Campénéac (; ) est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.
Géographie Situation thumb|left|Carte de la commune de Campénéac et des communes avoisinantes.
Au cœur du Massif armoricain, Campénéac se situe à au nord-est de Ploërmel, approximativement entre Vannes et Rennes, dans le nord-est du Morbihan, non loin de la forêt de Paimpont (parfois identifiée comme la mythique forêt de Brocéliande).
Avant les fusions de communes survenues depuis la décennie 1980, Campénéac était la commune la plus vaste du département du Morbihan.
Cadre géologique vignette|gauche|Carte géologique du Massif armoricain. vignette|left|Dalles de Néant.
La région de Campénéac est localisée dans le domaine centre armoricainCarte des différentes unités litho-structurales de l'ouest du Bassin de Paris et du Massif armoricain, tiré de Michel Ballèvre, « Structure et évolution du Massif armoricain », Géochronique, 105, mars 2008, p. 29-31, dans la partie médiane du Massif armoricain qui est un socle ouest-européen de faible altitude (maximum ), caractérisé par des surfaces d'aplanissement et qui résulte d'une histoire complexe composée de trois orogenèses : icartienne (Paléoprotérozoïque,ca. 2,2-1,8 Ga), cadomienne (Édiacarien 750-540 Ma). et surtout varisque (ou hercynienne, au Dévonien-Carbonifère, 420-300 Ma).. La structure du Massif armoricain résulte de la superposition de l'héritageL'orogenèse cadomienne est marquée au nord du massif par des directions N70 (groupes de direction N 60° à N 85° et quelques autres issus de failles associées). L'orogenèse varisque est la principale responsable de l'architecture de la majeure partie du massif, notamment au travers du Cisaillement Nord-Armoricain et des deux branches du Cisaillement Sud Armoricain de direction N110 (séparant les quatre grands domaines armoricains (Nord-armoricain, Centre-armoricain, Sud-armoricain et le Léon), des groupes de failles N 20° à N 40 °, et des directions N140 à N160, héritées du pré-rifting atlantique avorté du Permo-Trias. Ces groupes de failles façonnent les directions du tracé de nombreux plateaux et côtes. Cf Paul Bessin, « Évolution géomorphologique du Massif armoricain depuis 200 MA : approche Terre-Mer », thèse Sciences de la Terre. Université Rennes 1, 2014, p. 98 ; . de ces deux derniers orogènes..
Campénéac est situé dans un vaste bassin sédimentaire constitué de sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion de la chaîne cadomienne et accumulés sur plus de d'épaisseur, sur lesquels repose en discordance des formations paléozoïques sédimentaires.. On peut observer à Campénéac, au départ de la route d’Augan, au pied d’un mur, un affleurement de roches briovériennes à faciès « Dalles de Néant » qui se présente sous forme d'alternances de bancs millimétriques d'argilites grises homogènes présentant un débit caractéristique en « baïonnette » ou « prismatique » dû au plan de schistosité, avec des bancs de siltites fines rubanées et des bancs de grès moyens à grossiers, souvent chenalisants et plurimétriques E. Thomas, N. Brault, A. Carn [et al.], Notice explicative de la feuille Ploërmel à 1/50 000, BRGM, 2004, p. 25. Les lamines visibles .
Relief et hydrographie Le relief de la commune présente une pente générale vers l'ouest et un dénivelé de 170 mètres entre le point le plus haut, à 216 mètres d'altitude, situé dans la partie est du finage communal, dans le périmètre du champ de tir du camp de Coëtquidan et le point le plus bas, à 46 mètres d'altitude, situé à sa limite ouest, dans la vallée du ruisseau de la Touche-Larcher, à l'endroit où ce cours d'eau quitte la commune pour entrer dans celle de Ploërmel. Le bourg, en position relativement centrale au sein de cette commune de vaste superficie, est étagé entre 90 et 70 mètres d'altitude, faisant face au sud et situé sur la rive droite de l'Oyon.
Son relief présente des buttes assez pentues, comme le Tombeau des Géants (199 mètres, la butte de Tiot (190 mètres), la Grande Bosse (187 mètres) et la Bosse de la Tourtelière (185 mètres d'altitude – ces deux dernières citées sont situées à l'intérieur d'un autre champ de tir du camp de Coëtquidan).
Le réseau hydrographique est constitué principalement par l'Oyon, un affluent de l'Aff qui a sa source au nord de la commune, qui alimente en eau l'étang de Trécesson et traverse la partie centrale de son territoire, en recevant les eaux de plusieurs petits affluents (les principaux étant le ruisseau de Comboulot sur sa rive droite, le ruisseau du Pont Gasnier, le ruisseau de Pont Juan et le ru de Guécuault sur sa rive gauche). La partie occidentale de la commune est traversée par le ruisseau de la Touche-Larcher et celui du Moulin du Miny, deux petits affluents de l'Yvel. Le second cité se jette directement dans le Lac au Duc. Dans la partie orientale de la commune, l'Aff lui-même serpente sur près de 2 km au nord-est à la commune, la séparant de celle de Paimpont (c'est aussi la limite départementale entre le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine) ; deux de ses petits affluents traversent l'un la partie nord-est de la commune (le Ruisseau de Saint-Jean), l'autre sa partie sud-est (le Ruisseau de Saint-Malo). Tous ces cours d'eau sont des affluents ou des sous-affluents de la Vilaine.
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aff, l'Oyon, le Saint-Malo, le Camet, le Moulin de Miny, le ruisseau de la Vallée de Saint-coutumier, le ruisseau de l'Étang du vobulo, le Guécuault, le Pont Gasnier, le Pont Jouan, le ruisseau de Comboulot, le ruisseau de la Grève, le ruisseau de la Touche-Larcher, le ruisseau du Moulinet, le Saint Jean et divers autres petits cours d'eau..
L'Aff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Paimpont et se jette dans l'Oust à Saint-Vincent-sur-Oust, après avoir traversé ..
L'Oyon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aff à Guer, après avoir traversé .
Le Saint-Malo, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Blavet à Saint-Malo-de-Beignon, après avoir traversé .
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le Vieil étang ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploërmel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages et habitat Le paysage agraire traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux (appelés localement « villages ») et fermes isolées, du moins dans les parties les plus basses de la commune ; sa partie orientale, plus élevée, présente un paysage de landes, bois, friches et broussailles, accentué depuis son inclusion dans le périmètre du camp de Coëtquidan au sein duquel les anciens écarts ont disparu en raison des servitudes militaires.
Transports
La RN 24, voie express de Rennes à Lorient via Ploërmel, longe la limite sud de la commune, laquelle est desservie par l'échangeur de Linvo, via la D134 (route départementale qui, côté sud, vient d'Augan, et, côté nord, va vers Néant-sur-Yvel, après avoir traversé le bourg de Campénéac).
La D724, axe routier venant, côté est, de Beignon et qui, après avoir traversé le bourg de Campénéac, se dirige côté ouest vers Ploërmel, via Gourhel, est l'ancien tracé de la RN 24, soumis à de nombreuses servitudes militaires et interruptions de trafic, en raison de sa traversée du camp de Coëtquidan.
Urbanisme Typologie Au , Campénéac est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Ploërmel, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu1,3 %79Zones industrielles ou commerciales et installations publiques0,1 %4Terres arables hors périmètres d'irrigation29,7 %1807Prairies et autres surfaces toujours en herbe13,2 %805Systèmes culturaux et parcellaires complexes10,1 %618Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants2,1 %130Forêts de feuillus14,3 %871Forêts de conifères1,3 %77Forêts mélangées7,7 %471Pelouses et pâturages naturels5,1 %313 Landes et broussailles13,1 %800Forêt et végétation arbustive en mutation1,8 %114Source : Corine Land Cover.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Kenpeniac en l'an 840Ernest Nègre, ., Kempeniac en 844, Campaniacum au , Quampeneac en 1398, Quempeneac en 1420, Campeneac en 1467, Guinpeneac en 1630.
Campénéac est issu d'une *Campaniacum, type toponymique formé avec le suffixe d'origine gauloise -acum .
En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, les prononciations de la localité et ont été respectivement collectées à Guer et à Peillac.. Henri-François Buffet transcrit une prononciation locale sous la forme « Campenya » en 1954. Erwan Vallerie indique que cette prononciation relève du phénomène d'amuïssement du -k final de tous les toponymes en gallo..L'association Chubri relève plusieurs attestations orales et écrites et restitue la prononciation , qu'elle transcrit sous la forme Canpenia.
Reprenant la graphie proposée par Théophile Jeusset, Hervé Le Bihan propose en 1985 la forme bretonnisée Kempenieg. Il indique que la forme Kampeneag est aussi acceptable. Le dictionnaire diachronique du breton Devri donne Kampeneag comme entrée principale. La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Kempenieg..