, né le à Saint-Germain-en-Laye et mort le à Paris, est roi de France de 1547 à sa mort. Deuxième fils du roi , il devient l'héritier du trône à la mort de son frère aîné François, en 1536. Il reçoit alors les titres de dauphin et de duc de Bretagne, sans avoir été couronné en la cathédrale de Rennes.

Roi représentatif de la Renaissance française, poursuit en partie l'œuvre politique et artistique de son père. Il continue les guerres d'Italie, en concentrant son attention sur l'empire de Charles Quint qu'il parvient à mettre en échec. maintient la puissance de la France. Son règne se termine cependant sur des événements défavorables comme la défaite de Saint-Quentin (1557) et le traité du Cateau-Cambrésis (1559) qui met un terme au rêve italien.

Son règne marque également l'essor du protestantisme qu'il réprime avec davantage de rigueur que son père. Devant l'importance des adhésions à la Réforme, ne parvient pas à régler la question religieuse, qui débouche après sa mort sur les guerres de Religion.

Le , lors d’un tournoi tenu rue Saint-Antoine à Paris (devant l'ancien hôtel des Tournelles), il est blessé d'un éclat de lance dans l'œil par Gabriel de Montgommery, capitaine de sa garde écossaise. Il en meurt dix jours plus tard.

Son image est attachée à celle de son influente favorite, Diane de Poitiers et à celle de son épouse Catherine de Médicis.

Jeunesse

Enfance vignette|gauche| enfant, huile sur panneau de Jean Clouet des années 1520, musée Condé. Henri de Valois naît le , au château de Saint-Germain-en-Laye. Il est le fils du roi de France, , et de son épouse, la reine Claude.

En tant que second fils du roi de France, Henri reçoit le titre de duc d'Orléans dès sa naissance. Il reçoit le nom de son parrain ..

En application du traité de Madrid (1526) entre et Charles Quint, Henri reste otage en Espagne du au , en compagnie de son frère aîné François, dauphin et duc de Bretagne. Cette captivité a de lourdes conséquences sur son enfance et il en garde des séquelles psychologiques, devenant notamment hypocondriaque. Ce caractère rendra difficiles ses relations avec son père, qui accorde sa préférence à son jeune frère Charles.

Considéré comme le dernier roi chevalier, la légende dit qu'il a été formé à la chevalerie par la lecture d’Amadis de Gaule pendant sa captivité, mais ce roman de chevalerie n'a été traduit en français qu'en 1540En français, Nicolas Herberay des Essarts publie huit volumes entre 1540 et 1548. Six autres volumes paraissent entre 1551 et 1574 traduits par diverses auteurs : Gilles Boileau, Claude Colet, Jacques Gohory, Guillaume Aubert et Antoine Tyron. Ces quatorze volumes représentent la traduction française de l’Amadis espagnol. Gabriel Chappuys s’attèle à la traduction des tomes suivants. Entre 1577 et 1582, il publie sept volumes en français, chez différents éditeurs lyonnais. Voir Jacques-Charles Brunet, Manuel du libraire et de l’amateur de livres. Tome premier, Paris, Firmin Didot, 1860, ..

Jean Capello, ambassadeur de Venise à la cour de France, le décrit ainsi : De son côté, Joachim du Bellay affirme, dans son Tumbeau du roy , que À la différence de son père, est d'une nature plutôt taciturne. Selon le Vénitien Dandolo, il rit rarement,

Mariage avec Catherine de Médicis Il épouse le à Marseille la comtesse d'Auvergne Catherine de Médicis, fille de , unique héritière de ses biens et nièce du pape .

Cependant, son cœur reste voué à sa confidente et préceptrice depuis l'âge de , Diane de Poitiers. On estime que c'est en 1536, qu'Henri et Diane sont, à respectivement 17 et 36 ans, devenus amants.

Héritier du trône de France Il succède à son frère François, mort en 1536, comme dauphin et titré de duc de Bretagne, quoique n'ayant pas été couronné à Rennes, contrairement à son frère aîné, sans toutefois gouverner le duché de Bretagne, dont son père garde l’usufruit. Après avoir fait ses armes en Picardie, Henri rejoint les armées françaises au Piémont pour en commander l'avant-garde, participe à la prise de Moncalieri (), où il rencontre Filippa Duci pour une brève aventure, dont naît son premier enfant, Diane de France.

Cette naissance rassure le dauphin sur sa capacité à assurer sa descendance, malgré l'absence d'héritier, quatre ans après son mariage. Son infertilité temporaire est en fait due à une malformation pénienne causée par un hypospadias, comme le diagnostique son médecin Jean Fernel qui lui recommande avec succès de pratiquer le coitus more ferarum pour pouvoir procréer..

Tensions à la cour de François Ier Le , Henri est investi de la jouissance de son duché, , le roi conservant la haute main sur les affaires du Dauphiné et du duché. Henri n'a en réalité aucune marge de manœuvre politique, son autorité se limite à la nomination de ses courtisans et amis à des charges et des terres. Ainsi donne-t-il à sa maîtresse Diane de Poitiers les anciennes terres ducales de Rhuys et de Fougères.

La rupture entre le roi et le dauphin éclate lors de la disgrâce du connétable Anne de Montmorency en 1541, auquel le dauphin était très attachéAnne de Montmorency est rappelé par Henri sitôt celui-ci devenu roi.. La cour se trouve alors divisée en deux partis : le parti du dauphin avec sa maîtresse Diane de Poitiers ; le parti du roi avec la duchesse d’Étampes opposant le duc d’Orléans à Henri, ce qui brouille définitivement les deux frères.

Campagnes militaires victorieuses En , il commande l'armée du Roussillon dans la quatrième campagne de son père et de ses alliés allemands et turcs, contre Charles Quint, et il participe au siège de Perpignan.

À l'automne 1544, il repousse les Anglais dans Calais, lève le siège de Montreuil, et échoue de peu à reprendre le port de Boulogne, finalement racheté en 1550.

Dernières années de son père Durant les dernières années du règne de , les deux factions rivalisent à la cour de France : la première est menée par les conseillers du roi, l'amiral de France d'Annebault et le cardinal de Tournon, la seconde est composée des appuis du dauphin Henri, autour de Diane de Poitiers et du connétable de Montmorency.

Dans ce contexte, il fait pourtant donner un bal à Fontainebleau à l’occasion du baptême de sa fille, Élisabeth de Valois, en . Il s'y montra sous le costume évocateur de Capitaine tenant le bâton de commandement, dessiné par Le Primatice (Nationalmuseum, Stockholm).

Roi de France vignette|redresse=1.0| après son sacre par le cardinal de Lorraine pratiquant le toucher des écrouelles, livre d'heures, BnF. Une administration nouvelle Une révolution de palais

vignette|redresse=1.0| vignette|redresse=1.0| vignette|redresse=1.0| vignette|redresse=1.0|Antoine de Bourbon, duc de Vendôme puis roi de Navarre à partir de 1555, par François Clouet. L'année 1547, avec la disparition de et l'avènement d', voit un renouvellement complet du personnel de la Cour et des conseillers du souverain.

L'ancienne faction au pouvoir est chassée sans ménagement et certains hauts responsables politiques sont emprisonnés et poursuivis par la justice royale. Les places au sein du conseil royal et les charges honorifiques de la cour sont redistribuées aux proches du nouveau roi : à côté d'Anne de Montmorency, on trouve désormais Jacques d'Albon de Saint-André fait maréchal et premier gentilhomme de la Chambre, et les princes lorrains, les frères François futur duc de Guise, et Charles, cardinal de Guise, futur cardinal de Lorraine.

vignette|redresse=1.0|Double henri d'or à l'effigie d', 1554, Bourges.

Le nouveau roi, à , désire marquer une rupture avec le train de vie de son prédécesseur et un courant d'austérité souffle passagèrement sur la cour royale. Le nombre de dames d'honneur est nettement réduit et l'accès à la personne royale, resserré.

Politique administrative Poursuivant la politique administrative de son père, réforme certaines institutions qui contribuent à faire de la France un État puissant au pouvoir centralisé. ordonne ainsi en 1557 qu'un type unique de poids et mesures soit désormais appliqué à l'ensemble de la banlieue de Paris, puis dans un second temps à tout le ressort du Parlement de Paris, avec dépôt d'un étalon de poids à l'hôtel de ville.

Dès le début de son règne, il met en place un véritable système ministériel, généralisant le gouvernement de son père. En 1547, l'administration est supervisée par quatre secrétaires d'État, choisis dans la compagnie des notaires-secrétaires du roi. Ils sont chargés des commandements du roi et plus particulièrement de l'expédition des affaires financières. À l'origine chargés d'un secteur topographique du royaume, ils prennent en 1557 le titre de secrétaire d'État et des finances du roi. Les registres du Trésor royal sont confiés à un contrôleur général.

poursuit également l'unification du système judiciaire avec la création (par l'ordonnance de ), des présidiaux, tribunaux intermédiaires entre les parlements et les juridictions inférieures. Ces présidiaux sont composés de neuf juges chacun, et sont situés au siège des bailliages et sénéchaussées.

En 1553, une ordonnance royale prévoit que les maîtres des requêtes visitent chaque année les provinces.

Politique financière L'année 1555 voit l'institution du Grand Parti de Lyon, un emprunt géant, levé auprès des marchands-banquiers de la ville de Lyon (principale place financière du royaume de France) qui refinance à long terme l'ensemble des dettes royales existantes. Le caractère innovant de cet emprunt n'empêche pas les circonstances militaires et politiques de le faire s'achever par une faillite, qui entraînera la convocation par le roi des états généraux de Paris en pour en obtenir le vote d'une contribution.

À l'instar de son prédécesseur, doit faire face à d'importants besoins financiers et suit l'exemple de en recourant à l'augmentation des impôts existants (tentatives d'uniformisation de la gabelle, création du taillon et application de nouvelles crues de taille, développement des taxes sur les importationsTaxes qui présentent de plus l'avantage de protéger les nouvelles manufactures du Royaume, par ailleurs favorisées par divers privilèges et exemptions.).

Les mêmes causes produisant des effets similaires, doit faire face en 1548, comme à La Rochelle en 1542, à une révolte paysanne, la jacquerie des Pitauds, qui contamine les villes, dont Bordeaux. confie la répression de cette ville au connétable Anne de Montmorency. La réaction de Montmorency est brutale : la cité perd ses privilèges, est désarmée, doit verser une amende de livres, voit son parlement suspendu. Et cent quarante personnes sont condamnées à mort. La répression s’étend ensuite dans les campagnes d'alentour, où l’on pend les meneurs. En 1549, amnistie la cité.

À l'instar de son père, il veille également à améliorer le recouvrement de l'impôt, et il ordonne (édit de ) la réunion des quatre trésoriers de France et des quatre généraux des finances en un même corps de trésoriers généraux, dont l'effectif est porté à dix-sept.

Après les réformes administratives et fiscales engagées successivement par et , l'essentiel des ressources de l'État provient désormais des aides.

Les relations étrangères L'Angleterre Dès 1548, connaît son premier conflit en tant que roi de France en s'opposant aux volontés du roi d'Angleterre . Les Anglais, voulant allier leur couronne à celle d'Écosse, souhaitent marier Édouard à Marie Stuart, reine d'Écosse. Les Écossais, défaits à Pinkie Cleugh, font jouer la vieille alliance avec la France, la Auld Alliance, et accepte d'accueillir la jeune reine, qui se réfugie à la cour de France en vue d'épouser le dauphin François. De plus, Marie Stuart, fille de Marie de Guise, est la nièce des «Lorrains», dont l'influence sur a permis d'arranger ce mariage, qui sera célébré en 1558.