Brennilis (Brenniliz en breton) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle est connue pour son ancienne centrale nucléaire.
Géographie vignette|gauche|Rue principale : maisons et église. vignette|gauche|La rue principale en direction de La Feuillée. Grande de seulement, la commune est peuplée de hors résidences secondaires. Le bourg est situé à d'altitude, les altitudes relevées dans le territoire communal allant de (aux abords du moulin de Kerrannou au sud-est du territoire communal) à (à Roc'h ar Bic).
Brennilis se situe au pied du mont Saint-Michel de Brasparts dans les monts d'Arrée et à proximité des marais du Yeun Elez, au nord-est du réservoir de Saint-Michel, lac artificiel consécutif à la construction sur l'Ellez du barrage de Nestavel dans les années 1930, destiné initialement à régulariser le régime de l'Éllez pour améliorer le rendement de l'usine hydro-électrique de Saint-Herbot située plus en aval. Par la suite, ce lac artificiel a servi de réservoir d'eau de refroidissement pour les besoins du fonctionnement de la centrale nucléaire de Brennilis, construite par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et Électricité de France (EDF). vignette|gauche|Carte de Cassini () : la région de Brennilis (simple hameau à l'époque). Cette description datant de 1939 illustre bien la pauvreté traditionnelle de la commune : . vignette|La carrière de Roc'h Perez. Outre le bourg, étiré le long de la départementale D 36 allant de Croaz an Herry en La Feuillée jusqu'à Châteauneuf-du-Faou, l'habitat est surtout réparti en une dizaine de gros hameaux (dénommés localement « villages »), les principaux étant dans la partie orientale de la commune Plouenez (l'ancien chef-lieu de la Ploue de la montagne), Kermorvan, Cosforn, Kergaradec et dans la partie occidentale Kerflaconnier, Kerhornou, Kerveur, Nestavel-Braz et Kervéguénet. Des hameaux sont proches du lac réservoir de Saint-Michel : ceux de Nestavel Bihan et Nestavel Braz dépendent de Brennilis, celui de Forc'han de la commune voisine de Loqueffret. Quelques petits hameaux complètent l'habitat, certains d'entre eux ayant pu être plus importants par le passé mais victimes de la dépopulation liée à l'exode rural comme Kerranou, Penhars, Roc'h ar Had ou Leïntan. L'habitat rural traditionnel a souvent été remarquablement restauré ces dernières décennies.
Une importante carrière est située à Roc'h Pérez, dans la partie orientale de la commune.
La commune s'est dotée, dans le cadre de son P.L.U. (Plan local d'urbanisme). rendu exécutoire en février 2011, d'un P.A.D.D. (Plan d'aménagement et de développement durable), qui fixe à 750 le nombre d'habitants pouvant être durablement accueillis sur le territoire.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Ellez, le Roudouhir, le ruisseau de Roudoudour, qui alimentent le lac réservoir de Saint-Michel, le ruisseau de Noster., le ruisseau Hoaz-Glaz et divers autres petits cours d'eau..
La commune est divisée en deux parties bien distinctes : une grande moitié ouest forme la dépression du Yeun Elez couverte de marais, tourbières ou landes selon les endroits et désormais en partie ennoyée ; une petite moitié orientale, plus vallonnée, était plus propice à l'agriculture, mais celle-ci y est en relatif déclin, frappée par l'exode rural et la friche sociale.
L'Ellez, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans l'Aulne à Landeleau, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ellez sont données par la station hydrologique située sur la commune de Loqueffret. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 395 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/1991 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .. Autrefois l'Ellez s'appelait « Taël » à la sortie des marais de Botmeur, elle tirait son nom de l'adjectif ta (v)el (calme, silencieux). Le lieu-dit Nestavel a conservé cette appellation : le hameau proche de la « Tavel », la rivière calme, silencieuseLena Gourmelen, "A la conquête de l'eau, usages et représentations", revue Kreiz Breizh , 2001.
Le ruisseau du Roudouhir sépare à l'ouest Brennilis de la commune limitrophe de Botmeur ; au nord, la limite communale avec La Feuillée suit le cours du ruisseau de Noster, affluent du Roudoudour, puis, plus vers l'est, suit approximativement une ligne de crête passant près du sommet de Roc'h ar Bic, longeant le chemin (dit « voie Romaine ») allant jusqu'à Coat-Mocun, commune de Huelgoat ; à l'est, la limite communale avec Huelgoat suit un moment le tracé de l'axe routier D 764, puis celle avec Plouyé suit le cours sinueux et encaissé d'un affluent de l'Ellez jusqu'au moulin de Kerannou ; au sud, la majeure partie du tracé de la limite communale avec l'ancienne commune-mère de Loqueffret, suit le cours de l'Ellez, y compris dans la partie désormais ennoyée sous les eaux du réservoir de Saint-Michel qui est à cheval sur les quatre communes de Brennilis, Loqueffret, Brasparts et BotmeurCarte IGN au 1/25000 0617 ouest Plonévez-du-Faou-Roc'h Tredudon..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BrennilisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le lac Saint-Michel, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Brennilis est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,5 %50Zones industrielles ou commerciales et installations publiques1,2 %25Terres arables hors périmètres d'irrigation3,1 %64Prairies et autres surfaces toujours en herbe4,5 %91Systèmes culturaux et parcellaires complexes45,0 %916Forêts de feuillus2,2 %45Forêts de conifères3,7 %76Forêts mélangées3,3 %68Landes et broussailles18,4 %375Forêt et végétation arbustive en mutation7,6 %155Marais intérieurs1,3 %26Plans d'eau7,0 %121Source : Corine Land Cover.
Toponymie Le nom de la paroisse est attesté en 1653 sous la forme BrennilisBase de données KerOfis de l'Office public de la langue bretonne ..
Ce toponyme breton est composé de , qui signifie « colline »., et de « église ». Le nom signifie donc « colline de l'église »..
En breton moderne, le nom de la commune est .
Toutefois Gwenc'hlan Le Scouëzec émet une autre hypothèse qui s'appuie sur la statue de la Vierge à l'enfant placée dans une niche à volets sculptés située dans l'église paroissiale. Sur le bord supérieur de la niche on peut lire : « Notre-Dame de Breac-Ellis » ; ce terme proviendrait du gaulois briacos (« marais ») et de helle (« sorcière » en vieux français).
Histoire
Origines et Antiquité La région de Brennilis a été très anciennement habitée, au moins depuis le Mésolithique. Le dolmen de Ti-ar-BoudigedMichel Le Goffic, "Le dolmen de Ti-ar-Boudiged en Brennilis", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXIII, 1994 date du Néolithique moyen : sous le tumulus, 15 pierres plantées en terre formant des piliers soutiennent trois pierres qui forment dalles de couverture : cette sépulture en « V » est longue de , sa largeur variant entre près de l'entrée étroite et s'élargissant jusqu'à au fond. Plusieurs autres mégalithes sont visibles sur le territoire communal, en particulier l'alignement de Leintan (cinq menhirs), hélas abattus et le menhir de Coatmocun. D'après la tradition populaire, c'est du haut de Roz-ar-Guevel, amas de rochers naturellement disposé en forme de dolmens, que Bristok, valeureux chef breton « à rude trempe et à lourde épée », devant une foule enthousiaste, poussa le premier cri de révolte contre les aigles romains. C'est à l'emplacement d'un oratoire construit au pour commémorer cette réunion de serfs attachés à la glèbe, et la déroute des légions romaines, que s'élève l'église paroissialeBrück an Arrhez (pseudonyme), "Le Courrier du Finistère" NN° 3121, 29 juillet 1939 et , 12 août 1939..
La voie romaine allant de Vorgium (Carhaix-Plouguer) vers La Feuillée passait à l'est du finage actuel, par le hameau de Pontauban et non loin des villages de Penhars et Kerrannou ; elle traversait « les garennes de Plouenez ».
Moyen Âge
Le village médiéval de Karhaes Vihan
Le site de Karhaes Vihan., qui comprend une dizaine de bâtiments en ruines, de forme carré ou rectangulaire, séparés les uns des autres et construits en granite, des piliers de bois soutenant une couverture en genets, permet de comprendre l´organisation de l'habitat rural en Basse Bretagne entre la fin du et le (habitat dispersé et regroupé en hameaux, homme et bétail sous le même toit). provenant des défrichements organisés sous l'égide des moines cisterciens de l'abbaye du Relec et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem implantés à La Feuillée. Ce type d'habitat a subsisté jusqu'à la fin du dans des villages comme Kerflaconnier ou Kermorvan.
Plouenez, la « Ploue de la Montagne » vignette|left|Maison en ruine à Ploenez, l'ancien chef-lieu de la « Ploue de la montagne ». vignette|Ploenez : façade de maison ancienne. vignette|Ancienne ferme à Ploenez.