Moûtiers est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Capitale historique de la vallée de la Tarentaise, Moûtiers est une petite ville qui comptait en , ce qui en fait la vingt-et-unième commune savoyarde (2018)« Recensement de la population, Populations légales en vigueur à compter du », date de référence statistique : ( lire en ligne). La population totale de Moûtiers est de (3 509 + 457).. Elle se situe dans la partie basse de la vallée de l'Isère, sur les contreforts du massif de la Vanoise et du Beaufortain.
L'ancienne Darantasia, qui donnera son nom à la vallée, devient une , au , avec l'installation du siège de l'évêché de Tarentaise et d'une cathédrale romane, dédiée à saint Pierre. Installée au centre de la vallée de l'Isère, elle se situe à la confluence avec le Doron de Bozel, où l'on trouve les trois vallées de Bozel, des Allues et des Belleville. Cette installation d'un siège épiscopal puis archiépiscopal est à l'origine d'ailleurs du toponyme moderne, issu de (monastère).
Géographie Localisation Moûtiers est située au cœur de la vallée de la Tarentaise dont elle est la capitale. Elle est la porte d'accès à la haute-Tarentaise et de plusieurs grandes stations de sports d'hiver. Les du territoire de la commune se situent entre les montagnes, dans un espace restreint, des immeubles ont d'ailleurs été construits sur les pentes. Cette position ne permet d'ailleurs pas à la ville de Moûtiers de s'étendre.
Moûtiers est située au confluent de l'Isère et du Doron de Bozel.
Elle est située à de Bozel, à d'Aime, à d'Albertville, de La Léchère et de Bourg-Saint-Maurice et à de La Chambre.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Voies de communication et transports Voies routières Moûtiers est située sur la RN 90 qui est une voie rapide prolongeant l'A430. À partir de Moûtiers, la RN 90 remonte la vallée de la Tarentaise vers le col du Petit-Saint-Bernard (en direction d'Aoste en Italie). Au-delà de Bourg-Saint-Maurice, elle a été déclassée en route départementale (RD 1090).
Pistes cyclables Une piste cyclable relie Moûtiers au barrage d'Aigueblanche, une autre suit l'ancien tracé de la RN 90 dans les gorges de Ponserand.
Transport ferroviaire vignette|La gare SNCF de Moûtiers-Salins-Brides-les-Bains. La gare de Moûtiers - Salins - Brides-les-Bains dessert par voie routière les Trois Vallées (Courchevel, La Tania, Méribel, Les Menuires, Val Thorens), ainsi que Champagny-en-Vanoise, Pralognan-la-Vanoise, Valmorel, Aime et Bourg-Saint-Maurice.
Urbanisme Typologie Au , Moûtiers est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MoûtiersUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Moûtiers comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Moûtiers, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (54,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,3 %), zones urbanisées (25,5 %), prairies (15,2 %), mines, décharges et chantiers (2,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
La confluence Le site de Moûtiers est un site typique de confluence entre l'Isère et le Doron de Bozel, son affluent de rive gauche. Celui-ci, par comparaison avec l’Isère est encore proche de ses sources au cœur du massif de la Vanoise d'où son cours à la fois impétueux sa forte charge alluviale : c’est son cône de déjection qui commande la pente topographique du sud vers le nord. Dans la partie est, l’Isère, sous la protection du coteau de Champoulet, a sa dynamique propre et ne se laisse pas plaquer contre les pentes de Hautecour : après son coude brutal au sortir du défilé de Pomblière, elle se ménage une petite plaine..
Les sections suivantes font référence au plan établi en 1975. Malgré l'ancienneté du plan, il s'agit d'une bonne base de départ pour apprécier l’évolution très limitée de la situation depuis cette date.
La capitale historique vignette|gauche|Pont Saint-Pierre, point de départ du développement du bourg.|alt=Le site de pont qui explique la naissance de Moûtiers vignette|droite|La Grande-Rue est au cœur de la capitale de la Tarentaise.|alt=Photographie de la Grande rue. Le centre historique de l'ancienne Darentasia s’est développé en tant que site de pont : la traversée de l'Isère est facilitée par sa relative étroitesse. Il est ensuite facile de gagner la vallée du doron en serrant de près l’avancée de Champoulet. Les archevêques-comtes pouvaient exercer leur pouvoir civil religieux depuis l'ensemble cathédral. La fonction commerçante a logiquement suivi : la Grande-Rue dit Grand’rue en reste le symbole. L’ensemble du quartier conserve des rues étroites et un bâti de maisons jointives en hauteur. Le rajeunissement a été opéré dans les années 1970 par l’opération ponctuelle de rénovation Saint-Antoine. Le développement a surtout concerné la rive droite. Dans le prolongement de ce centre vers l’aval, le faubourg classiquement nommé « de la Madeleine » a, classiquement aussi, un profil linéaire.
La modeste sous-préfecture vignette|droite|Hôtel de ville, installé sur l'emplacement de l'ancienne sous-préfecture. À partir de l'annexion de la Savoie (1860) et jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le développement urbain est resté très modéré, tout comme l'essor démographique ( en 1861, 2 911 en 1936). Il porte cependant la marque de la révolution des transports. Il s'agit moins du développement des transports routiers avec l'évitement du centre historique par la RN 90 que de l'arrivée du chemin-de-fer en 1893 ; Moûtiers devait rester la gare terminus jusqu'en 1913. Comme pour le centre ancien, ce développement est dissymétrique, plus important en rive droite, en direction de la gare PLM. Il prend la forme d’immeubles modernes pris dans une trame viaire géométrique, avec des espaces ouverts comme le square de la Liberté, aux Quatre chemins. L'hôtel de ville s'y délocalisera en 1932 après le départ de la sous-préfecture (1926). L'urbanisation profite de l'effacement de la fonction militaire, avec la fermeture de la caserne de chasseurs alpins, qui fait place à un groupe scolaire primaire, ainsi que du déclin de la vie rurale avec la fermeture du champ de foire.
De l'industrie à l'olympisme vignette|Immeubles sur l'emplacement de l'ancienne aciérie. À l'inverse de Saint-Jean-de-Maurienne, la révolution de la houille blanche n'aura marqué que pour une brève période la capitale de la Tarentaise. Ce n'est pas la construction en 1932 d'une centrale hydroélectrique discrète qui marque le paysage mais, branchée sur la voie ferrée, celle d'une aciérie construite par Ugine en 1938. Si cette création était dans la logique de la croissance de cette société pour la fabrication des aciers inoxydables, sur le plan de l'urbanisme l'apport est essentiellement négatif. Les halls de fabrication imposaient leur masse étagée sur quatre niveaux entre la voie ferrée et les pentes sous Hautecour, en contraste total avec la vieille capitale. Mais pas d'urbanisme en cités pavillonnaires et, partant, pas d'afflux de population, faute de place mais surtout parce que la main-d'œuvre était pour une bonne part constituée d’ouvriers-paysans domiciliés dans les villages environnants. La parenthèse est refermée avec la fermeture de l'usine en 1982 et la chance tourne cette fois en faveur de la ville : les Jeux olympiques d'hiver de 1992 portent le nom « Jeux d'Albertville et de la Savoie ». Moûtiers s'est trouvée en position beaucoup plus centrale par rapport aux différents sites olympiques et est dotée de bâtiments spacieux pour exercer sa part de commandement : le centre international de Radio-Télévision (CIRTV), un bâtiment réalisé en 1991 par l'architecte Denis Sloan., sur une ancienne friche industrielle de la commune, qui occupe (dont démontables). Ils sont affectés aujourd'hui à des usages de bureaux, d'activités artisanale et complétés d'immeubles d'habitation à la pointe de la modernité. L'imposante gare routière installée à proximité de la gare ferroviaire, profitant de la réduction des emprises ferroviaires, est aménagée dans les années 1980 et calibrée pour distribuer les se rendant dans les stations de sports d'hiver de la vallée.
Dans l'ambiance des Trente Glorieuses