Christophe Plantin (né vers mai 1520 à Saint-Avertin ; mort le à Anvers) est un relieur et imprimeur français, lié à la Renaissance flamande.

Il travaille à Anvers dans les Pays-Bas espagnols. Son entreprise d'imprimeur-éditeur se maintiendra durant trois siècles.

Biographie Né près de Tours, dans son enfance il suit son père à Lyon, puis à Orléans, enfin à Paris. Lorsque son père retourne à Lyon vers le milieu des années 1530, Christophe reste à Paris. Puis, de 1540 à 1545 ou 1546, il séjourne à Caen..

Dans cette ville, il se met au service de Robert II Macé, relieur de l'université de Caen depuis 1522. Là, il apprend le métier de relieur et le façonnage de petits coffrets à joyaux. Vers 1545 il épouse une servante de Robert Macé, Jeanne Rivière. Le couple s'installe à Paris. C'est probablement là que naît leur première fille.

Après un court séjour à Paris, la famille s'installe en 1548 ou 1549 à Anvers. Cette ville était devenue entre 1500 et 1550 le plus important centre d'imprimerie des Pays-Bas, grâce notamment à l'impression clandestine de livres religieux inspirés de LutherDonnées du Musée Plantin-Moretus.. La citoyenneté d'Anvers lui est accordée, et en 1550 il est reçu membre de la guilde de Saint-Luc – comme imprimeur, selon Denis Pallier – qui précise qu'il gagne sa vie comme relieur jusqu'en 1555.

Plantin travaille d'abord pour Gabriel de Zayas, secrétaire de Philippe II, en tant que relieur et artisan du cuir jusqu'en 1555, lorsque des ivrognes l'attaquent dans une rue d'Anvers alors qu'il allait livrer une cassette en cuir destinée au roi Philippe II d'Espagne. Ayant eu l'épaule transpercée par un coup d'épée, il est obligé de changer de profession et se lance alors dans l'imprimerie avec le soutien financier de Hendrik Niclaes, chef d'un groupe anabaptiste, et imprime son premier livre en 1555..

L'appui politique dont il jouit l'oblige à louvoyer entre les insurgés et les royalistes espagnols, alors que gronde la révolte contre l'occupant espagnol. Désireux de s'éviter des ennuis, il dissimule sa sympathie pour la Réforme protestante et « adopte une position ambiguë sur la question de la religion », insuffisante à empêcher les rumeurs l'accusant d'imprimer des livres hérétiques. En 1562, il est même obligé de s'exiler à Paris plus d'un an.

En 1570, le roi Philippe II le nomme architypographe (prototypographus regius), chargé de l'inspection des imprimeries des Pays-Bas et de la publication, sous la direction de Benito Arias Montano, d'une nouvelle édition de la Bible polyglotte d'AlcaláBiblia sacra hebraice, chaldaice, græce et latine, 1569-1573, 8 vol. in-f°.. Outre douze exemplaires sur vélin pour le roi Philippe II, il tire douze cents exemplaires des cinq volumes dont se compose la Bible, et six cents exemplaires seulement des trois volumes de l'Apparatus sacer. La dépense excédant toutes ses prévisions, il doit vendre des exemplaires au-dessous du prix de revient pour être payé comptant..

vignette|Frontispice de la Bible polyglotte d'Anvers.

En 1576, il subit de lourdes pertes financières lorsqu'il est forcé de payer une rançon exorbitante aux mercenaires espagnols mutinés qui n'ont pas reçu leur solde et pillent la ville (l'Espagne perd ses droits sur les Pays-Bas avec l'Acte de La Haye en juillet 1581). En 1583, il fuit Anvers, où la guerre est sur le point d'éclater, pour Leyde ; et devient imprimeur académique de l'université protestante de la ville. Mais il est de nouveau accusé d'infidélité à l'Église catholique. Il revient donc à Anvers en 1585, après la reprise de la ville par Alexandre Farnèse le 17 août.

Alors âgé de plus de 60 ans, Plantin tente de redonner un nouvel élan à son imprimerie, qui ne compte plus que quatre employés faisant tourner une seule presse ; celle-ci ne retrouve jamais vraiment son prestige. Plantin meurt quatre ans plus tard.

De son mariage avec Jeanne Rivière, Christophe Plantin n'a qu'un fils mort à l'âge de onze ans ; et cinq filles, dont Martine Plantin qui épouse Joanes Moenrentorf alias Jean Moretus – le successeur à la tête de l'imprimerie qui prend alors le nom Plantin-Moretus.. Edouard Moretus (1804-1880), descendant de Jean Moretus et dernier possesseur de l'imprimerie jusqu'en 1876, fut autorisé en 1871 par arrêté royal à s'appeler Moretus-Plantin..

L'imprimeur En 1555, il imprime son premier ouvrage, intitulé Institution d'une fille de noble maisonJean Beller, Institution d'une fille de noble maison, traduite de langue toscane en françois, Anvers, 1555, pet. in-8° de et 25 feuillets, sur papier bleu.. On lui doit l'impression d'une Bible polyglotte, dite d'Anvers ou de Montano, largement inspirée de la première édition polyglotte de la Bible, dite Complutense (1569-1570.).

LOfficina Plantiniana est considérée comme l'entreprise d'édition et d'imprimerie la plus importante qui ait jamais été établie en Belgique, et vend des livres dans toute l'Europe. Le grand humaniste Juste Lipse avait un bureau dans l'enceinte de l'imprimerie. Plantin imprime les œuvres de ce dernier, d'Abraham Ortelius, de Laevinus Torrentius, d'André Schott, de Simon Stevin, et d'un grand nombre d'autres savants.

Les publications de Plantin, presque toutes d'un genre sévère, se distinguent par une correction scrupuleuse et une élégance grave. Christophe Plantin plaçait sur le frontispice de ses livres une vignette gravée sur bois, représentant une main sortant d'un nuage, traçant un cercle avec un compas. Il avait trois marques distinctes. La troisième, dont il se sert à partir de 1564, fait référence au nom de son imprimerie De Gulden Passer (« Au Compas d'Or »). Il utilise cette marque avec des encadrements différents pour différencier ses différentes collections. Cette marque est toujours accompagnée de sa devise : Labore et Constantia (« Par le travail et la Persévérance »).

Sa maison, qui renfermait une précieuse bibliothèque, était le rendez-vous des savants, attirés par ses procédés généreux et par les facilités qu'ils y trouvaient pour l'impression de leurs ouvrages. Au plus fort de sa production, il utilisait au moins 22 presses et employait 160 ouvriers. Il avait comme correcteurs des hommes d'un mérite éminent, tels que Victor Giselin, Théodore Poelmans, Corneille Kilian et François Raphelingius et, à l'instar de Robert Estienne, il affichait les épreuves, en promettant une récompense à ceux qui y découvriraient quelque faute.

Le gendre de Plantin, Jan Moretus reprend l'imprimerie. L'Officina Plantiniana continue à éditer des livres jusqu'en 1876. Elle est alors vendue à la ville d'Anvers par Edouard Moretus-Plantin. Restée intacte, elle est devenue un musée inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, le musée Plantin-Moretus.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie . . . . . .

Sur ses éditions musicales Isabelle His, « Plantin et l'organisation modale des Mélanges de Claude Le Jeune (1585) », Music printing in Antwerp and Europe in the 16th Century [Actes du colloque d'Anvers, 23-], Louvain-Peer, Alamire Foundation, 1997, p. 353-364.

Henri Vanhulst, « Suppliers and clients of Chrisopher Plantin, distributor of polyphonic music in Antwerp (1566-1578) », Musicology and archival research = Musicologie et recherches en archives = Musicologie en Archievfonderzoek, éd. Barbara Haggh, Frank Dælemans et André Vanrie, Actes du colloque de Bruxelles, 22-23.4.1993, Bruxelles, 1994 (Archives et bibliothèques de Belgique = Archief- en Bibliotheekwezen in Belgie, numéro spécial, 46), p. 558-604.

Articles connexes Littérature du Musée Plantin-Moretus bible polyglotte d'Anvers Plantin (police de caractères) Peeter Heyns

Liens externes

Christophe Plantin et la dynastie Plantin-Moretus par l'Institut Catholique de Toulouse Le site du Musée Plantin-Moretus .

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