La forêt du Gâvre, située dans la commune du Gâvre en Loire-Atlantique, est une forêt domaniale.
La forêt est plus étendue du département (). Issue de la forêt ducale établie en 1225 par le duc Pierre , en même temps que la « ville franche du Gâvre », elle est devenue forêt royale en 1532, puis forêt d'État à la Révolution.
On y a récemment découvert (1976) un alignement mégalithique, l'alignement du Pilier, qui serait, à ce jour, le plus long d’Europe, mais dont les pierres sont de taille moindre que celles des alignements les plus célèbres, notamment ceux de Carnac.
Caractéristiques Superficie
La superficie est de .
Au nord-ouest de la forêt du Gâvre, il existe une extension forestière sur la commune de Plessé. Il s'agit de trois parcelles dont deux non contiguës, formant la « forêt régionale de Trélan », qui est aussi gérée par l'ONF. Situation La forêt est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Nantes.
Voies de communication
Le rond-point de la Belle Étoile C'est un rend-point amenant à plusieurs allées : la route forestière de Carheil ; la route forestière du Coudray ; l'allée forestière de la Grée, qui se confond avec la RD 42 ; l'allée de la Chaussée, qui amène au village de la Chaussée (Blain).
Voies traversant la forêt dans le sens ouest-est, du nord au sud : l'allée forestière des Malnoës la route forestière de la Roberdais.
Hydrographie La forêt domaniale du Gâvre s’étend sur un plateau inscrit entre les vallées de la Vilaine au nord-ouest, de l’Erdre à l’est et de l’Isac au sud.
La forêt est arrosée par un certain nombre de cours d'eau, dont le principal est le ruisseau du Perche.
Toponymie Le nom du Gâvre est d'origine celtique: il proviendrait du mot "GAVR", qui désigne la chèvre, le chevreuil.
Histoire
Période néolithique : l'alignement du Pilier gauche|vignette|Vue partielle de l'alignement du Pilier.
Les premières traces connues sur le territoire de l'actuelle forêt remontent à l'époque néolithique, via les monuments mégalithiques, dont l'alignement du Pilier.
Découverte et étude de l'alignement Son existence est signalée aux autorités archéologiques en , lors d'une opération d'inventaire lancée par la DRAC.. L'historien local Jack Hurtaud, de Blain, est informé de l'existence de quelques blocs de pierre dans la forêt par une personne habitant la commune et les inscrit donc dans son inventaire. Mais ces blocs ne sont pas reconnus comme « anthropiques » par le directeur des Antiquités préhistoriques après sa visite sur site. Une note est cependant publiée en 1978 à partir de documents réunis par Jack Hurtaud, p. 48, en ligne sur Gallica. Jack Hurtaud, érudit local, auteur notamment de Vie et mort des moulins dans le canton de Blain (Cholet, éditions Hérault, 1994, notice SUDOC ), semble être membre de la société polymathique. Y. Rollando rend compte de ses travaux à propos de l'alignement..
En , une nouvelle visite a lieu (Serge Cassen, CNRS/LARA, université de Nantes)https://journals.openedition.org/archeosciences/pdf/4057.
En 2009 est lancée une opération de prospection thématique.
Cette opération aboutit au repérage de nouvelles pierres de l'alignement, ainsi que d'une « anomalie topographique » de 15 mètres de large parallèle à une des filesProspection thématique, paragraphe 6..
Autres découvertes Vers 1990, on a découvert en lisière de forêt un autre site mégalithique« Le Gâvre. Des mégalithes de taille et de toutes les formes », Ouest-France, 15 février 2019, ligne 16, sur le site labaule.maville.com, consulté le 23 février 2024. L'article ne précise pas le lieu de ce site, mais en donne une photographie. formé par plusieurs menhirs, dont un de .
La prospection thématique de 2009 aboutit dans la forêt à la redécouverteProspection thématique, paragraphe 7. Ces blocs étaient signalés par Jack Hurtaud en 1976. près de Curin d'un ensemble d'une cinquantaine de blocs de quartz disposés en deux files de part et d'autre de l'allée du Pont de Curun« Curun » est une variante de « Curin ». La carte IGN donne « Curin » pour le lieudit et « Pont de Curun » pour l'allée.. Un autre groupe de blocs de quartz (dont plusieurs de plus d'un mètre cube) a été découvert à la lisière ouest au nord de l'allée des MalnoësProspection thématique, paragraphe 9..
Non loin de la forêt, deux édifices mégalithiques ont été repérés près du village du Haut-LucProspection thématique, paragraphes 16 et 17. (Le Gâvre). Enfin, un certain nombre de haches néolithiques exhumées lors de travaux agricoles ont été trouvées chez des particuliersProspection thématique, paragraphe 20..
La découverte de haches de pierre et de bronze atteste de l’occupation de ce territoire à l'époque néolithique..
Antiquité Période gauloise Un centre de transformation du minerai de fer est établi dans la forêt.
Période gallo-romaine Il existait une autre voie importante reliant Blain à RennesAppelée « Voie romaine » dans la littérature touristique, par exemple Le Carnet de route de la fée Joyance, brochure publiée en 2010 par les offices de tourisme du secteur (Blain, Guémené-Penfao, etc.), dont le trajet suivait d'abord l'actuelle route de Blain au Gâvre, puis la route de la croix des Quatre Contrées à l'est de la forêt, puis un chemin rural assez large arrivant au Don à Pont-Veix (Pons Vetus en latin, « Pont Vieux »)Sur cette « voie romaine », la page Croix des Quatre Contrées donne plus de détails. Sur le cadastre de 1835, au niveau du village des Rôtis (Le Gâvre), il est écrit « Ancienne route de Nantes à Rennes »..
Moyen Âge Entre le et le , la châtellenie de Blain s'émancipe progressivement de l'autorité comtale mais la forêt du Gâvre reste sous le contrôle des comtes de Nantes et ducs de Bretagne.
Au , le duc de Bretagne Pierre Ier décide d’y construire un château, encourageant de cette manière l’exploitation de ses ressources.
alt=Vierge de la Chapelle|vignette|Vierge de la chapelle de la Magdelaine.
Fin du Moyen Âge Le sabbat de 1480 Dans une « nouvelle bretonne », publiée en 1861 dans la revue La France littéraire dans le cadre du « Huitième concours de la France littéraire » et intitulée « Le grand sabbat du Gavre », l'historien et homme de lettres Gillot de Kerhardène fait le récit (qu'il situe en 1480, sous le règne du duc François II) de la rencontre d'un sabbat par le maréchal de Bretagne Jean IV de Rieux (1447-1518), égaré un soir avec sa suite dans la forêt du Gâvre en revenant de Nantes à Rieux :« Une foule de loups et de louves se pressaient autour d'un grand bouc noir... et des singes les servaient en sautillant. Alors ils [le maréchal de Rieux et ses suivants] se rappelèrent que la terre du Gavre avait appartenu à Gilles de Reiz et passait pour être le centre de la sorcellerie en Bretagne. ... Le bouc noir ayant adressé un discours satanique à ses adorateurs, ... un des loups donna le mot d'ordre à mi-voix et un splendide banquet fut servi par les singes sur une pierre druidique en forme de table. ... Les adeptes s'étaient dépouillés des peaux de bêtes qui déguisaient les deux sexes et l'on pouvait voir de belles dames et de beaux chevaliers. » Le sabbat prend fin après la tombée de la nuit.Le lendemain le maréchal de Rieux rentre chez lui et à la suite de ses révélations « l'évêque [de NantesPierre du Chaffault (?-1487), évêque de Nantes à partir de 1477.] ordonna à l'abbé des Carmes d'aller visiter le lieu maudit des Quatre-VoiesNoter qu'on peut difficilement identifier « le lieu maudit des Quatre-Voies » (invention de l'auteur ?) avec celui de la croix des Quatre Contrées, étant donné que, partant de cette croix, il n'existe que trois voies : vers Pont-Veix, vers Le Gâvre et vers Nozay., dans la forêt du Gavre, ... et d'exorciser le pays alentour. ... Les scènes de sabbat cessèrent dès lors près du château du Gavre ; mais la tradition raconte qu'elle continuèrent dans la forêt de Quintin ».
Époque moderne Lors du mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII en 1491, la forêt fut rattachée au Domaine Royal.
Comme toutes les communautés rurales, Le Gâvre a un syndic, chargé de traiter avec le seigneur du village. Mais le seigneur est ici le roi : le syndic du Gâvre est donc souvent en relation avec les bureaux de Paris, puis de VersaillesPhilippe Jarnoux, « Une espèce de petite république Les privilèges d'une paroisse bretonne : Le Gâvre, », Histoire & Sociétés Rurales, 2002/2, volume 18, pages 159 à 185..
La forêt conserve son titre de forêt royale jusqu’à la Révolution, où elle prend son titre actuel..
Période de la Révolution et de l'Empire vignette|gauche|Croix du Chêne de la Messe, près de l'allée de la Grée, dans la partie sud de la forêt.
En 1791, elle sera incorporée au Domaine de l’État.
Le vote de la constitution civile du clergé en 1790, avec l'obligation pour les prêtres (devenant fonctionnaires) de prêter serment de fidélité à la nation, pousse nombre d'entre eux à refuser ce serment. La répression qui s'ensuit, en particulier après l'avènement de la république en amène à se réfugier dans la forêt, fait qui a laissé des traces, notamment la croix du Chêne de la Messe.
À partir de 1858, un aménagement va fixer des objectifs que les forestiers vont tenter d'atteindre, au fil des ans.
La ligne de chemin de fer Saint-Malo-Hendaye (1910-1952) Au , les aménagements se poursuivent avec le passage d’une ligne de chemin de fer (ligne Saint-Malo- Hendaye). La ligne, ouverte en 1910 relie notamment Nantes à Rennes par Blain, Plessé (Le Coudray) et Guémené-Penfao. Une gare est établie en forêt du Gâvre, la gare de la MaillardaisElle se trouvait sur la RD 35, face à l'allée du Pharel, la gare du Gâvre, sur une autre ligne (aussi fermée), étant située à l'est du bourg, vers Vay.. Le trafic voyageurs prend fin en 1939 et le trafic marchandises en 1952..
La voie et la gare ont été démantelées, mais le tracé de la ligne et ses infrastructures (viaducs, levées) sont utilisables pour un parcours de promenadeVoir la section Voies de communication..
Première Guerre mondiale vignette|Casemate de la Géline. Durant la Première Guerre mondiale, un camp de prisonniers fonctionne au rond-point de Néricou.
Il y a aussi un camp pour soldats en convalescence au rond-point de la Belle-Étoile..
Seconde Guerre mondiale Le , deux soldats français tués en lisière de forêt du Gâvre par des tirs allemands. Il s'agit de soldats parachutés pour libérer la Bretagnehttps://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/le-gavre-44130/le-25-aout-1944-deux-soldats-francais-tues-en-lisiere-de-foret-du-gavre-acbe2afc-5edc-11ef-b3ae-edb683d1c539.
Pendant la Seconde Guerre mondiale un groupe de génie civil et militaire du Troisième Reich installe à proximité de l'allée forestière de la Géline une vingtaine de structures militaires, de dix mètres de long sur vingt mètres de large, distants les uns des autres de manière régulière. De nombreuses dépressions topographiques témoignant des attaques aériennes de la British Army ; le site est toujours visible aujourd'hui. Ces casemates existent toujours. Ce site est devenu l'un des plus importants lieux d'hibernation des chauves-souris du département, accueillant près d’une dizaine d’espèces de chiroptères, représentant plusieurs centaines d’individus.
Fin du Durant la seconde moitié du , les chemins vicinaux sont progressivement asphaltées afin de désenclaver les petits villages et mieux les relier au reste de la communeLa forêt du Gâvre, un peu d'histoire, chêne au Duc..
Faune et flore Faune La forêt du Gâvre est un refuge pour de nombreuses espèces.
Reptiles et amphibiens
La grenouille rousse, la grenouille verte, la salamandre terrestre, le triton palmé ou le triton alpestre, la salamandre tachetée, la vipère péliade, la vipère aspic, la coronelle lisse sont des animaux fragiles et exigeants quant à la qualité de leur milieu de vie..
Oiseaux