Villers-Cotterêts (Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, .) est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région culturelle et historique de Picardie, administrative Hauts-de-France.
Elle est principalement connue pour l'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui fit du français la langue utilisée par la justice. Elle doit aussi sa popularité à la Cité Internationale de la langue française, ouverte en 2023, située au château de Villers-Cotterêts.
Située à proximité de Soissons et Paris, elle fait partie de l'aire d'attraction de Paris.
Géographie Description vignette|gauche|redresse=0.8|Borne de nivellement sur le mur du château. Altitude 137 m. La commune est située au sud du département de l'Aisne, en bordure du département de l'Oise. La forêt domaniale de Retz occupe une bonne moitié de son territoire.
Soissons est à au nord-est ; l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, et Paris, sont respectivement à et au sud-ouest.
Le sentier de grande randonnée GR11 ou « Grand Tour De Paris » et le GR 11A passent à Villers-Cotterêts.
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Automne, le fossé 01 de la commune d'Autheuil-en-Valois, les fossés 01 et 02 de la commune de Villers-Cotterêts.
L'Automne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Verberie face à Longueil-Sainte-Marie, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Villers-CotterêtsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau 2 de la commune de Villers-Cotterêts () et l'étang de Malva ()..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Automne ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Automne. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat d'aménagement et de gestion des eaux du Bassin Automne (S.A.G.E.B.A).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Margny-lès-Compiègne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme vignette|Vue aérienne en 2019. Typologie Au , Villers-Cotterêts est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Villers-Cotterêts, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (72,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (73 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (70 %), terres arables (11,5 %), zones urbanisées (7,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,9 %), prairies (1,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,3 %), cultures permanentes (0,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine
Lieux-dits et écarts La Plaine Saint-Rémy, Pisseleux, commune rattachée à Villers-Cotterêts en 1971. vignette|centre|L'abbaye Saint-Remy et Saint-Georges de Villers-Cotterêts au . Habitat et logement En 2019, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2014 et de en 2009.
Parmi ces logements, 90,8 % étaient des résidences principales, 1,1 % des résidences secondaires et 8,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 45,6 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 52,8 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Villers-Cotterêts en 2019 en comparaison avec celle de l'Aisne et de la France entière. La proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (1,1 %) est inférieure à celle du département (3,5 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 43,4 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (41,8 % en 2014), contre 61,6 % pour l'Aisne et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Villers-Cotterêts en 2019. Typologie Villers-Cotterêts. Aisne. France entière. Résidences principales (en %)90,886,582,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)1,13,59,7 Logements vacants (en %)8,19,98,2
Voies de communication et transports vignette|La gare de Villers-Cotterêts. La route nationale 2 contourne la commune en rocade. Cet axe majoritairement aménagé en permet une liaison fluide vers l'agglomération parisienne d'une part et Soissons d'autre part.
Le tracé initial de l'ancienne route nationale 36 (actuelle RD 936) relie la ville à Meaux et Melun et le tracé initial de la route nationale 373 (actuelle RD 973) permet de relier Compiègne et Château-Thierry.
La gare de Villers-Cotterêts est sur la ligne de La Plaine à Hirson et Anor (frontière) desservie par les trains du TER Picardie (Paris - Laon).
Un service de bus Villéo-Retzéo, entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, regroupe 3 lignes urbaines desservant les établissements scolaires au centre-ville et la gare SNCF, ainsi qu'une ligne interurbaine la reliant à La Ferté-Milon. Un service de bus à la demande relie toutes les communes de la communauté de communes..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Vilers-Coldereist (1174)Dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Quentin-en-l'Île. ; Villare-Colderest (1196)Dans le cartulaire de Laon. ; Viler-Coderest (XIIe siècle) ; Villare-in-collo-Resti (1273) ; Villare-colli-Resti (1276) ; Villiers-Coste-Rest (1328) ; Villiers-Coste-Rez (1330) ; Villers-Coste-Rest (1340) ; Villers-Costeretz (1418) ; Villers-Cotterel (1573) ; Viler-Cotteray (1618) ; Bourg de Villiers-Cotterets (1703) ; Villers-Coterets.. Le Villa, d'où dérive Villers, nous fait savoir qu'un domaine gallo-romain doit être à l'origine de ce territoire au . Il s'y forma un hameau qui porta d'abord le nom de Villers-Saint-Georges en souvenir du prieuré de bénédictins élevé par Saint Valbert.. Cotterêts est issu du mot celte cot « forêt » et du nom « Retia » donné par les romains à la forêt voisine. qui s'appelle « la forêt de Retz » attesté sous les formes Boscum de Rest (1239) ; Foresta Resti (1265)..
Histoire
La ville, le château et l'ordonnance Une simple clairière de l'immense forêt des Sylvanectes servait de lieu de rassemblement aux plus lointains ancêtres des Cotteréziens qui vivaient le plus souvent à l'abri des grands bois ; les historiens locaux ont pu démontrer que c'est le centre actuel de la ville.
Moyen Âge Il faut attendre le pour qu'il soit fait mention d'une métairie, « une villa » entourée de quelques chaumières attribuée par Clovis à l'un de ses lieutenants. En 632, Dagobert chasse dans la forêt ; il y possède un pied-à-terre puis une résidence royale (le palatium) et l'histoire de la ville se confond bien vite avec celle de son château, tout d'abord simple rendez-vous de chasse.
En 715, année de la mort de Dagobert III, plusieurs guerres civiles ont lieu ; une bataille sanglante se déroule dans la forêt de Villers-Cotterêts, appelée à l'époque forêt de la Côte, ou Cuice..
Au , le château c'est la Malemaison (mauvaise demeure) dont les seigneurs sont des brigands qui pillent et rançonnent les voyageurs osant s'aventurer en forêt. Propriété des seigneurs de Crépy, le château est agrandi et embelli en 1165 par Philippe d'Alsace, comte de Flandre, époux d'Elisabeth, fille de Raoul IV.
En 1214, le Comté de Valois est réuni à la Couronne et la Malemaison devient propriété royale puis, en 1284, Philippe III le Hardi le concède à son fils cadet Charles, qui prend le titre de comte de Valois (et sera à l'origine de la branche royale de Valois). Il fait alors rebâtir et orner le château avec une magnificence et un luxe dont parlèrent avec admiration tous les chroniqueurs du temps.
Les années passent, la guerre de Cent Ans ravage le Valois et le Chastel de Villers-Cotterêts qui restera désert pendant de longues années. Après son accession au trône de France en 1498, Louis XII donne le Valois à son jeune cousin (et futur gendre) François d'Angoulême, à charge pour lui de rétablir le Chastel de Villers-Cotterêts. Mais François n'a pas encore cinq ans et ce n'est qu'en 1506 qu'il viendra pour la première fois chasser avec le roi à Villers-Cotterêts.
Temps modernes Monté sur le trône en 1515, fait renaître le duché de Valois qui surpasse alors son ancienne splendeur. Le roi aime la chasse et le chroniqueur nous dit que (Bergeron – Le Valois Royal).