, né le au château royal de Saint-Germain-en-Laye et mort le au château de Vincennes, est roi de France de 1560 à sa mort.

Il est le quatrième roi du rameau Angoulême des Valois. Fils d' et de Catherine de Médicis, il succède à son frère à l'âge de et meurt sans enfant mâle légitime à moins de .

Sous son règne, le Royaume est déchiré par les guerres de Religion, malgré tous les efforts déployés par sa mère Catherine pour les empêcher. Après plusieurs tentatives de réconciliation, son règne déboucha sur le massacre de la Saint-Barthélemy.

Naissance et famille

Né Charles-Maximilien de France, il est le cinquième des dix enfants et le troisième fils d' (1519-1559) et de Catherine de Médicis (1519-1589). D'abord titré duc d'Angoulême, il est titré duc d'Orléans (1550 à 1560), après la mort de son frère Louis. Il est baptisé dans la religion catholique et reçoit pour parrains le roi et , empereur du Saint-Empire romain germanique, et pour marraine la duchesse de Ferrare, Renée de France (fille du roi de France et d'Anne de Bretagne), sa grand-tante.

Roi de France Accession au trône et troubles religieux gauche|vignette| enfant à son avènement Il accède au trône de France après la mort prématurée de son frère . Il est alors âgé de . La régence est confiée à sa mère jusqu'à sa majorité. Charles est sacré roi de France dans la cathédrale de Reims le . Il préside du au , les États généraux rassemblés à Orléans. Le premier prince du sang Antoine de Bourbon est nommé lieutenant général du Royaume.

En montant sur le trône, Charles hérite d'un royaume en train de se diviser entre catholiques et protestants. Lors du colloque de Poissy, organisé le , la reine mère espère trouver un chemin d'entente entre le parti catholique représenté par le cardinal de Lorraine et le parti protestant représenté par Théodore de Bèze, mais aucun accord n'est accepté. Les incidents se multiplient en France, entre actes iconoclastes et violences physiques. Le , le massacre de Cahors, qui fait près de trente morts protestants, confirme cet échec. Le , l'édit de Saint-Germain-en-Laye permet aux protestants de pratiquer leur culte dans les campagnes et les faubourgs urbains.

Néanmoins, après le massacre de Wassy le , les protestants prennent les armes, avec, à leur tête, le prince de Condé. De nombreuses villes tombent temporairement entre leurs mains. Ils sont battus à Dreux par le duc de Guise le . Tandis que Louis de Condé est fait prisonnier, le chef de l'armée catholique, Montmorency, est capturé par les protestants. Le , François de Guise entreprend de mettre le siège devant Orléans, mais, le , à quelques kilomètres de là, il est touché à mort de trois coups de pistolet dans le dos. Le , avec le traité d'Amboise, une première paix fragile est établie. Le de la même année, est déclaré majeur, mais la reine mère continue d'exercer le pouvoir en son nom.

La paix d’Amboise gauche|vignette|, portrait par François Clouet. L’édit de pacification d’Amboise ne satisfait personne, et a du mal à être appliqué : il interdit le culte réformé dans les villes, alors que les protestants sont majoritaires dans de nombreuses places importantes, et sont maîtres de plusieurs provinces.

Le , Catherine de Médicis fait enregistrer l’édit de majorité de Charles IX, qui vient d’avoir 13 ans. Cette décision est fondée sur une interprétation de la limite d’une des lois fondamentales du royaume par Michel de L'Hospital. Alors que depuis le , l’âge de la majorité des rois de France était fixée à 14 ans, le chancelier décide de l’avancer au début de leur année, c’est-à-dire à leurs 13 ans révolus.

En , débute un grand tour de France organisé par la reine mère, pour montrer le roi à ses sujets et faire connaître son royaume au roi. Il permet aussi de pacifier le Royaume. L’itinéraire passe par les villes les plus agitées du Royaume : Sens, Troyes en Champagne.

Le cortège sort de France le pour se rendre à Bar-le-Duc, capitale du duché de Bar, où il séjourne du premier au . Là, , duc de Lorraine, et son épouse Claude, sœur du roi de France, y font baptiser leur fils Henri âgé de . et , roi d'Espagne, tous deux oncles maternels de l'enfant, sont les parrains du jeune prince. Le roi d'Espagne, qui règne également sur les Pays-Bas espagnols, se fait représenter par le comte de Mansfeld, seigneur de Ligny et gouverneur du duché de Luxembourg voisin. Catherine de Médicis, bien que confortée d'avoir réuni son fils Charles avec sa fille préférée Claude, manque son rendez-vous avec sa fille aînée, la reine d'Espagne Élisabeth.

Ensuite, le cortège royal se rend dans le comté de Ligny en Barrois sur les confins lorrains, puis à Dijon le , Mâcon, ville stratégique sur la Saône, et la vallée du Rhône : Roussillon, Valence, Montélimar, Avignon dans les États pontificaux.

C'est dans le château Renaissance de Roussillon que signe l'édit de Roussillon dont un article instaure le comme le premier jour de l'année dans tout le royaume de FranceVoulons et ordonnons qu'en tous actes, registres, instrumens, contracts, ordonnances, édicts, tant patentes que missives, et toute escripture privée, l'année commance doresénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier. Donné à Roussillon, le neufiesme jour d'aoust, l'an de grâce mil cinq cens soixante quatre. Et de notre règne le quatrième. Ainsi signé par le Roy en son Conseil. de France (article 39 de l'édit de Roussillon)..

Après une halte de trois semaines, le «tour de France» continue vers Salon-de-Provence — où la reine mère retrouve son astrologue Nostradamus — puis Aix-en-Provence, siège du parlement de Provence. La suite royale arrive à Hyères pour la , passe ensuite par Toulon et Marseille, où le peuple l’accueille en faisant la fête, et quitte la Provence pacifiée.

Dans le Languedoc, le jeune roi passe à Montpellier, Narbonne, Toulouse. Dans les villes protestantes de Gascogne, il est accueilli respectueusement, sans plus. À Montauban, où l’entrée se fait le , il faut négocier le désarmement de la ville, qui avait résisté à trois sièges de Monluc. Toulouse et Bordeaux sont plus tranquilles, étant aux mains des catholiques.

Le grand tour fait une excursion à Bayonne () par Mont-de-Marsan ; la reine mère s'y trouve pour deux raisons : revoir la reine d'Espagne, sa fille Élisabeth, épouse du roi , et négocier un traité avec l’Espagne, négociation qui échoue.

En , la Gascogne est à nouveau traversée, puis en août et septembre, la vallée de la Charente. Dans ces régions à forte minorité protestante, la paix est extrêmement fragile, et les protestants appliquent non sans réticences l’édit d'Amboise. Cependant, partout, le plus grand loyalisme est témoigné au roi. Les seules anicroches sont à La Rochelle (dernière entrée d'un roi de France avant 1627), où les protestants se montrent mécontents, et à Orléans, où le convoi est accueilli par une émeute, ..

En 1566, le roi s'arrête enfin à Moulins, où sont décidées plusieurs réformes. Sur la proposition du chancelier Michel de L'Hospital, l'édit de Moulins règle les successions et déclare le domaine royal inaliénable.

Reprise des hostilités, puis paix de Saint-Germain

En à Pamiers, malgré la pacification royale, les hostilités reprennent et les protestants assaillent les églises catholiques. La répression catholique est féroce : sont massacrés à Foix.

En , les protestants mettent au point un plan pour enlever le roi et sa mère. Ces derniers se réfugient à Meaux le , ce qui vaut à la conspiration de prendre le nom de « surprise de Meaux ».

À Nîmes puis dans tout le Languedoc, le , jour de la Saint-Michel, est marqué par la Michelade : des notables catholiques sont assassinés. À la tête des troupes protestantes, le prince de Condé et arrivent aux portes de Paris.

Les protestants sont battus à Saint-Denis par le connétable de Montmorency le , à Jarnac et à Moncontour par le duc d'Anjou. La paix est finalement signée entre Condé et Catherine de Médicis à Longjumeau le , confirmée par la paix de Saint-Germain-en-Laye en 1570.

Le , à Saint-Maur, promulgue un édit qui exclut de l’Université et des offices de judicature les membres de la religion réformée.

Mariage vignette|redresse|Élisabeth, archiduchesse d'Autriche. vignette|Piéfort de poids quadruple du demi-teston figurant , 1573, Paris. thumb|François Clouet. Portrait de Charles IX. Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg vignette|redresse|, portrait par François Clouet, 1571, pierre noire et sanguine, 353 × , Paris, Bibliothèque nationale de France.

se rapproche diplomatiquement de l'Angleterre et du Saint-Empire germanique. Certains verraient bien le roi de France ceindre un jour la couronne impériale. Le , épouse à Mézières Élisabeth d'Autriche., fille de (1527-1576), empereur romain germanique, et de Marie d'Autriche (1528-1603), infante d'Espagne. En , la reine et le roi font leur entrée à Paris. Les plus grands artistes français ont contribué à l'élaboration du décor et du programme du cortègePour l'occasion, Ronsard écrit : « Heureux le siècle, heureuse la journée Où des Germains le sang très ancien S'est remêlé avec le sang troyen Par le bienfait d'un heureux hyménée… »

Selon Pierre Gaxotte, un tableau représentant un étranger foulant une prairie de safran et de camomille était dressé à la porte Saint-Denis, accompagné d’un dicton : « À la France, plus invincible en adversité qu’en prospérité. ».

De cette union est issue une fille qui mourra enfant, Marie-Élisabeth de France (1572-1578). Par ailleurs, le roi a entretenu durant huit ans sa favorite, tolérée par Catherine de Médicis, la célèbre Marie Touchet (1549-1638), dame de Belleville, laquelle lui a donné un fils illégitime, Charles de Valois-Angoulême (1573-1650) qui sera titré comte d'Auvergne en 1589, puis duc d'Angoulême en 1619.

Ainsi, est le seul parmi les cinq fils d' et Catherine de Médicis à avoir engendré une descendance.

Tandis que le roi passe son temps à chasser, la reine mère poursuit la réconciliation entre catholiques et protestants. À l'automne 1571, l'amiral Gaspard de Coligny rencontre le roi pendant quelques jours.

Affaiblissement de la France en Méditerranée Le a lieu la bataille de Lépante à laquelle la France n'a pas pris part, si ce n'est par l'envoi de quelques volontaires auprès des vaisseaux de Malte ou de Nice. Les armées françaises étant occupées par leurs propres conflits internes, elles ne protégeaient que difficilement les intérêts nationaux à l'international.

Pire encore, le rivage méditerranéen français est régulièrement soumis aux razzias esclavagistes du Bey d'Alger, Uluç Ali Paça, sans que les troupes royales puissent intervenir efficacement.

La victoire des armes chrétiennes à Lépante avec cette faible participation de la France aura pour conséquence l'éviction de la flotte française de Méditerranée et une perte de confiance des Autrichiens, Florentins, Lombards, Maltais ou Espagnols envers la couronne de France.

Le massacre de la Saint-Barthélemy Le mariage de la sœur du roi, Marguerite, avec un jeune prince protestant, le roi de Navarre, futur , semble être le gage d'une réconciliation durable ; mais le , quelques jours après le mariage, a lieu un attentat contre le chef du parti des huguenots, . Craignant un soulèvement, décide, probablement très influencé par sa mère Catherine de Médicis et ses conseillers, l'élimination des chefs protestants, à l'exception de quelques-uns, parmi lesquels les princes du sang, Henri de Navarre et le prince de Condé.

Cette décision déclenche le massacre de la Saint-Barthélemy (le ), qui fait des milliers de morts, probablement trente mille, à Paris et dans plusieurs grandes villes de France. Déterminé à maintenir l'ordre, le roi ordonne l'arrêt des massacres dès le matin du , mais ses multiples appels au calme sont très souvent transgressés.. Une folie meurtrière s'empare de tout le Royaume.