Marc Girardelli, né le à Lustenau en Autriche, est un skieur alpin autrichien d’origine italienne qui a représenté le Luxembourg en compétition de 1980 à 1997 au plus haut niveau international. Malgré un physique fragile (treize interventions chirurgicales au cours de sa carrière), il fait partie pendant plus de quinze ans des meilleurs skieurs de la Coupe du monde.

D'abord spécialiste des disciplines techniques, il s'oriente en 1983 vers la polyvalence et devient en 1985, le premier skieur luxembourgeois à inscrire son nom au palmarès du classement général de la Coupe du monde de ski alpin. Il se construit par la suite, un des plus beaux palmarès de son sport. Il reste longtemps le recordman du plus grand nombre de victoires au classement général qu'il remporte à cinq reprises en 1985, 1986, 1989, 1991 et 1993, avant d'être dépassé en 2017 par Marcel Hirscher. Marc Girardelli ajoute dix globes de cristal de spécialités (quatre en combiné, trois en slalom, deux en descente et un en géant) et quarante-six succès dans les cinq disciplines du ski alpin, un exploit que seuls Pirmin Zurbriggen, Günther Mader, Kjetil-André Aamodt et Bode Miller ont réalisé. De plus, Girardelli est le seul à avoir réalisé cette performance au cours d'une même saison, en 1988-1989 qui restera sa meilleure. Il y remporte neuf succès pour treize podiums et termine dans les cinq meilleurs au classement de chacune des cinq disciplines. Ses rivalités dans les disciplines de vitesse avec Pirmin Zurbriggen et dans les épreuves techniques avec Alberto Tomba font partie des grandes heures du ski alpin des années 1980 et 1990.

Girardelli est également sacré champion du monde à quatre reprises entre 1987 et 1996. Médaillé d'or à trois reprises en combiné (1987, 1989 et 1996), il détient le record de titres dans la discipline en commun avec le Norvégien Kjetil Andre Aamodt. Il a également remporté un titre en slalom en 1991. Avec onze médailles mondiales, il devient en 1996 le skieur le plus médaillé en championnats du monde mais sera dépassé quelques années plus tard par Aamodt.

Double médaillé d'argent aux Jeux olympiques d'Albertville 1992 en super-G et géant, Girardelli n'est pas parvenu à remporter une médaille d'or en trois participations.

Skieur autrichien d'origine, Girardelli a concouru sous les couleurs du Luxembourg à la suite d'un désaccord avec la fédération autrichienne. Il a dû pendant toute sa carrière s'entraîner seul accompagné de son père Helmut qui l'a managé et entraîné jusqu'à la fin de sa carrière, composant régulièrement avec de nombreux problèmes d'organisation et de manque de structures.

Skieur souvent décrié pour son caractère introverti et distant, Girardelli a su gagner le respect de ses pairs grâce à ses performances qui ont fait de lui une personnalité incontournable du cirque blancLa dénomination « cirque blanc » est communément admise pour désigner le circuit mondial du ski alpin. de la fin du .

Biographie Premières années Marc Girardelli est né en 1963 dans la petite commune autrichienne de Lustenau de parents hôteliers dans la localité de Dornbirn dans le land du Vorarlberg. Il monte sur les skis dès ses quatre ans, et démarre la compétition chez les poussins à l'âge de sept ans. Il remporte en 1975, à l'âge de onze ans le slalom et le géant du « Trofeo topolino » une des plus importantes courses cadets internationale disputée en Italie, le pays d'origine de son père. En 1976 alors âgé de treize ans, Girardelli se retrouve à l'occasion d'une course de kermesse aux côtés de David Zwilling le champion du monde de descente de Saint-Moritz mais il refuse de l'approcher.

Carrière sportive Conflit avec la fédération autrichienne et changement de nationalité thumb|Le Grand-Duché du Luxembourg que Girardelli représente en compétition. Les résultats de Marc Girardelli lui permettent alors d'être intégré dans la foulée dans une académie de ski autrichienne à Schruns. Le déracinement est brusque pour un jeune skieur habitué à un cadre de vie différent et à moins de pression. Girardelli ne parvient pas à s'adapter aux méthodes d'entrainement. Il est considéré comme plus mûr et plus doué que ses camarades par son père Helmut, qui reste très présent et estime qu'un entraînement personnalisé correspondrait plus à son fils. Helmut rentre vite en conflit avec les entraîneurs et retire son fils de l'académie, décidant de devenir son manager et entraîneur.

Père et fils décident en 1978, après un long conflit en raison de la non-sélection de Marc pour les Championnats du monde junior, de couper les ponts avec la fédération autrichienne. Girardelli tente donc par la suite de représenter le Grand-Duché du Luxembourg en course., et ce bien qu'il n'ait aucune attache avec ce petit État d'Europe occidentale.– lequel présente en outre l'intérêt de ne pas être une nation de tradition de ski, ce qui permettra à Marc d'obtenir sa sélection rapidement pour les épreuves de Coupe du monde. Cependant une lourde condition s'impose à ce changement de nationalité : en effet, jusqu'à ses , Girardelli ne peut représenter son nouveau pays dans les compétitions internationales telles que Jeux olympiques ou les Championnats du monde, et ce jusqu'au jour où sa nationalité est entérinée par les autorités luxembourgeoises. Ces problèmes de nationalité suivent et handicapent Girardelli au début de sa carrière..

1980-1983 : débuts prometteurs et premières victoires en Coupe du monde C'est au terme de deux années obligatoires afin d'obtenir sa licence que Girardelli fait ses débuts à dans des courses FIS et de Coupe d'Europe. Auteur de performances honorables, Girardelli dispute sa première épreuve de Coupe du monde en fin de saison 1980 lors d'un géant disputé aux États-Unis à Waterville Valley au terme duquel il obtient la .

Girardelli dispute quelques épreuves de Coupe du monde 1981 essentiellement en géant et slalom, avec des résultats qui progressent au fur et à mesure des courses. En , lors du slalom de Wengen, il signe à 18 ans son premier podium : une deuxième place derrière le Yougoslave Bojan Križaj.. Se classant dans les dix premiers de chacune des épreuves de fin de saison., le Luxembourgeois, au terme de l’hiver, compte parmi les quinze meilleurs slalomeurs. et géantistes., terminant part ailleurs vingt-sixième du classement général..

L'année suivante, Girardelli enchaîne les bons résultats. Performant en géant, le jeune skieur signe quatre podiums dans cette discipline et des performances de choix en slalom. bien qu'encore loin du niveau de l'Américain Phil Mahre et du Suédois Ingemar Stenmark qui dominent la saison.. Il termine néanmoins troisième du classement du géant., huitième en slalom. et sixième du classement général..

En 1982-1983, Girardelli décide avec son père d'axer sa préparation physique sur l'endurance et la puissance avec l'objectif de devenir un skieur polyvalent engagé sur toutes les disciplines afin de jouer le classement général à l'avenir. Auteur de performances intéressantes en descente et en super-G ( à Garmisch.), il est en revanche plus à la peine en géant et slalom lors de la première partie de la saison. Mais il monte peu à peu en puissance à partir de janvier, signant au cours des deux premiers mois de l’année plusieurs en géant et en slalom, ainsi que ses premiers podiums en combiné ( à Kitzbühel. et au Markstein.). Il en vient ainsi à remporter sa première victoire lors du slalom de Gällivare en Suède, devant Stig Strand et Ingemar Stenmark.. Encore sur le podium en fin de saison lors du géant d'Aspen., Girardelli voit son hiver. écourté à la suite d’une lourde chute lors d'un entraînement de vitesse.. Il souffre de violentes douleurs à un genou et doit se faire opérer. Alors sixième et septième des classements du géant. et du slalom., quatrième du général., il met un terme à sa saison.

Durant l'intersaison, Girardelli qui a demandé au Comité international olympique l'autorisation de concourir aux prochains Jeux olympiques sous les couleurs de l'Autriche étant donné qu'il ne possède pas de passeport luxembourgeois se voit opposer une fin de non-recevoir. En effet le règlement de la Fédération internationale de ski interdit à un skieur de s'aligner pour deux pays différents durant le même hiver. De plus la fédération autrichienne avait au préalable déclaré qu'elle ne comptait pas sélectionner Girardelli..

1984-1985 : premiers titres d'un skieur devenu polyvalent

Le début de saison 1983-1984 est très mauvais pour Marc Girardelli, qui enchaîne les contre-performances. Cela s'explique par le fait qu'il se ressente parfois de ses problèmes au genou. Profitant de la pause de Noël pour travailler sur le plan physique, Girardelli enchaîne les podiums dans les disciplines techniques. Si en géant, il signe trois podiums., c'est en slalom qu'il est le plus efficace, avec six podiums dont cinq victoires (Parpan., Kitzbühel., Borovetz., Åre. et Oslo.) lui permettant de remporter son premier globe de discipline devant Ingemar Stenmark et Franz Gruber... Cette fin de saison « éclair » est marquée en outre par ses progrès en super-G où il signe son premier podium à Oppdal ( Pirmin Zurbriggen).. Il termine quatrième du classement du géant. et troisième du général derrière Pirmin Zurbriggen et Ingemar Stenmark...

La saison 1984-1985 marque le début d'une rivalité intense entre Girardelli et le Suisse Pirmin Zurbriggen qui a duré cinq ans et a marqué le début de carrière du skieur luxembourgeois. En effet les deux skieurs très jeunes aux caractères opposés sont de grands polyvalents et se livrent en début de saison un duel remarquable.. Si Girardelli enchaîne les victoires (sept) en slalom (Sestrières., Bad Wiessee., Kitzbühel. et Wengen.), géant (Sestrières.) mais surtout ses premiers succès en super-G (Madonna di Campiglio. et Garmisch.), son rival gagne cinq succès et enchaine les podiums en descente. Marc Girardelli aborde en première position du classement général et favori du slalom les championnats du monde de ski alpin 1985 à Bormio auxquels il a failli ne pas participer du fait de problèmes de changement de nationalité., une affaire seulement réglée par une déclaration sur l'honneur de Girardelli concernant sa bonne foi et réelle volonté de changer de nationalité.. Il accroche d'abord la troisième place du géant derrière l'Est-Allemand Markus Wasmeier et Pirmin Zurbriggen. et termine quelques jours plus tard à la deuxième place du slalom derrière le Suédois Jonas Nilsson.. Passant outre cette relative déception et conscient de ce qu'il peut gagner en fin de saison, Girardelli motivé pour le général reprend sa série de victoires dès le week-end suivant lors du slalom de Kranjska Gora.. Insuffisamment remis d'une blessure au ménisque durant la descente de Kitzbühel, Zurbriggen commence à marquer le pas, ce dont profite Girardelli qui se détache. Il valide sa première victoire au classement général lors de la tournée finale en Amérique du Nord par trois victoires (deux en slalom.. et une en géant.) qui met le terme à une saison qui l'a vu remporter onze courses.. Il ajoute au général., les classements du slalom. et du géant. au terme d'une saison marquée par le duel avec Zurbriggen.

1986-1988 : rivalité avec Pirmin Zurbriggen