Bora-Bora (en tahitien : Pōpora « première née ») est une des îles Sous-le-Vent de l'archipel de la Société en Polynésie française. Elle est située à à l'ouest-nord-ouest de la capitale Papeete. On appelle aussi l'île (« créée par les dieux »).

Surnommée « la perle du Pacifique », elle est l'une des îles les plus visitées de Polynésie française. Elle abrite l'aéroport de Bora-Bora.

Géographie Points de repères vignette|gauche|Vue aérienne prise près de l'aéroport situé au Nord-Ouest de l'île. vignette|gauche|Lagon de Bora-Bora.

Bora-Bora se situe à à l'ouest-nord-ouest de Taha'a et à à l'est de Maupiti. À une distance de vers l'est-sud-est se trouvent les rivages de Tahiti. Cette île de l'archipel de la Société a des dimensions assez réduites : l'île principale ne mesure que du nord au sud et d'est en ouest ; la superficie totale de Bora-Bora, îlots compris, étant inférieure à ²Collectif Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, p. 83/84 (1982), ..

Le chef-lieu de l'île est Vaitape. L'atoll de Tupai est une dépendance administrative de Bora-Bora.

Bora-Bora est formé d'un volcan éteint, entouré par un lagon et une frange de récif partiellement exondé, ce qui fait de l'île un atoll surélevé. Son point culminant est le mont ʻOtemanu () situé au centre de l'atoll ; un autre sommet, le mont Pāhia, lui aussi situé sur l'île principale, atteint .

L'île principale est creusée de trois baies ouvertes sur le lagon : la baie de Faʻanui et la baie de Tuʻuraʻapuo ou baie Pōvai à l'ouest, et la baie Hitiaʻa au nord-ouest. La baie de Tuʻuraʻapuo sépare l'île principale de deux îlots de nature volcanique : Toʻopua et Toʻopua-iti.

Un collier de corail protège Bora-Bora comme une digue. Il s'agit d'un récif-barrière, qui ne présente qu'une ouverture sur l'océan : la passe de Teavanui, située à l'ouest de l'île principale, qui permet à la plupart des gros cargos d'entrer dans le lagon. Ils doivent, toutefois, rester dans un chenal car ailleurs l'eau est peu profonde. Le récif-barrière est par endroits très large, il dépasse deux kilomètres de longueur au sud-ouest de l'île. À l'est et au nord de l'île, le récif supporte une série d'îlots constitués de débris coralliens et de sable (ce genre d'îlot est appelé motu). C'est sur un motu situé au nord, le Motu Mute, qu'a été construit l'aéroport de Bora-Bora.

Climat Bora-Bora possède un climat tropical de mousson (Köppen: Am/Af), avec des températures moyennes se situant entre et , et la température de l'eau semble être dans les mêmes amplitudes thermiques.

La saison des pluies se situe entre novembre et avril avec une atmosphère lourde et quelques orages parfois violents qui donnent de fortes pluies. Ces pluies peuvent durer parfois plusieurs jours mais cela n'empêche pas de nombreux jours de soleil en cette pleine saison humide. Le taux d'humidité est souvent compris entre 75 % et 90 %, et atteint parfois 100 %. La saison sèche se situe entre avril et octobre avec un temps chaud et assez sec mais les alizés soufflent parfois fort. Les jours restent ensoleillés mais même si la saison sèche est présente, cela n'empêche pas l'apparition de quelques averses ou même orages en soirée.

En période de saison sèche, le taux d'humidité moyen reste entre 45 et 60 %, mais il arrive que ce taux s'élève spontanément pour atteindre 80 %, surtout en soirée lorsque la chaleur du sol reste élevée et dépasse un certain seuil. On retrouvera ces orages de « saison sèche » en soirée.

Bora-Bora ne compte que quelques jours d'orage par an, plus de 4 mois de pluies par an, et 56 jours de vents secs.

Relevé météorologique

Origine géologique Bora-Bora fait partie d'un ensemble d'îles volcaniques liées à l'activité d'un point chaudGéologie, géochimie et géochronologie de l'île de Bora Bora (Société, Polynésie française).. Il s'agit ici d'un volcan éteint, qui fut actif au Pliocène supérieur (entre 3,45 et 3,10 millions d'années), puis qui a subi un affaissement au moins partiel et une forte érosion sous un climat tropical chaud et humide. La baie de Tuʻuraʻapuo fut le cratère principal du volcan, dont la bordure sud-ouest, affaissée, ne subsiste plus qu'au niveau des îlots Toʻopua et Toʻopua-iti, qui culminent respectivement à et . Les roches volcaniques sont de type basaltiques (essentiellement des basaltes alcalins et quelques trachy-basaltes, ainsi que quelques intrusions de gabbro, surtout au niveau de l'îlot Toʻopua). Elles proviennent très majoritairement de coulées, les épisodes explosifs ayant été très raresBlais S., Guille G., Guillou H., Chauvel C., Maury R., Caroff M. (2000) Géologie, géochimie et géochronologie de l'île de Bora-Bora (Société, Polynésie française) Comptes rendus de l'Académie des sciences, Série 2 Sciences de la terre et des planètes vol. 331, no9, , Elsevier, Paris. .

Histoire

vignette|Royaume de Bora Bora, dans le Pacifique (îles de la Société). L'île portait autrefois le nom de Vavau. Elle fut découverte par des navigateurs Austronésiens au cours du premier millénaire après J.C. La première mention de l’île en Europe vient du navigateur Jakob Roggeveen en 1722 ; Cook y débarqua en 1769 et a rapporté qu'elle était nommée Bora-Bora (en fait Pora Pora), nom qui signifie peut-être « né en premier », allusion au fait que le dieu Taʻaroa l'aurait créée immédiatement après Raʻiātea.

L'histoire de Bora-Bora est marquée par les guerres entre les différents clans de l'île ou contre les îles voisines. En 1820, les missionnaires protestants débarquent sur l'île et le premier temple est ouvert en 1822. C'est en 1888 que Bora-Bora et toutes îles Sous-le-Vent furent annexées par la France.

Autre fait important de l'histoire contemporaine de Bora-Bora, la présence entre 1942 et 1946 des troupes américaines dans le cadre de l'opération Bobcat a laissé sur l'île de nombreux vestiges comme des batteries anti-aérienne, des blockhaus, mais surtout la piste d'atterrissage qui fut la toute première de Polynésie et fut restée longtemps la plus longue..

Peuplement Mythe Selon les traditions orales, la création de Bora-Bora, alors nommée Vavau, est liée à une grande pierre taillée en forme de tortue, nommée ʻŌfaʻi-Honu, et encore visible aujourd’hui sur l’île. Selon les légendes recueillies par Kenneth Emory, cette pierre tortue serait l’ancêtre mythique de l’île et de ses chefsJosé Garanger et Claude Robineau, Bora-Bora, nouvelles éditions latines, 1977.

Toujours selon l'histoire orale, le premier grand guerrier connu de Bora-Bora est Firiamata-o-Vavau. Ce serait à sa naissance qu’aurait été construit le célèbre marae de Vaiotaha« Bora-Bora, centre politique » dans José Garanger (dir.), Encyclopédie de La Polynésie, Vol. 4, A la recherche des anciens polynésiens . Firiamata-o-Vavau épousa la princesse héritière de Havaiʻi (Raʻiātea), Tetuamatatini ʻi Vaearaʻi. Ainsi, dès les origines, les deux dynasties de Raʻiāea et de Bora-Bora s'unirent par les liens du mariage ; elles devaient continuer à régner sur ces îles et plus tard sur Tahiti. Grand navigateur, Firiamata-ʻo-Vavau s'allia également avec d'autres îles polynésiennes : Rarotonga aux îles Cook, la Nouvelle-Zélande et Nukualofa aux îles Tonga. Par ailleurs, Firiamata-ʻo-Vavau serait également l'ancêtre du puissant clan Teva à Tahiti, puisque la famille Teva aurait été créée par l'union d'un fils de Firiamata-ʻo-Vavau et d'une femme de Papeari.

Bora-Bora aux temps anciens : puissance religieuse et guerrière vignette|Vestiges d'un marae de Bora-Bora. L’histoire de Bora-Bora est marquée par la rivalité de deux clans, le premier situé vers Faanui, qui regroupe les familles rattachées au marae Farerua, et le second qui regroupe les familles de Nunue et Anau autour du marae Vaiotaha. Le marae de Vaiotaha fut d’ailleurs pendant longtemps l’un des plus importants marae polynésiens.

À ce titre, Bora-Bora est d’ailleurs également marquée par la rivalité avec Raiatea pour l’obtention du pouvoir religieux. Jusqu’à une certaine époque, on distingue un certain parallélisme des institutions entre Bora-Bora et Raʻiātea, qui laisse à penser que les deux îles exercent conjointement le pouvoir religieux et politique sur les autres îles Sous-le-Vent. Cependant, c’est Raʻiātea qui finit par devenir le centre du pouvoir religieux, au détriment de Bora-Bora. Mais l’île de Bora-Bora conserve un pouvoir guerrier particulièrement puissant, qui s’exprime à la fois dans des guerres intestines et dans des guerres avec les îles rivales.

Au émerge un grand chef, Puni (Teihotu Matarua), qui réussit à dominer les autres clans de l’île. Il s’allie ensuite à (Taha'a) et parvient à dominer Raiatea, Tahaa et Maupiti. En 1769, lorsque James Cook débarque à Tahaa et Raʻiātea, les îles sont déjà sous la domination de Puni. À la mort de Puni, son neveu, Tapoa I, chef suprême de Bora-Bora, Raʻiātea et Tahaa, s’installe à Raʻiātea, laissant ainsi le pouvoir local aux chefs Mai et Tefaʻaora, originaires de Nunue et Anau, et rattachés au Marae de Vaiotaha.

La première mention attestée de l’île est faite par l'explorateur néerlandais Jakob Roggeveen en 1722Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, , disponible sur Google Livres.. James Cook la signale en 1769 et y débarque en 1777.

Indépendance au milieu des appétits coloniaux franco-britanniques vignette|Drapeau du royaume de Bora-Bora. vignette|, roi de Bora-Bora. Dessin de H. B. Martin.

Tandis qu'à Tahiti, la fin du et le début du sont marqués par les visées missionnaires et coloniales de la France et de l'Angleterre, Bora-Bora restera pendant longtemps relativement préservée des luttes de pouvoir des deux puissances européennes. Leur influence se fait cependant sentir, notamment au travers de l'évangélisation de l'île.

Dans les années 1810, le chef Mai et 262 guerriers se joignent à Pomare II dans sa lutte contre le clan Teva. En 1815, la bataille de Feʻi Pi à Punaauia (sur l'île de Tahiti) marque la victoire du parti protestant (Pomare II s’étant converti en 1812) contre le parti traditionaliste. Le christianisme devient ainsi la religion des vainqueurs« La conversion des îles Sous-le-Vent au protestantisme » dans Pierre-Yves Toullelan (dir.), Encyclopédie de La Polynésie, Vol. 6, La Polynésie s'ouvre au monde 1769-1842 , et à leur retour à Bora-Bora en 1816, les guerriers partagent leur connaissance de cette nouvelle religion avec le reste de la population. Le succès est tel qu’en 1818, les habitants réclament aux missionnaires de Moorea et de Huahine des livres et des pasteurs pour l’île. Le révérend Orsmond y vient pour la première fois la même année, et s’installe à Bora-Bora en 1820.

Le , Tamatoa III, chef de Raʻiātea, met en place un code d’obédience missionnaire composé de 25 articles qui s’inspirent du code de Tahiti (le code Pomare) et prévoient les modes d’applications de la justice. La même année, le chef Maʻi introduit ce code des lois à Bora-Bora et l’étend à Maupiti. En 1822, l’église de Bora-Bora est inaugurée à Vaitape, sur le district de Nunue.