Kerlouan est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Description vignette|centre|Carte de la commune de Kerlouan. vignette|Carte de la région de Plounéour-Trez et Kerlouan à la fin du .

Kerlouan est une commune littorale de la Manche, faisant partie du Pays pagan, qui dispose d'une longue façade littorale en raison de sa situation péninsulaire, due au golfe marin du Port de Tresseny, dans lequel se jette un petit fleuve côtier, le QuillimadecLe Quillimadec est un petit cours d'eau long de , qui prend sa source sur les hauteurs de Plounéventer et forme la limite entre les communes de Ploudaniel, Trégarantec, Lesneven, Kernouës, Saint-Frégant et Guissény, situées sur sa rive gauche, et celles de Saint-Méen, Plouider et Kerlouan, situées sur sa rive droite. À la fin du , selon Jean-Baptiste Ogée, il faisait tourner 14 moulins., qui la sépare de la commune voisine de Guissény et forme la presqu'île de Neiz Vran. Son littoral est formé de nombreuses plages et rochers, ces derniers pour la plupart en granulite. Les dunes basses qui longent le littoral ont été formées par l'action du vent qui a accumulé là une partie du sable des plages, principalement lors du petit âge glaciaire, qui provoqua un ensablement importantL. Collin, Évolution de la côte nord du Finistère pendant l'époque quaternaire, "Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France", 1913, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1125198/f67.image.r=Kerlouan.langFR.

L'abondance des rochers en mer, qui forment de nombreux écueils, rend cette côte particulièrement dangereuse à la navigation comme en témoigne cette description d'Ernest Daudet, parue en 1899 :

Le port de Tresseny

Les plages de Kerlouan

Les rochers de Kerlouan Les nombreux rochers qui parsèment le finage de Kerlouan étaient d'anciens îlots rocheux en raison de la remontée du niveau de la mer lors de la transgression flandrienne. Selon une légende connue sous le nom Les danseurs maudits, les pierres disséminées dans la lande à Kerlouan étaient des jeunes gens et des jeunes filles changés en roches pour avoir voulu faire danser avec eux un prêtre qui portait les sacrements à un maladeL. F. Sauvé, Les danseurs maudits, "Revue des traditions populaires", n° du 25 mars 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5833058w/f39.image.r=Kerlouan.langFR et Paul Ginisty, Contes de fées, revue La Tradition, Paris, octobre 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57906890/f24.image.r=Kerlouan.langFR.

À la limite de Brignogan, en aval du hameau de Kerzenval, se trouvait une lagune, transformée partiellement en étang par la construction d'une digue (il figure sur la carte d'état-major de 1889) et asséché depuis ; une partie est restée marécageuse : les marais du Théven, d'une superficie de , dont l'eau douce devient parfois saumâtre en raison de d'infiltrations d'eau de mer et qui abrite une flore et une avifaune diversifiées.

La majeure partie du territoire communal est à moins de d'altitude, une colline atteignant toutefois près de Kerbizien. La commune possède aussi à sa limite méridionale, dont le tracé suit le cours du Quillimadec, un étang, l'Étang du Pont, alimenté par celui-ci.

Outre le bourg, l'habitat est dispersé en de nombreux hameaux, le plus connu étant l'ancien village de pêcheurs et goémoniers de Meneham (Ménez Ham).

La situation péninsulaire explique que Kerlouan soit longtemps resté un isolat humain : lors du recensement de 1872, tous les habitants recensés étaient nés dans la communeMaiwenn Raynaudon, Interview de Louis Élégoët, revue "Bretons", , décembre 2012..

Hydrographie Réseau hydrographique

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Quillimadec et divers autres petits cours d'eau.

Le Quillimadec, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plounéventer et se jette dans la Manche à Guissény, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de KerlouanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Étangs Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de la Digue () et l'étang du Pont ()..

L'étang du Pont dont on ignore l'origine, situé dans la partie aval du Quillimadec, disparaît depuis que la loi sur la continuité écologique a obligé en 2018 à laisser ouvertes les vannes du moulin qu'il alimentait auparavant en eau afin de permettre la migration des poissons et la circulation des sédiments. Il n'est plus qu'une vasière où des chevreuils s'enlisent parfois. Une végétation opportune et pauvre s'y installe. C'est pourtant un milieu naturel qui abrite des loutres et de nombreuses espèces d'oiseaux ; il sert aussi de filtre naturel pour les eaux chargées en nitrates et en phosphates du Quillimadec, et de son bassin versant de , avant que celles-ci ne rejoignent la baie de Tresseny..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudaniel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Kerlouan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Kerlouan, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (78,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (51 %), prairies (15,2 %), zones urbanisées (15 %), terres arables (11,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,5 %), zones humides côtières (0,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire Préhistoire

Un petit campement de bord de mer habité à l'Aurignacien a été découvert à Beg-ar-C'hastel ; on y a trouvé un matériel abondant. Un site habité probablement avant, dès le Châtelperronien, se trouve sur l'ilôt d'Enez-Amon-ar-Ross (Enez-Amann-ar-Rous)Romain Pigeaud, "Des mammouths aux Menhirs. La Préhistoire dans l'ouest", éditions Ouest-France, 2007 ..

L'habitat de Beg-ar-C'Hastel en Kerlouan était situé à l'abri des chaos de blocs granitiques en bordure du littoral actuel ; il aurait servi d'abri à une population de chasseurs. Il est daté des débuts du Weischélien supérieur ; on y a trouvé des grattoirs nucléiformes et surtout des burins, de type dièdre et surtout de fines lamelles Dufour caractéristiques de l'Aurignacien et datant d'environ avant J.-C.Pierre-Roland Giot, L. Talec, Jean-Laurent Monnier et M. Allard, Le paléolithique supérieur du pays de Léon (Finistère). Le gisement de Beg ar C'hastel en Kerlouan, revue "L'Anthropologie", 1975, consultable http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12953515. Une partie du résultat des fouilles se trouve au Musée de la préhistoire finistérienne de Penmarc'h.

Au Néolithique, plusieurs monuments mégalithiques furent édifiés sur le territoire de la commune. Sur les quatre menhirs recensés au début du , deux sont encore visibles (Kervizouarn, Théven), les deux autres ayant été détruits depuis (Croazou, Kermaguel). Au lieu-dit Kermaguel, Paul du Châtellier signale en 1907 l'existence d'une allée couverte et d'une seconde sépulture mégalithique, toutes deux désormais détruites. Sur les bords du Quillimadec, l'allée couverte de Porz Huel désormais immergée n'est visible qu'à marée basse. Au , de nombreux blocs naturels ont aussi été signalés à tort comme étant des mégalithes (Minioc, Rumiqueal, Saint-Égarec).

Étymologie et origines