La cathédrale de la Sainte-Trinité de Laval est une cathédrale catholique romaine située dans la ville de Laval, chef-lieu du département de la Mayenne, en France. Elle se trouve dans le centre-ville, entre la place Hardy-de-Lévaré et la place de la Trémoille.

Commencée au , elle a subi de nombreuses modifications au cours des siècles, avant de recevoir son aspect actuel au début du . Ces multiples transformations lui donnent un caractère composite, sans véritable cohérence.

Tout d'abord simple chapelle, puis église paroissiale, elle ne devint cathédrale qu'en 1855, lors de la création du diocèse de Laval. Elle a été choisie avec monuments antiques et médiévaux pour être classée monuments historiques en 1840.

En tant que cathédrale, elle est propriété de l'État aux termes de la loi de 1905. Affectée au culte, elle fait partie de la paroisse Trinité-Avesnières-Cordeliers, avec la basilique Notre-Dame d'Avesnières et l'église Notre-Dame-des-Cordeliers, paroisse confiée à la Communauté Saint-Martin depuis 2019.

Histoire Moyen Âge thumb|left|La nef et ses voûtes angevines du . thumb|upright=1.1|Les différentes étapes de construction de l'église. La cathédrale a été fondée en tant que chapelle paroissiale au . La ville de Laval était alors en train de naître autour de son château, et le territoire relevait du prieuré de Notre-Dame de Pritz, situé à quelques kilomètres au nord, où il était difficile d'accéder en temps de guerre. Ce prieuré relevait lui-même de l'abbaye de la Couture, près du Mans.

Ce sont donc les moines de la Couture qui ont lancé la construction de la chapelle, vers 1070. L'époque et les circonstances de la fondation de l'église de la Trinité sont l'objet d'une controverse historique étudiée par Isidore Boullier, provenant d'une erreur contenue à l'origine dans le Dictionnaire topographique historique généalogique et bibliographique de la province du Maine d'André René Le PaigeDictionnaire topographique historique généalogique et bibliographique de la province du Maine, André René Le Paige Vol. 1 (1777), Google Books..

Une note de dépenses, écrite au par un moine de l'abbaye de la Couture dans un manuscrit contenant des opuscules de Rémi d'Auxerre, de saint Augustin et de saint Ambroise contient la première mention écrite de l'église de la Trinité. Ce document renseigne sur l'époque de la construction de l'église ainsi que sur son plan primitifL'église de la Trinité de Laval : sa construction et son plan primitif, in La Province du Maine, Abbé Angot, 1898, .

L'église construite au était de petite taille et de style roman. Elle se trouvait à l'intérieur des remparts, et à cause de l'exigüité du terrain disponible, elle ne put être orientée vers l'est. À la place, les architectes adoptèrent pour une orientation sud-est. Par ailleurs, le chœur dut être construit sur un terre-plein en terre.

Des agrandissements ont lieu à la fin du , après que l'édifice a été élevé au rang d'église paroissiale, entre 1150 et 1185. Des voûtes gothiques angevines sont ajoutées afin de surélever l'édifice, et le clocher est refait. L'avènement de Guy X de Laval en 1333, selon Couanier de Launay, , aurait été célébré avec une pompe inaccoutumée, et serait à l'origine d'un sinistre : l'incendie consécutif à un feu grégeois de la flèche de l'égliseCette analyse est contradiction avec les vers de Guillaume Le Doyen qui situe l'incident 50 ans plus tard, en 1383. Jean-Baptiste-Denis Bucquet donne la même analyse que Couanier de Launay dans ces manuscrits écrits, ainsi qu'Isidore Boullier dans Recherches sur la Trinité, .. La flèche fut reconstruite sur le même plan.

L'église primitive avait une nef qui faisait approximativement la même taille que celle visible aujourd'hui. Le transept était étroit, ouvert par un grand arc en plein-cintre encore visible, ainsi que par des passages berrichons. Le clocher était situé sur la croisée du transept, soit au même endroit qu'aujourd'hui. Enfin, le chœur comprenait une abside en cul-de-four encadrée par deux absidioles.

Parmi les catastrophes qui ont marqué les esprits, figure l'incendie de 1383 : déclenché par la foudre, il fait fondre le plomb de la toiture qui se met à couler en ruisseaux, 27..

Époque moderne vignette|gauche|La grande baie du transept nord date du . Pendant la guerre de Cent Ans, Laval est assiégée par les Anglais, qui s'en emparent, puis reprise par les Français. La ville est endommagée par le conflit, et des grands travaux de reconstruction ont lieu pendant la seconde moitié du , notamment au château. La ville se relève très vite du conflit, et le commerce de toiles lui assure une certaine prospérité et une croissance démographique.

L'église de la Trinité profite de l'essor de la ville, puisque de nombreuses améliorations sont entreprises. Les travaux commencent avec la construction d'une sacristie, accolée au mur sud-ouest de la nef, en 1462, et d'un nouveau porche en 1465. Le chœur roman fut abattu en 1482 pour être reconstruit sur une surface plus importante. Cette surface avait été prise sur un ancien cimetière. Le nouveau chevet était plat et comptait deux chapelles latérales.

Au , l'église est encore agrandie. Comme la place manque, il n'est possible de prolonger l'édifice que sur l'ancien cimetière et sur la rue Renaise. Au sud-ouest, l'église est bordée par les remparts qui forment un obstacle infranchissable. Les paroissiens de la Trinité ont beaucoup fait pour améliorer leur égliseIls permettent la recouverture d'une charpente nouvelle et son agrandissement. Des vitraux sont donnés par Michel Le Mercier, Yves Transon, abbé de Clairmont, Pierre Letourneur et Guillaume d'Astillé ; on y voyait les portraits des donateurs. C'est à cette époque que les paroissiens s'opposent au comte Guy XVI de Laval en lui refusant le titre de fondateurLa litre, ceinture funèbre, peinte en noir et chargée des armoiries seigneuriales, ne pouvait être placée que par le seigneur fondateur de l'église. La montrée faite à la Trinité par Jean Duchesne, pour servir au procès, constate l'existence d'une litre autour de cette église., et lui font un procès (voir Guy XVI de Laval). Une insurrection se souleva et se porta en 1516 contre le château de Laval, contraignant le comte à fuir.

Il est fait construire aux frais des paroissiens deux chapelles au nord-ouest du chœurElles sont construites sur les emplacements de petites maisons qui joignaient le chevet de l'église, et sur une partie de l'ancien cimetière.. Construites entre 1517 et 1541, elles sont en rupture complète avec le reste de l'église, puisqu'elles adoptent l'architecture de la Renaissance. Les détails les plus caractéristiques sont la coupole ovale et le portail. Le comte de Laval ou les membres de la famille de Laval ne vinrent en aide aux paroissiens que pour l'acquisition des vitraux : Guy XVII de Laval et sa femme donnèrent en 1542 Une des verrières données par le comte contenait son portrait et celui de Claude de Foix sa femme, ainsi que l'écusson de leurs armoiries mi-partie de Laval-Montmorency et de Foix et Béarn.. Simon de Heemsce exécute pour l'église deux verrières désormais disparues : une datée de 1543Isidore Boullier, Recherches sur la Trinité de Laval, . . sur une commande de François de Laval qui effectue un don pour l'une des chapelles récemment bâties, la seconde datée de 1556. Isidore Boullier, Recherches sur la Trinité de Laval, ., pour la vitre de la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié.

Le , entre et de l'après-midi, la flèche de l'église prend feuL'incendie est provoqué par la foudre, et dure plus de . Les flammes sont arrêtées par des torrents de pluie. est une seconde fois détruite. L'église est très endommagéeLe plomb, dont la flèche était couverte, coule dans la rue Renaise, les cloches sont tombées et brisées. Elles ont entraîné dans leur chute le maître-autel qui se trouvait alors placé au milieu du chœur, au-dessous du clocher.. La flèche n'est pas reconstruite, elle est remplacée par une petite tour carrée. L'autel est rétabli comme précédemment.

Le portail n'a été terminé qu'en 1597. Les travaux avaient en effet été interrompus par les guerres de Religion entre 1583 et 1595.

Le , le curé Antoine Besnier est tué à l'autel d'un coup d'arquebuse tiré de la porte de la nefL'autel était alors au milieu du chœur, ce qui rendait plus facile la perpétration du crime..

Un escalier d'accès fut construit devant en 1734. En 1701, une tempête le 2 février abat de la haute charpente de la nef. Une partie s'écroule sur la voûte, l'autre sur une maison voisineTous les habitants de la paroisse étaient en ce moment à la grand'messe que célébrait le curé Pierre Bureau. Ils s'épouvantèrent ; se lèvent, se poussent, se précipitent pour sortir de l'église, persuadées qu'elle va s'écrouler. Le prêtre cependant, toujours à l'autel, tantôt s'efforçait de rassurer la multitude ou de l'engager du moins à ne sortir qu'avec ordre, tantôt se prosternait devant le Saint-Sacrement et le suppliait de détourner les malheurs réels qu'allait causer la précipitation insensée de la foule, en voulant fuir un péril imaginaire. On ne commande pas à la peur. Les paroissiens parvinrent à quitter l'église; mais pendant que le courageux pasteur achevait le Saint-Sacrifice, on releva trois cadavres écrasés. Beaucoup de personnes furent grièvement blessées, deux moururent dans l'après-midi. Quelques-unes succombèrent les jours suivants.. La voûte de la Trinité ne s'écroule pasOn ne s'aperçoit même pas d'abord qu'elle est endommagée, mais un peu plus tard on découvre une fissure le long de l'arc doubleau transversal de la travée du milieu. Il faut le solidifier par deux fois. La réparation des dégâts coûte aux paroissiens.. On retrouve la relation de cet évènement dans l'ouvrage d'Isidore Boullier, Recherches historiques sur l’église et la paroisse de la Trinité de Laval, Laval, 1845, . Des actes de décès concernent trois femmes. tuées lors du mouvement de panique de la foule. Il est probable que d’autres personnes encore sont décédées plus ou moins longtemps après cette journée, des suites de leurs blessures.

Pendant les travaux d'extension, l'intérieur de l'église est lui aussi embelliPar les soins de Le Jeay des Astelais, la Trinité reçoit une chaire en fer doré et ciselé en 1733. En 1734, le même fait remplacer l'escalier étroit et dangereux qui donnait accès à la porte latérale du côté de la rue Renaise, par celui qu'on y voit encore.. Il faut aussi réparer et consolider car l'église avait beaucoup plus souffert de l'ouragan de 1701 qu'on ne l'avait d'abord penséLes visites que les paroissiens font faire de toute la construction dévoilent des détériorations nombreuses. Les experts constatent un faible écartement des voûtes de deux travées de la nef et des fissures en plusieurs parties de murs. Plusieurs restaurations sont faites aux murailles ; dans la fente des voûtes on fait entrer des briques et du ciment pour combler un problème auquel on ne pouvait remédier.. Avant la Révolution, l'église compte ainsi quinze autels et plusieurs grands retables. On place au milieu du le grand autel, les marches et les crédences de marbre. On élève la grande tribune du bas de la nef en 1770 et on y place un orgue.

Depuis la Révolution Pendant la Révolution, l'église est dégradéeNotamment par Louis Guilbert., mais les destructions restent minimes. Louis Guilbert, procureur de la commune de Laval préside à sa dévastation et à sa transformation en Temple de la Raison pour le Culte de la Raison et de l'Être suprême : on dit qu'il prenait plaisir à frapper lui-même les statues et les ornements, pour les briser. Parmi les statues qui décoraient la Trinité au-dedans et au-dehors, celle de la Sainte-Vierge seule est épargnée. Elle est transformée en statue de la Liberté.