Le Quartier latin se situe sur la rive gauche de la Seine à Paris dans le et dans le nord et l'est du , avec pour cœur historique la Sorbonne. Établi sur le site de la ville gallo-romaine de Lutèce, il est l'un des plus anciens quartiers de Paris et abrite depuis plus de huit siècles le cœur universitaire de la capitale : l'université de Paris y est officiellement reconnue en 1200, le collège de Sorbonne y est fondé vers 1257 et la première imprimerie de France y est installée en 1470.

Origine du nom Traditionnellement Paris était divisé en trois zones : la cité, la ville, et l'université. Elles correspondaient à l'île de la Cité, la rive droite et la rive gaucheCharles Le Maire, Paris ancien et nouveau, page 7, éditeur Michel Vaugon, 1685 .

Au , des auteurs se mettent à appeler plaisamment l'université le « pays latin », en raison de l'usage intensif du latin dans l'enseignement de l'époque. Ce terme existait déjà dans les livres d'histoire pour désigner le LatiumPrincipes d'un bon gouvernement considérés sous les différens rapports qu'ont ensemble l'agriculture, le commerce et la navigation intérieure avec la prospérité de l'étal, puisés dans les meilleurs ouvrages de législation ancienne et moderne, page 21, éditeur Blaizot, 1789 . Ils attribuent cette invention à l'écrivain Guez de Balzac (1597-1654)Claude Jordan, Voyages historiques de l'Europe, Tome 1, page 161, éditeur Pierre Aubouyn et Nicolas Le Gras, 1693-1700 , celui-ci emploie le terme par exemple dans le Socrate ChrétienGuez de Balzac, Socrate Chrétien, discours, , où intervient « un homme du pays latin », pédant et vaniteux :

Cet homme ne parlait que de la pureté de la diction et de la noblesse du style. Il ne connaissait de véritable Rome que celle de l'ancienne république, et n'avouait pour légitimes Romains que Térence, Cicéron et deux ou trois autres. Tout le reste lui semblait barbare et à son avis, la barbarie avait commencé dès les premières années de l'empire des premiers césars. Sénèque était une de ses grandes aversions, le latin de Pline lui faisait mal au cœur, celui de Tacite lui donnait la migraine.

Les dictionnaires Furetière (1690) et Littré (1872) attestent du terme « pays latin », à l'entrée « latin ». vignette|Henry Duff Linton et Félix Thorigny, Les ruines du quartier latin vues de nuit (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). C'est à la fin du qu'apparaît « quartier latin » à la place de « pays latin »Abbé Grosier, Journal de littérature, des sciences et des arts, page 256, 1780 . Le Littré accepte ce terme aussi.

Historique Antiquité Le Quartier latin est l'un des quartiers de Paris les plus connus. Il s'étend sur les 5 et , avec pour cœur le quartier de la Sorbonne et la montagne Sainte-Geneviève à l'emplacement de la ville gallo-romaine de Lutèce, qui s'étendait autour du forum situé sous l'actuelle rue Soufflot. Il est traversé par les , axes nord-sud d'origine gallo-romaine correspondant aux actuels rue Saint-Jacques et boulevard Saint-Michel. Les axes perpendiculaires est-ouest, les decumanus, correspondent notamment au boulevard Saint-Germain et à la rue des ÉcolesArchive INA Une promenade au Quartier Latin, janvier 1949.. D'importants vestiges gallo-romains subsistent dans le quartier, notamment les arènes de Lutèce et les thermes de Cluny, vestiges de l'un des trois établissements thermaux de la ville romaine, au croisement des boulevards Saint-Germain et Saint-Michel.

Le quartier de l'Université au Moyen Âge Au début du , le philosophe Pierre Abélard et ses élèves s'installent sur la rive gauche, attirant les étudiants des écoles cathédrales de l'île de la Cité vers les pentes de la montagne Sainte-Geneviève. Les écoles qui s'y regroupent donnent naissance à l'université de Paris, officiellement reconnue par Philippe Auguste en 1200 ; des statuts pontificaux, promulgués par le légat Robert de Courçon, suivent en 1215. Cette reconnaissance royale consacre la division médiévale de Paris en trois parties : la Cité sur l'île, la Ville marchande sur la rive droite et l'Université sur la rive gauche. À la même époque, le quartier est enclos dans l'enceinte de Philippe Auguste, nouvellement élargie, dont des vestiges subsistent encore dans le quartier. De nombreux collèges destinés aux étudiants y sont fondés sur la montagne, dont celui établi par Robert de Sorbon vers 1257, devenu la Sorbonne.

Époque moderne La première imprimerie de France est installée en 1470 dans les murs mêmes de la Sorbonne, lorsque les théologiens Johann Heynlin et Guillaume Fichet font venir de Bâle les imprimeurs Ulrich Gering, Michael Friburger et Martin Crantz ; leur première production, les Epistolae de Gasparin de Bergame, est le premier livre imprimé en France. Les imprimeurs installent ensuite leur atelier rue Saint-Jacques, amorçant la concentration d'imprimeurs, d'éditeurs et de libraires qui caractérise depuis lors le quartier. Le latin demeure la langue de l'enseignement, parlée par les étudiants et les professeurs en cours comme en dehors, jusqu'à la Révolution.

Le Jusqu'en 1848, le Quartier latin, également appelé « pays latin », était composé d'une partie des quatre quartiersCharles Virmaître : Paris historique page 7 et suivantes : quartier de la place Maubert, délimité à l'est par les faubourgs, au nord par les quais de la Tournelle et Saint-Bernard, à l'ouest par la rue du Haut-Pavé, la place Maubert, le marché de la place Maubert, la montagne Sainte-Geneviève et par les rues Bordet, Mouffetard et de Lourcine et au sud par l'extrémité du boulevard Saint-Marcel. quartier de Saint-Benoît, également appelé quartier Saint-Jacques, borné à l'est par le marché de la place Maubert, la montagne Sainte-Geneviève les rues Bordet, Mouffetard et de Lourcine, au nord par la Seine, à l'ouest par les rues du Petit-Pont et Saint-Jacques et au sud par le Faubourg Saint-Jacques jusqu'à la rue de Lourcine. quartier de Saint-André-des-Arts, borné à l'est par les rues du Petit-Pont et Saint-Jacques, au nord par la Seine depuis le Petit Châtelet jusqu'à la rue Dauphine, au sud par les rues des Fossés-Saint-Germain, des Francs-Bourgeois-Saint-Michel et des Fossés-Saint-Michel également appelée rue Saint-Hyacinthe jusqu'à l'angle des rues Saint-Jacques et Saint-Thomas. vignette|Félix Thorigny, Paris demolition, removal of a portion of the quartier latin, 1860 (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS).quartier de Saint-Germain-des-Prés, borné à l'est par les rues Dauphine, de Buci, du Four et de Seine, au nord par la Seine, le pont Royal et l'île des Cygnes et au sud par l'extrémité du Faubourg Saint-Germain depuis la rue de Seine jusqu'à la rue de Sèvres.

Le quartier est profondément transformé par les travaux haussmanniens sous le Second Empire. Le boulevard Saint-Michel, d'abord nommé boulevard de Sébastopol-rive-gauche, est percé à partir de 1855 parallèlement à la rue Saint-Jacques, absorbant une partie de l'ancienne rue de la Harpe, et reçoit son nom actuel en 1867 ; le boulevard Saint-Germain est percé à la même époque, et la place Saint-Michel, ornée de la fontaine monumentale de Gabriel Davioud, est aménagée à l'extrémité nord du boulevard. Ces percées font disparaître une grande partie du tissu médiéval du quartier et relèguent la rue Saint-Jacques, ancien axe majeur d'origine romaine, au rang de voie secondaire.

Du à nos jours Dans les années 1960 et particulièrement lors des événements de Mai 68, ce quartier a été l'un des centres de divers mouvements de contestation. Après l'évacuation par la police d'étudiants rassemblés dans la cour de la Sorbonne le 3 mai 1968, des affrontements se propagent dans les rues avoisinantes ; dans la nuit du 10 au 11 mai, restée célèbre comme la « nuit des barricades », les manifestants dépavent les rues du quartier et y érigent des barricades avant d'être violemment dispersés par les forces de l'ordre ; la Sorbonne est ensuite occupée par les étudiants pendant plus d'un mois.

Depuis la fin du , le quartier est devenu l'un des principaux quartiers touristiques de Paris, en particulier le réseau de rues étroites compris entre le boulevard Saint-Germain et la Seine. La hausse des loyers et l'essor du commerce électronique raréfient les librairies spécialisées, suscitant des initiatives locales pour les préserverParis : Le Quartier latin veut sauver ses librairies, livreshebdo.fr.

Quartier étudiant C’est un quartier encore très fréquenté par les étudiants et professeurs, du fait de la présence de nombreux établissements d'enseignement supérieur et de recherche.

Plusieurs établissements siègent dans le bâtiment historique de la Sorbonne (Chancellerie des universités, Université Panthéon-Sorbonne, Sorbonne Université, Université Sorbonne-Nouvelle), l’université Sorbonne-Nouvelle, la bibliothèque Sainte-Geneviève de la Sorbonne-Nouvelle, la Bibliothèque de la Sorbonne et la Maison de la recherche.

Des grandes écoles sont installées dans le quartier : l'université Paris Sciences et Lettres (PSL) et ses composantes : l'École normale supérieure, l'ESPCI Paris, le Collège de France, les écoles Mines ParisTech et Chimie ParisTech ; AgroParisTech, composante de l'université Paris-Saclay ; l'Institut supérieur d'électronique de Paris ; l'Institut Supérieur des Arts Appliqués (LISAA) ; et l'Institut d'administration des entreprises de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Plusieurs centres et campus universitaires s'y trouvent : les deux « campus Curie » (l'ancien et le nouveau), celui du Muséum national d'histoire naturelle, celui de l'université Paris-Cité avec le bâtiment historique de la Faculté de médecine et de la Nouvelle Faculté de médecine, celui du Collège de France - Université PSL et les centres universitaires du Panthéon et d'Assas. L'École polytechnique y avait ses locaux jusqu'en 1976, l'ESSEC jusqu'en 1974 et l’École des chartes jusqu'en 2014. La Faculté de médecine de Paris a siégé rue de l'École-de-Médecine de 1794 à 1970. Ses locaux, l'École de médecine et ancienne École de chirurgie, sont actuellement occupés par l'UFR de médecine de la faculté de santé de l'université Paris-Cité (côté pair de la rue et du côté impair, bâtiments jouxtant le cloître des Cordeliers) et par le campus des Cordeliers de la faculté de médecine de Sorbonne Université (Couvent des Cordeliers).

Le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche est situé au 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.

Le quartier compte également de nombreux collèges et lycées, souvent prestigieux et historiques : Louis-le-Grand, Fénelon, Henri-IV, Saint-Louis, Notre-Dame de Sion, Stanislas, École alsacienne, Montaigne, Lavoisier.

Lieux Vestiges romains Arènes de Lutèce Thermes romains

Monuments Panthéon Musée national du Moyen Âge (Hôtel de Cluny) Palais du Luxembourg, Sénat Jardin du Luxembourg Musée du Luxembourg Jardin des Plantes Muséum de Paris Hôtel des Monnaies Collège des Bernardins

Lieux de culte Église Saint-Étienne-du-Mont Église Saint-Sulpice Église Saint-Séverin Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet Église Saint-Julien-le-Pauvre Chapelle de la Sorbonne Couvent des Cordeliers Notre-Dame du Liban Église Saint-Éphrem-le-Syriaque Maison-Mère des Spiritains Abbaye du Val-de-Grâce et église Notre-Dame du Val-de-Grâce Grande Mosquée de Paris

Écoles, lycées et universités Enseignement supérieur École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l'industrie Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) Institut supérieur des Arts appliqués (LISAA) Institut de préparation à l'administration et à la gestion (IPAG) Institut catholique de Paris (ICP) Sorbonne (bâtiment) Sorbonne Université Université Paris-Cité Université Panthéon-Sorbonne Université Panthéon-Assas Université PSL Collège de France École nationale supérieure de chimie de Paris École nationale supérieure des mines de Paris École nationale supérieure des arts décoratifs École normale supérieure - PSL (Ulm)