Edgar Feuchtinger, (Metz le - Berlin-Ouest, le ) est un général de division allemand de la Seconde Guerre mondiale. Largement décoré, il fut pourtant condamné à mort par un tribunal militaire nazi, pour défaitisme, en Le général Feuchtinger n'est pas condamné pour « trahison », mais pour « défaitisme » : article en anglais du Spiegel online International, du 28 janvier 2009 . Après-guerre, Edgar Feuchtinger fut par ailleurs mêlé à une affaire d’espionnageFalltöter von rechts. In: Der Spiegel, , 1961., dans le contexte de la guerre froide.
Biographie Edgar Feuchtinger naît le , à Metz, une ville de garnison animée d'Alsace-LorraineL’Express, , du 18 au 24 octobre 2007, dossier « Metz en 1900 ». Avec sa ceinture fortifiée, Metz est alors la première place forte du Reich allemandFrançois Roth: Metz annexée à l’Empire allemand, In : François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz, Privat, Toulouse, 1986, ()., constituant une pépinière d'officiers supérieurs et générauxPlus d'une trentaine de généraux et des dizaines d'officiers supérieurs allemands, pour la plupart actifs durant la Seconde Guerre mondiale, verront le jour à Metz, avant 1918.. Attiré par la carrière des armes, comme ses compatriotes Hans-Albrecht Lehmann, Kurt Haseloff et Theodor Berkelmann, le jeune Edgar rejoint, en 1907, une école des cadets, à Karlsruhe. Il se distingue rapidement par ses capacités militaires. C'est donc naturellement qu'il s'engage en Feuchtinger, Edgar sur lexikon-der-wehrmacht.de.
Première Guerre mondiale Pendant la Première Guerre mondiale, Edgar Feuchtinger combat avec le d'artillerie à pied en Russie et en France, où il participe notamment à la bataille de Verdun, à la bataille de la Somme et à la bataille de l'Aisne. Promu Leutnant, sous-lieutenant, en , Feuchtinger termine la guerre comme officier subalterne. Au cours de ce conflit, il fut décoré à plusieurs reprises, notamment par les croix de fer de et .
Entre-deux-guerres Après guerre, Feuchtinger poursuit sa carrière dans la Reichswehr, l'armée allemande de la République de Weimar. Affecté dans des régiments d'artillerie, il gravit un à un tous les échelons hiérarchiques. Oberleutnant en , Feuchtinger est promu Hauptmann, capitaine, en et Major, commandant, en . En , il prend le commandement du du d’artillerie. Le , le commandant Feuchtinger est promu Oberstleutnant, lieutenant-colonel. Il est nommé commandant du d’artillerie, le , à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Seconde Guerre mondiale thumb|right|Le commandant Becker, le général Feuchtinger et Erwin Rommel au printemps 1944. Au début la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant-colonel Feuchtinger participe à l’invasion de la France à la tête du d’artillerie, recevant pour son action l’agrafe de la croix de fer. Son régiment est ensuite stationné en France. À l'automne 1941, le Artillerie-Regiment est envoyé sur le front de l'Est. Alors qu'il se bat dans le nord de la Russie, Feuchtinger est promu Oberst, colonel, en . Placé dans la Führerreserve en , il est nommé chef du Kampfgruppe A, composé principalement d'éléments de la 10e Panzerdivision dans le courant de l'automne. Le , Feuchtinger reçoit le commandement de la Schnelle Brigade West, la d'artillerie motorisée. Le , il reçoit la croix allemande en argent et prend le commandement de la 21e PanzerdivisionC'est une nouvelle division blindée 21, la première Panzer-Division 21 ayant été capturée en Afrique du Nord., reformée à Rennes autour de sa brigade rapide.
Promu Generalmajor, général de brigade, le , Feuchtinger est officiellement nommé Kommandeur de la Panzerdivision. Cette unité dépend alors du Groupe d'armées B du Generalfeldmarschall Erwin RommelHeeresgruppe B sur lexikon-der-wehrmacht.de. Après une inspection de la Panzer Division à Falaise, Rommel ne peut s'empêcher de penser que l'ingénieux Feuchtinger est peut-être apprécié du parti, mais que la discipline militaire lui semble totalement étrangère, à lui comme à ses officiersDavid Irving: Rommel: Ende einer Legende; Deutschlands Lieblingsgeneral und der Widerstand II, Der Spiegel 04.09.1978 article consulté le 16 novembre 2013.. Le jour du débarquement, alors que sa division est en alerte au sud de Caen, Feuchtinger est d'ailleurs en permission à Paris, pour faire la fête avec sa maîtresse, une danseuse noire.
L'ironie de l'histoire veut que Rommel ait été lui-même en permission auprès de sa famille le Jour J. Cette permission devait lui permettre de fêter l'anniversaire de sa femme, mais aussi de convaincre Hitler de la nécessité de mettre les divisions de Panzer près de la côte, Rommel ayant compris que si le débarquement réussissait, la maîtrise des airs des Alliés sur le continent européen leur assurerait la victoire.. Contrairement au général von Salmuth, son compatriote, Feuchtinger comprend très vite qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre de diversion des Alliés, mais d’un véritable débarquementLe matin du 6 juin 1944, Hans von Salmuth écrit dans le journal de marche de la Armée qu’il ne croit pas à un véritable débarquement en Normandie, mais à une « simple diversion » des Alliés.. Il engage immédiatement ses troupes dans la Bataille de Normandie. À la tête de sa division blindée, il contre-attaque au nord de CaenKen Ford: D-Day 1944 (3) Sword Beach & British Airborne Landings, 2002 ().. Un mois plus tard, le , Feuchtinger reçoit ainsi la croix de chevalier de la croix de fer pour sa bravoure au combat. Le , il est promu au grade de Generalleutnant, général de division, avec effet rétroactif au .
Reformée autour de la blindée, la Panzerdivision est envoyée en Lorraine, dans le secteur de Charmes - Épinal, pour contrer l'offensive Alliée. Alors qu'il est Kampfkommandant de Baccarat, où stationne sa division, le général Feuchtinger est obligé de battre en retraite devant la DB du Général Leclerc, qui attaque en force le .
En , alors que sa division est impliquée dans des combats acharnés dans la région de Sarrelouis, le général Feuchtinger s’affiche volontairement à Celle en compagnie de sa maîtresse, ne cachant plus ses doutes quant à l’issue de la guerre. Il est naturellement arrêté le , et jugé par un tribunal d’exception. Le général Feuchtinger est alors condamné à mort pour trahison, mais finit par échapper in extremis à cette sentenceDans l'Allemagne nazie déliquescente, de nombreux généraux allemands, comme Friedrich Weber, Richard von Bothmer ou Franz Vaterrodt, furent condamnés pour abandon de poste, ou défaitisme.. Il se constitue finalement prisonnier auprès des Alliés à Hambourg Edgar Feuchtinger au camp spécial .
Après-guerre Le général Feuchtinger reste prisonnier jusqu'en . Dans les années cinquante, en tant qu'acteur de la bataille de Normandie, il donne des conférences sur le sujet, notamment le , sur le champ de bataille de Caen, devant des élèves-officiers de l'école britannique d'état-major"L'homme-clé de l'affaire d'espionnage aurait été le général Feuchtinger, mort voilà deux ans", article Le Monde, publié le 20 décembre 1961 (en ligne).. Dans le contexte de la guerre froide, Edgar Feuchtinger est par ailleurs mêlé à une affaire d’espionnage. Il aurait recruté, pour les services de renseignements soviétiques, des officiers d'état-major allemands, notamment le colonel Otto von Hinckeldey. Il est aussi suspecté d'avoir remis des informations sur le réarmement de l'Allemagne au GRU, la Direction générale des renseignements soviétiques.
Edgar Feuchtinger s'éteindra le à Berlin-Ouest.
Commandements Kommandeur de la Panzerdivision ( - et - ).
Promotions Leutnant 18 août 1915Oberleutnant Hauptmann Major Oberstleutnant Oberst Generalmajor Generalleutnant
Distinctions Croix de ferRangliste des Deutschen Reichsheeres, Hrsg.: Reichswehrministerium, Mittler & Sohn Verlag, Berlin, 1930, (). (1914) classe; classe; Ordre de Frédéric classe; Ordre du Lion de Zaeringen classe; Croix hanséatique; Österreichische Ehren-Denkmünze für Tapferkeit, en bronze; Croix d'honneur 1914-1918 Croix du mérite de guerre avec glaives avec glaives Médaille de service de longue durée de la Wehrmacht à Croix de fer (1939)
Croix allemandeVeit Scherzer: Die Ritterkreuzträger 1939-1945, Scherzers Militaer-Verlag, Ranis/Iéna 2007., en argent, le Croix de chevalier de la croix de fer, le
Notes et références Notes
Références
Sources Janusz Piekalkiewicz, Weltgeschichte der Spionage, Munich, 1988 Dermot Bradley, Kar-Friedrich Hildebrand, Markus Rövekamp, Die Generale des Heeres 1921 - 1945, tome 3, Osnabrück, 1994 Helmut Roewer, Stefan Schäfer, Mathtthias Uhl, Lexikon der Geheimdienste im 20. Jahrhundert, Munich 2003
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