Le Centre-du-Québec est une région administrative du Québec située sur la rive sud du Saint-Laurent, face à Trois-Rivières. Elle est composée de cinq municipalités régionales de comté (MRC) et de 80 municipalités. Elle est devenue une région administrative indépendante le . Il s'agit également de la région de naissance de la poutine.

Géographie

Sont repartis sur son territoire, en ordre d'importance : les forêts (41,9 %), les terres agricoles (41,0 %), les milieux humides (8,9 %), les eaux (4,6 %) et finalement les surfaces artificielles (3,6 %).

Situation

Le Centre-du-Québec est situé non pas au centre géographique du Québec, mais plutôt « au cœur » de la vallée du Saint-Laurent, là où réside majoritairement la population québécoise. La région est située à mi-chemin entre les villes de Montréal et Québec, près du fleuve Saint-Laurent, ce qui lui confère son caractère central.

La région s'étend sur de superficie, dont qui sont terrestresInstitut de la statistique du Québec - Le Québec chiffres en main 2018, soit moins de 0,5 % du territoire québécois. Les agglomérations urbaines de Drummondville et de Victoriaville sont les principaux pôles économiques.

Elle est bordée au nord, au-delà du fleuve Saint-Laurent, par la Mauricie, à l'ouest par la Montérégie, à l'est par Chaudière-Appalaches et au sud par l'Estrie.

Relief vignette|gauche|Paysage du Centre-du-Québec.

La région est constituée, d'une part, par la plaine agricole des basses-terres du Saint-Laurent, et d'autre part, par un piedmont de la chaîne des Appalaches. L'altitude minimale est de au fleuve Saint-Laurent, tandis que l'altitude maximale est de à la Montagne à Simoneau.

Hydrographie

Le Centre-du-Québec est traversé par plusieurs rivières ; les principales sont Saint-François (Alsigôn-tekw), Nicolet (Pithigani-tekw) et Bécancour (Wôlinak-tekw). Leurs sources se trouvent toutes dans les Appalaches des Cantons-de-l'Est .

Transport Le réseau autoroutier est constitué par l'autoroute 20, l'autoroute 30, l'autoroute 55 et l'autoroute 955. Les autres routes importantes sont les routes 116, 122, 132, 139, 143, 161, 243, 255 et 265.

Histoire Préhistoire et premiers établissements (9000 av. J.-C.–1792) vignette|gauche|Jusqu'au , le Centre-du-Québec est peu occupé, à l'exception des rives du Saint-Laurent.

La région immerge après la disparition de l'inlandsis laurentidien et le retrait de la mer de Champlain, à la suite de la dernière période glaciaire, entre et AP. Des artefacts témoignent de la présence de chasseurs-cueilleurs entre et AP. Lors du passage de l'explorateur français Jacques Cartier dans les années 1530-1540, la région est habitée par les Iroquoiens du Saint-Laurent, possiblement ceux de Maisouna qui occupent l'espace entre Canada et Hochelaga. Des Algonquins et des Innus s'établissent ensuite sur le territoire, face à Trois-Rivières fondée en 1634. Les Abénaquis s'installeront durablement dans la région dès les années 1650 en raison des guerres indiennes.

Au sein de la colonie française du Canada, la région est administrée par le gouvernement des Trois-Rivières. Les fiefs de Lintot et Dutort sont les premières propriétés concédées en 1637 à l'emplacement actuel de Bécancour. En 1683, tout le rivage centricois du fleuve Saint-Laurent est concédé bien que peu peuplé. Le recensement de 1681 dénombre seulement dont la majorité réside à Saint-François-du-Lac, Nicolet, Bécancour et Nicolet. La population atteint en 1739 puis en 1765. Cette hausse avant la Conquête britannique est reliée à une forte natalité et l'arrivée de réfugiés acadiens.

Migration vers l’intérieur (1792–1850)

À partir de 1792, avec l’ouverture officielle du régime des cantons, le territoire correspondant à l’actuel Centre-du-Québec s’inscrit progressivement dans le mouvement de colonisation des terres de l’arrière-paysGouvernement du Québec, « Régime des cantons et colonisation au Bas-Canada », Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).. Ce processus s’accélère au début du XIXe siècle, alors que des colons d’origine britannique puis canadienne-française s’établissent dans les cantons nouvellement arpentésCourville, Serge, Le Québec : genèses et mutations du territoire, Presses de l’Université Laval, 2000..

Entre 1800 et 1840, la colonisation agricole structure durablement l’occupation du sol. La création de paroisses, l’organisation des rangs et l’établissement d’institutions religieuses et municipales forment l’ossature du peuplement régionalCommission de toponymie du Québec, « Histoire du peuplement des Bois-Francs ».. Les axes de circulation demeurent principalement routiers et fluviaux, reliant les nouvelles communautés aux centres établis de la vallée du Saint-LaurentCourville, Serge, op. cit..

Vers 1850, la majorité des terres arables accessibles sont concédées et le front pionnier se stabilise. La dynamique dominante cesse d’être l’expansion territoriale pour laisser place à la consolidation des établissements existantsInstitut de la statistique du Québec, « Évolution historique du peuplement régional »..

Émergence économique et culturelle des Bois-Francs (1850–1911)

À partir de 1850, la région entre dans une phase de consolidation économique marquée par l’amélioration des infrastructures de transport et le développement progressif du réseau ferroviaire dans la seconde moitié du XIXe siècleMinistère des Transports du Québec, « Histoire du réseau ferroviaire québécois ».. Cette transformation favorise l’intégration de la région aux marchés provinciaux et nationaux.

L’industrialisation légère se développe autour de centres comme Victoriaville et Drummondville, où émergent des activités manufacturières liées au bois, au textile et à la transformation agricoleVille de Victoriaville, « Histoire économique de Victoriaville » ; Ville de Drummondville, « Histoire industrielle ».. Cette période correspond également à une croissance démographique soutenue et à la diversification des fonctions urbainesInstitut de la statistique du Québec, « Données historiques sur la population régionale »..

Sur le plan culturel et institutionnel, les élites locales structurent des réseaux scolaires, religieux et associatifs qui contribuent à affirmer l’identité régionale des Bois-Francs. À la veille de la Première Guerre mondiale, vers 1911, la région possède une base économique consolidée et une organisation territoriale stable, héritée de la colonisation antérieure et de l’essor industriel du XIXe siècle.

Histoire récente (1966–1997) Lors de la création des dix régions administratives du Québec en 1966, le territoire centricois est inclus dans la région de Trois-Rivières. En 1987, cette région est renommée Mauricie-Bois-Francs pour mieux distinguer les parties nord et sud. Néanmoins, dans les années 1990, des élus locaux demandent la création d'une région administrative distincte de la Mauricie. Lors du référendum québécois de 1995, les Centricois votent majoritairement en faveur de l'indépendance du Québec. Le , le gouvernement du Québec attribue aux Bois-Francs son autonomie régionale.. Le nom Centre-du-Québec est préféré à celui des Bois-Francs, puisqu'il exprime la « position de cette région administrative au cœur du Québec habité ».. Plusieurs ministères établissent une direction propre dans la région, mais d'autres organes gouvernementaux dont ceux du système de santé demeurent affiliés à la Mauricie..

Développements institutionnels, démographiques et économiques (1997–2024)

À la suite de son autonomie administrative le 30 juillet 1997, le Centre-du-Québec consolide progressivement ses structures régionales. Plusieurs ministères et organismes gouvernementaux mettent en place des directions régionales distinctes au tournant des années 2000, notamment dans les secteurs de l’économie, de l’éducation et de l’agriculture.

Au plan démographique, la région connaît à partir des années 2000 un solde migratoire interrégional positif, contrastant avec certaines régions périphériques du Québec. Entre 2016 et 2021, la population augmente de manière soutenue, notamment dans les MRC de Drummond et d’Arthabaska. Les projections démographiques publiées au début des années 2020 indiquent une poursuite de la croissance régionale jusqu’en 2026, à un rythme supérieur à la moyenne québécoise.

Sur le plan économique, le Centre-du-Québec se distingue par une forte concentration dans les secteurs manufacturier, agricole et de la construction. Au début des années 2020, la fabrication représente plus de 20 % de l’emploi régional, proportion supérieure à la moyenne provinciale. L’entrepreneuriat et la transformation agroalimentaire constituent des moteurs importants du développement régional.

En matière de gouvernance territoriale, la région est touchée par les réformes municipales québécoises du début des années 2000, qui modifient certaines structures locales sans toutefois altérer les limites de la région administrative.

Au cours des années 2010 et 2020, le Centre-du-Québec renforce également sa stratégie de positionnement économique et identitaire, notamment par des initiatives de promotion régionale coordonnées par les municipalités régionales de comté et les organismes de développement économique.

En 2024, la région demeure caractérisée par une croissance démographique modérée, un tissu industriel diversifié et une forte présence du secteur manufacturier, consolidant sa position au cœur du corridor économique du Saint-Laurent.

Démographie Démographie régionale

Le recensement du Canada de 2016 estime la population du Centre-du-Québec à ..

Au , l'Institut de la statistique du Québec a estimé le taux de fécondité de la région à par femme, un taux supérieur au taux de l'ensemble du Québec.. Le taux d'emploi de la région était de 61,4 % et le taux d'emploi de 56,4 % au quatrième trimestre 2011..

La majorité des habitants sont de religion catholique.

Principales villes + Neuf villes les plus populeuses du Centre-du-Québec (2021)Les données sont extraits des pages Wikidata de ces municipalités, qui ont comme source suivante pour chacun des chiffres de 2021 : Kingsey Falls a eu une correction de son chiffre de population par le recensement, venant de : centre|180pxDrummondville centre|180pxVictoriaville centre|180pxBécancour Ville Municipalité régionale de comté Population centre|180pxNicolet centre|180pxPlessisville centre|180pxPrinceville 1 DrummondvilleDrummond 2 VictoriavilleArthabaska 3 BécancourBécancour 4 Nicolet Nicolet-Yamaska 5 Plessisville L'Érable 6 PrincevilleL'Érable 7 Warwick Arthabaska 8 DaveluyvilleArthabaska 9 Kingsey Falls Arthabaska

Diocèse La majorité des paroisses sont rattachées au diocèse de Nicolet. D'autres paroisses font partie du diocèse catholique de Québec ; c'est le cas de celle de la MRC de L'Érable.

Administration

La région du Centre-du-Québec est composée de quatre-vingt municipalités locales réparties dans cinq municipalités régionales de comté (MRC). Elle comporte également deux réserves indiennes (Odanak et Wôlinak).

NomChef-lieuPopulation Superficie terrestre(km)Densité (/km) Arthabaska Victoriaville Bécancour Bécancour Drummond Drummondville L'Érable Plessisville Nicolet-Yamaska Nicolet Région250 455 7 037,235,59

Politique Ministre responsable + Liste des ministres responsables du Centre-du-Québec Années Député Parti2012 - 2014Yves-François BlanchetParti québécois2014 - 2018Laurent LessardParti libéral du Québec2018 - en coursAndré LamontagneCoalition avenir Québec

Circonscriptions électorales Circonscriptions électorales provinciales à 2026

Après 2026 Arthabaska Drummond–Bois-Francs Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, détachée de Drummond–Bois-Francs, Johnson et Nicolet-Bécancour Nicolet-Bécancour

Circonscriptions électorales fédérales

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