(99942) Apophis (désignation provisoire ) est un astéroïde géocroiseur, de type SqOn en déduit que la composition de la surface d'Apophis est sans doute proche de celle des chondrites de type LL., qui est découvert le . Mesurant environ de diamètre et d'une masse d'environ 40 à 50 millions de tonnes, il suit une orbite proche de celle de la Terre qu'il croise deux fois à chacune de ses révolutions.

Les analyses montrent qu'il devrait se rapprocher de la Terre en 2029, à environ de notre planète (environ douze fois moins que la distance terre-lune), même si les premières observations de l'astéroïde donnaient une probabilité non négligeable d'une collision avec la Terre.

Le , après le passage d'Apophis près de la Terre le , les scientifiques de la NASA estiment, d'après des observations au radar, que l'astéroïde n'entrera pas non plus en collision avec la Terre en 2036.

L'astéroïde est en conséquence classé au niveau 0 sur l'échelle de Turin.

Observations (99942) Apophis est découvert le par Roy Tucker, David Tholen et Fabrizio Bernardi de l'UHAS (University of Hawaii Asteroid Survey), depuis l'Observatoire de Kitt Peak en Arizona et il est observé durant deux nuits. Le , l'objet est de nouveau étudié depuis l'Australie par Gordon Garrad du Siding Spring Survey. D'autres observations les jours suivants à travers le monde permettent au Centre des planètes mineures de confirmer la relation existant entre cet astéroïde et celui découvert en juin. Le système automatique Sentry de calcul de la NASA peut ainsi calculer la trajectoire prévisible de l'astéroïde et en déduire la possibilité d'un impact le vendredi . Cependant, grâce à de nouvelles observations, il semble qu'Apophis ne passera qu'à environ de la Terre à cette même date, soit un peu moins que l'altitude des satellites géostationnaires. D'autres risques de collisions sont prévus pour 2068, 2085 ou 2088, mais leur probabilité est infime.

Début 2013, Apophis s'approche de la Terre, la distance minimale entre les deux astres étant atteinte dans la nuit du 9 au avec 14,5 millions de kilomètres, soit un peu moins du dixième de la distance entre la Terre et le Soleil ou encore une quarantaine de fois la distance Terre-Lune. À cette occasion, de nouvelles mesures sont effectuées, ce qui permet de corriger son diamètre qui gagne 20 % de sa valeur d'origine, sa masse ou son volume qui gagne 75 % et un albédo qui se révèle moindre de 0,1 point.

Les autorités chinoises annoncent qu'elles espèrent explorer cet astre avec la sonde Chang'e 2 après sa visite de (4179) Toutatis et (12711) TukmitCiel et espace, octobre 2012.

L'Agence spatiale européenne organise un rendez-vous avec l'astéroïde au travers de la mission RAMSES (voir plus bas).

La mission OSIRIS-REx de la Nasa sera étendue à son observation.

Caractéristiques vignette|upright=0.9|Déplacement par rapport aux étoiles de (99942) Apophis. Jusqu'à début , il est estimé que l'astéroïde a un diamètre de ( d'après les estimations initiales), même si des estimations plus importantes sont déjà mentionnées (, par exemple.). Sa densité est estimée à 2,7 (valeur nominale ; intervalle 2,3~3,1), et sa masse est alors estimée autour de 21~28 millions de tonnes, avec néanmoins un intervalle de confiance s'étalant entre 10 et 70 millions de tonnes. Son albédo est estimé autour de 0,33 (0,30~0,35).

Cependant, à l'occasion de son passage à proximité de la Terre en , un nouveau calcul du diamètre de l'astéroïde aboutit à la valeur plus précise de , soit 20 % de plus que précédemment (mais restant néanmoins dans les barres d'erreur de l'ancienne estimation). La masse se voit donc également réévaluée et majorée de 75 %, pour une valeur atteignant entre 40 et 50 millions de tonnes (), valeur à prendre néanmoins avec précaution étant donné qu'elle n'est connue qu'à un facteur 3 près environ. Son albédo se voit réévalué à 0,23 soit 0,1 point de moins que jusqu'alors.

Le spectre de réflectance infrarouge d'Apophis indique que sa surface est constituée à d'olivine et à de pyroxène. Les météorites qui s'en approchent le plus sont les chondrites ordinaires de type LL..

Trajectoire vignette|Trajectoires de (99942) Apophis et de la Terre ; estimation au 13 avril 2029. Apophis suit une orbite proche de celle de la Terre, qu'il croise deux fois à chacune de ses révolutions de 323 jours. Lors de ses passages à proximité de la Terre, sa vitesse relative est d'environ soit .

L'astéroïde est ainsi passé dans la nuit du 9 au à 14,4 millions de kilomètres de la Terrel'astéroïde Apophis va passer tout près de la Terre sur le site 20minutes.fr consulté le 9 janvier 2013, une distance quarante fois plus importante que celle qui nous sépare de la Lune et qui ne cause absolument aucun danger.

En , les chercheurs de l'université d'Hawaï révèlent qu'Apophis dévie de son orbite de 170 mètres par an sous l'effet Yarkovsky, selon lequel un corps céleste reçoit une faible impulsion en raison du rayonnement thermique de la surface qui se réchauffe pendant la journée et se refroidit la nuit, rendant possible une collision avec la Terre.

Risques d'impact

Risques estimés pour 2029 vignette|upright=0.9|Trajectoire d'Apophis en 2029 par rapport à la Terre et à la Lune ; la barre blanche figure l'incertitude de position au plus près de la Terre. En 2004, les calculs indiquent qu'il se situerait en 2029 au plus près de la Terre au quart de la distance Terre-Lune. Il était classé à quatre sur l'échelle de Turin avec une chance sur 37 de percuter la Terre en 2029. Des observations et des calculs ultérieurs permettent d'affiner la prévision et ensuite le risque d'impact est écarté, à condition toutefois que l'astéroïde ne se disloque pas d'ici là.

Dans l’hypothèse la plus défavorable, le risque d'impact serait de 1 au maximum sur l'échelle de Turin, avec les conséquences locales décrites ci-dessous.

Sa luminosité sera suffisante pour être vu à l'oeil nu depuis la terre, et notamment de la France.

Risques estimés pour 2036 La NASA estime dans un article régulièrement mis à jour « que de nouvelles mesures possibles en 2013 (voire dès 2011) confirmeraient sûrement qu'en 2036 Apophis passerait à plus de 49 millions de kilomètres () de la Terre le dimanche ». Le , après le passage d'Apophis près de la Terre le , les scientifiques de la NASA estiment, d'après des observations au radar, que l'astéroïde n'entrera pas en collision avec la Terre en 2036.

Mais si, le , il passe dans une zone de l'espace large de , baptisée le trou de la serrure, il risque de percuter la Terre à son passage suivant le .

Un risque limité de collision est envisagé pour le . Selon les experts du programme NEO du Jet Propulsion LaboratoryJPL, il est de une chance sur , soit le risque d'impact de 0 sur l'échelle de Turin, autrement dit, quasiment nul.

Ces données sont affinées dans les années suivantes, car elles sont toujours incertaines du fait que l'orbite d'Apophis, comme celle de tous les autres corps, est sensible aux conditions initiales en vertu des « lois du chaos » et est affectée par les perturbations gravitationnelles engendrées par les autres corps du Système solaire et les effets thermiques.

Méthodes de déviation envisagées À l'occasion de la découverte de l'astéroïde, des chercheurs proposent des moyens de le dévier de sa trajectoire s'il s'avére qu'il risque bien de rencontrer la Terre. On suggère, par exemple, l’envoi, en 2027, d’un vaisseau d’environ une tonne et de la taille d’un module lunaire à proximité d’Apophis. La gravité exercée par ce vaisseau sur l’astéroïde ferait dévier suffisamment sa trajectoire pour l’écarter de celle de la Terre. C'est un concept similaire à la mission DART en 2022.

Effets d'un hypothétique impact avec la Terre

vignette|upright=1.2|alt=Planisphère complété d'une courbe représentant la zone d'impact. D'ouest vers l'est, elle démarre au Kazakhstan, passe en Russie en longeant la Mongolie, en sort par la presqu'île de Kamchatka, frôle les Aléoutiennes, traverse le Pacifique en passant au large du Mexique, traverse l'Amérique centrale par le Nicaragua, effleure le Venezuela et traverse l'Atlantique pour finir au large du Sénégal.|Zone possible d'impact en 2036 telle que simulée avant que la NASA n'exclue toute possibilité d'impact.

Avant que la NASA n'exclue en 2013 toute possibilité de collision avec la Terre, de nombreuses simulations sont faites sur les effets d'un hypothétique impact.

Si l'astéroïde suit une trajectoire de collision avec la Terre, sa vitesse au moment de l'impact serait d'environ . Connaissant ses paramètres physiques, les astronomes estiment qu'une collision avec la Terre dégagerait une énergie pouvant atteindre l'équivalent de ( de tonnes) de TNT, soit 13 fois plus que la Tsar Bomba, la bombe nucléaire la plus puissante testée.

S'il tombe au large de la Californie, par exemple, les simulations présentées sur le site de la Planetary Society Apophis Mission Design Competition - What We Do | The Planetary Society indiquent que le tsunami formerait une vague de de hauteur qui déferlerait à sur les mégapoles, la vague engloutissant les habitations.

S'il percute le sol sans se désagréger, dans le pire des cas (impact d'une sidérite sur une mégalopole) il provoquerait des dégâts importants dans un rayon qui pourrait dépasser plusieurs centaines de kilomètres et tuer plusieurs millions d'habitants. En raison de la poussière libérée dans l'atmosphère, il pourrait en résulter un hiver d'impact (du moins dans l'hémisphère touché) qui pourrait durer plusieurs mois.

Toutefois, tous ces scénarios catastrophes et notamment leur amplitude ne reposent que sur des spéculations concernant le lieu d'un éventuel crash, et des calculs sur la force de l'impact au vu des données concernant la nature de l’astéroïde.

La surface de la Terre étant constituée à 70 % de mers, un impact maritime est probable et pourrait provoquer d'importants dommages (tsunami notamment), sans pour autant avoir des conséquences majeures sur les populations humaines.

En tout état de cause, l'astéroïde mesurant moins d'un kilomètre de diamètre, son impact n'aurait que des conséquences « régionales », contrairement à celui qui a créé le cratère de Chicxulub au Mexique, dont le diamètre était environ 30 fois plus grand (supérieur à dix kilomètres) et que l'on juge responsable de l'extinction des dinosaures non aviens.

Exploration

L'astéroïde géocroiseur (99942) Apophis doit passer à 32 000 kilomètres (0,08 distance lunaire) de la surface de la Terre le . Plusieurs puissances spatiales ont prévu de lancer des missions spatiales plus ou moins ambitieuses pour profiter de passage à faible distance. les principaux objectifs étudier Apophis et analyser son comportement lors du survol d'un corps massif : La mission la plus ambitieuse est RAMSES développée par l'Agence spatiale européenne avec l'Agence spatiale japonaise. Cet engin spatial de 1,2 tonnes doit se placer à proximité de l'astéroïde deux mois avant son passage le plus proche de la Terre et restera près de celui-ci jusqu'en août 2029. Les objectifs de la mission sont d'étudier les modifications induites par les forces de marée que subira l'astéroïde lors de ce passage, lesquelles affecteront la rotation et l'orientation d'Apophis et pourraient produire des mouvements de surface et internes. La mission contribuera à déterminer la réponse d'un astéroïde soumis à des forces extérieures et fournira des informations sur sa composition, sa structure interne, sa cohésion, sa masse, sa densité et sa porosité.