thumb|Festival de cinéma de plein air à Visan (France).

Un festival est une manifestation à caractère festif, organisée à époque fixe et récurrente annuellement, autour d'une activité liée au spectacle, aux arts, aux loisirs, d'une durée d'un ou plusieurs jours.

Histoire et évolution

En France Le terme apparaît dans le Nord de la France en 1829 et est lié au mouvement orphéonique, fête musicale populaire à vocation charitable et politique qui progressivement s'annualise et se laïcise. Mot emprunté à l'anglais qui est lui-même emprunté à l'ancien français festival « de fête ; joyeux ; solennel », mot latin festivus.

* Avant 1939 Le premier grand festival est créé à Orange et propose à partir de 1869 principalement des représentations théâtrales, mais aussi de l'art lyrique et de la musique. Il ne prendra le nom de Chorégies qu'en 1902. Un second festival d'importance voit le jour en 1894 aux arènes de Béziers mais son mécène et organisateur Castelbon de Beauxhostes fera faillite en 1928Mario d'Angelo,« Musique et musiciens à la Belle Époque », in Mario d'Angelo, La musique à la Belle Époque. Autour du foyer artistique de Gustave Fayet. Paris, Éditions Ke Manuscrit, 2013, . Il n'y a pas d'autres grand festival en France avant la Seconde Guerre mondiale, hormis le Festival international de musique de Strasbourg créé en 1932.

* Après la Seconde Guerre mondiale thumb|left|Festival d'Avignon Les festivals participent de la nouvelle ère culturelle qui s'est ouverte après la 1945. Celui d'Avignon s'est créé dès 1947 ; le Nice Jazz Festival, dans les arènes de Cimiez, l'année suivante. Théâtre romain de Vienne ou pinède en bord de plage à Juan-les-Pins, la recette du lieu à dimension touristique devient la valeur ajoutée. Le territoire français comprend aujourd'hui plus de festivals de spectacle vivant et plus de festivals de musiques actuellesChiffres donnés par Bénédicte Dumeige, directrice de France Festivals. Source : ..

Selon Statista, d'après le site « Tous les Festivals » en 2023, la fréquentation des festivals de musiques actuelles a encore progressé (après deux années de crise liées à la pandémie de Covid-19). Les 100 plus grands évènements de métropole ont rassemblé 7,39 millions de personnes en 2022 puis 7,75 millions en 2023. Parmi les 10 festivals de musiques les plus fréquentés, c'est le Festival Interceltique de Lorient qui arrive en première place avec environ 950 000 visiteurs en 10 jours devant La Fête de l'Humanité et ses 430 000 participants sur trois jours en 2023. Un second festival breton : Les Vieilles Charrues (346 000 personnes en 5 jours) se positionne sur le podium, devant Solidays et le Hellfest (de 260 000 et 240 000 festivaliers en 2023).

Sur le continent africain thumb|Scène du théâtre romain en cours de démontage après le Festival international de Carthage (Tunisie)

* En Tunisie : Les premiers festivals datent du début du , mais leur véritable essor n'a commencé qu'à la fin des années soixante, après la décolonisation. Le premier festival tunisien a vu le jour en 1906 à Carthage. Le Festival international de Dougga a débuté en 1924, un seul spectacle du répertoire du théâtre classique français était alors présenté en juillet de chaque année. Au cours de cette période de leur évolution, ces festivals ne représentaient pas encore le phénomène social et culturel qu'ils sont devenus. De par le public ciblé et le contenu de leur programmation, ces festivals restaient élitistes, voire marginaux par rapport aux attentes des populations locales. À l'orée des années soixante, les festivals connaissent un essor réel : dans l'exemple tunisien, le festival de Sousse débute en 1958, Tabarka en 1961, Carthage en 1963, Hammamet en 1964, Monastir en 1965, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC), le festival de Testour en 1966 ; le festival de Douz en 1967… À partir des années 1970, le nombre festivals se multiplie et leur répartition régionale se confirme. En même temps, ils subissent des mutations importantes tant au niveau du contenu des programmes que celui du public qu'ils attirent. En outre, ils sont hiérarchisés en plusieurs catégories : internationale, nationale, régionale et locale.

* Au Burkina Faso Le Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) demeure le plus grand festival du continent africain. Il se déroule tous les deux ans à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

Le Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (Fitmo), festival biennal, a été créé en 1989.

* Dans les autres pays d'Afrique

Histoire des festivals francophones

Sur le continent américain États-Unis La Nouvelle-Orléans est la ville qui organise le plus de festivals dans le monde : chaque année, près de 500 manifestationsBruno Lesprit, Jazz Fest à New Orleans, dans Le Mondeweb du 6 mai 2006 diverses sont organisées dans différents quartiers.

Le Festival de Tanglewood du nom du centre culturel où il se déroule depuis 1940 situé dans les monts Berkshire au Massachusetts, entre Lenox et Stockbridge.

Canada Le Festival d'été de Québec est l’événement musical en extérieur le plus important au Canada. Le Festival Acadie Rock se tient tous les ans à Moncton, au Nouveau-Brunswick depuis 2012. Le festival de Stratford du Canada est un important festival de théâtre qui a lieu l'été dans la ville de Stratford en Ontario.

En Europe * Avant 1939 De même qu'en France, dans les autres pays européens avant 1939, il existe également peu de festivals. Mais trois d'entre eux ont une réputation et un public international : le Festival de Bayreuth (1876), le Festival de Salzbourg (1920) et le Festival des Arènes de Vérone (1913). Tous trois sont des festivals de musique classique et d'art lyrique. S'y ajoute la Mostra de Venise, premier festival de cinéma d'importance mondiale, créé en 1932.

* Après la Seconde Guerre mondiale Se développeront d'autres grands festivals, au premier rang desquels le Festival international d'Édimbourg ( ou EIF), créé en 1947. C'est un festival artistique voué à tous les arts de la scène qui a lieu chaque année en août à Édimbourg (Écosse).

Enjeux politiques thumb|Le festival de danse moderne d'Alger 2012 (Algérie)|left Les guerres mondiales ont donné l'occasion aux festivals d'associer les échanges artistiques à la promotion de l'idéal de la paixPascal Ory, Qu’est-ce qu’un festival ? Une définition par l’histoire, Colloque international Pour une histoire des festivals (), [ . Plus largement, les festivals sont bien souvent le théâtre d'enjeux politiques, ils représentent parfois l’occasion de revendiquer une position sur la scène internationale et une existence nationale. Par exemple, le Festival palestinien de littérature ou PalFest (Palestine Festival of Literature) vise, depuis 2008, à apporter un festival culturel de niveau international en Palestine pour affirmer « la puissance de la culture sur la culture du pouvoir ». Par le passé, en tant que moyens d'affirmation politique, le festival des Arts nègres de Dakar (1966), le Festac '77 du Nigeria (1977) ou le Panaf à Alger (1969) ont marqué l'histoire des festivals dans ce sens, l'ouvrage Une histoire des festivals (2014) en décrit l'histoire, et montre aussi la dimension promotionnelle des festivals, qui dans certains cas s'inscrivent dans le cadre d'une propagande nationale illustrée par l'exemple du festival of Britain de 1951 (aspect campagne publicitaire) qui est caractéristique de l'enjeu politique. La période de la guerre froide est aussi très marquée par l'utilisation des festivals dans le grand jeu diplomatique et dans le cadre de la concurrence entre les deux blocs. Les exemples de ce type de tentative, côté bloc soviétique, est celui de la création d'un festival concurrent de Cannes et Venise et celui des festivals mondiaux de la jeunesse organisés pour réunir une jeunesse qui se retrouvait dans des idéaux marxistes. Le festival est souvent l'occasion de la remise de trophées, de prix et récompenses diverses.

Enjeux territoriaux thumb|Festival de sculptures en sable (Berlin, Allemagne)

Valorisation d'une collectivité territoriale Les « vieilles pierres » sont souvent le seul capital culturel dont dispose une collectivité locale. Après les sons et lumières, et les reconstitutions historiques, la création d'un festival en est devenue le meilleur outil de promotion et de valorisation. Qu'ils se positionnent ou non, dans une optique commerciale, les festivals placent souvent sous les projecteurs des terroirs « oubliés ». Christian Troadec, cofondateur des Vieilles Charrues de Carhaix en 1992, élu en 2001 maire divers gauche de cette ville du Finistère investit beaucoup dans l'identité bretonne, il a notamment contribué à l'établissement d'un lycée Diwan à Carhaix. Le musicien Bernard Lubat, reparti en 1977 dans le terroir de ses origines familiales pour créer le petit festival de l'Uzeste musical, a monté une compagnie qui s'est implantée dans ce petit pays d'Oc, et remis à l'œuvre L'Estaminet, qui s'est métamorphosé en centre de recherche et d'innovation transartistique.

Le discours et l'action des élus Les festivals ont trouvé une place privilégiée au sein des politiques publiques de la culture. États et collectivités locales insèrent ces festivals dans des dispositifs administratifs et discursifs qui ont pu varier selon les lieux et les époques. Le soutien à la création artistique et la volonté de rendre accessible la culture à un plus grand nombre ont été mis en avant dès l’origine. La défense d’une identité culturelle, la participation au rayonnement culturel et le souhait de renforcer l’attraction culturelle d’un État ou d’une ville constituent, depuis deux ou trois décennies, de nouveaux arguments. L’événementiel culturel, l’attraction touristique, et les ressources de l’économie créative priment désormais, sans les effacer totalement, les autres discours qui légitiment les interventions publiques. La multiplication du nombre des festivals, très nette au cours des années 1980 et 1990, véritable « festivalomanie » (Inez Boogaarts), accompagne une territorialisation croissante des politiques culturelles.

thumb|Festival film court 2014 de Brest (France)L'anthropologue Alain Bertho s'interroge sur les motivations des élus locaux urbains, qui sont si facilement mobilisés pour ces opérations temporaires, coûteuses, dévoreuses de temps et d'énergie que sont les événements culturels. Selon Jacques Denis (Le Monde diplomatique), la réponse tient en partie à leur volonté de se lancer dans un marketing territorial nappé de culture pour tous. Les édiles sont à l'écoute de toute suggestion qui rendra visible leur clocher sur les autoroutes encombrées de l'été. Un rapport du CNV établissait la répartition saisonnière des festivals comme suit : 45 % en été, 22 % au printemps, 26 % à l'automne et 7 % en hiver, car l'enjeu financier pour la filière et les retombées économiques pour les territoires ne sont pas minces.

Enjeux culturels et artistiques thumb|The happening - Festival de CannesLe festival, manifestation culturelle éphémère inscrite dans un calendrier le plus souvent annuel, s’est progressivement imposé comme un dispositif essentiel de médiation culturelle. Issu du domaine musical, le festival, né dans les années 1830-1840, a été ensuite mobilisé par l’ensemble des secteurs artistiques et culturels : les arts de la scène, le spectacle vivant, les différentes formes musicales et le cinéma…