Une machine à traire est un outil utilisé pour faciliter la traite des femelles d'espèces dont on collecte le lait. Ces machines aujourd'hui toutes pneumatiques (pour ce qui concerne les parties au contact de l'animal) ont un fonctionnement relativement doux et miment l'action du petit en train de téter. Cette machine est familièrement appelée trayeuse par les éleveurs laitiers ().
Un robot de traite est une machine à traire entièrement automatisée.
Un tire-lait maternel n'est autre qu'une machine similaire adaptée aux femmes qui allaitent ou donnent leur lait.
Machine vignette|upright|La traite, hiéroglyphe égyptien
Les premiers essais pour faciliter la traite manuelle, assez astreignante, datent d'environ 400 av. J.-C., en Égypte, avec l'utilisation de pailles de blé introduites dans le trayon pour l'écoulement du laitTraite des vaches laitières : matériel, installation, entretien Par l'Institut de l'élevage, 55 et suivantes.
Les sondes trayeuses Vers 1830, l'idée de mécanisation apparait devant le constant développement de l'élevage laitier. En Angleterre, le , William Blurton dépose un brevet de Méthode et appareil pour extraire le lait des vaches et autres animaux Subject-matter index of patents of invention Par Great Britain, Patent Office, , part 1 (A to M), 1857 - 268, un siphon à traire (de petits tubes métalliques munis d'un siphon sont introduits dans le canal trayon de chaque pis de la vache) The farmer's magazine 4, january to june, 1836 - 477. Ce système entraînant à l'usage répété des infections de la mamelle, la recherche se dirige vers d'autres moyens ; il sera tout de même vendu en France sous le nom de sondes Davies (ou David) jusque dans les années 1930.
Les appareils par dépression
Le , l'américain Leighton O. Colvin invente une machine à traire composée de quatre « gobelets » en métal placés sur les trayons, le lait se trouvait aspiré par deux pompes à vide à membrane de caoutchouc École nationale vétérinaire d'Alfort, La machine à traire : recherches et innovations depuis les années 1980 en vue d'améliorer la qualité du lait et la santé de la mamelle chez les vaches laitières, thèse de doctorat de Cécile Enault, 2008, actionnée par deux manettes, et s'écoulait dans un seau. Il chercha à améliorer sa machine qui était très douloureuse pour les vaches. Il s'est vendu en EuropeL.O. Colvin invents Vacuum Milker, 1860 American Artifacts, Cow Lilker Patents, A Selection of Cow Milker Patent Drawings : L.O. Colvin 1860, A. Baldwin 1879….
Le , Anna Corey Baldwin invente un bol de succion relié à une pompe à air manuelle, le lait s'écoulant dans un seau.
Le , l'américain William Marshall Mehring dépose son premier brevet, s’inspirant des inventions des deux précédents, sa machine se compose de quatre gobelets et d'une pompe manuelleGoogle Brevets, Patent William Marshall Mehring, brevet 488282. Il continuera à la perfectionner, déposant un brevet de pulsateur en 1915Google Brevets, W. M. Mehring, pulsator, brevet 1355839.
En 1895, l'écossais Alexander Shields brevète un système qu'il appelle « pulsateur » et créé la Thistle Mechanical Milking Machine Company. La machine de Shield introduit malheureusement une bactérie qui contamine le lait, le directeur de la Thistle Company Robert Kennedy démissionne et contacte l'ingénieur écossais William Lawrence afin de réaliser un système amélioré. Ce sera la machine Lawrence-Kennedy en 1897Noelle Foster Feliciano, Contingent Mechanization : The Case of American Dairying, ProQuest, 2008, 72.
Le Googles Brevets, Alexander Gillies, 947156, l'australien Alexander Gillies dépose le premier brevet de gobelet trayeur pneumatique à deux chambres (« manchons »), du caoutchouc à l'intérieur d'un gobelet rigide. Un pulsateur créé les procédures d'aspiration et de massage. Il installe son invention sur la machine Lawrence-Kennedy qui sera commercialisée sous le nom de Lawrence-Kennedy-Gillies (LKG). Exportée aux États-Unis, elle devient la Burrell-Lawrence-Kennedy (BLK).
En 1906, la machine à traire à double chambre de J. et K. Wallace, présentée par les établissements Chalifour et à Paris, reçoit la médaille d'argent au concours général agricole. Un pulsateur commande les quatre gobelets reliés par un tuyau à un pot à lait posé sur le solPierre-Olivier Fanica, Le lait, la vache et le citadin, du , Éditions Quae, 2008, à 360.
En France, de 1922 jusqu'au début des années 1970, l'entreprise belge Mélotte commercialise le « pot suspendu », un pot trayeur en inox fixé à une sangle ventrale autour de la vache.
Vers 1930, Robert Fleury, qui sera directeur général de la Société des Caves de Roquefort, met au point la première machine à traire les brebis, avec Alfa Laval Association Française pour la Production Fourragère, Aperçu d'ensemble des problèmes zootechniques, agronomiques et fourragers de la zone jurassique des Causses, J. Bosc, Fourrages 12, 1962, 5.
Description L'élément principal d'une machine à traire est le gobelet trayeur qui est appliqué sur le trayon de l'animal et imite la succion exercée par sa progéniture. Les pulsations du gobelet trayeur, agissant comme une suite régulière de phases d'aspiration et de massage, sont obtenues au moyen d'un pulsateur.
La machine à traire étant en contact direct avec l'animal doit être réglée précisément pour lui éviter toute blessure et ne pas provoquer l'apparition de mammites. Par ailleurs, toutes les parties qui recueillent le lait, liquide biologique fragile, doivent être nettoyées et désinfectées soigneusement.
Jusqu'à la fin du , la machine à traire nécessitait la présence d'un opérateur humain pour laver les trayons de la vache et installer les gobelets trayeurs. Le retrait des gobelets trayeurs s'automatise de plus en plus (par détection de l'arrêt de descente de lait) et on voit apparaître vers les années 2000 des machines à traire entièrement automatisées.
Ces « robots de traite », sont capables d'alerter automatiquement l'éleveur d'une baisse suspecte de lactation d'une vache, voire d'analyser en temps réel la qualité du lait. L'éleveur peut alors utiliser ces informations pour adapter la ration alimentaire fournie à l'animal, ou procéder à un examen sanitaire approfondi pour analyser les causes des variations observées.
Galerie De la machine mécanique dans l'étable, à la salle de traite automatique
La traite à l'extérieur Elle est en usage au pâturage dans les zones de montagne lorsque les animaux sont en alpage, et est effectuée à l'aide de chariots de traite mobile, ou de machines remorquées ou automoteurs. Ces systèmes de traite sont également robotisablesIsabelle Cauty, Jean-Marie Perreau, La conduite du troupeau laitier, éditions France Agricole, 2003, 79 à 88.
La traite entravée vignette|upright|Pot trayeur pneumatique portatif avec deux griffes de traite, 1910
Elle est effectuée à l'intérieur dans l'étable et en chèvrerie avec : pot trayeur : la griffe de traite alimente un pot à lait qu'il faut déplacer. Travail fastidieux dans le nettoyage et la manipulation. Avec deux pots trayeurs, la moyenne de traite est de dix vaches par heureTraite des vaches laitières : matériel, installation, entretien. Par l'Institut de l'élevage, 235, lactoduc : on ne déplace que les griffes de traite que l'on branche au lactoduc relié directement au tank à lait. Pour trois emplacements pour les animaux, la moyenne de traite est de quinze vaches par heure. Et pour six places, la moyenne est de trente vaches par heure, avec une automatisation en fin de traite, et un personnel de deux trayeursTraite des vaches laitières : matériel, installation, entretien. Par l'Institut de l'élevage, 239.
Ces deux méthodes sont largement répandue dès 1945.
Les différentes salles de traite vignette|1. Parallèle : 50 vaches/h2. Swing over : 60 vaches/h3. Épi : 75 vaches/h4. Rotative : 250 vaches/h Les animaux sont amenés dans une aire d'attente, avant de se déplacer vers la salle, en stabulation. Il faut être particulièrement attentif aux courants vagabonds qui peuvent perturber les animauxCourants vagabonds, une source de problèmes dans les étables., sur geomatik.ch, consulté le 21 août 2016..
Parallèle Première salle de traite inventée, elle est adaptée aux petits à très grands troupeaux mais nécessite une grande salle. Elle était d'usage courant dans les années 1930 et 1950, elle n'est plus sur le marché français.
Tunnel Très utilisée également dans les années 1930 et 1950 pour les vaches, elle est maintenant principalement utilisée pour les chèvres pour des troupeaux de moins de ( de traite). Les animaux sont alignés serrés en file indienne sur un quai (ou plusieurs) de faible largeur.
Tandem ou côte à côte La salle est destinée à de petites à moyennes exploitations possédant jusqu'à . La traite est effectuée par l'arrière. Largement en activité aux années 1960, elle est délaissée causant des troubles musculosquelettiques aux trayeurs, puis début 1980 se voit de nouveau d'actualité grâce au « tandem automatisé ». Ce système, composé d'un ou plusieurs quais, est également utilisé en chèvrerie.
Épi ou herringbone vignette|upright|Plan de salle de traite rotative en épi vignette|upright|Salle de traite D'origine australienne, cette salle est utilisée depuis les années 1950. Elle est recommandée à partir de . Elle est très utilisée en chèvrerie, où les animaux sont disposés en arête de poisson sur deux quais, le trayeur circulant au centre.
Correspondent pour des troupeaux de 40 à laitières. Celle-ci a un débit de à l'heure.
Elle a un prix de pour une 2*5.
Installation de traite simple équipement (swing over) Ce système automatisé, de traite alternée en ligne haute, est installé dans les salles de traite classiques, en épi ou en traite par l’arrière, munies d'une fosse et de deux quais. Les faisceaux-trayeurs suspendus circulent dans l'allée centrale, manipulés par un opérateur, le lait étant évacué par lactoduc.
Correspond à des troupeaux variant de 70 à laitières. Souvent des grandes tailles.
Il faut compter un prix de pour une 2 fois 12 en 2014.
Rotative vignette|upright|traite rotative. Elle est aussi appelée roto de traite, manège de traite ou carrousel. Les roto convient à des troupeaux de 75 à laitières. Il permet de traire par heure.
Son prix est de pour un en traite intérieur.
Pour les rotos équipés de décrochage automatique, le budget oscille entre /an (sans compteur à lait) et /an (avec compteurs à lait)… »
Traite des chèvres Une étude rendue par la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres, en décembre 2009, conclut qu'il faut pour traire un troupeau de , à une cadence de par heure, soit par chèvre, avec de lait chacune, sur la traite du matin Roto de traite caprin : le temps de traite dans 12 élevages Par Christophe Béalu, avec la collaboration de Charlotte Gerard - Chambre d'agriculture des Deux-Sèvres, décembre 2009.
Traite des vaches Pour et un personnel de , le rendement de traite est en moyenne de de lait par heureTraite des vaches laitières : matériel, installation, entretien. Par l'Institut de l'élevage, 267.
Depuis 2010, il existe un roto de traite entièrement automatisé, l'AMR, qui fut présenté au salon à Hanovre par la société DeLavalLancement du premier roto de traite automatique. Il permet la traite de par heure, soit trois fois par jour ou par jourSite officiel DeLaval France, AMR™ DeLaval, À propos de DeLaval/l'innovation chez DeLaval.
Le robot de traite vignette|upright|Unité automatique Fullwood Merlin, années 1990, Deutsches Museum En 1992 le robot de traite de la marque Lely était un prototype. Le premier robot de traite de la marque Lely a été vendu en 1995 en France. En 2022 robots de traite Lely sont présents pour traire plus de 2 millions de vaches par jour. En 2015, il existait cinq marques qui commercialisent des robots en France, en plus de ceux de la marque Lely : , GEA Farm Technologies, Boumatic, Fullwood et SAC.