L'histoire de l'Irak commence avec la Mésopotamie (voir cet article pour l'histoire antique). La région abrite quelques-unes des plus anciennes civilisations du monde : Sumer, Assyrie, Babylone.

vignette|Taureau androcéphale ailé gardien du palais de Sargon , en Assyrie (Perse),

Les vallées du Tigre et de l'Euphrate appartiennent ensuite à une succession d'empires qui lui sont étrangers : empires perse achéménide, grec (Alexandre le Grand suivi des Séleucides), Parthes, Sassanides. À l'époque pré-islamique, cette région porte le nom de Khvarvaran, qui est une des provinces de l'empire Sassanide.

Conquis par les Arabes sous les Omeyyades, l'Irak est, un temps, le centre du monde musulman sous les Abbassides.

L'Irak redevient ensuite un champ de bataille entre les empires du Moyen-Orient, jusqu'à la conquête britannique en 1918, qui en fait un État souverain sous mandat anglais.

Irak préislamique christianisé (30-638) À l'époque pré-islamique, la région, un temps province de l'empire Sassanide, porte le nom de Khvarvaran. Le nom d’Irak dérive du terme persan Erak (bas-Iran).

Le christianisme primitif, autre religion du Livre (Bible chrétienne, Ancien Testament, Nouveau Testament) se développe, en diverses langues (hébreu, araméen, grec, etc.), en partie par les communautés juives, dont une des premières visées est celle de Damas, alors forte d’environ . Le christianisme dans le monde romain, minoritaire (40), interdit (112), vivement critiqué (Discours véritable (178) et plus tard encore, en 362, Contre les Galiléens), pourchassé, persécuté, puis toléré (édit de Milan (313)), édit de Thessalonique (380)), puis à peu près religion d'État, est sans doute minoritaire, au moins en Irak, dès le . La région, suffisamment loin des centres romains de décision (et de persécution), sert de refuge aux minorités.

Il existe des récits, avérés ou non, de l’évangélisation et de la conversion de la Mésopotamie à l’âge apostolique, par Thaddée d'Édesse (mort vers 50), Simon le Cananéen (mort vers 65), Bar-Tolmay, Thomas (apôtre) (mort en 72)… Erbil a son premier évêque chrétien en 104. Nadjaf a une zone de cimetière chrétien. Anbar (Falloujah) a son évêché. En haute Mésopotamie, dans la région de Mossoul, le christianisme s’implante : Monastère Mor Mattay (363), Monastère Saint-Élie de Mossoul (582-590), Monastère Saint-Jean-de-Dailam, Isaac de Ninive (640-700), jeûne de Ninive. La ville de Bakhdida (Qaraqoch), globalement assyrienne encore en 2000, se partage entre Église catholique syriaque et Église syriaque orthodoxe.

L’expansion du christianisme est plus large. L’Arménie voisine, avec (vers 240-326), se convertit en 300-313, avec catholicossat de tous les Arméniens (301) La Géorgie voisine se convertit en 317, avec église orthodoxe géorgienne (devenue autocéphale en 484). Après 313, les persécutions anti-chrétiennes en Perse contre cette minorité réputée subversive et déloyale, manifestent une présence chrétienne militante et motivent en partie des mouvements religieux dont le christianisme oriental, particulièrement le nestorianisme (Nestorius, (381-451)), vite présent sur les routes commerciales maritimes (golfe Persique, océan Indien) et caravanières, diffusant le christianisme nestorien, tout comme ces routes servent aussi à propager bouddhisme et islam.

Parmi les églises catholiques orientales et courants, sectes, schismes : église apostolique assyrienne de l'Orient (310, autonome en 424 ou 431), avec siège du catholicos (patriarche/cardinal) à Erbil : Papa bar Aggai (-327), premier évêque à Ctésiphon- Séleucie du Tigre, concile de Séleucie-Ctésiphon (410), synode de Markabta (424), transfert du catholicossat à Bagdad en 78, ancienne Église de l'Orient, avec siège à Bagdad, diocèse d'Antioche (ou diocèse d’Orient, 330- vers 638), église syriaque orthodoxe : maphrianat de l'Orient (629-1859, avec siège à Tikrit puis Mossoul), arianisme, Arius (prêtre) (250-336) chalcédonisme, docétisme, ébionisme, monophysisme (miaphysisme), nestorianisme ( Rabban Bar Sauma (1225-1294), (1244-1317)), Melchites, Elkasaïtes, Jacobites, Nazôréens (secte)...

Dans la région (particulièrement en survie difficile en Tur Abdin, province de Mardin (Turquie)), la littérature syriaque (en néo-araméen) atteste d’une recherche idéologique, spirituelle et théologique. Les actuelles Église syriaque orthodoxe (Jacobites, dont Dionysius Bar Salibi (?-1171)) et Église catholique chaldéenne (chaldéens), par exemple, en témoignent encore.

Parmi les papes d’origine proche-orientale : Anicet, pape (~155-166~), Jean V, (685-686), Serge , (687-701) Sisinnius (708), Constantin, (708-715), , (731-741).

Parmi les auteurs religieux chrétiens, de langue syriaque ou grecque : Ignace d'Antioche, Jean Mansûr (Saint Jean Damascène), (654-750), mais aussi théologiens nestoriens, liste des primats de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient, école théologique d'Édesse, école théologique de Nisibe...

Autres personnages syro-irakiens célèbres de cette époque : empereurs romains d’origine syrienne : Élagabal (218-222), Sévère Alexandre (222-235), Philippe l'Arabe (244-249), mais aussi Apollodore de Damas (50-129, architecte de l'empereur Trajan), Julia Domna (deuxième épouse de l'empereur romain Septime Sévère), Septimia Bathzabbai Zénobie (reine de Palmyre de 267 à 272), Libanios (314-393, rhéteur)...

La littérature reconnue est surtout (latine ou) grecque. Les ouvrages (en grec) de Flavius Josèphe, l’historiographe romain juif d'origine judéenne du , fournissent un éclairage nécessaire sur la période en proche Judée romaine.

Le judaïsme sous toutes ses formes se maintient en Syrie-Jordanie-Irak : judéo-christianisme, sabéisme, Sadducéens , Samaritains (au moins jusqu’aux révoltes samaritaines), et autres Minim. Le rabbin navarrais (basque) Benjamin de Tudèle (1130-1173), désireux de visiter la totalité des communautés juives dans le monde, voyage vers 1165-1170, visite la Mésopotamie, et les communautés de Bagdad, Bassorah, Mossoul, Soura (Babylonie) et Suse (Iran).

Les cultes païens, araméens, arabes, ou autres, ne sont pas pour autant remplacés par la foi chrétienne, toutes tendances confondues du christianisme primitif. La réalité paraît plus complexe : paganisme, superstition et syncrétisme dans un Empire chrétien, puisqu’aussi bien la région est en marge, et en contact avec des populations et des empires autrement pressants. Pour l’époque, dans la région proche-orientale, coexistent, sans doute de manière conflictuelle, le zoroastrisme, à peu près religion officielle en Perse de -900 à +651 (et dans ses marges), le manichéisme (du prophète Mani (216-277)), le gnosticisme (), les cultes à mystères, dont culte de Mithra, Glycon, Dolichène et autres cultes.

Les échanges commerciaux entre la Rome antique et l'Inde et la Chine, par routes commerciales caravanières et maritimes, passent par le Proche Orient, et l’Irak, par les ports du golfe Persique, et vers les ports du Levant, de Gaza à Antioche.

Au sud du Proche-Orient, prospèrent deux royaumes arabes chrétiens rivaux, les Ghassanides (220-638, en Syrie-Jordanie, alliés des Byzantins, avec pour capitale (Jabiyah (Golan)), et les Lakhmides (300-602, en Basse-Mésopotamie, Characène (Khouzistan, Arabistan, Chatt-el-Arab) et un temps le nord-ouest du golfe Persique (probablement Koweït, Bahreïn, Qatif, Gerrha), alliés et vassaux des Perses Sassanides, avec pour capitale Al-Hira). Après la division de l'Empire romain, la Syrie-Irak est rattachée à l'empire romain d'orient en 395. L’Empire byzantin (330-1453), c’est les guerres perso-byzantines (502-628), mais aussi l’art byzantin, la littérature byzantine, les science et technologie byzantines.

Ces précisions sont importantes, dans la mesure où toute une richesse culturelle, chrétienne ou non, de cette période, a été balayée puis occultée avec l’arrivée de l’Islam, qui cherche à gagner, pacifiquement ou non, l’adhésion des populations. Le christianisme en Irak, en 2000-2005, est estimé à , et Tarek Aziz (1936-2015), d'origine assyrienne, est longtemps ministre des Affaires Étrangères de Saddam Hussein.

L'Irak sous les empires musulmans La conquête arabe

La Mésopotamie est une des premières régions conquises par les Arabes musulmans qui l'enlèvent aux Sassanides au . Disputée entre les Omeyyades et les Alides, elle reste au pouvoir des premiers après la sanglante bataille de Kerbala.

L’expansion de l'islam, autre religion du Livre (Coran), est d’abord guerrière (sous les Omeyyades surtout) : rapide conquête musulmane du Levant ou de la Syrie romaine (634-638), de la Perse (633-654), de la Transoxiane (673-751), des Indes (à partir de 711), guerres arabo-byzantines (634-1180), croisades (1095-1291).

L’Irak est, un temps, le centre culturel du monde musulman sous les Abbassides. Bagdad, créée en 762 (), devient une des plus grandes villes du monde avec un fort rayonnement intellectuel. Sous la dynastie Abbasside, l'économie est prospère, les villes se développent, l’industrie, les arts et les lettres atteignent leur apogée. L'Irak produit alors de nombreux astronomes, mathématiciens, penseurs, lettrés et traducteurs tels que Al Khwarizmi, Al Jahiz, Al Kindi, Al-Hajjaj ibn Yusuf ibn Matar et Thābit ibn Qurra.

Le Moyen Âge européen (500-1500 à peu près) correspond à l’Âge d'or de l'Islam : culture islamique, sciences arabes, arts de l'Islam, architecture islamique, géographie et cartographie dans le monde arabo-musulman médiéval, historiographie de l'islam et du Coran, littérature de langue arabe, rhétorique arabe, système juridique islamique, jurisprudence islamique, études islamiques.

Le Proche-Orient (au moins pour la partie irakienne) connaît en gros trois califats et/ou dynasties régionales : Rachidounes, Califes bien guidés (632-661), Omeyyades (661-750), avec Damas pour capitale, art omeyyade, Abbassides (750-1258), avec Bagdad (créée en 762) pour capitale, art abbasside, rébellion des Zanj (869-883).. et déjà esclavage dans le monde musulman, Dynastie chiite des Bouyides (945-1055), sur la Perse et partiellement sur l'Irak.

L'âge d'or abbasside

L'Irak est ensuite le centre du califat abbasside de Bagdad.

Affaibli par la révolte des esclaves Zanj au , le califat ne domine plus directement que l'Irak central et méridional. Le nord, autour de Mossoul, appartient à des émirs indépendants, Hamdanides puis Zengides.

Le califat reste cependant le symbole de l'unité de l'islam sunnite. Les Turcs seldjoukides lui rendent hommage, de même que la plupart des princes musulmans.

Le déclin

Après les Abbasides, le Proche-Orient (au moins pour la partie irakienne) connaît divers califats et/ou dynasties régionales (et un intermède chrétien européen) :

Ayyoubides (1169-1341), dynastie musulmane kurde, surtout en Syrie, mais un temps en Haute Mésopotamie, Croisés (1096-1187), États latins d'Orient (1098-1291) et Royaume de Chypre (1192-1489), à l’époque ayyoubide, Ilkhanat de Perse (1256-1335), dynastie mongole des Houlagides, de Houlagou Khan (1217-1265, petit-fils de Gengis Khan), de religion tengriste et bouddhiste, de langue persane Djalayirides (1336-1432), dynastie musulmane mongole, avec pour capitale Bagdad puis Bassorah, Mozaffarides (1336-1393), dynastie musulmane mongole en Iran, Qara Qoyunlu (1375–1469, Moutons noirs), fédération tribale, dynastie turkmène, avec Tabriz pour capitale, et qui s’empare de Bagdad en 1410, art turkmène Aq Qoyunlu (1378–1508, Moutons blancs), fédération tribale, dynastie turkmène, azéri et persan de langue, avec pour capitale Tabriz puis Bagdad, Timourides (1370-1507), persan et tchaghataï de langue, renaissance timouride, art timouride, Séfévides (1508-1534 et 1624-1638), de langue persane et turque, avec pour capitale Tabriz, Qazvin puis Ispahan, art safavide.