Guerlesquin est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Historiquement, elle fait partie du Trégor. Guerlesquin est classée Petite cité de caractère, en raison de son passé et de ses façades en granite, et est incluse dans le Parc naturel régional d'Armorique. Géographie
Situation
Description du bourg
« Guerlesquin est un gros bourg qui a l'air d'une ville »Journal L'Ouest-Éclair du 31 août 1924.
André Mussat décrit en ces termes le bourg de Guerlesquin :
Géologie
Géologiquement, Guerlesquin est un appendice de granite grossier ou granulite situé au sud-ouest du massif granitique de PlouaretLouis Chauris et Jacques Garreau, "Un pluton polyphasé dans la ceinture batholitique hercynienne médio-armoricaine : le massif de Plouaret", Comptes-rendus de l'Académie des Sciences de Paris, tome 296, 6 juin 1983, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5653805k/f665.image.r=Guerlesquin.langFR. Cette pierre de taille, à grains uniformes moyens et à deux micas, peu dure à travailler, d'où l'importance des carrières qui occupèrent par le passé un grand nombre d'ouvriersCharles Barrois, "Légende de la carte géologique de Morlaix au 1/80 000", revue "Annales de la Société géologique du Nord", 1905, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5723818m/f20.image.r=Guerlesquin.langFR (une centaine de tailleurs de pierre dans la commune en 1914).
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Yar, le Guic, le Squiriou et divers autres petits cours d'eau.
Le Yar, fleuve côtier d'une longueur de , prend sa source dans la commune et remonte vers la Lieue de Grève (dans la baie de Lannion) en passant par létang du Moulin Neuf à Plounérin. Il se jette dans la baie de Lannion à Plestin-les-Grèves, après avoir traversé ..
Le Guic, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Botsorhel et se jette dans le Léguer à Belle-Isle-en-Terre, après avoir traversé .. Sur plus de , il marque la frontière entre Guerlesquin et Plougras, alimentant deux étangs, et termine sa course à Belle-Isle-en-Terre où il se fond dans le Léguer, fleuve qui se jette dans la Manche après avoir traversé Lannion. Les caractéristiques hydrologiques du Guic sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 457 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/10/1982 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
Le Squiriou, à l'ouest, est le principal affluent du Douron. Il sépare Guerlesquin de Botsorhel.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GuerlesquinLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang du Guic, d'une superficie totale de ( sur la commune) et Vieil étang, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Guerlesquin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (71,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (68,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (67,9 %), forêts (21 %), zones urbanisées (5,6 %), terres arables (2,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,2 %), prairies (0,9 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la commune est attesté sous les formes Guirlisquin vers 1330, Guirlisten en 1371, Guerlisquin en 1425, 1444 et 1453, Guerlisquen en 1430, 1512 et 1682, GuernlisquinDictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère (illustrations de Ronan Olier), Douarnenez, Éditions Chasse-Marée - ArMen, 04/1991 ou Guernliquin en 1481..
Guerlesquin vient du breton gwern et de Glisquin, nom attesté au . Guerlesquin peut se traduire littéralement par « le marais de Glisquin »Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère..
Le nom breton de la commune est Gwerleskin.
Histoire Les origines Guerlesquin naît au milieu du à proximité d'une motte féodale, édifiée entre 1040 et 1056 par Even Gwen sur les bords du Guic et remplacée par la suite par un château édifié par la famille Charruel (ou Charuel).
Selon René Largillière, « Guerlesquin n'apparaît pas comme une paroisse ancienne, son nom, la configuration de son territoire, suffisent à le prouver »René Largillière, "Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", J. Plihon et L. Hommais, Rennes, 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f119.image.r=Guerlesquin.langFR. Guerlesquin, avec son nom laïc et son territoire tout petit, est une ancienne trève, sans doute de Plounérin. « Guerlesquin est devenue paroisse à une époque où on ne créait plus de noms en "plou", son origine est certainement seigneuriale, c'était le siège d'une seigneurie importante »"Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", J. Plihon et L. Hommais, Rennes, 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f187.image.r=Guerlesquin.langFR. En remontant plus loin dans le temps, Guerlesquin serait issu du démembrement de la paroisse de Plouégat-Moysan..
Le Moyen Âge Jean Charruel (Charuel) La motte féodale est détruite en 1080 et remplacée par un château construit par les Charruel. Cette famille est présente à la première croisade et Jean Charruel, « grant capitaine de gens d'armes », « très bons escuyers bretons », défait Simon de Burley, s'empare de La Roche-de-Ponsoy. Pendant l'hiver 1345-1346, lors du siège d'Aiguillon dirigé par le duc de Normandie (le siège dura six mois, ce combat étant un épisode de la Chevauchée d'Édouard III en 1346 dans le cadre de la guerre de Cent Ans), il défait le comte de Pembroke Lawrence Hastings. Jean Charruel s'empare ensuite de Saint-Savin, puis assiège La Roche-sur-Yon. Il s'illustre lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365); Even Charruel (mais c'est très probablement en fait Jean Charruel en raison d'une confusion de prénom) est blessé lors du Combat des Trente en 1351. En 1352, Froissart écrit qu'il avait sous ses ordres « deux chevaliers, vingt-un écuyers et trente archers » et « depuis je vis seoir à le table dou roy Charles de France un chevalier breton qui esté y avoit, qui s'appelloit messires Yewains Charuelz ; mais il avoit le viaire [visage] si detailliet et decopet qu'il monstroit bien que la besongne fu bien combattue »Jean-Christophe Cassard, La Guerre de Succession de Bretagne, Ed. Coop Breizh - Kerangwenn, Spézet, 2006. La même année, il est envoyé comme otage, ainsi que Bertrand Du Guesclin, en Angleterre pour obtenir la liberté de Charles de Blois et est libéré en leur compagnie le après neuf années de captivité et paiement d'une rançon de florins d'or. En 1358, il participe à une jacquerie dans la ville de Senlis. Il entre au service du roi de France Charles V en Jean Froissart, "Œuvres de Froissart. Chroniques. Tome 20", publié par le baron Kervyn de Lettenhove, 1867-1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k38941k/f552.image.r=Guerlesquin.langFR. Au , la famille Charruel (ou Charuel) se fondit dans la famille de Penhoët.
Les seigneurs de Penhoët Les seigneurs de Penhoët succèdent aux Charruel à la fin du ou au début du . Le plus connu fut Jean (Jehan) de PenhoëtIl était le fils de Guillaume de Penhoët, dit "le Boiteux" et de Jeannede de Fronsac, seigneur de Guerlesquin, qui épousa Marguerite Charruel, fut capitaine des ville et château de Morlaix et amiral de Bretagne entre 1401 et 1432 ; il obtient du duc Jean V le titre de ville ainsi que des privilèges commerciaux le (droit des poids, balance et foires), concrétisant la vocation commerciale de la ville. La devise de Jehan de Penhoët Red Eo (« Il faut ») est encore celle de Guerlesquin. Sa nièce, en épousant Pierre de Rohan, fait de cette famille les propriétaires du château.
Les Rohan, à qui l'on doit la première cohue (1526) surmontée d'un auditoire de justice, renforcent le rayonnement de Guerlesquin sur le Trégor, la Cornouaille et le Léon.
Jean de Coëtqueveran (ou Coëtquevran) représente Guerlesquin lors de la montre de Tréguier en 1481René Kerviler, "Répertoire général de bio-bibliographie bretonne", fascicule 26, J. Plihon et L. Hommais, Rennes, 1886-1908, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6116498p/f317.image.r=Guerlesquin.langFR.
Cinq hautes justices seigneuralesGustave Saulnier de la Pinelais, " Les gens du roi au Parlement de Bretagne, 1553-1790", J. Plihon et L. Hommais, Rennes, 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k947283/f58.image.r=Guerlesquin.langFR, celles de Guerlesquin (bourg), le Ménès, Kerradenec, Trogorre et Besson [Beffou]., fonctionnaient en même temps à Guerlesquin dans le courant des et , chacune ayant son territoire de compétence.
La famille du Parc Locmaria