Botmeur est une commune française du département du Finistère et de la région Bretagne ; elle fait partie de Monts d'Arrée Communauté.
Géographie Description
La commune se trouve dans le Massif armoricain, plus précisément au cœur des monts d'Arrée, au pied du mont Saint-Michel de Brasparts, du Ménez Kador et du Roc'h Trevezel, dominant le marais du Yeun Elez dont une bonne partie est située sur le territoire communal, de même que le réservoir de Saint-Michel, dit aussi lac de Brennilis, espace naturel remarquable et paradis des randonneurs et des pêcheurs. La commune est située en Cornouaille, mais à la limite du Léon dont elle est séparée par la ligne de crête des monts d'Arrée, qui la sépare aussi des communes limitrophes de Plounéour-Ménez, Commana, Sizun et Saint-Rivoal ; au sud la rivière Ellez la sépare de Brasparts mais son cours est désormais en partie ennoyé sous les eaux du réservoir de Saint-Michel, à l'est, le Roudouhir, dont le cours aval est aussi désormais ennoyé, la sépare de La FeuilléeCarte IGN au 1/25000 série bleue 0617 ouest Plonévez-du-Faou-Roc'h Trédudon. L'omniprésence de l'eau explique les nombreux lavoirs et puits, le plus souvent communautaires, répartis dans les divers villages de la commune.
D'une superficie de (), la commune est assez accidentée, formant un plan incliné vers le sud-est allant de la ligne de crête de l'Arrée d'une altitude de au Tuchen Kador à celle de dans la partie du marais du Yeun Elez désormais ennoyée, selon les données de l'Institut national de l'information géographique et forestière. Le bourg est sur un replat exposé au sud vers d'altitude, étiré sur plus d'un kilomètre le long de la départementale le reliant à La Feuillée. Une dizaine de hameaux (dénommés ici « villages ») sont implantés pour la plupart sur le replat, entre « montagne » et marais, le plus élevé étant celui de Roz-Du ; celui de Kernevez dit aussi Ty ar Yun, peuplé seulement au , forme une véritable île dans la marais. Certains « villages » sont plus peuplés que le bourg (Balanec-Ber). Celui de Botcador est longtemps resté très isolé, mal relié à Botmeur ; il a d'ailleurs longtemps dépendu de la paroisse, puis de la commune de Brasparts, un moment de la trève de Saint-Rivoal, en dépit de l'éloignement aggravé par le franchissement obligatoire de la ligne de crête pour se rendre dans ces bourgs. Déjà Cambry écrivait : « Le village de Botcador, le dernier que l'on rencontre en approchant de Saint-Michel, devroit appartenir au district de Carhaix ; il n'auroit pas à traverser les montagnes pour verser ses denrées au chef-lieu à Châteaulin ; il lui seroit facile d'arriver à la Feuillée par le chemin de Landerneau »Jacques Cambry, Voyage dans le Finistère ou état de ce département en 1794 et 1795, Tome premier, page 245, librairie du Cercle social, Paris, 1798.
Pendant de nombreuses années, le Ménez Kador ou Tuchen Kador (« signal de Toussaines » en français), situé dans cette commune pour son versant oriental et dans celle de Sizun, section de Saint-Cadou, pour son versant occidental, a été considéré comme le point culminant du Massif Armoricain, mais de récentes mesures topographiques effectuées par le service des Impôts de Morlaix et grâce à la précision du GPS, et cela pour la numérisation du cadastre, lui a fait perdre définitivement ce palmarès en faveur de Roc'h Ruz dans la commune de Plounéour-Ménez.
La majeure partie du territoire communal est formé de granite à deux micas dit de La Feuillée, roche plutonique comme le granite à cordiérite du Huelgoat. ; seules les pentes de l'Arrée étant constituées de schistes et quartzites de l'époque dévonienne.
La commune fait partie du parc naturel régional d'Armorique. et deux parties importantes de son territoire, l'une, la « Montagne de Botmeur ». a été classée zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique par un arrêté préfectoral de protection de biotope en date du . et protégée par la directive Natura 2000http://www.bretagne.ecologie.gouv.fr/UserFiles/File/PATRIMOINE/natura2000/FR5300013/FR5300013-docob-vol1.pdf et visant à protéger des espèces végétales comme le rossolis à feuilles rondes, le rossolis à feuilles intermédiaires, le lycopode sélagine, la sphaigne de la Pylaie, et des espèces animales dont le busard Saint-Martinhttp://inpn.mnhn.fr/docs/apb/FR380075020100324.pdf; l'autre est « Landes tourbeuses du Roudouhir et du Libist ». créée par un arrêté préfectoral de protection du biotope en date du . pour protéger les espèces végétales suivantes : le lycopode inondé, le rossolis à feuilles rondes (Drosera rotindifolia), le rossolis à feuilles intermédiaires (Drosera intermedia), la littorelle des étangs (littorella uniflora.), la pilulaire à globules (Pilularia globulifera), la linaigrette engainée et la sphaigne de la Pylaie ainsi que plusieurs espèces animales comme le busard des roseaux et la loutre d'Europehttp://inpn.mnhn.fr/docs/apb/FR380075120100324.pdf. Hélas, des incendies ravagent périodiquement la lande (parfois aussi le marais), les derniers ayant eu lieu en 1983, 1989, 1996 (deux), 2010Le Télégramme, 24 et 25 mai 2010.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Ellez, le Roudouhir, le Stêr Red et divers autres petits cours d'eau.
L'Ellez, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans l'Aulne à Landeleau, après avoir traversé neuf communes. Les caractéristiques hydrologiques de l'Ellez sont données par la station hydrologique située sur la commune de Loqueffret. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 395 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/1991 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BotmeurLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le réservoir de Saint-Michel, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme vignette|La rue principale de Botmeur en 2010 (avant le réaménagement urbain survenu dans la décennie suivante). Typologie Au , Botmeur est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Prairies et autres surfaces toujours en herbe16,0 %229Systèmes culturaux et parcellaires complexes17,1 %246Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants7,1 %102Landes et broussailles36,7 %526Forêt et végétation arbustive en mutation6,1 %88Tourbières11,6 %167Plans d'eau5,3 %77Source : Corine Land Cover.
Toponymie Botmeur vient du breton « bod » (résidence) et « meur » (grand). Botmeur, ancienne chapelle domestique, doit son nom au manoir ou château de Botmeur, propriété des seigneurs du Botmeur, puis de la Marche, en la paroisse de Berrien. Le territoire de Botmeur s'étend sur le versant sud de la montagne d'Arrée, entre Roc'h Trevezel, Torgen-Sant-Mikel (mont Saint-Michel de Brasparts) et le marais du Yeun Elez.
Histoire
De la première mention à la création de la commune
La première mention de Botmeur est dans un texte de 1426 (réformation des fouages de l'évêché de CornouailleHervé Torchet, Yann Torchet, Jean Kerhervé, Annick Chauvel, Réformation des fouages de 1426 : diocèse ou évêché de Cornouaille, édition La Pérenne, Paris) même si la région était habitée bien avant (la voie romaine Carhaix- (Vorgium) - Brest (Gesocribate) ou L'Aber-Wrac'h écorne le territoire communal à son nord-est et on a trouvé des sarcophages mérovingiens près de Rozdud'après les archives diocésaines de Quimper et du Léon - Notice sur les paroisses - Publié vers 1900 en 1860.
Selon un aveu du , fourni au Roi par Giles de Botmeur, seigneur du lieu, la chapelle du manoir était surnommée « La chapelle de Sainct Bot » et le petit bourg attenant aurait conservé alors le souvenir du culte (celte probablement) d'un buisson sacré (bod en breton signifie également « buisson » et meur a le sens de « grand », voire de « sacré »). vignette|left|Carte de Cassini () : le terroir de Botmeur. Faisant partie au Moyen Âge de la vaste paroisse de la « ploue de la montagne », nommée en breton Plouenez ou PloumenezRenée Largillère, Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne, Rennes, Plion et Hommay, 1925, rééditié Crozon, Éditions Armeline, 1995, qui englobait toute la partie centrale des monts d'Arrée, ce fief de la famille du Botmeur (les ruines du château-manoir sont encore visibles au Salou) puis des « De la Marche » à la suite du mariage de Marie Anne du Botmeur avec François Louis De la Marche en 1715, forma par la suite un « terroir » (n'ayant pas le statut de « trève »), dépendant de la paroisse de Berrien, distante de plusieurs lieues (près de ), et dont elle était géographiquement séparée par la commanderie de La Feuillée qui dépendait des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.