Alfred Elton van Vogt (prononcé en anglais : )Prononciation en anglais canadien retranscrite selon la norme API. Son patronyme provient du néerlandais standard ., plus connu comme A. E. van Vogt, né le au sud de Winnipeg (Manitoba) et mort le à Los Angeles, est un écrivain et romancier de science-fiction d'origine canadienne, naturalisé américain en 1945.
Van Vogt est considéré comme l'un des chefs de file de la période 1920-1995 qui constitue l'âge d'or de la science-fiction américaine, avec des chefs-d'œuvre comme À la poursuite des SlansSelon le site Top des Tops, À la poursuite des Slans est mentionné dans :* Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;* Science-fiction. La bibliothèque idéale, Albin Michel, 1988 ;* Enquête du Fanzine Carnage mondain auprès de ses lecteurs, 1989 ;* Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;* Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994., La Faune de l'espaceSelon le site Top des Tops, La Faune de l'espace est mentionné dans :* Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;* Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;* Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994 ;* Bibliothèque idéale du webzine Cafard cosmique. et Le Monde des ĀSelon le site Top des Tops, Le Monde des Ā est mentionné dans :* Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;* Jacques Sadoul, Anthologie de la littérature de science-fiction, Ramsay, 1981 ;* Jacques Goimard et Claude Aziza, Encyclopédie de poche de la science-fiction. Guide de lecture, Presses Pocket, coll. « Science-fiction », , 1986 ;* Denis Guiot, La Science-fiction, Massin, coll. « Le monde de… », 1987 ;* Enquête du Fanzine Carnage mondain auprès de ses lecteurs, 1989 ;* Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;* Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994. ; ce dernier ouvrage popularise la sémantique générale auprès du public et provoque une importante polémique dans le monde de la science-fiction anglo-saxonne. La traduction française du Monde des Ā, effectuée par Boris Vian, contribue à lancer la science-fiction en France« Si j'en crois le critique français Jacques Sadoul, la parution de cet ouvrage en France fut le point de départ de l'intérêt pour la science-fiction en France. » (postface in A. E. van Vogt, Le Monde des Ā, traduit de l'américain par Boris Vian, J'ai lu, coll. « Science-fiction », , 1970).Selon Patrice Duvic, il s'agit d'un « roman touffu, étonnant, plein de rebondissements, bourré d'idées, mais difficile d'accès, auquel on reprocha sa confusion, et qui pourtant devait marquer la science-fiction de manière indélébile » (A. E. van Vogt, Futur parfait, Éditions Presses Pocket, , 1980, coll. Le grand Temple de la science-fiction, . )..
Biographie Jeunesse Second d'une famille de six enfants, A. E. van Vogt naît dans la ferme de ses grands-parents paternels d'origine néerlandaise. Son père est épicier dans le petit village de Morden, pendant que sa mère tient la maison. Tous les deux parlent couramment le frison, qui se répand dans cette région rurale à la suite d'une immigration massive en provenance des Pays-Bas durant les décennies précédentes.
Alors qu'il n'a que quatre ans, sa mère impose l'utilisation de l'anglais à la maison. En dépit de cela, il s'obstine à parler le frison dans sa tête pendant un moment, ce qui montre un caractère marqué par une motivation inébranlable, qui se retrouve dans de nombreux personnages de ses œuvres. À l'âge de huit ans, un garçon de sa taille le rosse, ce qui atteint sérieusement son amour-propre. Il devient solitaire et se met à lire des contes de fées.
En 1922, son père, devenu avocat entre-temps, s'installe dans une petite ville protestante et conservatrice. N'étant pas d'origine anglaise, le jeune Elton est mis à part, ce qui renforce son sentiment de solitude. À l'âge de douze ans, l'un de ses enseignants lui interdit de lire des contes de fées, lui intimant d'aller jouer dehors. Il s'entête, mais, finalement, passe aux romans d'aventure, qu'il loue à un camarade de classe.
Quelques années plus tard, en 1926, son père s'installe à Winnipeg et devient directeur pour la compagnie maritime , spécialisée dans le transport des immigrants hollandais attendus dans les Prairies canadiennes. Le jeune van Vogt, qui vient de la campagne, vit un choc urbain. Pour le surmonter, il se met à dévorer des livres à raison de deux par jour. C'est pendant cette période qu'il découvre le magazine de science-fiction . Il a quatorze ans et commence à éprouver le besoin d'écrire.
En 1929, les conséquences de la Grande Dépression frappant très tôt au Canada, les affaires de la compagnie de son père périclitent. Celui-ci tente de se refaire à la bourse, mais perd ce qui lui reste. Alfred doit chercher un emploi, qu'il trouve au bureau du recensement à Ottawa en 1930.
Débuts littéraires En 1931, van Vogt s'initie à l'écriture en suivant des cours au . Il les aborde en autodidacte sérieux et enthousiaste. Ces cours proposent une méthode qui repose sur les principes de Gallishaw, que van Vogt appliquera pendant une bonne partie de sa vie littéraire.
Armé de ces principes de rédaction, van Vogt quitte son poste de fonctionnaire, qu'il occupait depuis environ un an, et retourne à Winnipeg en 1932. À ses débuts, il écrit des histoires romancées pour des magazines, surtout pour , et se spécialise dans la confession écrite, une forme de récit populaire à cette époque. Ayant peu de moyens financiers, il travaille à la bibliothèque municipale.
Il fréquente également un groupe d'écrivains, dont l'un des membres, Edna Mayne Hull, deviendra son épouse. Le père de cette dernière possède une bibliothèque de volumes qu'Alfred lit pendant que sa future épouse se maquille et s'habille. Ces livres lui donnent accès à un univers culturel plus sophistiqué, lui qui se nourrissait auparavant de magazines de mauvaise qualité.
En 1933, il s'inscrit à des cours d'écriture par correspondance du . Son formateur, après avoir lu l'une de ses histoires destinées à , l'incite à abandonner ce genre pour devenir un écrivain classique. Une année plus tard, van Vogt décide de s'investir dans un autre genre littéraire, mais se défend de le faire sur la suggestion du formateur. Il produit des pièces pour une station de radio, un métier mal payé selon ses affirmations. En 1936, par obligation financière, il devient aussi correspondant du groupe Maclean's. La combinaison des deux emplois est éprouvante pour lui.
Succès C'est en 1938 que van Vogt s'intéresse à la science-fiction. Il tombe par hasard sur un exemplaire du magazine À ne pas confondre avec . et lit la nouvelle Van Vogt y perçoit une telle impression de force qu'il décide de prendre contact avec John W. Campbell, l'éditeur du magazine. À la suite d'une réponse favorable de ce dernier, il commence à écrire pour . En , le magazine publie la nouvelle . Elle en fait une vedette instantanée et van Vogt devient l'un des écrivains majeurs de l'âge d'or de la science-fiction américaine.
Deux mois plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclate. Au contraire de plusieurs compatriotes, van Vogt ne peut faire partie de l'armée : il est trop myope. Le gouvernement canadien lui offre un poste au ministère de la Défense Nationale. Il hésite entre son devoir et la perspective de redevenir bureaucrate. Finalement, il accepte l'offre d'Ottawa et part en octobre en compagnie d'Edna Mayne Hull, qu'il a épousée en mai de la même année.
Malgré cet emploi, Alfred réussit à maintenir un certain niveau de production littéraire. Lorsqu'il rentre chez lui après son travail, il prend le repas que son épouse lui a préparé, se repose un peu, puis s'installe pour écrire jusqu’à 23 heures. Le samedi et le dimanche, il travaille moins tard, mais rédige quand même. C'est dans ces conditions qu'il écrit À la poursuite des Slans et différentes nouvelles qui font partie du cycle du Rull. En décembre de la même année, publie , qui reçoit encore un accueil enthousiaste.
Van Vogt, en rédigeant ses nouvelles, trahit les enseignements de Gallishaw. Il prend l'habitude, lorsqu'une idée lui vient, de l'introduire dans le texte, même si elle augmente le nombre d'intrigues. Si elle semble n'avoir aucun lien avec l'histoire en cours, il réfléchit au moyen de l'introduire et y parvient généralement.
C'est pendant cette période qu'il découvre la puissance des rêves et les utilise comme source d'inspiration.
À l'automne 1940, À la poursuite des Slans paraît en feuilleton dans et les lecteurs crient au chef-d'œuvre. Par contre, l'année 1941 est celle de Robert A. Heinlein. À ce moment-là, van Vogt ne produit presque plus. En effet, la guerre fait rage en Europe et le gouvernement canadien demande à ses employés de travailler de plus longues heures. Au début, il exige deux soirs par semaine, puis quatre, pour finalement réclamer le samedi et le dimanche. Les Portes de l'éternité, p.XXVIII.
Il demeure quelques mois à Farm Point, au Québec, un petit village francophone en plein bois. La guerre a drainé la population locale et, en conséquence, le prix des loyers est notablement plus bas qu'à Ottawa. Van Vogt écrit de onze à douze heures par jour, tous les jours de la semaine. C'est à ce moment que paraît La Balançoire, nouvelle qui commence le cycle des marchands d'armes. Grâce aux revenus des nouvelles qui paraissent dans , il part s'établir à Toronto.
Il y demeure deux ans, rédigeant deux romans et une quinzaine de nouvelles. Le seul destinataire de cette production est Campbell, qui les ventile entre et , un magazine de fantasy qu'il édite également. Cette boulimie provient de l'entrée en guerre des États-Unis à la fin de 1941, laquelle mobilise plus d'un écrivain de science-fiction.
Campbell publie une novelette ou une nouvelle de van Vogt par mois de mars à , d' à et de juillet à . En nombre de mots, la production de van Vogt s'établit ainsi : 1942 : 1943 : 1944 : .
L'année 1943 lui permet de bien vivre de sa plume. Van Vogt mentionne qu'il a reçu pendant cette année, ce qui représentait à peu près quatre fois le salaire annuel d'un fonctionnaire. Cependant, il ne peut maintenir ce rythme, comme le démontre sa production de l'année 1944. Pour augmenter les revenus familiaux, sa femme se met également à écrire des histoires de science-fiction et de fantasy.
Jusqu’à la fin de 1942 (, si nous considérons les publications), il continue le cycle du Rull et rédige les nouvelles qui feront partie de Quête sans fin. Cependant, il consacre l'essentiel de son temps au cycle des marchands d'armes, puisque paraît une novelette et un roman, (non traduit en français), qui sont finalement intégrés aux Armureries d'Isher. Ce roman est bientôt suivi des Fabricants d'armes, le deuxième roman du cycle des Marchands d'armes.
Après ce débordement d'effort créatif, van Vogt change de style : il produit un roman de fantasy : Le Livre de Ptath, il rédige des nouvelles qui feront partie de La Bête, et d'autres qui feront partie de Mission stellaire. Il continue à exploiter les filons de La Faune de l'espace et de Quête sans fin. Chemin faisant, il fait une découverte importante.