Rosa (les rosiers et les églantiers) est un genre de plantes à fleurs de la famille des Rosacées, originaires des régions tempérées et subtropicales de l'hémisphère nord. Ce sont des arbustes et arbrisseaux sarmenteux et épineux. Suivant les avis souvent divers des botanistes, le genre Rosa comprend de qui s'hybrident facilement entre elles.

Le terme « églantier » désigne les espèces à l'état sauvage, généralement à fleurs simples, alors que le terme « rosier » désigne les cultivars, c'est-à-dire les sélections d'églantiers mises en place par les horticulteurs.

Plusieurs espèces et de nombreux cultivars, issus de mutations ou de croisements, sont cultivés comme plantes ornementales pour leurs fleurs, les roses. Celles-ci constituent la plus importante catégorie des fleurs coupées, vendues chez les fleuristes., mais les rosiers sont aussi cultivés pour la production d'essence de parfumerie.

Botanique Caractéristiques générales vignette|gauche|Aiguillons (Rosa canina). vignette|gauche|Feuille à sept folioles dentées (Rosa eglanteria). vignette|gauche|Coupe schématique d'une fleur de Rosa canina. vignette|gauche|Diagramme floral de Rosa tomentosa. vignette|gauche|Cynorrhodon. vignette|gauche|L'églantine, fleur de l'églantier. vignette|gauche|Fruits de Rosa rugosa. Les plantes du genre Rosa sont des arbustes ou de petits arbrisseaux épineux au port dressé, atteignant en général deux à cinq mètres de haut. Rosa ×odorata nothovar. gigantea peut toutefois atteindre de haut dans son aire d'origine (Birmanie) et en culture en climat tempéré, tandis que des espèces naines, telle Rosa minutifolia ne dépassent pas les de haut.

La principale modification observée chez les rosiers cultivés est la multiplication des pétales, qui sont en fait des étamines transformées.

Tiges Elles forment des tiges aériennes arquées, portant des aiguillons (ainsi que parfois les pétioles des feuilles). Ces aiguillons sont des excroissances de l'épiderme et finissent par tomber sur les tiges les plus âgées.

La souche émet chaque année de nouvelles tiges. Certaines espèces sont très drageonnantes, telle Rosa rugosa, qui tend à former de véritables fourrés.

Feuilles Les feuilles sont alternes, caduques (parfois persistantes), composées (à folioles opposées), imparipennées (avec une foliole terminale), présentant le plus souvent de sept à dix folioles au limbe elliptique acuminé, au bord denté. Elles sont munies de stipules à la base du pétiole. Ces stipules sont des appendices foliacés qui sont le plus souvent « adnés », c'est-à-dire adhèrent au pétiole sur leur longueur, et parfois libres, rarement absents. Leur forme est variable selon les espèces : entière, dentée, pectinée ou lobée.

Fleurs Les fleurs à la corolle de couleur voyante, rose, rouge, jaune mais aussi blanche, sont groupées en corymbes de quelques fleurs, parfois réduites à une fleur isolée. Le réceptacle floral prend la forme d'un hypanthe, espèce d'urne qui contient les carpelles, dont les styles émergent par l'ouverture centrale resserrée, et porte à son sommet les autres pièces florales. Ce sont des fleurs simples, actinomorphes, en général de symétrie pentamère :

Le calice dialysépale est composé de cinq pièces de couleur verte. Les sépales peuvent être simples ou de forme plus complexe, lobés latéralement ;

La corolle dialypétale, à symétrie radiale, comprend en règle générale cinq pétales réguliers, caducs, à onglet étroit et au limbe étalé souvent échancré en forme de cœur. Rosa sericea et Rosa omeiensis, deux espèces chinoises apparentées, qui n'ont que quatre sépales et quatre pétales constituent une exceptionRosa sericea sur le site Flora of ChinaRosa omeiensis sur le site Flora of China. La corolle peut être « double » ou « pleine » par transformation d'étamines en pétales, du fait de mutations spontanées, conservées par sélection dans les formes cultivées ;

L'androcée est composé de très nombreuses étamines disposées en verticilles concentriques, généralement en nombre multiple de celui des pétales (x 5) ;

Le gynécée est formé de pistils séparés (polycarpe) et comprend de nombreux carpelles uniovulaires et libres (apocarpique). Les carpelles sont couverts de poils et portent un long style qui se termine par des stigmates ouverts au niveau des étamines au centre de la fleur. Les styles sont libres, sauf chez les espèces de la section des Synstyleae dont les styles sont soudés en une colonne qui émerge de façon proéminente au centre de la fleur. Chaque carpelle contient un unique ovule anatrope pendantGuy Deysson, Organisation et classification des plantes vasculaires, : systématique , SEDES, Paris, 1979, ISBN, 2-7181-3414-X, .. Les nectaires attirent les insectes et favorisent la pollinisation, principalement entomophile.

Fruits vignette|Étude de fruits d'églantier, début du 20e siècle, Henri Bergé, Musée de l'École de Nancy. À maturité, ce réceptacle se transforme en un faux-fruit charnu, le cynorhodon ou cynorrhodon (également appelé gousson), souvent surmonté par les sépales desséchés. Le cynorhodon est arrondi, ovale ou piriforme, en général de couleur rouge ou rouge orangé, mais peut parfois être plus sombre, pourpre foncé à noir, comme chez Rosa pimpinellifolia. Il contient de nombreux akènes, fruits secs indéhiscents contenant une seule graine issus de la transformation des carpelles.

Chez de nombreuses espèces, en particulier Rosa canina (l'églantier) et Rosa rugosa (le rosier rugueux), les cynorrhodons sont très riches en vitamine C, dont ils sont l'une des sources végétales parmi les plus riches. Ces fruits sont consommés par les oiseaux frugivores tels que les grives et les jaseurs, qui contribuent ainsi à la dispersion des graines. Certains oiseaux granivores, comme les pinsons, consomment aussi les graines. Plus anecdotiquement, le cynorhodon fournit le poil à gratter, il est ainsi vulgairement appelé gratte-cul.

Biologie Les rosiers sont des plantes ligneuses pérennes qui peuvent survivre facilement plusieurs dizaines d'années, même si en culture il est fréquent de devoir les renouveler au bout d'une quinzaine d'annéesla collection de roses - Lyon. Cependant, l'églantier de Hildesheim (Allemagne) passe pour être le plus vieux rosier du monde. Cet églantier qui a survécu aux bombardements de 1945 aurait plus de ( attestés par les chroniques), mais son âge réel n'est pas connu avec certitude.

Origine et distribution Les plantes du genre Rosa sont originaires des régions tempérées et subtropicales de tout l'hémisphère nord. On les trouve aussi bien dans le nouveau monde que dans l'ancien, où l'on peut distinguer deux grandes aires de répartition, l'Europe et le bassin méditerranéen d'une part, l'Extrême-Orient d'autre part. La zone de plus grande biodiversité pour ce genre est la Chine où se trouvent dont 65 endémiquesRosa sur Flora of China.. L'espèce la plus nordique est Rosa acicularis que l'on trouve notamment dans la forêt boréale et dont l'aire de répartition atteint le cercle polaire.

Ces plantes sont apparues il y a plus d'une quarantaine de millions d'années (Oligocène)Pelt, Mazoyer, Monod, Girardon, La plus belle histoire des plantes, Le Seuil, , page 153. ce qui est attesté par exemple par la présence de fossiles d’une espèce proche de Rosa nutkana trouvés dans l’Oregon (États-Unis)Des églantiers et des roses, Marie-France Tarbouriech, Conservatoire botanique national alpin, Domaine de Charance.

La répartition des différentes sections du genre Rosa n'est pas homogène. Celle qui a la plus vaste distribution est la section des Cinnamomeae : elle est présente dans les trois continents (Asie, Europe, Amérique) sauf dans l'extrême ouest de l'Europe. C'est aussi celle qui présente la plus grande variabilité et à ce titre a probablement eu un rôle central dans l'évolution du genreGenetic Diversity in Rosa as Revealed by RAPDs..

Les espèces les plus anciennes seraient Rosa beggeriana, Rosa berberifolia (Rosa simplicifolia, jaune d'or) et Rosa spinossissima. C'est de Rosa beggeriana qu'auraient dérivé Rosa canina, Rosa acicularis et sa variété fille Rosa alpina qui sont elles-mêmes très anciennes. Rosa beggeriana et Rosa berberifolia cohabitent toujours dans le Xinjiang en ChineGeorges Delbard, Le grand livre de la rose, éd. G. Delbard, , page 21..

Les espèces indigènes d'Europe sont, dans l'état actuel de nos connaissances, Rosa canina, Rosa rubiginosa, Rosa villosa, Rosa arvensis et Rosa pimpinellifolia ‘spinosissima’Peter Beales, Roses, éd. du Chêne, .

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Les espèces les plus récentes, les plus évoluées avec leurs styles soudés en colonne, sont celles de la section des SynstylaeL'évolution du genre Rosa. Toutefois, d'un point de vue phylogénétique, cette section, dont la distribution se caractérise par des aires disjointes en Asie, en Europe et en Amérique du Nord, pourrait regrouper artificiellement des formes spécialisées d'autres sectionsGenetic Diversity in Rosa as Revealed by RAPDs, Cf. conclusion..

Notes sur la génétique de quelques espèces du genre Rosa Comme chez toutes les plantes de la sous-famille des Rosoideae, le nombre chromosomique de base est 7Judd, Campbell, Kellogg, Stevens, Botanique systématique, éditions De Boeck Université, Bruxelles 2002, , ., cependant le niveau de ploïdie varie de 14 à 56 Étude des potentialités d’hybridation entre rosiers sauvages et cultivés, S. Ricci, Institut méditerranéen d'écologie et de paléoécologie.

En raison de leur origine hybride, la majorité des rosiers modernes, dont les hybrides de thé et les floribundas, sont triploïdes ou tétraploïdesYan et Junyu, 1995, alors que les rosiers miniatures sont diploïdes, triploïdes ou tétraploïdes et que les polyanthas sont diploïdesYokoya et al., 2000. La majorité des rosiers tétraploïdes et hexaploïdes sont des allopolyploïdesNybom et al. (2005) et le matériel génétique se distribue uniformément dans les cellules filles lors de la méiose, ce qui fait que les plants sont fertiles Thèse : Potentiel d'hybridation de 8 cultivars de rosiers et transmission de la coloration des pétales chez leurs descendants. Caroline Lafond - 2009.

Parmi les diploïdes (), on trouveSpecies and Groups Ploidy List par David Neumeyer. Rosa arvensis, Rosa banksiae, Rosa blanda, Rosa bracteata, Rosa brunonii, Rosa chinensisToutefois certains hybrides ont 21 ou 28 chromosomes., Rosa filipes, Rosa foliolosa, Rosa hugonis, Rosa laevigata, Rosa moschata, Rosa multiflora, Rosa nitida, Rosa odorata, Rosa palustris, Rosa roxburghii, Rosa rugosaCertains hybrides de Rosa rugosa sont triploïdes., Rosa setigera, Rosa wichuraianaDe nombreuses formes grimpantes de Rosa wichuraiana sont triploïdes., Rosa woodsii, Rosa xanthina, ainsi que les espèces de la section des Synstylae.

Parmi les polyploïdes, sont triploïdes (), certains hybrides de rosiers musqués et le rosier de Bourbon original ; sont tétraploïdes () : Rosa arkansana, Rosa carolina, Rosa centifolia, Rosa damascena, Rosa davidii, Rosa foetida, Rosa gallica, Rosa kordesii, Rosa laxa, Rosa pomifera, Rosa rubrifolia, Rosa spinosissima, Rosa suffulta, Rosa virginiana ; sont pentaploïdes (35 chromosomes) : la plupart des espèces de la section des Caninae (Rosa agrestis, Rosa canina, Rosa elliptica, Rosa micrantha, Rosa montana, Rosa rubiginosa, Rosa sicula, Rosa tomentosa), mais certaines sont hexaploïdes ; sont hexaploïdes () : Rosa alba, Rosa nutkana.

Chez certaines espèces complexes, on trouve différents niveaux de ploïdie : 14, 28, 42 ou 56 (octoploïde) chromosomes chez Rosa acicularis, 14 ou 28 chromosomes chez Rosa californica et Rosa cinnamomea. 28 ou 42 chromosomes chez Rosa moyesii, 35 ou 42 chromosomes chez Rosa eglanteria.