Le 110 mètres haies, épreuve exclusivement masculine, figure au programme des Jeux olympiques depuis la première édition, en 1896 à Athènes.
Le record olympique de la discipline est actuellement détenu par le Chinois Liu Xiang, auteur de en finale des Jeux olympiques de 2004, à Athènes (record du monde égalé) .
Deux athlètes parviennent à remporter deux titres olympiques sur haies : l'Américain Lee Calhoun en 1956 et 1960, et son compatriote Roger Kingdom en 1984 et 1988. Après les Jeux olympiques de 2020, les États-Unis ont remporté 19 des 29 titres olympiques, et 57 des 87 médailles olympiques.
Éditions + Années 96 00 04 08 12 20 24 28 32 36 48 52 56 60 64 68 72 76 80 84 88 92 96 00 04 08 12 16 20 24TotalÉditions X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X 30
Historique 1896-1912 thumb|left|upright=0.9|Fred Kelly, champion olympique en 1912. Le 110 mètres haies fait partie des douze épreuves d'athlétisme au programme des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne, disputés en 1896 au Stade panathénaïque d'Athènes. Parmi les quatre concurrents de la finale, deux déclarent forfait : le Français Frantz Reichel qui doit assister son compatriote Albin Lermusiaux dans l'épreuve du marathon, et l'Américain William Hoyt qui se réserve pour l'épreuve du saut à la perche .. Sur une piste sablonneuse en très mauvais état, l'Américain Thomas Curtis remporte l'épreuve du haies dans le temps modeste de , devant le Britannique Grantley Goulding.
En 1900, sur la piste en herbe de la Croix-Catelan, l'Américain Alvin Kraenzlein remporte le titre des Jeux olympiques de Paris (), devant ses compatriotes John McLean et Frederick Moloney . Kraenzlein s'adjugera trois autres titres lors de ces Jeux, sur , au saut en longueur et sur haies.
Lors des Jeux olympiques de 1904, à Saint-Louis, l'Américain Fred Schule devance dans le temps de ses deux compatriotes Thaddeus Shideler et Lesley Ashburner .
L'Américain Forrest Smithson s'impose lors des Jeux olympiques de 1908 sur la piste en herbe du White City Stadium dans le temps de juste, laissant ses concurrents — exclusivement américains — à plus de , et établissant à cette occasion le premier record du monde du haies homologué par l'IAAF . John Garrels et Arthur Shaw, se classent deuxième et troisième de l'épreuve.
Lors des Jeux olympiques de 1912, au Stade olympique de Stockholm, cinq athlètes américains figurent parmi les six finalistes. Fred Kelly s'adjuge le titre olympique dans le temps de , devant ses compatriotes James Wendell et Martin Hawkins .
1920-1936 thumb|upright=1.3|Finale du haies aux Jeux d'Anvers en 1920. Lors des Jeux olympiques de 1920, à Anvers, le Canadien Tommy Thomson remporte le titre olympique en devenant le premier athlète officiellement chronométré en moins de sur haies, son temps de sera homologué comme un nouveau record du monde. Thomson devance deux Américains : Harold Barron et Frederic Murray .
En 1924, aux Jeux olympiques de Paris, l'Américain Dan Kinsey l'emporte en , juste devant le Sud-africain Sydney Atkinson () et le Suédois Sten Pettersson (). L'Américain George Guthrie, initialement troisième de l'épreuve, est disqualifié selon le règlement de l'époque pour avoir heurté plus de trois haies durant la course .
Sydney Atkinson, médaillé d'argent à Paris, s'adjuge le titre des Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam en , aux dépens de deux Américains, Steve Anderson () et John Collier () . L'autre Sud-africain George Weightman-Smith, détenteur du record mondial, ne termine que de l'épreuve.
Aux Jeux olympiques de 1932 à Los Angeles, l'Américain George Saling l'emporte en et égale le record du monde. Il devance son compatriote Percy Beard () qui, alors en tête de course, est déséquilibré en heurtant violemment la sixième haie, et le Britannique Donald Finlay, troisième en .
L'Américain Forrest Towns remporte le titre des Jeux olympiques de 1936 à Berlin en après avoir égalé son propre record du monde de en demi-finale. Il termine avec deux mètres d'avance sur Donald Finlay qui obtient sa deuxième médaille consécutive dans cette épreuve (), et l'autre américain Frederick Pollard ( également) .
1948-1964 thumb|left|Harrison Dillard, champion olympique en 1952. L'Américain Harrison Dillard, qui avait établi un nouveau record du monde du en 1948, échoue lors des sélections olympiques américaines et ne parvient à se qualifier pour les Jeux olympiques de 1948. À Londres, c'est son compatriote William Porter qui s'adjuge le titre olympique en établissant en finale nouveau record olympique en . Il devance deux autres Américains : Clyde Scott, médaillé d'argent en et Craig Dixon, médaillé de bronze en . Le Suédois Håkan Lidman, champion d'Europe en titre, termine et dernier de la finale. Non qualifié sur , Harrison Dillard remporte néanmoins les épreuves du et relais 4 × 100 m lors de ces Jeux.
Lors des Jeux olympiques de 1952 à Helsinki, Harrison Dillard, qui a cette fois-ci réussi à franchir le cap des sélections olympiques américaines, remporte le titre olympique du . Il réalise à cette occasion un nouveau record olympique en finale en , à deux dixièmes de seconde seulement du record du monde de son compatriote Dick Attlesey. Comme à Londres, trois américains occupent les trois premières places : Jack Davis se classe deuxième dans le même temps que Dillard (record olympique égalé), devant Arthur Barnard, médaillé de bronze en .
En 1956, aux Jeux olympiques de Melbourne, les finalistes font face à une forte rafale de vent. L'Américain Lee Calhoun accomplit la meilleure course de sa carrière en coupant la ligne d'arrivée en , nouveau record olympique. Son compatriote Jack Davis, qui a amélioré le record du monde lors de cette saison 1956, réalise le même temps que Calhoun mais est finalement désigné médaillé d'argent, devant l'autre américain Joel Shankle, troisième en .
Lee Calhoun, qui a égalé le record du monde quelques semaines auparavant, conserve son titre olympique à l'occasion des Jeux olympiques de 1960, à Rome, devenant le premier athlète de l'histoire à s'adjuger deux médailles d'or olympiques sur haies. Ex æquo avec son compatriote Willie May en après avoir effectué un plongeon sur la ligne d'arrivée, Calhoun est désigné champion olympique plusieurs minutes après la fin de la course après examen des juges de la photo-finish. Au chronométrage électronique, Calhoun est crédité de , soit un centième de seconde de moins que Willie May qui remporte par conséquent la médaille d'argent . L'autre américain Hayes Jones est médaillé de bronze en .
En 1964, lors des Jeux olympiques de Tokyo, l'épreuve se dispute au sein du Stade olympique national, enceinte qui dispose pour la première fois aux Jeux olympiques d'une piste de huit couloirs. Hayes Jones, médaillé de bronze à Rome, est sacré champion olympique dans le temps de , devançant d'un dixième de seconde son compatriote Blaine Lindgren et le Soviétique Anatoliy Mikhailov, champion d'Europe en 1962 . Trois athlètes italiens participent à la finale, dont Eddy Ottoz, de l'épreuve.
1968-1984 thumb|Guy Drut, champion olympique en 1976 et médaillé d'argent en 1972. Lors du 110 mètres haies des Jeux olympiques de 1968 à Mexico, Eddy Ottoz se distingue dès les séries en égalant le record olympique de Lee Calhoun datant des Jeux de 1956 (). Mais en finale, l'Américain Willie Davenport réalise un départ rapide et parvient à maintenir son avance jusqu'à la ligne d'arrivée en établissant un nouveau record olympique en . Il devance d'un dixième de seconde son compatriote Ervin Hall, crédité de , et Eddy Ottoz, médaillé de bronze en . L'autre américain Earl McCullouch, qui a égalé en 1967 le record du monde de Lee Calhoun et qui figurait parmi les favoris au titre, ne participe pas à ces Jeux en raison d'une chute survenue lors des sélections olympiques américaines .
Quatre ans plus tard, aux Jeux olympiques de 1972 à Munich, l'Américain Rod Milburn qui était invaincu sur la distance depuis 1971, s'adjuge la médaille d'or en égalant le record du monde en , devenant également le premier détenteur du record du monde mesuré électroniquement, en . Le Français Guy Drut, deuxième de la course, établit quant à lui un nouveau record d'Europe en et devient le premier français médaillé olympique sur 110 m haies. L'Américain Thomas Hill se classe troisième de la finale en , écartant du podium le tenant du titre Willie Davenport, en .
Champion d'Europe en 1974, et détenteur depuis 1975 du record du monde au chronométrage manuel (), Guy Drut remporte le titre des Jeux olympiques de 1976, à Montréal. Troisième de sa série qualificative, puis deuxième de sa demi-finale deux jours plus tard, il réalise un bon départ en finale et se hisse en tête à la mi-course, à la hauteur du Cubain Alejandro Casañas, de Willie Davenport et de l'Est-allemand Thomas Munkelt. Il accroît son avance sur ses concurrents et remporte la course en , devant Alejandro Casañas, deuxième en et Willie Davenport, troisième en . Guy Drut est le premier européen champion olympique de la discipline, et le premier non-américain à s'imposer depuis 1928.
Les Jeux olympiques de 1980 sont marqués par le boycott des États-Unis, parmi lesquels figurent Renaldo Nehemiah, détenteur du record du monde depuis 1979 (), ou encore Greg Foster qui a réalisé avec Nehemiah 14 des 15 meilleures performances mondiales de l'année. À Moscou, Thomas Munkelt, champion d'Europe en 1978, remporte la finale dans le temps de et devance de justesse Alejandro Casañas qui décroche à cette occasion sa deuxième médaille d'argent olympique consécutive (). Le Soviétique Aleksandr Puchkov complète le podium en .
Greg Foster est le favori des Jeux olympiques de 1984 après son titre de champion du monde obtenu en 1983, et après le retrait des pistes de Renaldo Nehemiah qui est devenu joueur professionnel de football américain. En séries, Foster égale le record olympique de Rod Milburn de , performance que réédite son compatriote Roger Kingdom et de nouveau Greg Foster lors de leur victoire en demi-finale. En finale, Roger Kingdom porte ce record olympique à et s'adjuge le titre olympique en devançant de justesse Greg Foster, médaillé d'argent en , le Finlandais Arto Bryggare s'adjugeant la médaille de bronze en . Thomas Munkelt, le tenant du titre, ne participe pas à ces Jeux en raison du boycott des pays du Bloc soviétique.
1988-2004 thumb|left|Liu Xiang, champion olympique en 2004 et actuel détenteur du record olympique (). Roger Kingdom conserve son titre aux Jeux olympiques de 1988 à Séoul et devient à cette occasion le deuxième hurdleur après son compatriote Lee Calhoun (en 1956 et 1960) à remporter deux titres olympiques sur haies. Invaincu lors de la saison 1988, remportant les vingt-cinq courses auxquelles il participe, Kingdom s'impose en finale dans le temps de , signant un nouveau record olympique et devenant le premier athlète à passer sous les lors de cette compétition. Le Britannique Colin Jackson est médaillé d'argent en et l'autre américain Tonie Campbell médaillé de bronze en . Greg Foster, deuxième en 1984 à Los Angeles, et qui a remporté en 1987 son deuxième titre consécutif de champion du monde, est absent pour cause de blessure.
Quatre ans plus tard, lors des Jeux olympiques de Barcelone, le Canadien Mark McKoy obtient la consécration mondiale en s'imposant en finale en , devant les Américains Tony Dees () et Jack Pierce (), ce dernier ne devançant le Britannique Tony Jarrett pour la médaille de bronze qu'au millième de seconde. Colin Jackson, gêné par une blessure après avoir percuté une haie en demi-finale, ne se classe que de l'épreuve. Greg Foster, qui a remporté son troisième titre de champion du monde d'affilée en 1991, n'est pas parvenu à se qualifier pour ces Jeux à l'occasion des sélections olympiques américaines .