Les Échos (stylisé Les Echos) est un quotidien français d’information économique et financière, fondé en 1908 par les frères Robert et Émile Servan-Schreiber, et situé à Paris.

Il revendique une orientation libérale (« Vos questions, nos réponses », site Les Échos. Consulté le 7 novembre 2007)., progressiste, et défend une ligne éditoriale favorable à l'économie de marché..

Le journal des Échos s'est fortement développé sur le numérique, qui représente plus de 53 % de sa diffusion payée en France en 2019., soit l'une des plus fortes proportions parmi les quotidiens nationaux..

Il est détenu par Bernard Arnault depuis 2007 et appartient au Groupe Les Échos-Le Parisien depuis 2015, filiale de LVMH..

Le directeur de la rédaction, Nicolas Barré, est remercié en . En , Christophe Jakubyszyn lui succède après un an sans directeur.

Histoire

vignette|Premier numéro d'Échos de l'exportation, paru le 2 avril 1908. Un an plus tard, le sous-titre mentionnant l'actionnaire est supprimé. Fondée en , la publication qui devient Les Échos en 1928 débute modestement lorsque Robert Schreiber. crée un bulletin mensuel, Échos de l’exportation, servant d'outil de promotion pour la maison Schreiber et Aronson, héritée de son père... Cette petite affaire d'import-export est spécialisée dans les produits de mercerie (surtout les boutons de nacre.), tissus, bonneterie et autres articles venus d'Europe centrale.. Le premier numéro paraît le , le mensuel de quatre pages. à l'époque tiré à . étant, en grande partie, distribué gratuitement aux clients, les fabricants, et aux maisons d'import-export du quartier parisien de la confection. Quelques mois plus tard, la publication passe à et le sous-titre est supprimé.

À partir d', une société anonyme est créée au capital de , dont la moitié des parts appartiennent à Albert Aronson et Robert Servan-Schreiber et l'autre moitié à deux Allemands, Siegfried Karo et Léopold Schottlaender, respectivement rédacteur en chef et propriétaire du journal économique allemand Konfectionär. Le journal alors contient « – dont un tiers de publicités ». En 1910, le journal passe à et le frère de Robert Schreiber, Émile, écrit une bonne partie des articles sous un pseudonyme. Entre la fin de 1911 et le début de 1912, les participations des actionnaires allemands sont rachetées. En , Émile devient associé de la société R. Schreiber et associés, éditrice des Échos. Le succès se confirmant, le journal devient hebdomadaire à partir du . Il est tiré à . À la suite d'un voyage aux États-Unis qui a impressionné Émile en , l'actualité économique américaine est intégrée au journal. Pendant la Première Guerre mondiale le journal cesse de paraître. Le , le journal est refondé par les frères Schreiber avec pour titre Les Échos et pour sous-titre la grande revue commerciale française.. Il embauche son premier journaliste.

Le journal publie le supplément Les Échos des industries d'art en 1925 et devient quotidien le , sous le titre Les Échos... Le journal, qui reste destiné aux milieux du commerce et des petites entreprises, vend environ à la livraison en 1929.. Il aborde « rarement les questions politiques, excepté lorsqu'elles mettent en cause la liberté du commerce ou les finances de ses lecteurs »..

En 1940, les frères Schreiber « pressentant l’inévitable spoliation » sabordent le journal dont ils transfèrent la propriété fictivement et Les Échos cessent de paraître.. Le ., le journal est de nouveau publié, mais uniquement quatre fois par semaine. Il est réduit à quelques pages, car le papier est contingenté. Dès 1947, Jean-Claude Servan-Schreiber travaille aux Échos, dont il devient directeur à la place de son père (le cofondateur Robert Schreiber) en 1958, après avoir créé en 1953 L'Express avec son cousin Jean-Jacques« L'Express, du journal d'opinion au news-magazine », Michel Jamet, Communication et langages, 56, 1983, 85-97..

Le journal dépasse les à partir de 1948. Au cours des années 1950, les enfants de Robert et Émile prennent la relève. Surnommé la « boulangerie » par Clara Schreiber, le journal sert avant tout à entretenir le train de vie des Servan-Schreiber, employant jusqu'à quinze membres de la famille certaines années. En , sous l'impulsion de Jean-Jacques Servan-Schreiber, paraît un supplément du nom de l'Express (lancé pour soutenir l'action de Pierre Mendès France, il deviendra par la suite indépendant), ce qui accentue les tensions au sein du « clan » Servan-Schreiber (les fils aînés des deux branches de la famille se disputant la direction), car cette aventure coûte cher au Groupe Les Échos.. Les conflits, surtout d'ordre politique, continuent de diviser les deux branches de la famille, d'autant plus que la formule d'origine des Échos s'essouffle. Cela incite son directeur de rédaction Jean-Louis Servan-Schreiber à le transformer pour en faire un véritable journal économique sur le modèle des quotidiens anglo-saxons, le Financial Times et The Wall Street Journal.. Le journal devient progressivement une référence de la presse économique, mais les conflits politiques enveniment les relations familiales au sein de cette « entreprise prospère où les actionnaires, les enfants d'Émile et les enfants de Robert, chaque clan détenant la moitié des parts, empêchent toute gestion efficace ».. Cette situation conduit à la vente du titre, le , à Jacqueline et Pierre Beytout, directeur des laboratoires Roussel, lesquels vont le moderniser et le développer. En 1976, après le décès de son mari, Jacqueline Beytout assure seule la direction générale du titre.

En 1981, le Groupe Les Échos achète un journal médical quotidien, Panorama du médecin.. D'autres revues médicales seront par la suite achetées ou créées.

En 1986, le mensuel Dynasteurs est lancé. Il est renommé en 1992 Enjeux-Les Échos.

À partir de 1982, le journal bénéficie de l'engouement des Français pour la Bourse et pour l'information économique, si bien que sa diffusion dépasse les à partir de 1989..

Profitant de cet engouement, La Tribune, concurrent direct des Échos, est créée en par Bruno Bertez...

En 1988, Jacqueline Beytout, âgée de , cède le contrôle actionnarial du journal au groupe d'édition britannique Pearson (également propriétaire du Financial Times) pour éviter qu'à sa mort il ne soit repris par un des grands groupes français manifestant leur intérêt pour l'entreprise de presse : Michelin, Havas ou Hachette Filipacchi Médias. Le gouvernement Balladur tente d'imposer une solution nationale, mais la Commission de Bruxelles entérine la reprise par le groupe britannique.. À l'occasion de ce conflit, la rédaction du journal déclenche le premier mouvement de grève de l'histoire du quotidien...

Jean de Belot, entré aux « Echos » en 1990., pour prendre la direction du service finances, est promu, en 1992, rédacteur en chef adjoint finances-marchés.

Nicolas Beytout (son petit-fils par alliance), nommé rédacteur en chef par sa grand-mère, devient directeur de la rédaction en 1996. À cette époque, « la ligne éditoriale du quotidien est graduellement infléchie vers la réalisation d'un journal d'information générale, sans sacrifier toutefois ce qui a fait la force des Échos, la couverture de l'actualité des entreprises et de l'économie »..

En 1999, le groupe vend sa branche médicale.

Une nouvelle version imprimée du quotidien est lancée en 2003 lorsque le journal adopte le format berlinois, identique à celui de ses grands confrères internationaux. La campagne publicitaire associée à ce lancement reçoit le prix EPICA Epica d'Or 2004, site de Epica-awards. Consulté le 11 mai 2008.. En , Nicolas Beytout quitte son poste pour Le Figaro. Il est remplacé par Jacques Barraux, jusqu'alors numéro deux de la rédaction..

En 2007, le groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnault, rachète Les Échos au terme d’un âpre conflit. En , le groupe Pearson, qui détenait le quotidien économique, annonce sa volonté de vendre Les Échos, tandis que le groupe LVMH, propriétaire de l'autre quotidien économique français La Tribune alors déficitaire, déclare vouloir racheter le journal. Sa déclaration entraîne une crise au sein de la rédaction qui souhaite préserver « l'indépendance de ce titre et de son équipe rédactionnelle », des grèves ponctuelles des journalistes« Les Échos en grève, La Tribune aussi », L'Express, 22 juin 2007... et le lancement d’une pétition qui recueille la signature de économiques et politiquesTexte de la pétition lancée par les salariés des Échos pour « l'indépendance » du quotidien et liste des signataires, site Les Échos, 8 novembre 2007.. Une contre-offre de rachat, proposée le par le groupe Fimalac« Un nouvel acheteur pour Les Échos », L'Express, 12 juillet 2007., dirigé par Marc Ladreit de Lacharrière, recueille le soutien unanime des journalistes de la rédaction réunis en assemblée générale. Finalement, invoquant une clause d’exclusivité de vente« Pearson dévoile sa clause d'exclusivité avec LVMH », L'Express, 5 septembre 2007., le groupe britannique Pearson annonce le la vente du quotidien Les Échos au groupe LVMH pour d'euros, sans veto des autorités publiques« LVMH a racheté le Groupe Les Échos », L'Express, ... LVMH revend alors son autre quotidien, La Tribune, à News Participations, une des holdings d'Alain Weill.

En 2008, Jacques Barraux quitte son poste de directeur de rédaction et laisse sa place à Henri Gibier. Celui-ci est finalement remplacé en par Nicolas Barré..

En , le journal connaît un épisode unique dans l'histoire de la presse française : les journalistes femmes font la grève des signatures pour manifester leur colère devant leur faible représentation dans les organes dirigeants du journal... Aucune femme ne signera donc d'article le .

Le directeur de la rédaction, Nicolas Barré, est limogé en après dix années à la tête des Échos. Selon La Lettre A, cette décision a été prise par Bernard Arnault, le propriétaire du journal. Nicolas Barré avait récemment fait publier un article concernant des perquisitions fiscales dans le groupe LVMH, autre propriété du milliardaire, et une critique du livre Histoire d’un ogre consacré à Vincent Bolloré..

Le , les journalistes refusent, à 66,9 % des inscrits, que François Vidal, candidat proposé par le conseil de surveillance du quotidien économique, qui assurait également l'intérim, succède à Nicolas Barré à la direction de la rédaction. Selon des témoins, le candidat à la direction de la rédaction n’avait pas convaincu de sa réelle volonté à encourager la révélation d’informations susceptibles de déplaire aux acteurs économiques, dont le propriétaire LVMH..

En , la rédaction n'a toujours pas de directeur depuis près de dix mois. Le , Mathieu Gallet est auditionné par la Société des journalistes des Échos dans le cadre de son éventuelle accession au conseil de surveillance afin de remplacer l’ancien patron de la banque Paribas, André Lévy-Lang, ce qui pourrait constituer la première étape du retour au processus de nomination d’un nouveau directeur de la rédaction.. Quelques jours plus tard, Mathieu Gallet est nommé président du Conseil de surveillance du journal.. Le , La Lettre révèle que Mathieu Gallet aurait reçu deux candidatures internes pour la rédaction du journal, celles des rédacteurs en chef Lucie Robequain et David Barroux..

Le , Christophe Jakubyszyn est nommé directeur de la rédaction des Echos, comblant ainsi le poste laissé vacant depuis plus d'un an après le départ de Nicolas Barré..

Identité visuelle

Le journal

Les Échos traite et analyse l'ensemble de l'actualité régionale, nationale et internationale ayant des répercussions sur la vie des affaires. Le journal est une mine d'informations sélectionnées et les plus anonymes possibles,

Le quotidien publie des analyses macroéconomiques et politiques pour la France et l’étranger (politique économique, finances publiques), des analyses sectorielles, des études d’entreprises, ainsi qu’une analyse boursière.