Sarx (en grec ancien : ) est un mot du grec ancien signifiant chair, que l'on trouve dans la littérature vétéro- et néo-testamentaire et qui est notamment utilisé dans la typologie christologique concernant la nature de Jésus-Christ.
Usages Dans le Nouveau Testament, on le rencontre à plus de cent cinquante reprises et on le trouve sous trois formes : sarx, habituellement traduit par « chair » ; sarkikos traduit par « charnel » ou « de chair » ; et sarkinos, qui n'apparait qu'une fois, traduit par « de chair ».
Pour le judaïsme, l'âme et le corps forment une unité indissociable et il n'existe pas de terme dans cette langue pour signifier le corps matériel en tant que distinct de l'âme, même si ce dernier concept a lui un mot (nephesh) qui sera traduit par psyché en grec, puis par anima en latin. La totalité âme et corps porte le nom de basar, que l'on traduira en grec par le terme sarx, qui donnera caro en latin et enfin « chair » en français. Mais le mot « chair » est devenu au fil du temps le synonyme de « corps », c'est-à-dire ce que l'on appelle en grec sôma (en grec : σῶμα) ou « l'enveloppe matérielle », créant ainsi contresens.
D'un point de vue chrétien, Cyrille d'AlexandrieIn De recta fide ad Augusta, P.G., LXXVI. note que l'Évangile selon Jean utilise le mot sarx pour exposer le mystère de l'Incarnation : dans son Prologue, il est dit : « Le Logos s'est fait chair »., soit l'équivalent de « le Logos s'est fait homme (âme et corps) », insistant sur la volonté du Christ d'assumer pleinement, en son entier, sa nature humaine. Mais l'usage du mot sarx dans le Nouveau Testament, particulièrement dans les épîtres de Paul, est le plus souvent dépréciatif, dans l'idée de souligner la faiblesse de la nature humaine et la condition pécheresse de l'homme.
Le terme sarx peut aussi être rapproché de Leib (« chair » en allemand), utilisé en phénoménologie par opposition à Körper, en particulier chez Husserl et Merleau-Ponty où il désigne le pathos, le sujet, par opposition à l'objet. Ce point de vue est particulièrement fructueux dans une perspective théologique, en raison de la croyance chrétienne en la résurrection de la chair, le corps glorieux (celui du Christ, consommé dans l'eucharistie, aussi bien que celui de l'homme ressuscité) pouvant être interprété comme corps pathique plutôt que comme corps objectif. C'est une bonne illustration du fameux Tournant théologique de la phénoménologie française décrit par Dominique Janicaud.
Notes et références
Bibliographie
Jean-Marc Vivenza, Le Martinisme, éd. Le Mercure Dauphinois, 2006, p. 217-220 article en ligne.
. Alexander Snyman, On the Use and Meaning Of the Word « Flesh » (« sarx ») in the New Testament, basé sur George V. Wigram, The Englishmans’s Greek Concordance of the New Testament. éd. Grand Rapids : Zondervan Publishing House, 1970, article en ligne.
Voir aussi Incarnation Docétisme Logos Prologue de l'Évangile selon Jean
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