L’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) est l'une des quatre écoles vétérinaires françaises. Elle a été fondée à Toulouse (Haute-Garonne), en 1825.

À l'instar des trois autres écoles vétérinaires françaises (Alfort, Lyon et Nantes), c'est un établissement d'enseignement et de recherche placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt et également un centre hospitalo-universitaire vétérinaire ouvert au public.

Après obtention d'un diplôme d'études fondamentales vétérinaires obtenu en fin de quatrième année d'études à l'ENVT, suivi d'une année d'approfondissement et d'orientation ( d'études), les étudiants diplômés de l'ENVT soutiennent une thèse de doctorat vétérinaire, (thèse d'exercice) sous l'égide de la Faculté de médecine de Toulouse, au sein de l'université Toulouse III - Paul Sabatier.

L'ENVT dispense également des enseignements de formation continue, d'internat en sciences cliniques, des diplômes d'école et des masters.

L'activité de recherche y est réalisée principalement au sein de quatre UMR en partenariat principal avec l'INRA, d'une unité propre à l'ENVT et d'une unité mixte technologique (UMT).

À partir de 2010, l'ENVT est rattachée à l'Institut national polytechnique de Toulouse (INPT, dans l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées). À la suite de la loi 2013-660 du , ce rattachement est devenu caduc. L'ENVT est alors devenue partenaire de l'INPT.

Histoire Créée en 1825Ordonnance royale du 6 juillet 1825., l’École est inaugurée en 1835 dans le quartier Marengo, dans lequel sera édifiée par la suite, la future gare Matabiau. Pour cela, l'ancienne école vétérinaire est souvent désignée l’École de Matabiau. On consultera avec intérêt dans Commons Jean Sendrail une présentation illustrée de nombreuses photographies que Jean Sendrail, directeur de l'ENVT de 1929 à sa mort en 1935, a rédigée en 1933. L'évocation de cet ensemble architectural disparu, témoignage toulousain de l'architecture néo-classique, est périodiquement reprise dans les médias La Dépêche : Quand les vétos étudiaient à Matabiau..

La nouvelle école est construite, chemin des Capelles, sur une partie du domaine Chouvel, dans le quartier de Lardenne. L'histoire en a été relatée par le professeur René Lautié qui fut directeur de l'établissementRené Lautié. : L’histoire de l’École nationale vétérinaire de Toulouse, Rev. méd. vét. de Toulouse, , 1981, . Consultable à la Bibliothèque de l'ENVT.

De Matabiau à Lardenne L'École vétérinaire qui devait constituer l'aboutissement monumental d'une perspective, dans le projet initial, a été considérée assez vite comme un obstacle au développement des communications, de la gare Matabiau d'abord, puis de la création d'une pénétrante urbaine. La ville de Toulouse en demande le transfert en 1899.

Après l'annulation, à la veille de la deuxième guerre mondiale, du déménagement dans de nouveaux bâtiments, dans ce qui devait être l'École de la Juncasse réquisitionnée pour les besoins militaires, il faut attendre la Libération pour voir reposée la question de l'école vétérinaire, avec une incertitude : la fermeture ou la reconstruction.

Fermeture envisagée puis décision de maintien de l'école vétérinaire de Toulouse après la fin de la Seconde Guerre mondiale Le , l'inspecteur général de l'enseignement vétérinaire, le professeur Petit informe le ministre de l’Agriculture qu’il a sélectionné un terrain à bâtir en dehors de la ville, près de l’hôpital de Purpan. En 1954, ce projet sera abandonné à la suite du recours des propriétaires contre la tentative d’expropriation menée par la ville.

Au printemps 1948, le Ministre de l’Agriculture envisage la création de deux nouvelles écoles vétérinaires, l'une à Rennes et l'autre à Alger. Ce projet est écarté par l’Inspecteur général Petit. Une subvention au titre des investissements du plan Marshall est envisagée puis abandonnée.

En , la décide qu’il y a lieu de fermer l’école. Les raisons invoquées sont : la vétusté, l’exécution du plan d’urbanisme, une dépense estimée pour la remise en état de ainsi qu'une dépense estimée pour la reconstruction de l’école comprise entre et un milliard de francs de l'époque.

Le , le conseil général de la Haute-Garonne vote une motion demandant le maintien de l’école à Toulouse : il souligne , , , et l'appuie par un vote, le .

le , le Journal officiel publie la réponse positive du ministre de l’Agriculture à une question d’un parlementaire toulousain : le maintien est appuyé.

En 1953, tous les Pouvoirs publics se déclarent favorables au maintien de l’école vétérinaire à Toulouse.

À partir de 1954, sous l'impulsion des inspecteurs généraux de l'enseignement vétérinaire, Marcel Petit puis Jean-Claude Godfrain, le nombre de chaires, dans chacune des trois écoles nationales vétérinaires, passa de 10 à 15.

Le choix du projet architectural et l'achat du terrain Chouvel Le , le Conseil municipal décide d’acheter le terrain de la propriété Garipuy à Saint-Michel-du-Touch.

Le , Noël Le Maresquier est désigné par l’État pour mener à bien la construction de la nouvelle école et le , au cours d’une réunion de travail, les grands traits de la future école sont ébauchés.

Le , le ministère de l’Agriculture décide officiellement la reconstruction de l’école vétérinaire, les plans sont acceptés.

Le , les pourparlers relatifs à l’achat de la propriété Garipuy ayant échoué, le conseil municipal de la ville de Toulouse décide l’acquisition d’un nouveau terrain de et situé sur le domaine du château de Marmande dans le quartier de Lardenne et appartenant à un industriel toulousain, M. Chouvel, avec l'entremise du directeur de l’École vétérinaire à cette époque, Pierre Pons. L'acte de cession est signé le , la partie de la propriété de Marmande achetée par la ville est cédée au ministère de l’Agriculture.

Le château du domaine, dit château de Marmande ou , sera utilisé plus tard pour y installer l’École de la Croix-Rouge française. L'histoire du domaine est rappelée sur le site régional Midi-Pyrénées de la Croix-RougeSite régional Midi-Pyrénées de la Croix-Rouge.

Construction de la nouvelle école vétérinaire

Le a lieu la cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle école vétérinaire. Dans des articles de presse qui lui furent consacrés, dont celui du journal Le Monde, elle fut qualifiée d'école vétérinaire la plus moderne du Monde. Cependant, en 1964, les travaux s’arrêtent faute de crédits. Des constructions prévues dans le projet initial ne sont pas réalisées dont, en particulier, des hôpitaux, deux services d’enseignement et de recherche, un musée de l'enseignement vétérinaire, un auditorium, des locaux d’habitation, l’aménagement de parkings, un gymnase, des terrains de sport, les corrections de certaines réalisations, une ferme pour des expérimentations.

La première rentrée des élèves dans la nouvelle école a lieu en . Le , le projet de démolition de l’ancienne école vétérinaire est adopté par le conseil municipal de Toulouse.

Soixante-cinq ans se sont écoulés entre la première demande de transfert de l'ancienne école vétérinaire de Toulouse et la réalisation du nouvel établissement, l'École nationale vétérinaire de Toulouse située au chemin des Capelles (1899-1964) Gabriel Javaux. Réalisation de la nouvelle école vétérinaire de Toulouse 1899-1968, Th.: Med. vet. : Toulouse: 1969; 60p. . Cependant le constat d'une école inachevée pèsera longtemps sur les conditions de fonctionnement de l'établissement et conduira à l'édification de nouveaux bâtiments au cours des décennies qui ont suivi.

Une nouvelle école dans un contexte national nouveau de l'enseignement et de la recherche

Les atouts de la nouvelle implantation géographique

La localisation en banlieue de ce nouveau campus modifie considérablement le mode de vie des étudiants et des enseignants.

Au départ, des enseignants vétérinaires, notamment ceux qui étaient bien intégrés dans le réseau de que sont les sociétés savantesCaroline Barrera : Les sociétés savantes au . Une sociabilité exceptionnelle .pdfCaroline Barrera : Les Sociétés savantes toulousaines au 1797-1865, préface de Michel Taillefer, 2003, 1 vol (435 p.) Éditions du CTHS, Paris, 2003 , ont craint que la communauté vétérinaire, autrefois insérée dans la ville, se retrouve à l'écart, avec le risque de se replier sur elle-même. Mais c'est l'inverse qui s'est produit, l'implantation de l’École et les moyens modernes de communication vont au contraire favoriser les relations de l'ENVT avec le monde extérieur, tant aux niveaux régional et national qu'international : la proximité de l'aéroport de Toulouse-Blagnac et la commodité d'accès aux rocades de Toulouse se sont révélées comme des atouts géographiques très importants de développement. Tant le fonctionnement quotidien de l'école (accès des clients à l'ENVT, transport d'animaux, déplacement d'élèves dans les élevages) que les relations scientifiques et administratives (notamment avec Paris) en ont été facilitées.

Toutefois, le rapport d'évaluation () de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES), après avoir titré sur à propos de la vie étudiante et après avoir exposé l'ensemble des avantages dont disposent les étudiants sur le site de l'école et les activités qu'ils peuvent y mener, reprend cette question de l'isolement géographique, en écrivant que AERES : Rapport d'évaluation de l’École nationale vétérinaire de Toulouse, décembre 2010.

Un campus et une organisation pavillonnaire La nouvelle école s'inscrit dans un plan d'ensemble national de réorganisation de l’enseignement supérieur et de la recherche. À partir des années 1950 et 1960, dans toutes les villes universitaires, les anciens édifices d’enseignement supérieur de centre ville sont progressivement remplacés par de nouveaux établissements en périphérie dont l'organisation se rapproche du modèle de campus nord-américain.

Mais l'organisation pavillonnaire traduit, en plus, une rupture par rapport à l'organisation concentrée connue jusqu'alors. Dans l’architecture de l’ancienne école vétérinaire, les pleins l’emportaient sur les vides, dans la nouvelle c'est l'inverse. Cette architecture éclatée en pavillons de faible volume rend compte de la primauté donnée alors à la chaire d'enseignement. Dans la vision nouvelle de l'époque d'après guerre, les recherches agronomique et vétérinaire sont appelées à se développer ailleurs que dans les établissements d'enseignement supérieur, à savoir dans les centres de recherche d'un institut nouvellement créé, l'INRA.

La Recherche

Les choix nouveaux affichés pour l'enseignement et pour la recherche agronomique et vétérinaire en France, après la Libération, et portés par les ministères de tutelle, celui de l'Agriculture et celui de la Recherche, modifient considérablement la place de la recherche dans les établissements d'enseignement agronomiques et vétérinaires. Le développement de l'INRA, créé en 1946, va absorber progressivement, dans des sites de recherche propres éloignés des établissements d'enseignement, l'essentiel des moyens affectés à la recherche agronomique et vétérinaire même si, au départ, le département de recherche INRA de pathologie animale est constitué pour l'essentiel par les laboratoires de recherche des écoles vétérinaires. Avec l'implantation en 1969 de la station INRA de pharmacologie animale, à Saint-Martin-du-Touch, toute proche de l'ENVT, mais de l'autre côté du Touch, ce handicap potentiel sera très vite effacé dans le domaine particulier de la pharmacologie et de la toxicologie par l'équipe de physiologie de l'ENVT, sous la direction des professeurs Yves RuckebuschAcadémie royale de médecine de Belgique : Éloge académique du Professeur Yves RUCKEBUSCH, correspondant étranger, par Jules DERIVAUX, membre titulaire. et Pierre-Louis Toutain qui organiseront le rapprochement et la création d'équipes communes.