Casamayor (nom de plume de Serge Fuster, né le à Alger et mort le à Paris) est un magistrat et un écrivain français. Il a écrit une vingtaine de livres, principalement des essais consacrés à la justice.

Biographie

En 1940, Serge Fuster est lieutenant à Sedan. Des événements qu'il vit lors de la percée de Sedan, il tire en 1968 le livre Désobéissance où il raconte la désobéissance du commandant du Groupement 9 de bombardement aérien lors de la « mission de sacrifice » du Le bombardement français sur la Meuse le 14 mai 1940, Revue historique des armées, 3 - 1985..

Après la Seconde Guerre mondiale, Serge Fuster participe au procès de Nuremberg, où il est un des magistrats de la délégation française menée par Edgar Faure et François de Menthon.

Il commence à écrire dans les années 1950 sous le nom de Casamayor, dans la revue Esprit, et va publier sous ce nom articles et livres pendant trente ans. Dans Le Monde daté du , il signe un texte, La leçon des morts, à propos de la mort de Georges Figon, truand mêlé à l'affaire Ben Barka, critiquant l'ordonnance de non-lieu rendue sur cette mort. Alors conseiller à la cour d'appel de Paris, il est puni par une mesure de suspension décidée par le ministre de la Justice, Jean Foyer, et reçoit une réprimande avec inscription au dossier par le Conseil supérieur de la magistrature — c'est la sanction la plus légère prévue par les textes.

Cette sanction lui vaut des soutiens et une renommée accrue.

Serge Fuster termine sa carrière judiciaire au poste de président de chambre à la cour d'appel de Versailles. À sa mort, il est salué par de nombreux hommages, notamment du président François Mitterrand, du Premier ministre Michel Rocard et du garde des sceaux Pierre Arpaillange. Ce dernier souligne que « toute sa vie, Casamayor a réfléchi aux problèmes de la justice. Il a été l'un des initiateurs de pistes nouvelles à défricher. Casamayor laissera un grand souvenir dans le monde judiciaire. »Trois réactions après la disparition de Casamayor, Le Monde du 3 novembre 1988 Sa mémoire est également honorée par le Syndicat national des policiers en civil (SNACP), qui rend hommage « au courage, à l'œuvre et à l'engagement de ce haut magistrat qui a su, sa vie durant, dépasser le conformisme pour combattre bon nombre d'archaïsmes »Un hommage de policiers à Casamayor, Le Monde du 5 novembre 1988.

Œuvre Essais 1953 : Où sont les coupables ? 1957 : Les Juges 1960 : Le Bras séculier 1964 : L'Homme, la Justice et la Liberté 1968 : Combats pour la justice 1969 : Justice pour tous 1970 : Si j'étais juge 1972 : L'Art de trahir 1973 : La Police 1974 : Questions à la justice 1975 : La Tolérance 1976 : À bas la vertu 1977 : La mystification 1981 : À vous de juger 1981 : Intoxication 1983 : Et pour finir… le terrorisme 1985 : Nuremberg : la guerre en procès 1986 : L'Avenir commence hier

Romans 1955 : Saintejoie 1966 : Le Prince, éditions du Seuil 1968 : Désobéissance, éditions du Seuil Prix Valentine-de-Wolmar de l’Académie française 1969 1982 : Mitia

Liens externes

La disparition de Casamayor, Le Monde, , par Jean-Marc Théolleyre

Notes et références

Catégorie:Magistrat ayant exercé à la cour d'appel de Versailles Catégorie:Magistrat français du XXe siècle Catégorie:Nom de plume Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Littérature juridique Catégorie:Naissance à Alger Catégorie:Naissance en Algérie française Catégorie:Naissance en novembre 1911 Catégorie:Décès en octobre 1988 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Lauréat du prix Valentine-de-Wolmar