Berrien est une commune française située dans le département du Finistère en région Bretagne, membre de la communauté de communes Monts d'Arrée Communauté et qui fait partie du parc naturel régional d'Armorique.
Géographie vignette|center|Berrien vu depuis le sommet des Rochers du Cragou. D'une superficie de , la commune est située dans la partie est des monts d'Arrée entre et d'altitude, le bourg se trouvant vers . Le territoire communal est drainé principalement par le Fao, qui traverse ensuite le célèbre chaos rocheux d'Huelgoat ainsi que par le Squiriou et le Mendy, tous trois affluents de l'Aulne. Le quart environ de la superficie communale, soit environ , est constitué de crêtes schisteuses, landes et tourbières depuis le Roc'h Trédudon à l'ouest jusqu'aux « Landes de Cragou » (ou « Rochers du Cragou ») à l'est. Si ces espaces n'ont pas de grande valeur économique (ils en ont eu autrefois lorsqu'ils fournissaient litières, combustibles, fourrages, et servaient de lieux de cultures temporaires et de pacage extensif en période estivale), ils ont une valeur écologique inestimable.
Berrien abrite entre autres sur son territoire le principal site d'une plante rare et protégée, découverte en 1862 par le botaniste morbihannais Arrondeau, l'asphodèle d'Arrondeau, plante de la famille des lys et jacinthes dont la tige peut mesurer jusqu'à et qui fleurit en mai-juin. vignette|gauche|Asphodèle d'Arrondeau. Le busard cendré a un lieu de nidification en Bretagne à Berrien. Au retour d'un hivernage africain de six mois, il s'installe là où il a peu de chances d'être dérangé (landes, friches, bordures de marais) et niche à terre au fond d'un « puits de verdure » de 20 à de profondeur dans une lande fauchée depuis trois ou quatre ans de préférence. Son cousin, le busard Saint-Martin est également présentPatrimoine des Monts d'Arrée" , années 1992-1993, publié par "Parimoine des Monts d'Arrée", Berrien.
Berrien reste une terre bretonnante. : « Berrien est l'une des huit communes du canton de Huelgoat elle est au cœur même de la Basse Bretagne. Au nord et à l'ouest, la commune est limitée par les Monts d'Arrée, dépassant parfois les , ce qui, pour la Bretagne, est une hauteur considérable. À l'opposé de cette vaste zone de marais et de landes, nous avons, au sud et à l'est, des vallées très profondes et boisées qui descendent vers l'Aulne. Lorsqu'on sait que, durant des siècles, les voies romaines Carhaix - Morlaix et Carhaix - Landerneau furent les seules routes du canton (seule la première traverse Berrien dans sa partie est), l'on comprend beaucoup mieux le profond isolement géographique de la région. Certains aspects conservateurs du parler local ont été favorisés par un tel isolement »Jean-Marie Ploneis, Le parler de Berrien, Paris, SELAF, 1983 .. vignette|gauche|Le bourg : la place du 9-Juillet-1962 au niveau du carrefour principal. Lieux-dits, écarts et hameaux Berrien, outre le bourg, est constitué de 23 « villages » (hameaux) dont voici la liste : Coscastel, Kergariou, Kerampeulven, Kerboulou, Kermaria, Kernevez, Kernon, Kervran, la Garenne, le Brignou, le Cran, le Mendy, le Reuniou, le Squiriou, Liorzou, Navalennou, Niquelvez, Quinimilin, Quinoualc'h, Restidiou vraz et Bihan, Roc'h-Ellech, Tilibrennou, Trédudon-le-Moine, Goassalec.
Géologie
La « Société des Kaolins du Finistère » a exploité un gisement de kaolin (la kaolinisation affecte largement les bordures du pluton granitique du Huelgoat) à Menez-Molvé en Berrien, et désormais en exploite un au Rest en LoqueffretLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", éditions du Piat, 2014, ..
Hydrographie La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Beurc'Hoat, le Fao, le ruisseau le Squiriou, le Mendy, le ruisseau Dour Yvonnic, le ruisseau le Beurc'hoat et divers autres petits cours d'eau.
Le Beurc'hoat, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plougonven et se jette dans l'Aulne à Poullaouen, après avoir traversé .
Le Fao, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Feuillée et se jette dans l'Aulne à Poullaouen, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BerrienLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la mare aux Sangliers, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Berrien est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (45,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (46,1 %), forêts (21 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (14,3 %), prairies (9,9 %), terres arables (6,1 %), mines, décharges et chantiers (1,6 %), zones urbanisées (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
La localité est attestée sous les formes BerriunCité dans le cartulaire de Landévennec.. et Berrium. au , Berian en 1262, Beryan en 1296, Beryenn en 1306-1308, Berrien vers 1330, Berian en 1351, Beryan en 1368, Berien en 1516, en 1535, en 1536 et en 1692.
D'après ce relevé, la forme Berrien apparaît dans la première moitié du .
Le nom pourrait provenir des éléments bretons *ber- « plateau élevé » suivi du suffixe -ien, très courant en langue bretonne. Le terme de tête pourrait être pré-indo-européen.. Une autre explication donnée est la présence d'un anthroponyme seul, en l'occurrence sainte Beriana, comme dans St Buryan, localité située dans les Cornouailles britanniques.
En breton, le nom est également . C'est aussi la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne.
Berrien est par ailleurs complément dans le nom de l'ancienne commune voisine de Locmaria-Berrien, Lokmaria-Berrien en breton..
Histoire Des origines au Moyen Âge La région a été habitée dès le néolithiquePaul du Châtellier, Ces époques préhistoriques et gauloises dans le Finistère, 1889 si l'on en juge par les traces de défrichement par le feu (datées au carbone 14 à Yeuno Bella et Jacques Briard, "Tumulus des Monts d'Arrée. Juno Bella à Berrien", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CVI, 1978, de 2300 ans à Goarem Goasven), les monuments mégalithiques (dolmens à Coz-Castel et Quinoualc'h, menhir à Kerampeulven) et nombreux tumulusJacques Briard, « Berrien, terre de tumulus », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1977, page 19 (53 sépultures) de l'âge du bronzeJean-Pierre Diraison et autres auteurs, Étude et sauvegarde du patrimoine de l'Arrée et des communes environnantes, 1982, Berrien trouvés sur le territoire communal. dont celle de Goarem-Nevez, à à l'ouest du village de Trédudon-le-MoinePaul du Châtellier, "Sépulture sous tumulus à Berrien (Finistère)", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f127, ou encore les tumuli de Juno-Bella, de Parc-Nevez-Bras (près du manoir de Ligollenec), de Reuniou, de Croix-Pulviny, etcP.-R. Giot, Circonscription de Bretagne. P.-R. Giot, directeur, revue "Gallia préhistoire", 1971, consultable https://www.persee.fr/doc/galip_0016-4127_1971_num_14_2_1393.
Selon Jacques Briard, le tumulus de Reuniou correspondrait à la chefferie locale ; il s' agirait du tumulus princier, le prince régnant sur de petites communautés pastorales ayant chacune leur groupe de tumuli. Ceux-ci sont répartis en groupes de 4 à 10 unités séparés les uns des autres de Romain Pigeaud, "Des mammouths aux menhirs. La Préhistoire dans l'Ouest", éditions Ouest-France, 2007, ..