Brasparts , en breton Brasparzh, est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Du fait de sa situation, dans le parc naturel régional d'Armorique, ce petit bourg des monts d'Arrée offre de nombreuses possibilités touristiques.

Géographie

Située sur le versant sud des monts d'Arrée, au contact du bassin de Châteaulin, Brasparts est une commune d'une superficie de et compte en 2006. Traversée par la , axe routier Morlaix-Quimper, Brasparts a un relief très vallonné, les altitudes sont échelonnées entre (sommet sans nom situé à la limite nord de la commune) et dans l'angle sud-ouest du territoire communal, dans la vallée de la Rivière de Saint-Rivoal ; soit un dénivelé de , important pour une commune bretonne.

Les limites de la commune au nord-ouest, avec Saint-Rivoal, suivent une ligne de crête secondaire du versant méridional de l'Arrée, puis au nord-est, avec Botmeur, le cours de l'Ellez, depuis presque sa source jusqu'au lac réservoir de Saint-Michel pour partie situé donc dans la commune de Brasparts, de même qu'une fraction des marais du Yeun Elez au nord du Roc'h Cléguer, autre sommet de la commune qui culmine à d'altitude. À l'est, le ruisseau de Bodriec, affluent de la Douffine dont la source est située sur le versant sud du Roc'h Cléguer, sert de limite communale avec Loqueffret, puis Lannédern ; au sud, la Douffine sépare Brasparts de Pleyben jusqu'à sa confluence avec la Rivière de Saint-Rivoal qui, à l'ouest sert de limite communale avec Lopérec.

vignette|gauche|Le mont Saint-Michel-de-Brasparts.

Les paysages sont très variés : collines couvertes de bois, de landes ou de riches cultures, vallées encaissées avec de nombreux pâturages, le bocage restant assez dense. C'est le « midi » des monts d'Arrée : les pommiers fleurissent à Brasparts, pays de la « Chanson du cidre »Frédéric Le Guyader, La Chanson du cidre, éditions Caillère Hyacinthe, 1901, nombreuses rééditions, ils sont traditionnellement absents dans les hauteurs de l'Arrée.

L'habitat est généralement groupé en hameaux assez petits (« villages » dans le vocabulaire local) implantés souvent à mi-hauteur sur les versants, profitant de replats, sauf à la limite nord de la commune où un habitat isolé s'est installé sur des landes tardivement défrichées. L'habitat traditionnel est formé en partie de maisons à avancées (apotheiz) comme à Botbern. où deux maisons jumelles sont datées de 1695 et 1725. Les maisons jumelées, assez fréquentes, semblent correspondre aux habitations de familles travaillant sur un même domaine comme à la Métaierie noble de la Marchehttp://www.bretagne.fr/internet/upload/docs/application/pdf/2009-11/plaquette_pnra_n2_2009-11-19_17-15-48_452.pdf. L'habitat est le plus souvent construit en schistes, roche dominante affleurant un peu partout dans la commune. La carrière du Goël, déjà en activité au , a été exploitée de manière importante au .

Les noms de lieux de la commune de Brasparts ont fait l'objet d'une étude approfondie par Patrick Ciréficehttp://www.skytopic.com/451696584-les-noms-de-lieux-de-la-commune-de-brasparts-avec-plan-joint-1ere-partiehttp://www.skytopic.com/4516965115-les-noms-de-lieux-de-la-commune-de-brasparts-avec-plan-ancien-2eme-partie.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Douffine, l'Ellez, le Saint Rivoal, le Roudouhir, le ruisseau de Kerambellec, le Stêr Red et divers autres petits cours d'eau.

La Douffine, d'une longueur de vingt-cinq kilomètres, prend sa source dans la commune et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Dinéault, après avoir traversé six communes.

L'Ellez, d'une longueur de vingt-huit km, prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans l'Aulne à Landeleau, après avoir traversé neuf communes. Les caractéristiques hydrologiques de l'Ellez sont données par la station hydrologique située sur la commune de Loqueffret. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 395 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/1991 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le Saint Rivoal, d'une longueur de onze km, prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans la Douffine à Pleyben, après avoir traversé quatre communes.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BraspartsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le lac Saint-Michel, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Brasparts est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pleyben - Châteaulin, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu1,2 %56Terres arables hors périmètres d'irrigation12,7 %599Prairies et autres surfaces toujours en herbe14,1 %664Systèmes culturaux et parcellaires complexes36,0 %Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants0,9 %43Forêts de feuillus7,2 %340Forêts de conifères4,1 %191Forêts mélangées0,7 %33Landes et broussailles9,6 %453Forêt et végétation arbustive en mutation4,5 %212Tourbières6,5 %307Plans d'eau2,6 %121Source : Corine Land Cover. L'occupation des sols montre que les surfaces agricoles, qui occupent 62,8 % de la surface communale, ont conservé en grande partie leur structure bocagère. Elle montre également une faible urbanisation du territoire. La forêt, qui occupe 12,0 % de la surface communale, est constituée majoritairement de feuillus. Landes et tourbières occupent une surface considérable au nord du territoire appartenant au Yeun Elez, une zone de marécages.

Toponymie Attesté sous les formes de Bratberth au , Brasperz en 1368, Brazberz en 1376, Brazperz en 1407 et Brasparts en 1536..

Brasparz : en breton.

Les dernières hypothèses font dériver Brasparts du vieux-breton Brath (piquer) et Parth, Perth (haie) ; sans doute un ouvrage défensif formé de haies vives.

Bien que le mot Brath ait disparu de la langue bretonne contemporaine, il existe toujours, notamment en gallois où nous retrouvons un Brath (Piquer).

Histoire

Des origines à la Révolution française

La région est habitée depuis au moins le mésolithique. L'alignement mégalithique de « an Eured Vein » témoigne d'une occupation de ce site au néolithique et le tumulus de Goaremm an Digui (près de Ty ar Moal) abrite une sépulture de l'âge du bronze..

Deux sites gallo-romains, habités par des OsismesL. Pape, La civitas gallo-romaine des Osismes, Paris, 1978, p. A-59, se trouvent à Stumenven et à Castel-Dû (Château Noir) en Brasparts, à la limite de Saint-Rivoal, en bordure d'une ancienne voie romaine dont le tracé était approximativement celui de la route actuelle Brasparts-Saint-Rivoal-Saint-Cadou. Ce dernier site a été signalé dès 1875R.F. Le Men, Statistique monumentale du Finistère, Braspartz. Substructions et tuiles dans un camp retranché de forme rectangulaire au village du Château noir BSAF, II, 1874-1875, .. En 1911, Jean-Marie Abgrall et Louis Le GuennecÉtude de la voie romaine et du chemin de pèlerinage des Sept Saints de Bretagne entre Quimper et Saint-Pol-de-Léon, Bull. archéologique de l'Association bretonne, 1911, -213. le décrivent : « Dans le champ qui a remplacé le camp, on a fait disparaître des levées de terre et des maçonneries. Dans les abords du village on voyait autrefois des substructions, des pans de murs, des tuiles et beaucoup de blocs de scories de fer. » Vers 1910, François Joncour explore « un tertre contenant plus de cubes de ces résidus, indices certains d'anciennes fonderies » liées à la présence d'un affleurement ferrugineux dans les grès dits de Landévennec à proximité de cet endroit. Il y trouve une plaque de schiste portant un portrait, celui de Veus, le plus ancien Finistérien dont le nom est connu, qui a été redécouvert par Jean-Yves ÉveillardGraffite et portrait d'un Osisme sur une plaquette de schiste à Brasparts (Finistère), consultable sur https://hal.univ-brest.fr/docs/00/46/07/49/PDF/Eveillard_Aremorica2_.pdf dans les réserves du Musée départemental breton de Quimper où il avait été oublié.

Selon une interprétation de René Larguillère in Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Amorique Bretonne, 1924), Brasparts aurait fait partie du Plou de la montagne (Plouenez ou Ploumenez)Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère, Douarnenez, 1990, une des paroisses primitives de l'Armorique, forte de et qui aurait englobé un territoire allant du Huelgoat à Saint-Rivoal, de Loqueffret à Berrien et à Brasparts en passant par La Feuillée et BotmeurJean-Christophe Cassard, La Bretagne des premiers siècles, Les Universels Gisserot, et dont le centre aurait été situé dans l'actuel hameau de Plouenez en Brennilis. La création de la paroisse remonterait au . Bras-Partz signifie mot-à-mot grande paroisse en breton. La paroisse était effectivement vaste, englobant la trève de Saint-Rivoal, y compris le hameau de Botcador, désormais dans la commune de Botmeur.