Le de dragons (ou RD) est une unité de cavalerie de l'armée française, créé sous la Révolution à partir du régiment d'Angoulême dragons, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime.
Création et différentes dénominations La création du Régiment de Dragons, un des quatorze vieux régiments de Louis XIV, remonte à 1674. C'est le de cette année qu'il fut levé sous le nom de « Régiment de Prince » « Angoulême ». Le comte de Saint-Sandoux, Antoine de Ribières, premier mestre-de-camp, forme le nouveau régiment à Tournai. Il compe 4 escadrons de 2 compagnies de 68 hommes. Dès sa constitution, il prend part à la campagne de Hollande et s'y distingue dans les Flandres en 1676. À la mort du comte de Saint-Sandoux, le régiment passe officiellement sous le commandement de Peyssonnel le . En , Peyssonnel-Dragons est donné au chevalier de Gaubert de la Filolie et devient Gaubert-dragons. La guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697) voit les Dragons du Régiment charger avec succès ou se sacrifier avec héroïsme. C'est au cours de cette guerre qu'ils comptent dans leurs rangs Le Maréchal Duc de Villars. Le le chevalier de Gaubert de la Filolie cède son régiment au chevalier d'Albert d'Ailly de Chaulnes. Le vidame d'Amiens, Louis Auguste d'Albert d'Ailly succède à son frère au commandement du régiment à sa mort en 1701. En 1702, c'est au tour du marquis du Héron, autre frère des précédents de devenir propriétaire et mestre-de-camp du régiment. À la mort de de Héron le , le lieutenant-colonel de Bourneuf en devient le nouveau mestre-de-camp. En 1788, il devient régiment d'Angoulême.
Créé en 1674, ce Régiment s’appellera tout d’abord, comme c’était l’usage alors, du nom de ses colonels successifs.
Le plus illustre d’entre eux, fut, en 1788, le Duc d’Ancqleme, neveu de Louis XVI. D’où le nom d’Angoulême Dragons que le Régiment porte jusqu’en 1791, date à laquelle, une loi de réorganisation de l’armée affecte à ce Corps le qu’il portera désormais.
Chefs de corps 1791 : Colonel de Montigny 1792 : Colonel de Mouter 1793 : Chef de Brigade de Neuilly 1796 : Chef de Brigade de la Barbée 1797 : Chef de Brigade Debelle 1805 : Colonel de Préchamps 1805 : Colonel Ferdinand Pierre Agathe Bourdon 1805 : Colonel Jean Louis André Bourbier 1807 : Colonel Dejean 1811 : Colonel François Alexandre Thevenez d’Aoust 1815 : Colonel Montagnier
Durant la Restauration, le Régiment est licencié en 1816 pour être reformé en 1825 1825 : Colonel de Dreux-Nancréright|thumb|150px|Le colonel de Dreux-Nancré (1787-1848) 1830 : Colonel Delaporte 1836 : Colonel Marmion 1847 : Colonel de la Chaize 1852 : Colonel Damas 1858 : Colonel Touzet du Vigier 1865 : Colonel Huyn de Verneville 1872 : Colonel Robillot 1878 : Colonel Deshautschamps 1884 : Colonel Aragonis d'Orget 1890 : Colonel Dalmas de la Pérouse 1898 : Colonel de Préval 1904 : Colonel Gendron 1912 : Colonel de Nourquer du Camper - : Lieutenant-Colonel Vieillard ( Colonel en 1915)
Le , le Régiment est partagé en deux groupes : Premier groupe : et : Lieutenant Colonel de Guinebaud du au Deuxième groupe : et : Commandant de Thiollaz du au et Chef d'escadrons de Sèze du au
En 1919, le régiment de dragons est reconstitué
1919 : Colonel Bourret 1921 : Colonel de Magy 1922 : Colonel Borre-Verrier 1923 : Colonel Portalis
Il est dissous en .
Le lieutenant-Colonel Revouy prend le commandement du Régiment à sa remise sur pied à la mobilisation en 1939. Le Régiment de Dragons Portés est dissous à la fin de la Campagne de France en 1940.
Historique des garnisons, combats et batailles Ancien Régime Le Régiment s’illustre sur les Champs de bataille des Flandres, du Rhin, de Picardie : Bataille de Cassel (11 avril 1677) où son colonel y est grièvement blessé, combats de Monsen en 1678. garnison à Strasbourg (), garnison à Gemersheim (1693), garnison à Compiègne (), garnison au camp de la Saône près d'Auxonne () puis en 1699, il fait garnison à Grenoble combats de Carpi (Adige) en 1701 où son mestre-de-camp le chevalier d'Albert d'Ailly de Chaulnes est tué, siège de Turin en 1706 où son mestre-de-camp de Héron est tué en chargeant à la tête de ses dragons combats de Worms, de Heidnheim, d’Oudenaerde en 1708, de Denain en 1712, de Fribourg en 1713
bataille de Fontenoy en 1745
Guerres de la Révolution et de l’Empire vignette|Uniforme du en 1791. Il combat avec vaillance, sous la Révolution et la République dans les Armées du Rhin, de Sambre-et-Meuse et du Danube ; il se fait remarquer spécialement :
1791 : Bataille de Charleroi 1793 : 26 décembre : de Wissembourg 1794 : Bataille de Fleurus
Le Dragons fait partie ensuite des armées napoléoniennes : 1799 : Bataille de Stockach 1800 : dans l'armée du Rhin, il participe à la bataille de Hohenlinden et au combat de Salzbourg. 1805 : 2 décembre : Bataille d'Austerlitz. Le Colonel Bourdon est tué en chargeant à la tête du Régiment 1806 : Campagne de Prusse et de Pologne 14 octobre : Bataille d'Iéna 1807 : 8 février : Bataille d'Eylau. Sous les ordres du Colonel Bourbier qui décédera des suites de ses blessures. bataille de Friedland : enveloppé de toutes parts, il reste inébranlable ; sa résistance permet de contre-attaquer et de remporter la victoire. 1808 Guerre en péninsule ibérique : 1809 : Bataille d'Alba de Tormes
1813 : Campagne d'Allemagne 16-19 octobre : Bataille de Leipzig 1814 : Campagne de France bataille de Saint-Dizier Bataille de Brienne Bataille de Montmirail
De 1815 à 1852 Après l'abdication de l'Empereur, le régiment prend le nom de « Dragons du Berry » mais reprend son nom en 1815 pendant les Cent Jours.
Le Régiment est dissous fin à la suite de la seconde abdication de l'Empereur.
Recréé en 1825, il fait partie du corps expéditionnaire de la Méditerranée envoyé combattre la République romaine et participe au siège de Rome.
Ne sera plus engagé jusqu'en 1870.
Second Empire Durant la guerre de 1870, fait partie du d'armée. En 1870, incorporé à l’armée du Rhin. le régiment participe aux batailles de : Borny-Colombey Rezonville Saint-Privat
Le régiment est capturé lors de la reddition de la place forte de Metz.
De 1871 à 1914 En 1907, le régiment s'installe à Belfort qui sera sa garnison jusqu'en 1913.
Première Guerre mondiale vignette|Portrait du capitaine de Lormel, un officier du dragons en 1914-1915. Au déclenchement de la première guerre mondiale, le de dragons est en garnison à Belfort. Il fait partie de la au sein de la de cavalerie.
Il appartient à la de cavalerie d' à .
1914 août : offensive en Alsace, combat à Mulhouse, à Hirtzbach où le régiment capture un escadron entier du Chasseurs Allemands. : Le régiment est déplacé par voie ferrée vers la Marne, il fait partie du groupe de cavalerie Conneau. Il est présent à Épernay. : combat à Dormans puis à Montfaucon puis Viels-Maisons et Choisy - : bataille de la Marne. octobre : course à la mer, combats de Monchy-au-Bois, près d’Arras, en effectuant une attaque à pied, la lance à la main en guise de baïonnette : il éprouve là de grosses pertes.
1915 mai : secteur de l'Artois. juin - septembre : secteur de Champagne.
1916 janvier - juillet : Champagne, secteur de la Main de Massiges. dissolution du régiment. Le régiment fournit de nombreux cadres à l’Infanterie. Ensuite ses escadrons deviennent escadrons divisionnaires de Divisions d’Infanterie : ils se font remarquer par leur ardeur et leur habilité à réaliser des coups de main. Ils participent brillamment, en 1918, aux offensives finales.
1918 Bien que le régiment soit formellement dissout, les trois escadrons régimentaires sont regroupés le le temps d'une entrée dans Mulhouse.
Entre-deux-guerres Reconstitué en 1925, le dragons tient garnison à Belfort puis est dissous en 1928.
Un escadron du Chasseurs, en garnison à Vesoul, demeurera jusqu’au , l’unité de tradition du Régiment de Dragons.
Seconde Guerre Mondiale Reformé le à Saint-Germain-en-Laye, le régiment de dragons portés est rattaché à la de dragons portés, destinée à renforcer le corps de cavalerie du général Prioux (formé des et DLM à l'époque). Le , constitué de deux bataillons à quatre escadrons, est pauvrement équipé et ses dragons sont initialement transportés dans des autocars de réquisition.
Fin , la de dragons portés est dissoute et le est affecté à la division légère mécanique (DLM). Il reçoit le renfort d'un bataillon du régiment de dragons portés.
Début , le , commandé par le colonel Renouy, est constitué comme suit : 1 escadron hors-rang ; bataillon, commandé par le capitaine Laffargue : escadron motocycliste, et escadrons de fusiliers (sur véhicules tout-terrain ), escadron de mitrailleuses et d'engins (canons antichars de 25 et mortiers, également sur Laffly) et de chars légers ; bataillon, commandé par le capitaine Brau et organisé comme le : escadron motocycliste, et escadrons de fusiliers, escadron de mitrailleuses et d'engins et de chars légers ; bataillon, commandé par le commandant Kientz : escadron motocycliste, et escadrons de fusiliers, escadron de mitrailleuses et d'engins et de chars légers.
Les escadrons de chars légers sont équipés de 23 chars Hotchkiss chacun, un escadron (le , ancien escadron du régiment d'automitrailleuses) avec des H35 et les deux autres avec des H39. Formés à Saumur début 1940, le escadron rejoint le le régiment, et les deux autres le .
Avec sa division, le RDP participe à la bataille de Hannut. Le , bataillon, renforcé par les chars de la division, défend Crehen, Thisnes et Wansin face à la 4. Panzerdivision. Le , la 3. Panzerdivision attaque le bataillon à Maret, Orp-le-Petit et Orp-le-Grand, ainsi que le bataillon (renforcé par le ) à Jandrain. Cette dernière localité est abandonnée à mais les Allemands ont encerclé les Français et font 400 prisonniers, dont le capitaine Laffarque, commandant le bataillon. Le capitaine Pinta prend le commandant des rescapés du bataillon. Le , les restes du bataillon de mitrailleurs motorisés sont amalgamés au régiment. Le 16 et le 17, le régiment couvre sur le canal Charleroi-Bruxelles le repli de l'infanterie française qui, après avoir stoppé les Allemands à Gembloux, doit recoller avec les unités françaises plus au sud. Le , le régiment combat au début de la bataille d'Arras en soutien des Britanniques. Le régiment protège la retraite de sa division vers Dunkerque puis embarque vers l'Angleterre.
Début , le RDP, toujours sous les ordres du colonel Renouy, est reconstitué avec un bataillon de 4 escadrons portés sur camions (GMC ACK, Laffly S20TL et Laffly V15T) et un escadron moto. Il combat à nouveau les Allemands à partir du . Il est dissout après l'Armistice de 1940.
Traditions
Décoration Le régiment est décoré de la croix de guerre 1914-1918.
Devise Pro gemino certamine
Insigne L'insigne du RDP de 1939 représente les armoiries d'Angoulême, avec en chef un listel ANGOULEME DRAGONS et en pointe l'inscription 11e DRAGONS.
Étendard Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Fleurus 1794 Austerlitz 1805 Friedland 1807 Alba de Tormes 1809 Artois 1914 L'Aisne 1918
Personnalités ayant servi au de dragons
Jean Rivaud, capitaine en 1792, Jean Étienne François Monter, lieutenant-colonel puis colonel en 1792, Jean Donadieu, capitaine en 1793, César Alexandre Debelle, colonel en 1797, Pierre Berruyer, capitaine en 1798, Charles Auguste Creutzer, brigadier en 1800 Jean Louis André Bourbier, colonel en 1805, Pierre François Marie Auguste Dejean, colonel en 1806, Jean-Pierre Gauthier, commandant en second en 1809, François Alexandre Thevenez d'Aoust, capitaine en 1811,