Paxillus involutus, en français le Paxille enroulé, est une espèce de champignons basidiomycètes du genre Paxillus dans la famille des Paxillaceae. Il est largement distribué dans l'hémisphère nord.

C'est un champignon qui est ou était considéré comme comestible dans le passé ou dans certains pays (d'Europe de l'Est), mais qui est aujourd'hui considéré comme toxique, au moins chez des personnes vulnérables et parfois parce qu'il peut aussi accumuler des quantités importantes d'éléments-traces métalliques<ref name=ETM>Traces, IBDE (2009) « Approche du risque sanitaire lié à la consommation de champignons contaminés par les éléments traces métalliques., PDF, 8p avec appa.asso.fr (étude réalisée dans le cadre du PRASE (Programme régional d’action santé environnement) du Nord-Pas-de-Calais, dans une zone polluée par la fonderie métallurgique Metaleurop Nord), Air pur n°77, 2009</ref>.

Sa principale caractéristique est d’avoir la marge du sporophore enroulée.

Nom scientifique Paxillus involutus ((Batsch) Fries 1838Fries E.M. , in, Epicr. syst. mycol. (Upsaliae), p. 317, 1838). L'épithète spécifique involutus, « enroulé », se réfère à la marge du sporophore Nilson Sven & Persson Ole, Fungi of Northern Europe. 1, Larger Fungi (Excluding Gill-Fungi), Harmondsworth, UK : Penguin. p. 121, 1977.

Description thumb|Marge enroulée du paxille. vignette|Un Paxille enroulé. Taille . À Golovec, près de Ljubljana, Slovénie. Le chapeau de Paxillus involutus est rond lorsqu’il est jeune. Avec la croissance, il s’étale et devient infundibuliforme avec une petite bosse en son centre ; il atteint un diamètre de 2 à . La marge caractéristique enroulée est nettement présente quand le sporophore devient plus âgé. Les lames sont décurrentes.

Il est bien en chair, de couleur brun cannelle à brun ochracé. Sa chair, de couleur jaune, est molle et humide. Son stipe cylindrique (4-10 x 0, 3-) et infundibuliforme.

Il a une saveur légèrement aigrelette mais n’a pas d’odeur, si ce n’est parfois un parfum rappelant celui de la terre.

Une étude réalisée dans la campagne proche d'Uppsala en Suède Fries Nils, Intersterility groups in Paxillus involutus, Mycotaxon 24 : 403–10, 1985, a conclu qu'il existe trois populations de Paxillus involutus incapables de se reproduire entre elles. L'une d'elles a été trouvée sous les conifères et dans les forêts mixtes, les deux autres dans les parcs, associées à des bouleaux. Le premier groupe avait tendance à produire des sporophores isolés avec un pied mince et une marge peu enroulée, tandis que les spécimens des deux autres populations avaient tendance à croître en groupes et présentaient des pieds plus épais et des chapeaux plus infundibuliformes à marges parfois ondulées. Ce ne sont toutefois là que des tendances générales et il a été impossible de détecter, hors de ces caractéristiques macroscopiques cohérentes, des différenciations microscopiques importantes.

Habitat et distribution Paxillus involutus est un champignon assez commun. Il se développe au sol dans tous les bois de feuillus et de conifères, mais avec une préférence marquée pour les sous-bois de bouleaux et peupliers, de l'été au début de l'automne. Il développe des relations ectomycorhiziennes avec un large éventail d'espèces d'arbres. On peut également le trouver sur les pelouses.

Originaire de l'hémisphère nord, il a été introduit en Australie, Nouvelle-Zélande et Amérique du Sud par l'exportation d'arbres européens.

Toxicité

C'est un champignon extrêmement toxique, surtout à l’état cru, mais sa toxicité a été découverte sur le tard, avec le décès du mycologue allemand Julius Schäffer en Larry R Beuchat, Food and Beverage Mycology, éd. Van Nostrand Reinhold, New York, 1987, p. 394. : Schäffer présentait une insuffisance hépatique préexistante qui a manifestement été aggravée par la toxine du champignon, il est décédé 17 jours plus tard. Son épouse qui en avait également mangé n'a pas eu de séquelles, . Dès lors, certains ouvrages anciens, parfois repris comme sources dans certaines publications, le renseignent comme comestible. Les Italiens l'ont vendu sur les marchés du Nord . Plusieurs cas avec fortes intoxications ont été répertoriés ainsi que deux décès en 2019 en Allemagne.

Des composés mutagènes, dont certaines substances thermostables, ont été mis en évidence Jean H. Moutschen-Dahmen, « Chromosome-breaking activity of extracts of the mushroom Paxillus involutus (Fries ex Batsch) », Cellular and Molecular Life Sciences, Vol. 47, n° 3, p. 282-284, 1991.

Taxonomie

Classification L'espèce a tout d'abord été décrite par Pierre Bulliard en 1785 comme Agaricus contiguus, et a reçu son actuelle dénomination binomiale par Elias Magnus Fries en 1838.

Synonymes Agaricus adscendibus (Bolton 1788Bolton, in : Hist. fung. Halifax (Huddersfield) 2, p. 55, 1788) (synonyme) Agaricus contiguus (Bull. & Vent. 1809Bull. & Vent., 1809, in : Hist. Champ. France (Paris), :518, tab. 54; p. 240; 576:p. 2) (synonyme) Agaricus contiguus (Bull. 1785Bull. , in : Herb. Fr. 5:tab. 240, 1785) (synonyme) Agaricus involutus (Batsch 1786Batsch, in : Elench. fung., cont. prim. (Halle) : p. 39, 1786) (synonyme) Agaricus involutus var. involutus (Batsch 1786Batsch, ibidem, 1786) (synonyme) Omphalia involuta ((Batsch) Gray 1821Gray,in : Nat. Arr. Brit. Pl. (London) 1: p. 611, 1821) (synonyme) Omphalia involuta var. involuta ((Batsch) Gray 1821Gray,ibidem, 1821) (synonyme) Paxillus involutus var. excentricus Fr. (synonyme)

Classification phylogénétique et origine géographique Les études phylogénétiques indiquent que Paxillus involutus pourrait former un complexe de plusieurs clades C. Hahn & R. Agerer, « Studien zum Paxillus involutus Formenkreis », Nova Hedwigia, 1999, vol. 69, p. 241–310.

Une analyse moléculaire comparant les séquences d'ADN de spécimens de Paxillus involutus récoltés dans différents habitats en Bavière, a révélé que les spécimens provenant de parcs et jardins montrent une relation étroite avec l'espèce nord-américaine, Paxillus vernalis, tandis que ceux provenant de forêts étaient alliés avec Paxillus filamentosus. On pourrait en déduire que les populations du parc peuvent avoir été introduites à partir d'arbres en provenance d'Amérique du Nord Margit Jarosch & A. Bresinsky, « Speciation and phylogenetic distances within Paxillus s. str. (Basidiomycetes, Boletales) », Plant Biology, 1999, vol. 1, n° 6, p. 701–705.

Une analyse multigénique d'isolats européens a montré que Paxillus involutus sensus lato peut être séparé en quatre clades distincts, les lignées génétiquement isolées correspondant à Paxillus obscurosporus, Paxillus involutus sensus stricto, Paxillus validus et une quatrième espèce encore non identifiée. Jenny Hehd, Tomas Johannsson & Anders Tunlid, « Variation in host specificity and gene content in strains from genetically isolated lineages of the ectomycorrhizal fungus Paxillus involutus senssus lato », Mycorrhiza, 2009, vol. 19, n° 8, p. 549–558.

Liste des formes Selon : forme Paxillus involutus f. eburneus Notes et références

Bibliographie

. Marcel Bon : Champignons de France et d'Europe occidentale (Flammarion, 2004, 2012) - Dr Ewaldt Gerhardt : Guide Vigot des champignons (Vigot, 1999) - Roger Phillips : Les Champignons (Solar, 1981) - Thomas Laessoe, Anna Del Conte : L'Encyclopédie des champignons (Bordas, 1996) - Peter Jordan, Steven Wheeler : Larousse saveurs - Les champignons (Larousse, 1996) - G. Becker, L. Giacomoni, J Nicot, S. Pautot, G. Redeuihl, G. Branchu, D. Hartog, A. Herubel, H. Marxmuller, U. Millot et C. Schaeffner : Le Guide des champignons (Reader's Digest, 1982) - Henri Romagnesi : Petit atlas des champignons'' (Bordas, 1970) -

Références taxinomiques

Liens externes Pilzfotopage Éducation à l'environnement

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