Les Danses hongroises op. deest de Johannes Brahms sont une série de 21 compositions et arrangements de danse hongroise pour piano à quatre mains, composées entre 1867 et 1880, inspirées pour la plupart d'airs populaires de danse hongroise traditionnelle et folklorique d'origine tzigane ou slaves.
Elles sont réorchestrées par la suite pour orchestre symphonique, dont les , , par Brahms, avec pour plus célèbre d'entre elles la Danse hongroise nº 5, dont le thème principal est pourtant du hongrois , et l'orchestration du compositeur allemand .
Histoire
L'intérêt du musicien pour la musique tzigane fut très précoce : dès l'âge de dix-neuf ans, il accompagna le violoniste hongrois Ede Reményi à travers l'Allemagne, qui l'initia à la musique de son pays et lui présenta Joseph Joachim. Celui-ci devint par la suite son ami.
Cette expérience d'accompagnement d'Ede Reményi lui inspire avec le temps sa série de compositions et d'arrangements de 21 Danses hongroises pour piano à quatre mains, inspirées pour la plupart d'airs populaires folkloriques de danses verbunkos et csárdás hongroises, arrangées avec des airs de musique tzigane (très en vogue à l'époque) caractérisées entre autres par de brusques changements de temps lents et rapides typiques du folklore musical hongrois.
Au nombre de vingt-et-une, les danses hongroises furent composées sur plusieurs années : les six premières furent proposées dès 1867 à un éditeur, qui les refusa. Les dix premières parurent en 1869 dans leur version pour piano à quatre mains. Les dernières ont été éditées en 1880.
Elles ne comportent pas de numéro d'opus, le compositeur ne les considérant pas comme des œuvres originales, mais de simples adaptations d'œuvres de musique traditionnelle. Il semble cependant que les thèmes des onzième, quatorzième et seizième soient totalement originaux.
Il en existe de nombreuses transcriptions. Seules la première, la troisième et la dixième furent orchestrées par Johannes Brahms lui-même en 1873. Le compositeur allemand orchestra les cinquième, onzième, douzième, treizième, quatorzième, quinzième et seizième. Le compositeur tchèque Antonín Dvořák fit les orchestrations des cinq dernières. Les autres furent orchestrées par le chef d'orchestre suédois Johan Andreas Hallén (deuxième), le compositeur russe Paul Juon (quatrième), Martin Schmeling (cinquième, sixième et septième) et Hans Gál (huitième et neuvième). Brahms fit un arrangement des dix premières pour piano seul. Son ami le violoniste Joseph Joachim en fit également une version pour violon et piano.
Détails
Danse 1 en sol mineur (Allegro molto) (3 min) Danse 2 en ré mineur (Allegro non assai) (3 min) Danse 3 en fa majeur (Allegretto) (2 min) Danse 4 en fa mineur (Poco sostenuto) (5 min) Danse 5 en fa dièse mineur (Allegro) (2 min) Danse 6 en ré bémol majeur (Vivace) (3 min) Danse 7 en la majeur (Allegretto) pour la version à 4 mains, fa majeur pour la version orchestrale (2 min) Danse 8 en la mineur (Presto) (3 min) Danse 9 en mi mineur (Allegro non troppo) (2 min) Danse 10 en mi majeur (Presto) (2 min) Danse 11 en ré mineur (Poco andante) (4 min) Danse 12 en ré mineur (Presto) (2 min) Danse 13 en ré majeur (Andantino grazioso) (1 min) Danse 14 en ré mineur (Un poco andante) (1 min) Danse 15 en si bémol majeur (Allegretto grazioso) (2 min) Danse 16 en fa mineur (Con moto) (2 min) Danse 17 en fa dièse mineur (Andantino) (2 min) Danse 18 en ré majeur (Molto vivace) (1 min) Danse 19 en si mineur (Allegretto) (1 min) Danse 20 en mi mineur (Poco allegretto) (2 min) Danse 21 en mi mineur (Vivace) (1 min)
Danse 5 La danse hongroise nº 5 en fa dièse mineur (Allegro) est sans doute la pièce la plus connue parmi les vingt-et-une danses hongroises. Publiée avec succès par son éditeur N. Simrock en 1869, elle est reprise, arrangée, et orchestrée plus tard, en particulier par le compositeur allemand .
Pour cette danse hongroise n°5, Johannes Brahms juxtapose la composition Erinnerung an Bartfeld (Souvenir de Bardejov) du compositeur hongrois publiée en 1858, qui est le thème principal, avec des alternances successives de parties lentes et mélancoliques et de parties rythmées, rapides, enjouées, enflammées, et grandioses, de musique hongroise, slave, et tzigane. Même si la plupart des danses sont inspirées de musique folklorique, la n°5 est la seule ayant emprunté un air à un compositeur contemporain. Cette danse n'a pas de numéro d'opus, Brahms ayant conscience qu'il n'en est pas entièrement l'auteur.
Au cinéma Des extraits des Danses hongroises ont été utilisés dans les bandes-sons de différents œuvres cinématographiques : 1940 : Le Dictateur de Charlie Chaplin (scène où le barbier juif rase son client au rythme de la Danse hongroise ). 1943 : La Polka des pourceaux, dessin animé de Friz Freleng 1974 : Le Retour du Grand Blond d'Yves Robert, avec Pierre Richard.
Reprises, citations et hommages
Les danses n°5 et 6 sont interprétées au concert du nouvel an 2003 à Vienne, sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. C'est la seule fois où des œuvres de Brahms sont entendues lors de ce traditionnel concert.
En 2011, le groupe de black metal Belphegor reprend le thème de la Danse 1 dans sa chanson In Blood - Devour this sanctity, sur l'album Blood Magick NecromanceAlbum Blood Magick Necromance, piste In Blood - Devour this sanctity, thème à la guitare et au chant de 2'18" à 2'48" et de 3'58" à 4'20".
Notes et références
Voir aussi Zigeunerlieder
Liens externes
Enregistrement historique de Brahms jouant la première danse au piano (1889) par l'Orchestre philharmonique de Berlin du chef Claudio Abbado. par François-Frédéric Guy - La Boîte à musique (émission de télévision) spéciale « L'été romantique Brahms » sur France 2
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