Cet article présente les faits marquants de l'histoire du Danemark.
En 2024, le Danemark, sur un territoire (métropolitain) de , abrite une population d'environ de Danoises et Danois, parlant très majoritairement le danois. La population était (en millions) de , , , , . La diaspora danoise est importante (près de 2 millions), principalement : États-Unis ( de Dano-Américains), Canada, Brésil, Norvège, Australie, Allemagne, Suède.
Préhistoire vignette|Le tumulus de Tinghøjen, près de Hammershøj.|alt=Photographie du tumulus au crépuscule, sous la neige. Quelques arbres poussent dessus.
Les premières traces de civilisation humaine sur le territoire du Danemark remontent à une période interglaciaire de l'âge de la pierre. Après l'âge de glace, la surface de terre ferme était largement supérieure à celle d'aujourd'hui, parce que le niveau de la mer du Nord se situait plus bas qu'actuellement. Les eaux de la Baltique, alors un bassin d'eau douce, s'élevaient au-dessus de celles de la mer du Nord.
Comme dans le reste de l'Europe de l'Ouest, le repeuplement post-glaciaire à partir des refuges glaciaires est issue majoritairement des chasseurs-cueilleurs d'Europe du sud pendant . L'unique haplogroupe du chromosome Y est I2. La couleur bleue des yeux et la couleur sombre des cheveux prédominent durant toute cette période Morten E. Allentoft, Martin Sikora, Alba Refoyo-Martínez et al., Population Genomics of Stone Age Eurasia, biorxiv.org, 5 mai 2022, doi.org/10.1101/2022.05.04.490594. C'est à cette époque qu'apparaît la culture de Bromme, encore épipaléolithique (10000–8400 ). Les tribus de cette culture, qui ne demeuraient vraisemblablement que de manière saisonnière dans la région, chassaient encore dans la toundra l'élan, le cheval, le sanglier et le renne.
vignette|Vase de Skarpsalling, culture des vases à entonnoir, Himmerland, 3200 avant notre ère|alt= Le début du Mésolithique au Danemark correspond au Maglemosien (9000–6300 ), suivi par Kongemosien (6200–5300 ). Si les plus anciens individus du Mésolithique du Danemark ont une alimentation liée à la chasse, elle se modifie par la suite et cette population a de plus en plus accès aux ressources marines. Ainsi, les Kongemosien ont une alimentation plus variée, ils consomment également des baies, des noix, du poisson, des crustacés, des oiseaux et des racines. La dernière culture mésolithique, la culture d'Ertebølle (5300–3900 ), caractérisée par des amoncellements de coquilles, a laissé des traces dans le Jutland. Au cours du Mésolithique danois, les individus des cultures Maglemose, Kongemose et Ertebølle montrent une remarquable homogénéité génétique sur un transect de 5 000 ans dérivant presque exclusivement d'une source sud-européenne (Italie, 15000 - 9000 AP) qui prédomine plus tard en Europe occidentale. Ces transitions culturelles se sont produites au sein de la même continuité génétique, ce qui exclut une diffusion démique et soutient l'hypothèse d'un continuum de population.
L'arrivée du Néolithique est tardive (~ ) et est introduite par les populations du courant danubien. La culture des vases à entonnoir est la première à pratiquer l'agriculture Morten E. Allentoft, Martin Sikora, Anders Fischer et al.,100 ancient genomes show repeated population turnovers in Neolithic Denmark, Nature, volume 625, pages 329–337. Des similitudes dans la culture matérielle et les activités d'extraction de silex semblent suggérer que les premiers agriculteurs du sud de la Scandinavie étaient originaires ou avaient des relations sociales étroites avec la culture de Michelsberg d'Europe centrale. Elle a pour conséquence un changement profond de la population de la région avec relativement peu de contribution de la population de chasseurs-cueilleurs locaux. Le mélange chasseurs-cueilleurs observé chez les individus danois semble s'être produit avant l'arrivée des agriculteurs entrants dans la région, probablement en Europe centrale. L’alimentation change également soudainement, et revient à une consommation purement terrestre. La pratique agricole est caractérisée par des défrichements répétés de la forêt par le feu, suivis de repousses. La proportion de cheveux de couleur plus claire augmente fortement au Néolithique dans la population. Les anciennes populations de chasseurs-cueilleurs au Danemark semblent avoir survivécu plusieurs siècles en parallèle avec les sociétés agricoles. Les populations de « fermiers » de la fin du Néolithique possèdent une proportion non négligeable d'ascendance génétique issue de ces chasseurs-cueilleurs du Danemark ce qui suggère un flux de gènes de cette ancienne population dans la population des fermiers.
Le Néolithique au Danemark est relativement court (environ ) avant l’apparition de la culture de la céramique cordée et de populations dont l'ascendance est liée à la steppe pontique. Cela se traduit notamment par l'apparition des poignards en silex de la fin du Néolithique. Génétiquement, cela se manifeste également par l'apparition de l'haplogroupe du chromosome Y: R1 et l'augmentation de la taille de la population. Le régime alimentaire en revanche demeure essentiellement terrestre. La proportion d'ascendance des steppes dans le génome de ces anciens Danois est comprise entre 60 et 85 %. La pratique agricole change avec le début de la culture des tombes individuelles, lorsque la forêt augmente à nouveau, cette fois dominée par les arbres forestiers primaires, en particulier les tilleuls Tilia et les ormes Ulmus. Ces transformations reflètent le développement d'une division plus permanente du paysage en zones de pâturage ouvertes et en forêts. Dans l'ouest du Jutland, cette phase est caractérisée par une ouverture à grande échelle du paysage, vraisemblablement à la suite de l'impact humain visant à créer des pâturages.
Au cours de la phase III du Néolithique supérieur et de l'Âge du Bronze qui est datée vers 1900 apparaît un groupe distinct d'individus scandinaves dominés par des mâles avec des haplogroupes Y I1. L'haplogroupe I1 du chromosome Y est l'un des haplogroupes dominants chez les Scandinaves d'aujourd'hui. L'augmentation rapide de la fréquence de cet haplogroupe et de l'ascendance génomique associée coïncide avec l'augmentation de la mobilité humaine observée alors en Suède, suggérant un afflux de personnes venant des régions de l'est ou du nord-est de la Scandinavie, et l'émergence de sépultures dans des cistes de pierre dans le sud de la Suède, qui ont été également introduit dans l'est du Danemark au cours de cette période.
Ces populations de la phase III du Néolithique supérieur et de l'Âge du Bronze constituent la source d'ascendance prédominante pour les Scandinaves de l'âge du fer et des Vikings ultérieurs et d'autres groupes européens anciens avec une association scandinave ou germanique documentée (par exemple, les Anglo-Saxons et les Goths).
Préhistoire de la Scandinavie
Culture de Hambourg
Âges des métaux
L'âge du bronze danois se situe entre -1400 et -450. Les spécialistes pensent que les chars solaires illustrent un important fondement mythologique de l'âge du bronze. C'est à cette période que se forment des communautés rurales notoires.
Pendant l'âge du fer (500 - 1 ), le climat du Danemark et de la Scandinavie méridionale devient plus frais et plus humide, limitant l'agriculture et forçant les groupes indigènes à émigrer vers le sud, en Germanie. À cette époque, les habitants commencent à extraire le fer des marais de tourbe.
Les preuves de l'immigration celtique datent de cette période au Danemark et en beaucoup d'endroits de l'Europe du Nord-ouest, leur passage se reflétant dans certains noms de lieux les plus anciens. Pourtant, les spécialistes du monde celte, tel que Venceslas Kruta, signalent que, mis à part le mobilier et les emprunts techniques, la culture locale n'est pratiquement pas influencée. La culture de Jastorf du au attestée au Jutland et en Allemagne la plus septentrionale aurait joué par contre un rôle à la dimension de la Scandinavie pendant son épanouissement.
C'est en 113 que sont mentionnés pour la première fois les Cimbres et les Teutons, établis dans le Jutland et au sud de celui-ci. L'épuisement de la terre cultivée, les transgressions marines ou autres ondes de tempêtes, l'importance des zones tourbeuses semblent avoir contribué aux migrations croissantes entre les contrées de l'Europe nordique, ou plus simplement hors de celles-ci et aux conflits des tribus teutonnes avec les colons romains en Gaule ou en Italie du nord.
La culture nordique subit fortement l'influence de la civilisation de la céramique méditerranéenne. Au , après une lente phase d'expansion sur une grande part du nord de l'Allemagne actuelle, émerge le monde germanique, caractérisé par des langues et des structures familiales germaniques.
Les provinces romaines dont les frontières sont proches du Danemark ont entretenu des relations commerciales avec les peuples danois, attestées par des pièces de monnaie romaine retrouvées dans le pays. La première inscription runique mise au jour date de l'an 200 environ. Du au , on trouve des traces d'un début de cité majeure à caractère central, qui entretenait des relations commerciales loin à la ronde, au sud-est de la Fionie.
Sous l'influence des échanges avec le monde romain, le processus de stratification sociale se renforce particulièrement à partir du . Les chefs qui émergent de cette reconfiguration concentrent les pouvoirs politico-militaires, les prérogatives culturelles et le profit commercial. Le complexe de Gudme-Lundeborg est un site archéologique qui atteste de cette concentration des fonctions commerciales, politiques et culturelles au sein d'un même groupe d'individus. Au cours des et , des lieux de pouvoir majeurs apparaissent comme à Gudme, Albjerg, et Bornholm (Sorte Muld). Les îles sont privilégiées pour l'implantation des centres politiques et économiques en mesure de contrôler des détroits stratégiques, assurer une maîtrise des mers et organiser des échanges et des raids. La péninsule du Jutland se développe également autour de la ferme seigneuriales de .
L'âge du fer germanique thumb|300px|L'Europe centrale au . Angli: Angles Dani: Danois Iuti: Jutes Franci: Francs Frisi: Frisons Heruli: Hérules Saxoni: Saxons Varni: Wendes
L’âge du fer germanique est une période comprise entre 400 et 800 , au moment des invasions barbares. Son début est marqué par la chute de l’Empire romain et la montée en puissance des « royaumes barbares » en Europe occidentale. Parmi les restes les plus connus de cette période, il convient de citer les « hommes des tourbières », qui semblent être les corps préservés de deux hommes étranglés, peut-être au cours d'un sacrifice communautaire ou d'une exécution de prisonniers condamnés à mort.
Entre 400 et 500, les Jutes, ainsi que les Saxons, les Angles et les Frisons, colonisent l'île nommée Britannia par les Romains (l'actuelle Grande-Bretagne), en passant par la Mer du Nord.
Période des migrations : installation légendaire des Daner
Les incursions au Danemark depuis le nord augmentent au . Les ancêtres des Danois d'aujourd'hui seraient une tribu appelée Daner. Vraisemblablement originaires du sud de la Suède, en particulier de Scanie et du Halland, ils s'installent au Jutland et dans quelques îles de la Baltique occidentale aux alentours de l'an 500. Ils chassent alors du territoire les anciennes tribus germaniques qui s'y étaient installées auparavant. Dès lors, leur nom est appliqué à tout le Jutland par les Germains vivant au Sud.