vignette|Macrodéchets de surface, apportés par les courants marins sur la côte hawaïenne. Bien qu'il soit illégal de jeter en mer tout type de déchets ou objet en plastique aux États-Unis, le plastique constituerait 80 % des déchets trouvés en mer en 2009. vignette|Les albatros ne peuvent digérer une partie de leurs aliments (vertèbres et grosses arêtes de poissons, « becs » de calmars), mais on retrouve de plus en plus dans leur bol alimentaire des déchets plastiques non dégradables (ici brosse à dents et plusieurs monofilaments de nylon provenant de fil de pêche ou de filets de pêche perdus ou abandonnés en mer). (albatros à pieds noirs ou un Laysan). L'ingestion de déchets plastique flottant est une cause de plus en plus fréquente de mortalité d'albatros.

La notion de « déchets en mer » ou « déchets marins » ou « débris marins » () regroupe : des déchets d'origine naturelle (exemple : bois flotté) qui ont rôle dans le cycle du carbone et d’autres nutriments, qui contribuent à stabiliser le pied de dunes (grâce aux laisses de mer), sources de nutriments pour les plantes et organismes fixateurs ; des déchets d'origine anthropique trouvés en mer (en surface, entre deux-eaux, sur les fonds marins ou dans les sédiments) ou sur les plages (dont dans les laisses de mer).

Malgré des campagnes de nettoyages de plus en plus fréquentes, la quantité de déchets trouvés sur les plages et en mer tend à augmenter.

En anglais, la notion de peut inclure des déchets trouvés dans les lacs ou réservoirs. L'ONU a repris une définition incluant les déchets persistants, manufacturés déchargés, perdus ou abandonnés ou trouvés dans l'environnement marin et littoral ; United Nations Environment Programme (UNEP) 2005 Marine Litter: An analytical overview (consulté juillet 2008). En français, il s'agit uniquement des déchets trouvés en mer, mais le Grenelle de la mer a traité conjointement les déchets trouvés sur ou dans les eaux douces et susceptibles d'être apportés en mer. La question est également abordée au niveau des sédiments.

La plupart des déchets anthropiques trouvés en mer, en tant qu'altéragènes physiques, chimiques ou biologiques sont des polluants. De nombreux animaux meurent après en avoir ingéré ( des autopsies de tortues marines trouvées mortes, ont montré des enchevêtrements de déchets marins dans les intestins de six des sept espèces existantesNOAA (voir section « Liens externes ») ; par ailleurs la Fondation Cousteau et d'autres organismes alertent l'opinion publique sur la contamination du milieu marin par les plastiques et sur le fait que l'ingestion de jouets et d'autres déchets de plastique est devenu une cause courante de mortalité d'albatros, sachant que toutes les espèces d'albatros sont vulnérables ou en danger de disparition).

Données quantitatives

Nombre de déchets Le nombre d’objets perdus ou volontairement abandonnés chaque jour dans les océans a été estimé à environ onze milliards. Ce sont en moyenne de plastique qui flottent sur chaque km de merRapport ONU : Guidelines on the Use of Market-based Instruments to Address the Problem of Marine Litter, conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et de l'IEEP () d'avril 2009, d'entre eux étant perdus ou jetés en mer directement par les navires. Les déchets liés à la pêche constitueraient environ 70% des déchets plastiques flottant à la surface des mers. Leur impact est croissant en raison de l'utilisation d'inox, de laiton, de nylon, Kevlar, plastiques hautement résistants et d'autres matériaux non dégradables ou très lentement dégradables. Les tempêtes, courants et tsunamis peuvent les disperser sur de grandes distances.

Il y aurait selon les estimations de 2008/2009 Document de sensibilisation de The Algalita Marine Research Foundation, fondation californienne située à Long Beach, et http://www.plasticdebris.org plus de cent millions de tonnes de déchets en plastique dispersés dans les océans du monde ; 20 % proviendraient de pertes ou rejets directs en mer (abandon d'engins de pêche et de déchets, pertes de conteneurs, naufrages…), mais 80 % proviendraient des bassins versants continentaux J. Faris et K. Hart, Seas of Debris : A Summary of the Third International Conference on Marine Debris, N.C. Sea Grant College Program and NOAA, 1994. Une grande partie de ces déchets sont des objets conçus pour être jetables et à usage unique, des articles de consommation. Les plastiques industriels provenant d'avant le stade de produit fini constituent environ 10 % des déchets trouvés sur les plages, dont des granules de plastique.

En 2008Rapport annuel (version 2008) sur l’état des plages, publié le 8 avril 2009 par la société britannique de sauvegarde de la mer (Marine conservation society, MCS) a-t-on trouvé sur les plages du Royaume-Uni en moyenne de par kilomètre de plage, soit une hausse de 110 %, par rapport à 1994. Dans ce seul pays, ce sont plus de cinq mille volontaires qui ont nettoyé en 2008 (y recensant plus de , sur près de ). Plus d'un tiers de ces déchets sont des emballages alimentaires et des mégots. Le matériel de pêche perdu par les pêcheurs constitue 13 % de ces déchets. Ces déchets impactent la biodiversité marine et posent des problèmes sanitaires et financiers.

Un rapport de l'ONU de 2009 propose des campagnes de détection et récupération des déchets, et des matériels écoconçus pour se dégrader plus rapidement s'ils sont perdus en mer.

Impact environnemental Les macrodéchets endommagent les bateaux et les engins de pêche, mais les filets fantômes ont aussi une action cachée quand ils piègent et tuent des poissons, tortues, oiseaux et mammifères marins. Ils peuvent également détériorer l’habitat de certaines espèces et endommager les coraux.

En mer, les déchets flottants de plastique, exposés aux vagues et aux UV solaires deviennent cassant et se fragmentent peu à peu en libérant des perturbateurs endocriniens et certains pigments toxiques (cadmium, plomb, cobalt…).

Dans les années 1980, des milliards de petits fragments de plastiques étaient détectés jusque dans l'océan Austral, bien au sud de la convergence antarctique, en mer de RossGregory, Kirk et Marbin, Pelagic tar oil, plastics and other litter in surface waters ot the New Zealand sector ot the southern ocean, and on Ross dependency shores. New Zealand Antarctic Record, 6, 1984, ().. On en a depuis trouvé dans toutes les mers du globe. On ignore quel impact environnemental ils peuvent avoir à moyen et à long terme. Dans ces zones éloignées, de nombreux albatros meurent avec leur gésier plein de dizaines de jouets en plastique qu'ils ont ingérés en mer.

Selon les régions du monde, 60 à 80 % de la masse des déchets marins et côtiers sont du plastiqueM.R. Gregory et P.G. Ryan, 1997. Pelagic plastics and other seaborne persistent synthetic debris: a review of Southern Hemisphere perspectives in J.M. Coe et D.B. Rogers (éd.), Marine Debris- Sources, Impacts, Solutions, Springer-Verlag, New York, 49-66., atteignant des taux de 90 à 95 % dans certaines régions du monde selon l'ONU United Nations Environment Programme, ONU. Et tous les compartiments marins semblent touchés : on trouve des déchets de plastiques de l'Arctique à l'Antarctique et à toutes les profondeurs. Les autopsies faites par le laboratoire d'Algalita sur de grands fonds () capturés dans l'océan Pacifique ont montré que plus de 50 % de ceux-ci avaient ingéré des fragments de plastiques ainsi retrouvés dans leur tube digestif.

Organismes filtreurs Les organismes filtreurs les accumulent aussi ; de un à deux fragments de plastique de moins de par gramme de chair de moules récoltées dans le nord de la France et en Belgique, soit une moyenne de par portion de selon Colin Janssenprésentation CV, sur health.ec.europa.eu (écotoxicologue de l'université de Gand) qui rappelle qu'une moule filtre environ 20 à d'eau par jour. Ainsi, avec environ de moules ou de chairs consommées lors de la braderie de Lille, ce sont en deux jours environ de fragments de plastiques qui sont ingérés par les consommateurs. Les microplastiques adsorbent certains polluants et les transmettent aux moules. Les fragments les plus importants ne pénètrent pas la chair, mais peuvent être ingérés accidentellement. Les particules de moins de sont retrouvées dans la chair (phénomène dit de « translocation », en cours d'étude depuis 2010 par l'université de Gand) ; ils sont systématiquement ingérés.

Enjeux et problèmes vignette|Un conteneur perdu en mer. Depuis la fin du , avec l'utilisation croissante de polymères de synthèse (matières plastiques essentiellement), de verre, d'inox très peu dégradables, l'impact des déchets marins d'origine humaine a pris une importance croissante Faits à propos des déchets marins, sur marinedebris.noaa.gov (National Oceanic and Atmospheric Administration).

Ces déchets sont sources de nuisances esthétiques, et certains sont toxiques et dangereux : pour des raisons de biotoxicité affectant les écosystèmes marins et de nombreux organismes marins, dont en particulier les poissons, oiseaux de mer, reptiles marins, mammifères marins (dont cétacés) et/ou ; parce que certains de ces déchets constituent une menace physique pour les navires. Ainsi en 2005, il y a eu d'accidents maritimes dus à des collisions avec des déchets flottants ou entre deux eaux ou submergés qui ont causé , et USD de pertes Infos sur les débris marins, NOAA, consulté le ; de plus, les déchets (flottants ou non, s'ils sont très lentement dégradables et transportés sur de grandes distances par les courants sont un des habitats/vecteurs possibles de dispersion d'espèces envahissantes ou invasives ou de pathogènes Kiessling, T., Gutow, L., & Thiel, M. (2015). Marine litter as habitat and dispersal vector. In Marine anthropogenic litter (pp. 141-181). Springer, Cham. | URL= https://www.oapen.org/download?type=document&docid=1001966#page=155 Rech, S., Borrell, Y., & García-Vazquez, E. (2016). Marine litter as a vector for non-native species: What we need to know. Marine pollution bulletin, 113(1-2), 40-43. URL= http://digibuo.uniovi.es/dspace/bitstream/10651/39365/2/Postprint%20Rech%20et%20al%202016.pdf Rech, S., Pichs, Y. J. B., & García-Vazquez, E. (2018). Anthropogenic marine litter composition in coastal areas may be a predictor of potentially invasive rafting fauna. PloS one, 13(1), e0191859. alors que les débris flottants faisaient fonction autrefois de corridor biologique et de source de nutriments. ces « litières » de plus en plus anthropisées peuvent avoir été contaminées en amont ou in situ par des métaux, des radionucléides, des polluants organiques ou des microbes (antibiorésistants éventuellement). Elles peuvent aussi se contaminer dans les zones de mariculture Rech, S., Salmina, S., Pichs, Y. J. B., & García-Vazquez, E. (2018). Dispersal of alien invasive species on anthropogenic litter from European mariculture areas. Marine pollution bulletin, 131, 10-16 (résumé).. Ces déchets proviennent en grande partie des fleuves qui les ont drainés dans des zones urbaines, portuaires, industrielles ou agricoles polluées, en grande partie via les fleuves Rech, S., Macaya-Caquilpán, V., Pantoja, J. F., Rivadeneira, M. M., Madariaga, D. J., & Thiel, M. (2014). Rivers as a source of marine litter–a study from the SE Pacific. Marine pollution bulletin, 82(1-2), 66-75.|URL: http://paleolab.cl/wp-content/uploads/2015/01/Rech-et-al-2014-Mar-Poll-Bull.pdf… avec des questions sanitaires particulières et nouvelles posées par les micro- et nanoplastiques Galloway T.S (2015) Micro-and nano-plastics and human health. In Marine anthropogenic litter (pp. 343-366). Springer, Cham.| URL= https://www.oapen.org/download?type=document&docid=1001966#page=352 certains additifs ou composants des plastiques préoccupent les chercheurs (ex : bisphénol A, perturbateur endocrinien) ;