L'Aveu est un film franco-italien réalisé par Costa-Gavras, sorti en 1970.

Il est adapté du livre du même nom d'Artur London.

Synopsis

En à Prague, Artur London, dit Gérard, un haut responsable du régime communiste tchécoslovaque, se retrouve accusé d'espionnage au profit des États-Unis. Tout est fait pour lui extorquer des aveux de crimes qu'il n'a pas commis.

Brisé par la torture et les privations , il finit par avouer au tribunal des crimes qu'il n'a pas commis, récitant un texte d'aveux que ses geôliers lui ont fait apprendre par cœur. On veut notamment l'obliger à se dire partisan de Tito, dirigeant communiste yougoslave ou de Trotski, tous deux étant des ennemis notoires de Staline.

Après sa réhabilitation en 1956, Gérard émigre en France et, s'il condamne le stalinisme, reste fidèle à l'idéal communiste de sa jeunesse. Mais il se rend compte que, même après la mort de Staline, l'URSS et les démocraties populaires ne sont pas aussi libres qu'il l'imaginait et qu'il le voulait. Revenant en Tchécoslovaquie à l'occasion du Printemps de Prague, il assiste le jour même de son arrivée à l'invasion du pays par les forces du pacte de Varsovie.

Fiche technique Titre original : L'Aveu Titre anglophone : The Confession Réalisation : Costa-Gavras Assistant-réalisateur : Alain Corneau Scénario : Jorge Semprún, d'après l’œuvre d'Artur London Photographie : Raoul Coutard Cadreur : Georges Liron Montage : Françoise Bonnot Musique : Giovanni Fusco Photographe de plateau : Yves Mirkine Producteurs : Robert Dorfmann, Bertrand Javal Sociétés de production : Films Pomereu, avec la participation des Films Corona, Produzione Intercontinentale Cinematografica, Fono Roma et Selenia Cinematografica Distribution : Valoria Films (France) Pays de production : , Format : 35 mm - couleur - Ratio : 1,66:1 Genre : drame, film politique, thriller Durée : (2 h 20) Dates de sortie : France : Affiche : René Ferracci (France)

Distribution

Yves Montand : Gérard Simone Signoret : Lise Michel Vitold : Bohumil Smola Gabriele Ferzetti : Vladimír Kohoutek Jean Bouise : Karel Berger Marcel Cuvelier : Gérard Darrieu : un référent Gilles Segal : un référent Henri Marteau : un référent Jean Lescot : un référent Michel Beaune : l'avocat Jaroslav Růžička Jacques Rispal : l'ancien secrétaire Michel Robin : le procureur général Georges Aubert : Tonda Marc Bonseignour : ? Thierry Bosc : Rudolf Slánský André Cellier : Bertrand Monique Chaumette : René Křížkovská Jean-Paul Cisife : ? Pierre Decazes : l'officier de la perquisition Pierre Delaval : ?

Jacques Emin : ? Marc Eyraud : un politique Jean-François Gobbi : un référent Maurice Jacquemont : William Jacques : André Simone Jean-Pierre Janic : ? Patrick Lancelot : l'interrogateur Guy Mairesse : le médecin François Marthouret : un policier Pierre Moncorbier : le président de la cour Jaroslav Novák Charles Moulin : Umberto Raho : Paul Savatier : un ami politique László Szabó : un référent Claude Vernier : Nicole Vervil : Pierre Vielhescaze : Wagner Antoine Vitez : Jean Jacques Marbeuf : un assesseur

Production Genèse et développement C'est lors du montage du film Z, au cours du dîner de Noël, que Claude Lanzmann parle à Costa-Gavras de Lise et d'Artur London, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, un des trois rescapés des procès de Prague. Ces procès, dont l'un des accusés est Rudolf Slánský, ancien du du Parti communiste tchécoslovaque, s'étaient tenus en .

Beaucoup d'intellectuels de sa génération s'étaient enthousiasmés pour le communisme parce qu'il leur semblait ouvrir des perspectives formidables, jusqu'à ce que, peu à peu, il y ait une prise de conscience des déviances du Stalinisme..

Yves Montand, ancien compagnon de route du parti communiste, adhère aussi au projet et les financements se débloquent grâce au succès de Z.

Tournage Le tournage du film s'est déroulé du au dans le département du Nord, dans le Pas-de-Calais, en Seine-Saint-Denis, dans les Alpes-Maritimes, à Lille, à Roubaix, à Arras à Théoule-sur-Mer et à Cannes. Il s'effectue dans la quasi continuité de l'action. Yves Montand maigrit de dix-sept kilos, afin de bien montrer à l'écran les effets produits par les mauvais traitements qu'avaient subi les accusés de ce procès truqué. Il déclare notamment : Paris Match, du 21 novembre 1991, 63..

De nombreuses scènes furent tournées à Lille notamment sur les escaliers de la chambre de commerce et d'industrie ou à la Porte de Paris. La scène des aveux se passe à l'hospice général (devenu l'IAE). La nouvelle bourse de Lille représente un ministère à Prague. Lors de la sortie de Gérard (Yves Montand) de cette administration, on aperçoit une rame ancienne du tramway Mongy.

Les déplacements en voiture (Tatra et Citroën traction) se déroulèrent dans des rues de Roubaix « Tournage de "L'Aveu" à Lille », extrait de l'émission Panorama (ORTF) du 27 novembre 1969, sur le site INA.fr (consulté le 2 juillet 2018)..

D'autres scènes sont réalisées à Croix et Tourcoing (parc Clémenceau).

La rencontre entre Gérard (Yves Montand) et son ancien geôlier, Vladimír Kohoutek (Gabriele Ferzetti), a lieu sur la Grand-Place d'Arras.

Adaptation Le film est une adaptation du livre éponyme d'Artur et Lise London, paru en France en . L’arrivée au pouvoir d’Alexandre Dubcek en Tchécoslovaquie et le début du Printemps de Prague en 1968 les décidèrent à se lancer dans sa rédaction, qui prit seulement cinq mois, grâce à des documents ramenés de Prague par Lise London. Une édition circula confidentiellement en Tchécoslovaquie à quelques milliers d'exemplaires à partir d’, alors que la sortie en en France, aux Editions Gallimard « constitua un événement éditorial et remporta un énorme succès », déclenchant « une véritable « affaire London » » dans « le contexte de la « normalisation » imposée en Tchécoslovaquie par Leonid Brejnev », selon l'historien et biographe d'Artur London Marc GiovaninettiBiographie Le Maitron d'Arthur London .

Accueil En France Avec ce film, Costa-Gavras est accusé d'attaquer la gauche, après avoir été accusé d'attaquer la droite avec le film Z. Costa-Gavras répond qu'il ne voulait que dénoncer les totalitarismes. Par la suite, une partie du public ne lui pardonne pas d'avoir levé le voile sur le stalinisme et l'évite ostensiblement.

Le Parti communiste français (PCF), récemment arrivé en tête des élections cantonales, l'accuse d'avoir fait . Néanmoins, L'Aveu, sorti en , connaît un succès considérable et devient un véritable phénomène politique et culturel, bouleversant son époque. Le film réunit en effet en France plus de deux millions de spectateurs. En , Jean Kanapa, théoricien de la prise de distance du PCF avec Moscou, déclare après une projection du film que celui-ci et plaide l'ignorance. Yves Montand ne le croit pas et a plusieurs mots durs à son égard, tandis que Simone Signoret et Chris Marker (auteur d'un documentaire sur le tournage de L'Aveu) veulent voir dans ses propos un signe de changement de la part du PCF. Ils se trompent. En 1977, Georges Marchais, secrétaire général du PCF, persiste et signe : .

Ailleurs dans le monde Vincent Canby du New York Times considère que L'Aveu n'est pas un meilleur film que Z. Cependant, il le considère comme et donc . Il le qualifie de . Roger Ebert écrit quant à lui : . Concernant l'orientation idéologique du film, il précise que . Pauline Kael du New Yorker voit pour sa part dans le film une .

Distinctions Le film reçoit notamment en 1971 une nomination pour le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. Il est également nommé aux United Nations Awards lors des British Academy Film Awards 1971.

Autour du film Au début des années 1970, le poids de l'idéologie communiste est énorme ; le Parti communiste français est encore le premier parti de gauche en France et la ligne politique du parti est encore marquée par le stalinisme. Costa-Gavras racontera par la suite qu'il a subi de nombreuses pressions, plusieurs techniciens ou acteurs du film lui enjoignant de ne pas faire celui-ci : . Le film se termine sur un plan montrant un groupe de cinq personnes (une sixième montant la garde) en train d'écrire à la peinture sur un mur : . Ce slogan était répandu à Prague lors de la répression du printemps de Prague en . Lors de sa sortie, L'Aveu était précédé par le court-métrage animé Le Diamant de Paul Grimault. Lorsqu'Artur arrive en prison au début du film, il se remémore des souvenirs de la révolution russe et de la Seconde Guerre mondiale sous forme d'images d'archives. Le directeur de la photographie du film, Raoul Coutard, fait un caméo dedans en tant que cameraman filmant le procès de Prague. Lors du printemps de Prague, une coproduction franco-tchécoslovaque avait été envisagée, que les événements ultérieurs (invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du pacte de Varsovie) rendirent impossible. En 1981, peu après l'arrivée de la gauche au pouvoir, Yves Montand et Artur London se rencontrèrent à la Maison de la Mutualité à Paris pour se dire .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Procès de Moscou Procès de Prague Printemps de Prague 1984 Le Diamant Le Bilan

Liens externes

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