L’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF), née en 1967, est une organisation interparlementaire qui fédère 95 adhérents issus de parlements ou d'organisations interparlementaires des cinq continents, présentant la particularité d'avoir le français en partage. C'est un espace politique de débats, de propositions et d'échanges d'informations sur tous les sujets d'intérêt commun à ses membres.
L’APF, reconnue comme assemblée représentative et consultative de la francophonie, adopte des résolutions sur des sujets intéressant la communauté francophone dans les domaines politique, économique, social, culturel, éducatif et environnemental, en particulier à destination des organes exécutifs de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) : les sommets des chefs d’État et de gouvernement ; les conférences ministérielles de la francophonie ; les conseils permanents de la francophonie.
Le président est le Premier vice-président de l'Assemblée nationale du Cameroun Hilarion Etong et le délégué général est la députée française Amal Amélia Lakrafi.
Historique De 1967 à 1989 : l’Association internationale des parlementaires de langue française vignette|Victor Bodson, président de la Chambre des députés du Grand-Duché de Luxembourg, premier président de l’AIPLF, Lamine Gueye, président de l’Assemblée nationale du Sénégal lors de la première rencontre internationale des parlementaires de langue française. (Luxembourg, 1967) L’Association internationale des parlementaires de langue française (AIPLF) est créée en sur une proposition de Léopold Sédar Senghor et avec le soutien actif de Charles Helou, Habib Bourguiba, Norodom Sihanouk et Hamani DioriHistorique de l’Assemblée parlementaire de la francophonie, sur le site de l'APF. « Ce sont les peuples qui, par l’intermédiaire de leurs élus, pousseront les gouvernements à aller de l’avant. Il faudrait réunir dans une association interparlementaire les parlements de tous les pays où l’on parle le français. »
Léopold Sédar Senghor (février 1966)À l'initiative de Xavier Deniau, député français, l'assemblée constitutive, réunissant des délégués de vingt-trois parlements d'Europe, d'Afrique, d'Amérique et d'Asie se tient à Luxembourg en . Elle place à sa présidence Victor Bodson, Président de la Chambre des députés du Grand-Duché de Luxembourg, tandis que Xavier Deniau est nommé secrétaire général parlementaire.
Tout en œuvrant pour le rayonnement de la langue française, son premier objectif, l’AIPLF alors constituée de 23 sections issues de parlements d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, d’Europe et d’Océanie, se veut être le reflet et le témoin du pluralisme culturel des peuples de la francophonie.
Dès sa création, l’AIPLF préconise la mise en place d’une institution intergouvernementale de la francophonie. Elle joue un rôle important dans la naissance, en 1970, de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue depuis l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
De 1989 à 1998 : l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française En juillet 1989, lors de la à Paris, l’AIPLF devient l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française, affirmant ainsi sa vocation à devenir l’organisation interparlementaire des pays de la francophonie, telle que l’avait reconnu le Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant en commun l’usage du français, à Dakar en mai précédent. Cette évolution place l’AIPLF comme une instance politique de la francophonie, ce qui la distingue des opérateurs directs.
Lors du Sommet de Maurice d’, les chefs d’État et de gouvernement, après avoir réaffirmé la place éminente de l’institution parlementaire au cœur de la démocratie représentative et de l’État de droit, considèrent que l’AIPLF, seule organisation interparlementaire de la francophonie, constitue le lien démocratique entre les gouvernements et les peuples francophones. En conséquence, l’AIPLF est reconnue comme l’Assemblée consultative de la francophonie.
La Charte de la francophonie, adoptée à Hanoï en , qui modifie les institutions de la francophonie en créant notamment le poste de secrétaire général de la Francophonie, reconnaît le nouveau statut de l’AIPLF.
De 1998 à aujourd’hui : l’Assemblée parlementaire de la francophonie Afin de se mettre en conformité avec la Charte adoptée à Hanoï, l’Assemblée décide, lors de sa session d’Abidjan en , d’adopter le nom d’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF).
Rôle dans les institutions francophones vignette|Le logo de la Francophonie symbolisant les cinq continents
Au fur et à mesure que l'architecture des instances politiques de la francophonie prenait forme, l'APF s'est efforcée d'y faire reconnaître son rôle d'interlocuteur privilégié, notamment vis-à-vis :
de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement ayant le français en partage (Sommet de la francophonie), qui se réunit tous les deux ans et représente la plus haute instance politique ; de la Conférence ministérielle de la francophonie (CMF), qui réunit une fois par an les ministres chargés de la francophonie des pays et communautés membres des Sommets et constitue un relais entre ces derniers ; du Conseil permanent de la francophonie (CPF), qui a été institué par le Sommet de Chaillot en pour préparer les décisions des Sommets et en assurer le suivi. Le CPF est également chargé de l'animation et du contrôle des principaux opérateurs de la francophonie.
Une première étape importante a été franchie à l'occasion du Sommet, réuni à Dakar en , qui a adopté une résolution reconnaissant « le rôle éminent que l'APF, seule organisation interparlementaire des pays francophones, joue dans la construction et le développement de la francophonie. »
Le processus de reconnaissance de l'APF a trouvé son aboutissement en , au Sommet de l'Île Maurice, qui lui a accordé le statut d'« Assemblée consultative de la francophonie ». Cette consécration n'a pu être acquise qu'à l'issue d'une vaste refonte de ses structures et de son règlement, avalisée par son assemblée générale, réunie à Libreville, en .
En vue de lui permettre d'exercer concrètement les nouvelles responsabilités que lui conférait ce statut d'Assemblée consultative, l'APF a manifesté le souhait que soient précisées les relations l'unissant aux autres instances politiques de la francophonie. Ce souhait fut pris en compte à l'occasion de la réforme des institutions de la francophonie, réforme qui a donné lieu à la rédaction d'une charte, approuvée lors de la Conférence ministérielle de Marrakech en , et adoptée définitivement par le Sommet de Hanoï en .
Ce document prévoit, s'agissant de l'APF : la transmission réciproque des informations, des décisions, des rapports et autres documents de l'APF, des sommets et de toutes les instances de la francophonie ; la participation de représentants de l'APF sur des sujets précis aux travaux des sommets, de la CMF et du CPF ; la participation de représentants de la CMF et du CPF aux travaux de l'APF et de ses commissions.
Membres 95 parlements ou organisations sont actuellement représentés à l'APF :
57 sections membres (dont 4 suspendues) :
19 sections associées :
19 observateurs :
La liste des parlements adhérents à l'APF diffère de celles membres de l’Organisation internationale de la francophonie.
En effet, les parlements des États membres de l'OIF suivants n'ont pas adhéré à l'APF :
À l’inverse, les parlements des territoires infra-étatiques suivants sont adhérents à l'APF alors que leurs autorités exécutives n’ont pas rejoint l’OIF :
La composition de l'APF évolue au gré des nouvelles adhésions. Elle s'est considérablement élargie depuis le début des années 1990, avec l'accueil des parlements de pays engagés dans un processus de transition démocratique, notamment en Europe de l'Est. Cette vitalité témoigne de l'attrait, tant politique que culturel, que l'APF continue d'exercer, plus de cinquante ans après sa création, parmi l'ensemble des communautés francophones.
L’Assemblée nationale d’Angola, la Chambre des représentants de Chypre, l’Assemblée législative de Pondichéry et l’Assemblée nationale de Sao Tomé-et-Principe viennent de déposer leur candidature en vue d’une adhésion en 2024 ou 2025. Des discussions sont en cours avec plusieurs autres parlements dont les pays sont déjà membres de l’OIF, sur quatre continents.
Présidents de l’APF Mandat Nom Pays Fonction 1967-1972Victor BodsonPrésident de la Chambre des députés1972-1973 André BaudsonDéputé à la Chambre des représentants1973-1979 Charles HelouAncien président de la République(1964-1970)1979-1982 Philippe Yacé Président de l’Assemblée nationale1982-1983 Amadou Cissé DiaPrésident de l’Assemblée nationale1983-1984 Habib ThiamPrésident de l’Assemblée nationale 1984-1988 Daouda SowPrésident de l’Assemblée nationale 1988-1990 Martial AsselinVice-président du Sénat1990-1991Guy CharbonneauPrésident du Sénat1991-1993 Jules-Aristide Bourdès OgouliguendePrésident de l’Assemblée nationale1993Marcel-Éloi Rahandi-ChambrierPrésident de l’Assemblée nationale1993-1994 Jean-Pierre SaintongePrésident de l'Assemblée nationale1994-1995 Roger BertrandPrésident de l'Assemblée nationale1995 Adrien HoungbédjiPrésident de l’Assemblée nationale1995-1997 Bruno AmoussouPrésident de l’Assemblée nationale1997-1999 Jean-Robert GauthierSénateur1999-2001 Nicolas Amougou Noma de l’Assemblée nationale2001-2002 Jean-Pierre CharbonneauPrésident de l'Assemblée nationale2002-2003 Louise Harel Présidente de l'Assemblée nationale2003 Michel BissonnetPrésident de l'Assemblée nationale2003-2005 Mahamane OusmanePrésident de l’Assemblée nationale2005-2007 Bernard PatryDéputé à la Chambre des communes2007-2009 Guy Nzouba-NdamaPrésident de l'Assemblée nationale2009-2011 Yvon VallièresPrésident de l'Assemblée nationale2011 Jacques ChagnonPrésident de l'Assemblée nationale2011-2012 Roch-Marc Christian KaboréPrésident de l'Assemblée nationale2012-2013 Soungalo Apollinaire OuattaraPrésident de l'Assemblée nationale2013-2014Andrée Champagne Sénatrice2014-2015Paul McIntyre Sénateur2015-2017Aubin Minaku NdjalandjokoPrésident de l'Assemblée nationale2017-2018Jacques ChagnonPrésident de l'Assemblée nationale2018-2019François ParadisPrésident de l'Assemblée nationale2019-2022Amadou SoumahoroPrésident de l'Assemblée nationale2022 Adama BictogoPrésident de l'Assemblée nationale2022-2024Francis Drouin Député à la Chambre des communes2024-2026Hilarion Etong de l’Assemblée nationale
Délégués généraux (ancienne appellation : "Secrétaires généraux parlementaires") Mandat Nom Pays Fonction 1967-1982Xavier DeniauDéputé à l'Assemblée nationale1982-1986 André DeleheddeDéputé à l'Assemblée nationale1986-1988 Jacques LegendreSénateur1988-1993 André DeleheddeDéputé à l'Assemblée nationale1993-1995 Franck BorotraDéputé à l'Assemblée nationale1995-2013 Jacques LegendreSénateur2013-2017 Pascal TerrasseDéputé à l'Assemblée nationale2017Michèle AndréSénateur2018-2022Jacques KrabalDéputé à l'Assemblée nationale2022-2025Bruno FuchsDéputé à l'Assemblée nationale2025-Amal Amélia LakrafiDéputée à l'Assemblée nationale
Instances La vie démocratique de l'APF est organisée autour des structures délibérantes suivantes :
quatre Régions : Afrique ; Amérique ; Asie Pacifique ; Europe ;
la Session plénière, chargée du pilotage stratégique de l'institution, rassemble des parlementaires de toutes les sections de l'institution une fois par an ; le Bureau, qui assure la direction politique de l'institution, compte une trentaine de membres reflétant la diversité géographique de l'institution. Les membres se réunissent deux fois par an ; quatre commissions : la Commission politique (CP) ; la Commission des affaires parlementaires (CAP) ; la Commission de l'éducation, de la culture et de la communication (CECC) ; la Commission des affaires économiques, sociales et environnementales (CAESE) ; deux réseaux le Réseau des femmes parlementaires ;