dans l'administration traditionnelle a conduit au développement de l'infrastructure du pays, ce qui a accru le commerce tout en ralentissant le mouvement national d'indépendance.

Pendant la présidence de David Dacko de 1960 à 1966, il y a eu une augmentation significative de la production de diamants. Cela s'est produit lorsque le monopole des sociétés concessionnaires françaises a pris fin avec une loi autorisant les citoyens locaux à creuser pour trouver des diamants. Après que David Dacko a installé une usine de taille de diamants à Bangui, les diamants sont devenus la principale exportation du pays. Mais à la fin de son mandat de cinq ans, la corruption endémique et l'indiscipline financière ont entraîné des salaires impayés et des troubles civils. Jean Bedel Bokassa a pris le pouvoir à l'issue d'un coup d'État militaire en 1966.

Parallèlement, Bangui est également devenu le centre clé de l'activité sociale et culturelle de la région, lorsque de nouvelles institutions ont été créées dans la ville. Cependant, les troubles politiques dans le pays, la corruption endémique et le régime dictatorial du président Bokassa centré dans la ville ont entraîné une récession économique dans les années 1970, exacerbée par une chute des prix internationaux de ses principales exportations. Cet appauvrissement de la population et les conflits graves, encore aggravés par l'émigration des réfugiés en provenance des pays voisins en difficulté.

Bangui a ouvert sa première banque en 1946 lorsqu'une succursale de la Banque de l'Afrique de l'Ouest y a été fondée. Les commerçants arabes y étaient prédominants, Bangui et c'était un centre important pour le commerce de l'ivoirE.

Les industries de Bangui manufacturent les textiles, les produits alimentaires, la bière, les chaussures, et le savon. Les exportations principales sont le diamant, le coton, le bois, le café, et le sisal.

Transports

Transports aériens Dotée de l'aéroport international de Bangui, de liaisons fluviales, et point d'extrémité des principaux axes routiers du pays, Bangui constitue le pôle central des transports de la République centrafricaine.

La première piste d'atterrissage à Bangui a été construite entre 1920 et 1925. L'aéroport international de Bangui (aéroport M'Poko, code AITA : BGF) est situé à 7 kilomètres au nord de la vieille ville, sur l'avenue des Martyrs, entre l'avenue Koudoukou et l'université de Bangui.

Transports routiers À partir des années 1920, à l'initiative du Gouverneur Lamblin se constitue un réseau routier reliant la ville aux autres villes et postes administratifs du pays, et au-delà aux pays frontaliers Cameroun, Tchad et SoudanCatherine Coquery-Vidrovitch, Le Congo au temps des grandes compagnies concessionnaires 1898-1930, Volume 1 p. 68, Éditions de l’ÉHESS, Paris, 2013.. La route Transafricaine 8 Lagos-Mombasa passe par Bangui.

Bangui est traversé par les routes nationales N1 (Bangui – Bossembélé – Bossangoa – Boguila), N2 (Bangui – Damara – Sibut – Bambari – Kongbo – Bangassou – Rafaï – Zémio – Obo – Bambouti) et N6 (Bangui – Bobangui – Mbaïki – Boda – Carnot – Berbérati – Gamboula).

Transports locaux

Plus de taxis de couleur jaune, minibus, ainsi que des taxis-motos offrent un service de transport de personnes. Transports fluviaux La rivière est navigable presque toute l'année entre Bangui et Brazzaville. De Brazzaville, les marchandises sont transportées par le chemin de fer au port de Pointe-Noire au Congo. Le port fluvial gère la grande majorité du commerce international du pays avec une capacité de sur les de quais et de d'entrepôts.

Transports ferroviaires Il y a des projets de connexion de Bangui au chemin de fer du Transcamerounais.

Santé La ville de Bangui constitue la région sanitaire 07 du système national de santé centrafricain. Elle regroupe un total de 55 formations sanitaires. Le secteur public compte 4 hôpitaux centraux et 66 centres de santé. Le secteur privé est constitué de 29 cliniques et cabinets de consultation, 4 dispensaires et 3 cabinets dentairesProfil socio-économique de la région N° 7 (Ville de Bangui), Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales, janvier 2008..

Les 4 hôpitaux centraux de Bangui sont : CNHUB, Centre national hospitalier universitaire de Bangui (), aussi appelé hôpital général Complexe pédiatrique () Hôpital de l’Amitié, avenue de l’Indépendance () Hôpital communautaire, avenue des Martyrs ()