Guémené-sur-Scorff est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne. Située en Argoat, elle est considérée comme la capitale du Pays Pourlet. Elle doit aujourd'hui surtout sa renommée à sa spécialité gastronomique : l'andouille de Guémené.

Géographie Localisation Guémené-sur-Scorff se situe au Nord-Ouest du département du Morbihan, à l'intérieur des terres (en centre-Bretagne, dans une zone traditionnellement appelée Argoat). La commune se situe à vol d'oiseau à 17 km de Pontivy, la ville la plus proche, ainsi qu'à une quarantaine de km de Lorient et du littoral Atlantique, tandis que la préfecture du Morbihan, Vannes, est située à 56 km de Guémené.

vignette|left|Carte de Guémené-sur-Scorff et des communes avoisinantes.|212x212px center|299x299px|vignette|Plan de Guémené-sur-Scorff (tracé de la limite communale en orange.

Géographie administrative Le territoire de la commune de Guémené-sur-Scorff est en grande partie enclavé dans celui de la commune de Locmalo, qui la borde au nord, à l'est et au sud. À l'ouest coule le Scorff, qui sert de frontière avec la commune de Ploërdut. Avec une superficie de seulement , son territoire se limite à la petite ville proprement dite. L'espace non bâti est très réduit. Avec une population de en 2019, la densité de population s'élève d'ailleurs à , une valeur élevée comparable à celle d'une ville comme Lanester.

Relief La ville est bâtie sur un terrain vallonné. Le sommet de la colline de Mané Pichot, autrefois couvert de landes et de bruyères, constitue le point le plus élevé de la commune (). Le Scorff coule en contrebas de la ville. Ce site a été probablement choisi à l'origine pour son intérêt défensif, les eaux du Scorff servant à alimenter en eau les douves du château. La ville s'est en effet développé à proximité du château féodal des seigneurs de Guémené.

Le relief, l'hydrographie et la géologie de la région ont été décrits en détail dans un ouvrage publié en 1927 ..

Cadre géologique vignette|Carte géologique : le leucogranite de Bubry fait partie du « massif de Pontivy ». Le territoire de Guémené-sur-Scorff. est situé dans le domaine varisque centre armoricain marqué par la phase orogénique bretonne de l'orogenèse varisque, au début du Carbonifère inférieur, ou Tournaisien, il y a environ 360 Ma. La collision continentale au cours de l'orogenèse varisque proprement dite se traduit dans le Massif armoricain par un métamorphisme général de basse-moyenne pression, formant les gneiss et, schistes et micaschistes, par des phases de cisaillement et par une anatexie générant migmatites et granites. Elle se traduit enfin, par la mise en place de nombreux granites à travers les roches métamorphiques, concomitamment aux cisaillements et à ce métamorphisme..

La commune est située sur la bande micaschisteuse Le Faouet - Lignol - Guémené qui correspond à un ensellement entre le massif leucogranitique de Pontivy qui affleure au sud-ouest et le massif leucogranitique septentrional de Ploërdut-Séglien, entaillé par la vallée du Scorff. Cette bande d'âge briovérien est parsemée de pointements granitiques (granite à grain moyenQuartz de couleur grise à miel, felsdpaths blancs ou gris en petites lattes. à deux micas en proportion presque égale, biotite et muscovite) et correspond probablement à un accident important, orienté N60, senestre, conjugué du cisaillement sud-armoricain dextre.. Guémené-sur-Scorff s'est bâtie dans une crique en forme de fer à cheval dominée par les trois collines granitiques de Sainte-Christine, Mané-Pichot et, plus au nord, de Manéguégan (d'une hauteur respective de 168, 179 et ).

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Scorff et divers autres petits cours d'eau..

Le Scorff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ploërdut et se jette dans le Blavet en limite de Lorient et de Lanester, après avoir traversé ..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Plouay à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Guémené-sur-Scorff est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (86,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (74,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (86,6 %), zones agricoles hétérogènes (13,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Habitat

En 2020 Guémené-sur-Scorff était la commune de Bretagne où le prix médian des maisons était le moins élevé ( euros), près de 10 fois moins qu'à l'Île-aux-Moines, commune où ce prix était le plus élevéBlandine Le Cain, Où est l'immobilier le moins cher en Bretagne ?, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 29 janvier 2021.. vignette|centre|La récompense "Ville Fleurie", également connue sous le nom de "Villes et Villages fleuris, anciennement appelée concours, a été créée en 1959 en France pour promouvoir le fleurissement, l'environnement de vie et les espaces verts.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Kemenet-Guégant en 1160..

Le premier élément Kemenet-Héboé est issu du vieux breton kemenet. Le mot breton kemenet est le participe passé de kemen « mander », « commander », « ordonner » issu du verbe latin commendare d'après Joseph Loth, signifiant entre autres « faire valoir, donner de la valeur » d'où par extension le sens de kemenet « fief, bénéfice ». Le second élément Guégant est un anthroponyme (cf. Histoire, ci-dessous). Le sens global est donc « fief de Guégant ».

« Comment Kemenet est-il devenu Guémené ? Une des règles de la langue bretonne c'est qu'un mot féminin change un "K" initial en "G" (en français en "Gu") quand il est précédé de l'article. (...) La forme indépendante Kemenet a été évincée par la forme avec l'article : er Guémené »..

Le nom de la commune est une homophonie fortuite avec Guémené-Penfao d'après Albert Dauzat et Charles Rostaing qui est un ancien Wenmened (Wenmened, id est Candidus Mons en 1123) composé de gwenn « blanc » et menez « mont, montagne ».

Guémené devient Guémené-sur-Scorff en 1961. Le nom breton de la commune est Ar Gemene (prononcé [ɟəmne]).

Histoire Préhistoire

Des travaux d'arasement menés en 1936 au sommet du Menez Pichotte (Mané Pichot) permirent d'exhumer un dolmen qui y était enfoui (« une belle table de granit d'environ 4 tonnes, portée par trois piliers massifs de la même roche ». Il pourrait s'agir de la tombe d'un ancien chef du Kemenet-Guégan..

Moyen Âge et Temps Modernes

Le château de Guémené (sous l'Ancien Régime) L'histoire de Guémené est en grande partie liée à celle de son château. La ville doit en effet son développement à la présence de ce dernier. Guémené, au début, n'était qu'une simple trève dépendant de la paroisse de LocmaloDom Morice, Preuves de l'histoire de la Bretagne, tome 1, page 638..

Une motte castrale est construite dans la première moitié du (1022 ou 1050 suivant les sources), par Guégant, fils d'un dénommé Piriou (ou Périou) et neveu d'Alain Canhiart, comte de Cornouaille. Guégant donne son nom au lieu, Kemenet-GuégantLe Kemenet-Guegant, dont le nom se retrouve dans celui de Guémené-sur-Scorff, serait issu , comme le Kemenet-Héboé, du démembrement d'un kemenet originel qui aurait été une division administrative du comté de Vannes. Il porterait le nom de Guégon [Guégant], qui en aurait été le premier titulaire... qui n'est d'abord qu'une châtellenie dépendant de La Roche-Périou, en Priziac, et un arrière-fief du comté de Porhoët. Puis, à la mort de son père, Guégant devient à la fois seigneur de Guémené et de la Roche-Périou et fait de ce lieu une grande seigneurie de l'ouest du comté de Vannes. Il a alors pour voisin au sud un autre grand fief, le Kemenet-Héboé..

La seigneurie de Guémené comprenait les paroisses de Locmalo, Lignol, Ploërdut, Priziac, Saint-Tugdual, Persquen, Lescoët, la trève de Leshernin en Séglien, Silfiac, Langoëlan, Saint-Caradec-Trégomel, Plouray, Mellionnec et Plouguernevel..

Le fief de Kemenet-Guegant est absorbé au début du par Alain Ier de Rohan, membre de la famille de Rohan. C'est à cette époque que la motte féodale est remplacée par un château en pierre, comprenant donjon et logis.

Au , à la suite du mariage en 1251 de Mabile de Rohan avec Robert de Beaumez, les nouveaux seigneurs entreprennent des travaux importants, notamment la construction d'une tour carrée accolée au logis du château et d'une enceinte de pierres autour de la ville (une tour est dénommée "tour Beaumez").

Le château est assiégé en , dans le cadre de la guerre de succession de Bretagne (Reynaud, capitaine du château de Guémené, soutient Jean de Montfort), par les Anglais qui pillent la ville et massacrent les habitants ; le roi Édouard III donne le château au capitaine anglais Roger Davis (époux de Jeanne de Rostrenen) qui démantèle le château pour en construire un nouveau, le « chastel anglais » entre 1342 à 1354. Il est acquis par Jean de Rohan et sa femme Jeanne de Navarre, petite-fille du roi Louis X le Hutin par sa mère, le , pour sous d'or, aux dépens de Jean, sire de Longueval, et de Jeanne de Beaumez son épouse. Leur fils Charles de Rohan, premier de la lignée des Rohan-Guémené, hérite du fief en 1384 ; une douzaine de seigneurs issus de cette lignée se succéderont sur le fief de Guémené).