vignette|Penmarc'h, le phare. Penmarch [pɛ̃'maʁ] en breton (orthographiée le plus souvent Penmarc'hOlivier Desveaux, Penmarc'h. Le mystère de l'apostrophe perdue, Le Télégramme, 13 septembre 2002. ; anciennement Tréoultré) est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne.

Géographie

Localisation Penmarc'h est la commune la plus au sud-ouest du pays Bigouden. Elle est située à l'extrémité sud de la baie d'Audierne. Le bourg de Penmarch est à vol d'oiseau à trente kilomètres de Quimper. Elle est la plus peuplée du canton de Guilvinec, avec une population de en 2012 ( pour l'ensemble du canton) ; la commune comprend aussi les hameaux portuaires de Saint-Guénolé, Saint-Pierre et Kérity.

vignette|centré|Carte de la commune de Penmarch (limite communale en orange).

Communes limitrophes Limitée au sud et à l'ouest par l'océan Atlantique, Penmarch n'a que deux communes limitrophes : Guilvinec au sud-est ; Plomeur au nord et à l'est.

Géologie et relief

Sur le plan géologique, Penmarc'h fait partie du domaine sud armoricain du Massif armoricain marqué par le cisaillement sud-armoricain. Cette immense faille se manifeste essentiellement par des roches magmatiques de type granite armant les reliefs qui constituent les contreforts du haut pays Bigouden.. vignette|Vue d'ensemble du littoral entre Saint-Pierre (au premier plan) et, à l'arrière-plan, Saint-Guénolé ; au milieu la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie. Une bonne partie de la commune est formée de leucogranite dit de Pont-l'Abbé. Ce leucogranite est un granite de teinte claire à deux micas (biotite et muscovite) ; il est le plus souvent à gros grain, mais peut aussi présenter un aspect plus feuilleté ou être fissuré par des diaclases, donnant alors à cause de l'érosion des rochers aux formes spectaculaires, comme ceux de Saint-Guénolé en Penmarc'h ou de la Pointe de la Torche en PlomeurLouis Chauris, "Pays bigouden : des pierres et des hommes", éditions Skol Vreizh, 2011, []. Risque de submersion marine Le territoire de la commune est particulièrement plat et d'une très faible altitude, souvent inférieure à . On y trouve de nombreux marais lagunaires (lochs) dont certains ont été drainés et comblés, en particulier à Saint-Guénolé, afin de gagner de l'espace pour l'habitat ou l'installation de locaux artisanaux. En conséquence, bâtiments de la commune se trouvent en zone inondable « risque de submersion marine » (dont 950 avec un risque très fort)"Le Télégramme de Brest et de l'Ouest" du 18 décembre 2018.

Selon un index global correspondant à l'agrégation de 5 critèresPopulation concernée, pourcentage de la population totale concernée, superficie du bâti exposé, bâti de plain-pied exposé, et part des entreprises situées en zone inondable. effectué en 2011 par l'Observatoire National des Risques NaturelsL'Observatoire National des Risques Naturels a été créé en France en 2012, à la suite des conséquences catastrophiques de la tempête Xynthia de 2010., Penmarc'h est, après La Fresnais (Ille-et-Vilaine), la commune de Bretagne la plus exposée au risque de submersion marine avec 51,20 % de sa population totale concernée et de bâti exposé au risque de submersion..

Serge Duigou décrit ainsi le relief et la répartition de l'habitat : « La presqu'île de Penmarc'h, pointe avancée de la presqu'île du Cap Caval (...) est formée de plusieurs isolats. Les trois principaux pôles d'habitation Tréoultré [le bourg de Penmarc'h], Kérity - Saint-Pierre et Saint-Guénolé sont séparés, isolés les uns des autres, par des zones humides, marais ou vasières, le Ster au sud, la Joie à l'ouest, Lescors au nord (...) reliés par deux ponts, le pont de Kéréon entre Tréoultré et Saint-Guénolé et le pont Ninon entre Tréoultré et Kérity ».. On a pu parler d'un « archipel terrestre ».

Per Jakez Helias décrit ainsi, dans le conte La rivière de Kido, de manière imagée, les conséquences de l'envasement et de l'ensablement progressif de la région :

vignette|gauche|Carte de la Pointe de Penmarc'h (entre 1771 et 1785) De nombreux îlots ou écueils de dimensions très variables ponctuent toute la côte de Penmarc'h : les plus importants sont les Étocs au sud de Kérity, l'île Saint-Nonna à l'ouest de Saint-Pierre.

Le tracé de la côte évolue de manière importante au fil du temps. Un rapport publié en 1913, basé sur les relevés effectués par un ingénieur hydrographe, La Porte, entre 1901 et 1912 et comparés avec ceux effectués par Beautemps-Beaupré entre 1818 et 1821, écrit : « La Pointe de Penmarc'h, entre Saint-Guénolé et Kerity, sur une longueur de , a partout reculé ; le recul atteint parfois plus de ; la moyenne est de pour 86 ans, soit par siècle. De Penmarc'h à Loctudy, le recul est moins prononcé. Il prédomine et atteint une quarantaine de mètres à la pointe de Saint-Oual »"Journal officiel de la République française. Lois et décrets", du , consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65210090/f20.image.r=B%C3%A9nodet.langFR.

Le port de Saint-Guénolé qui présente une passe ouverte plein ouest réputée dangereuse par gros temps, est protégé par deux presqu'îles granitiques : Krugen au sud, Conq au nord-ouest. Krugen est reliée à la côte par un isthme sableux. Conq est reliée à la côte par une digue artificielle, elle-même protégée par des blocs de béton qui permettent de mieux briser le déferlement de la houle. vignette|Les Étocs vus de la plage du Stêr Poulguen La côte rocheuse granitique, (dite « côte sauvage » à Saint-Guénolé), est entrecoupée de plusieurs plages : au nord, la plage de Pors-Carn qui se prolonge jusqu'à la pointe de la Torche (commune de Plomeur) ; à l'ouest, la plage de La Joie ; au sud, la plage du Stêr (ou Steir) qui commence à Kérity et se prolonge jusqu'au Guilvinec.

Devant Penmarc'h, le plateau granitique submergé sert de socle aux « Roches de Penmarc'h »., une trentaine de rochers, jamais recouverts par la mer, dont les plus hauts atteignant de de hauteur, sont les ÉtocsÉtoc est un vieux mot français signifiant « roches voisines de la côte et dangereuses pour la navigation » ; cette appellation ne remonte qu'à la carte de Cassini de 1783, les marins locaux appelant ces rochers Ar C'helou, voir H. Dyèvre, "Toponymie nautique", http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1962_num_69_4_2171.

En raison de la configuration du territoire et des vents forts qui y soufflent tout au long de l'année, la végétation est rase sur la commune ; les arbres de quelque importance qui y grandissent adoptent souvent une forme « en drapeau » avant d'être un jour ou l'autre abattus par une tempête.

Henry Reverdy a décrit ainsi Penmarc'h en 1903 :

Charles Géniaux a écrit pour sa part : « La presqu'île de Penmarc'h, c'est une terre posée comme un radeau trop chargé sur la mer, et, depuis les saints jusqu'aux ivrognes, tous ses habitants doivent être marins afin d'avoir le droit d'y vivre »Charles Géniaux, L'Océan, Paris, éditions Fasquelle, 1913.

Tempêtes et raz-de-marée vignette|Arbres battus par le vent dans le marais de Lescors. La situation péninsulaire et la platitude de la commune expliquent qu'elle soit très exposée aux tempêtes (celles du et du par exemple sont restées célèbres) et aux submersions marines lors des marées à fort coefficient avec fort vent de sud-ouestL'amplitude de la marée à Penmarch atteint en théorie (plus si le vent est de sud-ouest et beaucoup plus en cas de forte tempête) lors d'un coefficient de marée de 120 et les altitudes des zones littorales sont inférieures à . Lors de la submersion marine du 9 janvier 1924 par exemple, le coefficient de marée n'était que de 95, l'amplitude prévue de la marée n'était que de , mais en raison de la tempête et de la dépression atmosphérique, la surcote fut d'environ , à laquelle il faut ajouter la hauteur des vagues, qui atteignait , selon Marcelle Bresson, revue "Annales de Géographie" du 15 janvier 1924, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104190p/f191.image.r=Penmarch.langFR, dénommées parfois à tort raz-de-marée, particulièrement à Saint-Guénolé et à Saint-Pierre, comme celle du Camille Vallaux, Sur les oscillations des côtes occidentales de la Bretagne, revue "Annales de Géographie", janvier 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1041556/f31.image.r=Penmarch.langFR, ou encore celles de 1899, 1900, 1904 et 1924.. Par exemple le , un ouragan emporta, au bourg de Penmarch, le toit de l'église Saint-Nonna.

Jacques Cambry a décrit en 1793 une tempête à Penmarc'h :

Marcel Proust a décrit la violence de la tempête à Penmarch en 1895 dans son roman Jean Santeuil :

Les raz-de-marée des nuits du au et du 8 au à Saint-Guénolé :

Le journal La Dépêche de Brest décrit ainsi le raz-de-marée de 1904 : « Le raz de marée a causé surtout des dégâts à Saint-Guénolé (...). La mer a en effet tout submergé, les maisons et les champs, sur une étendue de plusieurs kilomètres. Les usines ont été ravagées. Les maisons ont eu leurs portes et fenêtres brisées, ont été envahies par la mer. Les barques de pêche ont été transportées sur les routes, lesquelles transformées en torrents sont complètement défoncées. (...). Toutes les récoltes en terre sont perdues et plusieurs hectares de terres cultivables ne pourront être utilisées avant quatre ans à cause des éléments salins qui y ont été déposés ».

L'hebdomadaire Le Courrier du Finistère écrit quant à lui :

Cette tempête ne fit toutefois qu'un seul mort à Penmarc'h : un jeune homme de 17 ans, Michel Cornec, à Saint-Guénolé. La tempête du à Saint-Guénolé :

La tempête du 5 février 2014 à Saint-Guénolé :

Le risque de submersion marine reste important de nos jours : selon une estimation datant de 2015, à Penmarc'h habitent dans une zone « à risque important d'inondation (...) vulnérables à une situation de submersion marine »Vladimir de Lapouge, chargé de mission inondation et submersion marine au Conseil général du Finistère, cité dans le journal Le Télégramme du 17 mars 2015. Le plan de prévention des risques naturels prévisibles relatif au phénomène inondation par submersion marine (PPRSM) de Penmarch a été approuvé par arrêté préfectoral du , modifié le http://www.finistere.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-risques-naturels-et-technologiques/Plans-de-prevention-des-risques-PPR/Plans-de-prevention-des-risques-submersion-marine-PPRSM-et-risques-littoraux-PPRL/PPRSM-approuves/PPRSM-de-Penmarc-h.

La tempête du à fait reculer la dune du Ster, jusqu'à en certains endroitsJacques Chanteau, Alerte sur les dunes bretonnes, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 29 novembre 2020..

Voies de communication et transports vignette|gauche|La gare de Saint-Guénolé-Penmarc'h (train birinik, photo datant d'avant 1930) vignette|Le tracé de la ligne du train birinik Penmarch fut desservie par une voie ferrée des Chemins de fer départementaux du Finistère allant, en prolongement de la ligne Quimper-Pont-l'Abbé, de Pont-l'Abbé à Saint-Guénolé. La ligne est déclarée d'utilité publique en 1899Bulletin des lois de la République française, 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k215283h/f1328.image.r=Penmarch.langFR, inaugurée le ; longue de , elle partait de Pont-l'Abbé et allait jusqu'à Saint-Guénolé, desservant au passage Plobannalec-Lesconil, Treffiagat, Guilvinec, Penmarch et Kérity. Environ 50 minutes étaient nécessaires pour parcourir la totalité du trajet à la moyenne de par heure.. Après une fermeture temporaire entre 1938 et 1941, le "train Birinik" reprit du service, intégré alors au Réseau breton, et la voie ferrée fut même mise à écartement normal en 1947 pour éviter les transbordements en gare de Pont-l'Abbé, exploitée désormais par les SE pour le seul service des marchandises du au , ce qui n'évita pas la fermeture de cette ligne transbigoudène le ..